27/08/2012

Les terres basses / Seuls, T.7 / Vehlmann, Gazzotti / Dupuis

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Un monde déserté, figé, dépourvu d’adultes. Des enfants seuls, laissés à leur triste sort. Des événements mystérieux et une menace sourde et permanente. Voilà quelques-uns des ingrédients clés de cette série attachante bien qu’inquiétante. Le premier cycle avait permis de comprendre ce qui avait engendré cette situation. En réalité, les enfants sont morts et l’endroit dans lequel ils évoluent à présent est une sorte de purgatoire. Il leur est impossible d’en échapper. Et y mourir a pour conséquence d’y ressusciter. Le deuxième cycle, commencé avec l’album précédant, approfondit le questionnement et la découverte des subtilités de cet univers oppressant. Les choses se compliquent. Non seulement, les relations interpersonnelles se révèlent aussi féroces que dans la vraies vie, mais en plus de nouveaux dangers font leur apparition. Des enfants zombies aux yeux rouges tentent de s’emparer des presque-survivants. Quant à la ville, elle s’enfonce inexorablement. Une course contre la montre s’engage. Il s’agit de trouver le moyen de fuir vers les zones en hauteur qui deviennent de plus en plus inaccessibles. Cette série qui s’adresse aux jeunes ados innove constamment et finement. Si la menace s’intensifie, la tendresse trouve aussi une place grandissante et surprenante dans « les terres basses », septième tome de « Seuls », par Vehlmann et Gazzotti aux éditions Dupuis.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les terres basses, seuls, vehlmann, gazzotti, dupuis |  Facebook |

23/11/2011

Voyage en Satanie, T.1 / Vehlmann, Kerascoët / Dargaud

 

Fabien Vehlmann s’affirme comme un scénariste qui compte dans le milieu de la BD. On lui doit notamment les séries « Le Marquis d’Anaon », « Seuls » et la reprise actuelle de « Spirou et Fantasio ». Un des ses one-shots, intitulé « Jolies ténèbres », s’était particulièrement fait remarquer il y a deux ans. Il était dessiné par Kerascoët. Ce pseudonyme est utilisé par un couple de dessinateurs avec qui Vehlmann remet le couvert pour créer « Voyage en Satanie ». Ce titre et le thème d’une expédition spéléologique évoquent immédiatement le roman de Jules Verne « Voyage au centre de la terre ». Ce ne sont pas des hommes préhistoriques, mais une communauté de reclus qui vit dans les entrailles de la terre. Ils vivent en bordure d’un gouffre sans fond qui éructe de temps à autre des vapeurs brûlantes. Un explorateur un peu fou entend prouver l’existence de l’enfer en se basant sur les théories de Darwin sur l’évolution des espèces. Il va sans dire que ses travaux théoriques ne lui valent que railleries de la part de la communauté scientifique. Parti pour prouver ses dires, il n’est jamais revenu. C’est sa sœur partie sur ses traces que nous suivons dans cette BD d’où se dégage une certaine poésie mais dont on sent les tensions sous-jacentes qui apparaissent dans le groupe et s’amplifient au fur et à mesure de ce « Voyage en Satanie », premier tome, par Vehlmann et Kerascoët, aux éditions Dargaud.

 

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03/09/2010

Alerte aux Zorkons / Spirou et Fantasio, T.51 / Yoann, Vehlmann / Dupuis

 

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Reprendre la série phare des éditions Dupuis n’est pas aisé. Franquin lui-même, lorsqu’il succéda à Jijé, eu un peu de mal à se l’approprier. Mais il en a vite tiré le meilleur parti en y insufflant tout son génie créatif personnel. Son inventivité s’est concrétisée dans le personnage du Comte de Champignac, éminent mycologue, et aussi dans l’illustrissime Zorglub, génie de la technologie. Franquin adorait inventer. L’une de ses plus belles réalisations est sans conteste le Marsupilami. De nombreux monstres protéiformes ont également vu le jour sous sa plume féconde. Et puis, Franquin a insufflé une bonne dose d’aventure, d’exotisme, d’humour débonnaire et de personnages truculents comme les citoyens champignaciens avec leur maire hors pair (!). Tous ses ingrédients qui font les plus beaux albums de la série, Yoann et Vehlmann ont choisi de les proposer au lecteur, cuisinés à leur sauce, en un savant dosage. Si nous n’avons pas droit au Marsupilami qui vit ses aventures en Palombie, nous sommes gratifiés d’une faune et d’une flore, de lieux, de situations et de personnages, qui sont autant de clins d’œil à l’univers de Franquin, et à ses engagements tels que l’anti-militarisme ou l’écologie. Ce duo d’auteurs renoue avec l’esprit de la période Franquin, avec une réelle jouissance. « Alerte aux Zorkons », cinquante-et-unième tome de « Spirou et Fantasio » par Yoann et Vehlmann, aux éditions Dupuis.

 

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25/06/2010

Au Coeur du Maelström / Seuls, T.5 / Vehlmann, Gazzotti / Dupuis

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C’est la fin du mystère sur l’étrange solitude de ce groupe d’enfants livrés à eux-mêmes dans une ville désertée, dépourvue de tout adulte, mais peuplée d’animaux au comportement inquiétant, voire agressif. Les supputations allaient bon train quant à l’explication que les auteurs allaient bien pouvoir livrer aux lecteurs. Apocalypse, catastrophe écologique, invasion extra-terrestre, vaste blague, passage dans une dimension parallèle, royaume des morts, trouble de la perception, tournage d’un film de science-fiction, méga illusion, … les hypothèses les plus folles ont été avancées. Tant les enfants que les adultes attendaient avec impatience le dénouement de cette série au suspense savamment entretenu, d’autant plus que l’un des héros principaux, le meneur du groupe, s’est fait violemment tuer à la fin du quatrième tome. La découverte de son corps déjà partiellement dévoré par les corbeaux confirme la montée en puissance dramatique du récit. La désignation d’un nouveau chef va entraîner un déblocage de la situation mais une nouvelle montée d’adrénaline. Si la promesse d’une explication est effectivement tenue, les éléments susceptibles de relancer l’intrigue s’accumulent au fil des pages. Et la fin annonce un deuxième cycle que l’on espère aussi palpitant que le premier. « Au Coeur du Maelström », cinquième tome de « Seuls », par Vehlmann et Gazzotti, aux éditions Dupuis.

 

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05/04/2010

Le Diable amoureux et autres films jamais tournés par Méliès / Vehlmann, Duchazeau / Dargaud

« Le Diable amoureux » est le titre d’un conte fantastique de la fin du dix-huitième siècle. Mais dans cette BD, derrière ce titre identique se cache une toute autre histoire. Cet album est un recueil de saynètes fantastico-sociétales, prenant place dans le Paris du début du vingtième siècle. A cette époque, Georges Méliès s’était emparé des découvertes des frères Lumière et s’était lancé dans la cinématographie. Les frères Lumière se contentaient de filmer le quotidien dans toute sa banalité, subjuguant le public par la simple fait de la restitution sur écran. Méliès a voulu aller plus loin. Il souhaitait enchanter son auditoire en lui faisant voir l’extraordinaire. Déployant des trésors d’imagination, il met en scène l’étoile polaire, le fantôme de la lune et autres fantasmagories. Dans sa chasse au merveilleux, Méliès prendra conscience qu’il tue l’objet même de sa quête. Il arrêtera dès lors le de tourner et brûlera toutes ses bobines. Mais le mal était fait. Le cinéma a pris son envolée, inexorablement. Fabien Vehlmann confirme sa faculté d’adaptation à des univers variés et à des publics de tous horizons. La graphisme de  Frantz Duchazeau rappelle l’âge d’or des dessinateurs, caricaturistes de presse du début du siècle dernier, des noir et blanc très maîtrisés et expressifs. Un bijou : « Le Diable amoureux et autres films jamais tournés par Méliès », par Vehlmann et Duchazeau, chez Dargaud.

 

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25/07/2009

Des lendemains sans nuage / Meyer, Gazzotti, Vehlmann / Le Lombard / coll.Signé

Cet album paru il y a quelques années bénéficie d’une réédition au sein de la prestigieuse collection Signé, un peu comme une reconnaissance des auteurs en tant que grands noms du neuvième art. Fabien Vehlmann est un scénariste de qualité, habitué aux histoires bien enlevées, originales, qui font bien ressentir le plaisir de l’écriture. Quant à Ralph Meyer et Bruno Gazzotti, leurs styles graphiques, bien que présentant quelques similitudes, ont admirablement évolué. Dans ce one shot d’anticipation, nous suivons les tentative d’un homme de modifier l’avenir de notre société. Il est vrai que ce futur est peu encouragenat. Le monde est asservi par un certain F.G.Wilson qui est arrivé à se fins de manière très incidieuse. Wilson a apporté un confort technologique à l’humanitéqui confère une certaine forme d’immortalité. Vu le succès et en évolution logique, des puces décuplant nos facultés sont implantées dès la naissance. Elles comportent une clause qui tombe sous le sens interdisant de nuire à Wilson, sous peine de chocs cérébraux insupportables. Ce scénario de départ ressemble au succès de Bill Gates et de son système d’exploitation. L’exlpoitation des gens, voilà surtout le thème récurrent de cette excellente BD composée de plusieurs sous-récits édifiants. « Des lendemains sans nuage », par Meyer, Gazzotti et Vehlmann, aux éditions Le Lombard, collection Signé.

 

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07/04/2009

Jolies ténèbres / Kerascoet, Vehlmann / Dupuis

Avant d’ouvrir cet album atypique, assurez-vous d’avoir le cœur bien accroché. Sous des allures gentillettes, tant par son graphisme de livre d’enfant que par son traitement narratif un peu naïf, cette histoire va vous secouer. Cela dit, il ne vous faudra pas attendre longtemps pour être averti. Dès les premières pages, le décor est planté. Nous sommes dans un bois. Une petite fille morte gît dans l’herbe à côté de son cartable. De sa bouche, de son nez et de ses oreilles ortent une kyrielle de petits personnages assez mignons. Ils vont vite interagir, s’organiser maladroitement. La nourriture est leur premier problème. Puis viennent les tensions entre les uns et les autres, les jalousies, les intrigues, les trahisons. Bien vite, un climat malsain et lourd s’installe. Les coups fourrés se multiplient, prennent de l’ampleur et reculent toujours un peu plus les limites. Bientôt, la cruauté s’érige en maîtresse. Le sang coule. La torture apparaît. Toutes ces horribles actions sont empreintent d’une inconscience omniprésente, étouffante. Les personnages périssent au gré des mauvais tours qu’ils se font les uns les autres. Cette fable macabre dissèque sans pitié le monde intérieur de l’enfance, loi, très loin, des poncifs angéliques. Ici, c’est toute la cruauté de nos chers petits qui est mise au grand jour, à travers ce monde tout droit sorti de l’imagination d’une petite fille morte. Percutant ! « Jolies ténèbres », par Kerascoet et Vehlmann, chez Dupuis.


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