01/04/2014

Dans les ténèbres / Prométhée T9 / Bec, Raffaele / Soleil

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Depuis peu, tous les jours, à treize heures treize, des événements catastrophiques frappent l'humanité. Par exemple, tous les avions en vol s'écrasent en même temps. « Prométhée » est une des séries les plus intrigantes du moment. Le scénariste Christophe Bec distille au compte-gouttes les ingrédients d'un suspense d'une rare densité. Il ponctue son récit de flash-back qui remontent aux origines des mythes. Dans la mythologie grecque, Prométhée a façonné l'homme avec de la terre glaise. Cette référence n'est pas innocente. L'une des hypothèses plausibles qui expliquerait les cataclysmes qui frappent les hommes serait que ceux-ci auraient déçu leurs créateurs. Ces créateurs seraient des extra-terrestres. Ils auraient décidé de supprimer l'humanité en commençant par détruire les technologies qui l'ont menées à dominer le monde. Il y a là derrière un excès d'orgueil, un des péchés originels. La punition serait donc précédée d'une bonne leçon, comme à un enfant pas sage. L'humanité met du temps à comprendre son erreur. Elle se pose les mauvaises questions et entreprend les mauvaises actions pour s'en sortir. Fondamentalement, c'est ce que nous vivons actuellement. Notre comportement nous conduit droit vers notre perte. Le dérèglement climatique se fait de plus en plus évident, mais nous persistons. « Dans les ténèbres », première partie, neuvième tome de « Prométhée », par Bec et Raffaele, chez Soleil.

 

M.Descornet

 

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23/08/2012

Les enfants perdus / 2021, T1 / Betbeder, Bervas / Soleil

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Dans une toute petite dizaine d’années, aux Etats-Unis, la ville de Détroit a autoproclamé son indépendance, aussitôt associée à une ghettoïsation musclée. La zone est contrôlée par un homme aux pouvoirs surnaturels à la tête d’une petite armée. Mais son entourage immédiat multiplie les tentatives de manipulation et d’emprise croissante à son égard. A cette menace intérieure vient s’ajouter une menace extérieure, celle du gouvernement qui tente de reprendre la main sur Détroit. Les largages de vivres se multiplient, accueillis bras ouverts par une population privée de tout et affamée. Mais les forces de l’ordre empêchent à quiconque d’y toucher, prétextant un risque d’empoisonnement. Une mission très spéciale est mise sur pied pour reprendre le contrôle de la ville. Quatre enfants mutants aux pouvoirs suprasensibles doivent atteindre le dirigeant de la ville et le mettre hors d’état de nuire. Ces quatre enfants obéissent à des consignes strictes, parfois trop strictes. Toute utilisation de leur pouvoir spécifique les fait inexorablement vieillir à grande vitesse. Le décor et les protagonistes sont plantés. Une ébauche d’intrigue est mise en place. Il ne reste plus qu’à voir comment tout cela va évoluer. Cette BD d’anticipation peut nous réserver le meilleur comme le pire. Wait and see. « Les enfants perdus », premier tome de « 2021 », par Betbeder et Bervas, aux éditions Soleil.


M.Descornet

 

 

 

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27/12/2011

Refoulement / Doppelgänger, T.2 / Corbeyran, Bec / Soleil

 

Christophe Bec est un spécialiste des ambiances oppressantes propres au récit d’horreur. Ici, sur un scénario d’Eric Corbeyran, il reste dans le registre surnaturel avec le phénomène du Doppelgänger. Ce terme d’origine allemande désigne un double métaphysique, une sorte de fantôme de vous-même qui aurait pris corps et viendrait vous hanter. Dans le cas de Germain, il se découvre un mystérieux double qui apparaît furtivement, surtout depuis qu’il a hérité d’un manoir en ruine dans un village reculé. Il s’y passe d’étranges événements. Un volcan éteint cause la destruction de son manoir, ce qui n’est pas plausible. Dans le village, Nelly, une jeune femme hagarde et solitaire attise la curiosité de Germain. Il fait la connaissance de Franek, un médium à la retraite qui va l’aider à faire la lumière sur les phénomènes inexplicables qui l’entourent. Franek explique à Germain le principe du Doppelgänger. Il affirme même que c’est une réalité et qu’il en est la preuve vivante. En fait, il serait plus juste de parler de preuve morte. Car Franek n’a pas de pouls. Il est froid comme un cadavre. Des caractéristiques qui se retrouvent également chez Nelly. Mais cela n’explique pas la présence du sosie parfait de Germain. Si ce n’est pas un cousin, ce pourrait être son frère jumeau, s’il en avait un. « Refoulement », deuxième tome de « Doppelgänger », par Corbeyran et Bec, aux éditions Soleil.

 

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14/12/2011

De la brièveté de la vie / Zombies, T.2 / Peru, Cholet / Soleil / coll.Anticipation

 

La mode est aux récits de zombies, depuis l’envol de la fabuleuse saga « Walking dead » qui a redonné un souffle au genre, en utilisant les morts-vivants pour mettre en évidence les contours de notre humanité. « Zombies » emboîte le pas à cette approche. Nous y suivons les survivants qui s’organisent pour reconstruire un monde vivable et vivant. Les rapports entre les gens ne sont pas aisés, surtout dans des circonstances éprouvantes. A côté des actes d’héroïsme et des témoignages de compassion, la lutte pour survivre engendre aussi des décisions moralement très dures. Sam a perdu sa fille Stacy. Dans sa quête pour la retrouver, il a recueilli Josh, un jeune garçon qu’il protège à présent comme un fils. Tous deux ont rejoint une communauté d’autres rescapés, qui se sont réfugiés sur des bateaux. La maladie est pourtant sur le point d’emporter Josh. Sam décide alors de partir à la recherche de médicaments avec un groupe de volontaires. Mais tous les hôpitaux ont déjà été vidés par l’armée. Pendant ce temps, la menace des zombies monte d’un cran. Non seulement certains d’entre eux sont animés d’une énergie incroyable, mais en plus les zombies se sont regroupés à près d’un million et ont entamé une gigantesque transhumance qui dévaste tout sur son passage. « De la brièveté de la vie », deuxième tome de « Zombies », par Peru et Cholet, aux éditions Soleil, collection Anticipation.

 

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08/11/2011

Paname / Univerne, T1 / Morvan, Nesmo / Soleil

 

Lorsque l’on évoque rétro-futurisme, l’on pense immédiatement à Jules Verne. Ce genre est de plus en plus remis au goût du jour et plus connu sous le label de Steampunk. Le père du Steampunk est incontestablement Jules Verne. Tout auteur qui souhaite s’adonner au genre se doit de lire la bible en la matière, soit l’œuvre compète de Verne et particulièrement « Robur le Conquérant ». Les Steampunk s’attache à construire des univers mélangeant des éléments typiquement dix-neuvième siècle et des machines symptomatiques de l’essor industriel du la même époque, mais nourries de l’imagination d’un romancier d’anticipation qui aurait vécu pendant cette période de bouleversements sociétaux. Les ingrédients sont là. Il suffit de les brasser allègrement et de les façonner à l’envi pour en tirer le terreau fertile d’une histoire bien ficelée. Morvan et Nesmo ont choisi d’exploiter le filon à sa source, dans un effet miroir hallucinant. Ils situent leur récit au milieu du dix-neuvième dans une société policée, sous la coupe de Louis-Napoléon Bonaparte. Un groupe de Républicains fuit. Parmi eux, Victor Hugo, et surtout le futur éditeur de Jules Verne qui succombe lors d’une course-poursuite. Du coup, le destin de Jules Verne bascule. Il ne deviendra pas le célèbre écrivain rétro-futuriste. Mais son univers vit déjà. Etrange et très osé : « Paname », premier tome de « Univerne », par Morvan et Nesmo, aux éditions Soleil.

 

19:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paname, univerne, morvan, nesmo, soleil |  Facebook |

04/11/2011

Première génération / Nirvana, T1 / Istin, Boudoiron / Soleil / coll.Anticipation

 

Le Nirvana désigne le but à atteindre dans la philosophie bouddhiste, c'est-à-dire l'Éveil, la maîtrise de son propre destin, le stade ultime de paix intérieure et permanente, que tout être humain peut connaître de son vivant ou au moment de la mort. Il ne peut en aucun cas s’apparenter au paradis des chrétiens. Les bouddhistes considèrent en effet la mort comme une fin au-delà de laquelle nous n’existons plus. Par contre le Nirvana de la BD éponyme désigne une drogue révolutionnaire commercialisée au milieu du vingt-et-unième siècle, et qui désintègre celui qui l’ingère pour lui faire vivre une expérience quantique. Ses particules se rassemblent après le trip pour reconstituer la personne à l’identique, mais avec parfois des ratés mortels. Le corps garde une trace indélébile de cette injection. Dans une société totalitaire à outrance, le gouvernement met au point une machine à tuer qui éradiquera sans sommation toute personne contaminée. C’est en somme la guerre entre la dictature et le peuple assoiffé de liberté qui s’évade comme il peut. Cette BD d’anticipation et de réflexion se revendique plutôt de la science fiction, un ovni salutaire dans un univers éditorial dominé par la fantasy médiévale. « Première génération », un engageant premier tome de « Nirvana », par Istin et Boudoiron, aux éditions Soleil, collection anticipation.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : première génération, nirvana, istin, boudoiron, soleil, anticipation |  Facebook |

03/11/2011

Crépuscule / Dead life, T1 / Gaudin, Urgell / Soleil

 

Les histoires de zombies ont la cote et se multiplient aussi vite qu’une épidémie létale. « Dead life » commence dans le quotidien le plus commun. Un couple part rechercher son fils chez les grands-parents. Tout bascule lorsque le grand-père découvre la disparition d’un calice antique. Le gosse a joué avec et ne l’a pas remis à sa place. Le pépé furieux saisit un fusil et part sur le champs cherche sa précieuse relique. Mais il est trop tard, le calice a déjà été bu jusqu’à la lie, et c’est l’hallali qui commence. Les zombies mordent, déchiquettent, dévorent sauvagement. Ils se multiplient rapidement. Les survivants fuient frénétiquement et tentent d’alerter le reste de l’humanité pour circonscrire au plus vite la zone contaminée et empêcher un catastrophe de grande ampleur. Le style graphique ne convainc pas pleinement même si les couleurs sauvent quelque peu la sauce. Le dessinateur semble s’inspirer du trait percutant de Charlie Adlard dans « Walking dead », au lieu d’explorer des zones plus personnelles et tout aussi efficaces. La construction du récit se laisse apprécier, jouant habilement des ressorts narratifs pour un résultat épatant. Quatre tomes devraient boucler cette série qui ne fait aucune concession. Il y a fort à parier que personne n’en réchappera, aussi cruel que cela puisse être. « Crépuscule », premier tome de « Dead life », par Gaudin et Urgell, aux éditions Soleil.

 

19:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crépuscule, dead life, gaudin, urgell, soleil |  Facebook |