07/07/2012

La douceur de l’enfer, T.2 / Grenson / Le Lombard / coll.Signé

 

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Billy Summer est un jeune homme perturbé par une histoire familiale tumultueuse. Sa grand-mère paternelle apprend, plus de cinquante ans après sa disparition, que les restes de son mari ont été découverts en Corée. Billy est invité à témoigner sur une chaîne de télévision comment son grand-père est mort en héros pendant la guerre de Corée. Un homme le contacte ensuite pour lui apprendre que son grand-père vit toujours, en Corée du Nord. Commence alors pour Billy un périple qui le mènera à une rencontre sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. D’abord revêche, l’homme qui se tient devant lui se confie petit-à-petit sur les événements et les motivations qui l’ont amenés à trahir l’Amérique et à abandonner sa femme enceinte, sans plus jamais donner de nouvelles. Cette histoire extrêmement travaillée adopte un point de vue narratif osé qui fait mouche de magistrale manière. Malgré un effroyable chemin de vie pour les protagonistes principaux, Olivier Grenson réussit a nous le raconter avec délicatesse, compassion et humanité, sans tomber dans le piège de l’émotif. La progression dépeint avec une grande justesse un vécu traumatisant, des blessures profondes, cruelles. « La douceur de l’enfer », deuxième tome, par Grenson, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

 

 

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13/03/2012

Entre chien et loup / Les Temps nouveaux, T.2 / Warnauts, Raives / Le Lombard / coll.Signé

 

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La seconde guerre mondiale s’enfonce de plus en plus dans les anales de l’Histoire. Avec la disparition de la génération qui l’a vécue, elle fait de moins en moins partie de notre quotidien, si ce n’est à titre anecdotique ou dans un but de soutien narratif, où elle fait office de décor comme un autre. Plus inquiétant encore, elle fait office d’épouvantail à peu de frais, agité par des politiciens qui n’osent pas prendre leurs responsabilités. Car la guerre est permanente. Les armes tuent tous les jours dans le monde. La haine se déverse à flots perpétuels. Mais évoquer cette réalité d’ici et maintenant, c’est bien plus risqué évidemment. Revenons-en à la BD de Warnauts et Raives. Rare sont les ouvrages qui s’attachent à décortiquer ces événements pour ce qu’ils sont et à analyser leur impact sur la vie des gens qui les ont vécus. Là se situe le véritable acte de témoignage, honnête et franc. Ce diptyque installe d’abord les personnages et le contexte, alors que la guerre en est à son commencement. Puis, dans ce deuxième opus, la guerre s’achève. Les frustrations émergent au grand jour. Chacun tente de faire son examen de conscience. D’autres jugent et punissent. Tous doivent réapprendre à vivre et plus seulement à survivre. « Entre chien et loup », deuxième tome des « Temps nouveaux », par Warnauts et Raives, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

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08/03/2012

Nocturnes / Clarke / Le Lombard / coll.Signé

 

Nocturnes , Clarke , Le Lombard ,Signé

Clarke s’immerge de plus en plus dans le registre réaliste. Cet auteur s’était fait connaître avec des séries humoristiques telles que « Mélusine » et les « Histoires à lunettes », puis avec « Mister President » et « Cosa Nostra ». Il nous avait surpris avec le troublant « Luna Almaden », et plus récemment « Urielle », un récit très dur, empreint de spiritualité. Ici, dans « Nocturnes », Clarke déstabilise rapidement le lecteur en el plongeant dans un contexte réaliste. Nous découvrons les protagonistes et commençons à tenter d’identifier les liens entre eux, les tensions qui vont soutenir le récit. Mais nous n’en avons pas le temps car des éléments déstabilisants donnent une tournures étrange au déroulement de l’histoire. Alors que le décor promettait de vastes déplacements, les personnages se rapprochent inexorablement comme pour entamer un huis-clos à la Jean-Paul Sartre. C’est encore une fausse piste. L’enfer n’est pas nécessairement les autres dans le cas présent. Et c’est là que le lecteur se met à penser à une entité supérieure qui dicterait leur destin aux gens. Certains croient pouvoir endosser un costume de dieu tout puissant, créateur d’univers ; ce sont les écrivains. Il est bien connu que leurs personnages, une fois créés, existent par eux-mêmes. Leur créateur dispose pourtant toujours d’un pouvoir de vie et de mort. « Nocturnes », par Clarke, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

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15/12/2011

La fille de Paname / T.1 / Galandon, Kas / Le Lombard / coll.Signé

 

Amélie Elie est une ravissante jeune femme aux cheveux d’un blond étincelant. Sa seule présence fait converger tous les regards vers elle, eux des hommes sérieusement émoustillés et ceux des femmes soit jalouses soit nourrissant quelqu’interdite perversion. Car nous sommes à la toute fin du dix-neuvième siècle, en France. Amélie se met en ménage avec un matelot et mène une petite vie bien rangée dans un logement modeste de Paris. Son avenir est tout tracé ; elle sera blanchisseuse comme sa mère. Mais Amélie s’y refuse. Un jour, sur un coup de tête, elle décide de tout plaquer. Elle n’a rien prévu comme alternative et se retrouve vite à errer dans les rues de la capitale. C’est alors qu’elle rencontre Hélène, une prostituée qu’elle avait déjà croisée une fois. Hélène lui propose l’hospitalité. Leur intimité grandit et Hélène propose d’enseigner son métier à Amélie, chez qui elle décèle des talents particuliers dans le domaine. Et de fait, Amélie excelle dans l’art délicat de faire jouir. Le succès qu’elle rencontre ne manque d’attirer des proxénètes. Commence alors une période sombre. Les auteurs s’inspirent librement d’une véritable légende du milieu. Amélie Elie était surnommée « casque d’or ». Une BD aussi séduisante que son sujet : « La fille de Paname », premier tome, par Galandon et Kas, aux éditions Le Lombard, collection Signé.

 

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12/10/2011

La douceur de l’enfer, T1 / Grenson / Le Lombard / coll.Signé

 

Olivier Grenson s’affirme en auteur complet pour aborder un thème rarement si pas jamais exploité en BD, les déserteurs américains lors de la guerre de Corée. Ce n’est pas un récit historique mais plutôt une quête des origines menée par Billy Summer, un jeune homme après le décès de sa grand-mère. Ses parents sont morts dans un incendie qui l’a terriblement traumatisé. Nous en apprendrons sûrement davantage dans le second tome de ce diptyque. Ses jeunes années ont une forte incidence sur sa façon d’appréhender le monde. Petit, il traçait des motifs qui l’emmenaient dans un imaginaire prolifique, une évasion onirique qu’il reproduit ensuite lorsque le spleen l’envahit. Billy vit des moments difficiles avec sa compagne Emily. Une grossesse interrompue, une communication défaillante, un zeste d’incompréhension jettent le trouble dans leur couple en construction. Billy honore la promesse faite à sa grand-mère d’assister à une cérémonie à Séoul suite à la découverte des restes de son mari disparu sur le front coréen soixante ans plus tôt. Ce voyage permet à Billy de faire le point. Il ne se doute pas des révélations déstabilisantes qui l’y attendent. Grenson se surpasse graphiquement et se révèle un scénariste de haut vol dans cet audacieux album. « La douceur de l’enfer », premier tome, par Olivier Grenson, aux éditions le Lombard, collection Signé.

 

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20/01/2011

20 ans de guerre / Blary, Loiselet / Le Lombard / coll.Signé

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La guerre existe depuis que le conflit armé est apparu sur terre. Autant dire qu’elle est apparue dès l’aube de l’humanité, quand l’homme a découvert l’usage du bois, de la pierre puis du fer. Ce n’était qu’un début. Le vingtième siècle fait figure de point culminent, avec au moins deux guerres d’envergure mondiale et quantité d’affrontements localisés en une multitude de points chauds. La violence se déchaîne un peu partout. Les hommes portent l’uniforme par patriotisme parfois, par obligation souvent, jamais par plaisir. La guerre est un enfer dont personne ne sort indemne. Et puis, au siècle passé, alors que les moyens de communications étaient plus limités, les guerres pouvaient parfois permettre les rencontres improbables, rarement pacifiques mais les exceptions existent. C’est le cas pour ce petit groupe d’hommes et d’une femme qui font connaissance sur un champs de bataille et se retrouvent ensuite sur d’autres fronts, traversant l’histoire dans ses balbutiements sanglants, vivant leur propre histoire, tissant des liens de camaraderie, d’amitié, d’amour. Le propos des auteurs de n’apparaît pas clairement, même s’il se veut fondamentalement antimilitariste. Au-delà de l’idéal pacifiste, le message reste hermétique. Le graphisme approximatif et le découpage haché n’aident pas à dissiper ces brumes. « 20 ans de guerre », par Blary et Loiselet aux éditions Le Lombard, collection Signé.

 

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20/09/2010

Nous ne serons jamais des héros / Salsedo, Jouvray, Salsedo / Le Lombard / signé

 

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Michaël est un glandeur fini, chômeur et célibataire, sans aucune ambition. Un soir, il reçoit un appel de son père. Sa grand-mère est morte en laissant un petit pactole à son fils. Le père de Mick compte utiliser cet argent pour réaliser un tour du monde. Mais vu qu’il n’a plus toute sa mobilité, il demande à son fils de l’accompagner. Ce sera un travail rémunéré. Voilà qui plante le décor de bien rude manière. Les relations entre Mick et son père se sont détériorées depuis belle lurette. Et avec sa sœur, ce n’est pas tellement mieux. Le voyage commence de façon très tendue. Le père bougon traite son fils comme un mandai. Peu à peu, à force d’être malmené de la sorte, Mick s’éveille, aussi grâce aux rencontres aux quatre coins du monde, et aux paysages magnifiques, qui transcendent l’âme. Ce qui s’annonçait comme une galère infernale se transforme en initiation et en réconciliation. Les auteurs ont trouvé le ton juste pour parler de la problématique relationnelle familiale, mais aussi du besoin d’exister, et du sens que l’on donne à sa vie. Sans entrer dans des grandes réflexions métaphysiques, cette BD nous touche, nous triture les sentiments, et nous laisse une impression de plénitude au-delà de la morosité. Apprenons à gérer notre destinée, avec humilité et lucidité. « Nous ne serons jamais des héros », par Salsedo, Jouvray et Salsedo, aux éditions Le Lombard, collection signé.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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