07/09/2012

La table d’émeraude / Le Chevalier mécanique, T.1 / Mainil, Mor / Sandawe

chevaliermeca1.jpg

 

Les éditions Sandawe sortent leur quatrième album co-financé par les édinautes, c’est-à-dire les lecteurs investisseurs en ligne sur le principe du crowdfunding. Cette méthode de financement a notamment le mérite et l’avantage de permettre le dialogue entre les auteurs et leurs lecteurs potentiels. Le résultat s’enrichit donc inévitablement d’un salutaire petit supplément d’âme. L’histoire du chevalier mécanique démarre assez laborieusement, avec quelques scènes aux liens mal assurés laissant le lecteur perplexe. Heureusement, ces premiers balbutiements se font vite oublier lorsque le récit démarre véritablement. Le roi Louis quatorze fait face à de nombreux ennemis dont une sorte de secte qui convoite une table d’émeraude sensée lui donner le pouvoir de renverser le roi. Des circonstances douteuses, moralement condamnables, lui permettent de s’assurer les services d’un chevalier quasi invincible car fait d’une mécanique précise et solide sur laquelle est greffée une tête humaine. Cet homme connaît une existence pénible. En proie aux questionnements métaphysiques, le chevalier mécanique ne démérite pourtant pas et remplit parfaitement son rôle. Le graphisme d’un réalisme imparfait soutient ce récit fort adéquatement et lui confère une belle consistance que trop de précision tuerait. « La table d’émeraude », premier tome du « Chevalier mécanique », par Mainil et Mor, aux éditions Sandawe.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la table d’émeraude, le chevalier mécanique, mainil, mor, sandawe |  Facebook |

30/06/2012

Frontier Force / Hell West, T.1 / Vervisch, Lamy / Sandawe

 

hellwest1.jpg

Les WSA, les White States of America, s’étendent toujours plus vers l’ouest, mais il y a une frontière qui reste infranchissable, celle qui sépare les hommes des monstres. L’ouest du Mississipi est en effet infesté de créatures terrifiantes qui mobilisent des forces occultes pour combattre les humains. Face à la magie noire, les pétoires font figure de ridicules cure dents. La lutte est inégale. Les indiens maîtrisent eux aussi quelques puissances surnaturelles. Ils s’associent néanmoins avec réticence à l’homme blanc. Dans ce far-west impitoyable, des hommes, des femmes et des enfants disparaissent sans laisser de traces. On dit qu’ils sont dévorés par les monstres. Mais les pires monstres ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Le sergent Outburst pourrait bien tirer cette affaire au clair. Il a déjà fort à faire puisque le président des WSA a annoncé sa venue et que les menaces ne manquent pas, entre un prédicateur aux méthodes radicales et une lieutenant-colonel mythomane. Ce western à la sauce fantastique intrigue et fascine. Le dessin a de quoi séduire lui aussi. Le travail sur les noirs mérite une mention spéciale. Peu de dessinateurs contemporains accordent encore autant d’attention à l’équilibre des noirs, se retranchant derrière la mise en couleurs souvent par facilité. Un album exemplaire à plus d’un titre. « Frontier Force », premier tome de « Hell West », par Vervisch et Lamy, aux éditions Sandawe.


M.Descornet

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frontier force, hell west, vervisch, lamy, sandawe |  Facebook |

25/11/2011

Il Pennello / Allais, Perrotin / Sandawe

 

Cet album est édité grâce au internautes qui investissent pour en permettre le financement. « Il Pennello » raconte la mésaventure étrange vécue par Anton, un dessinateur médiocre qui n’a jamais réussi à se faire publier. Un concours de circonstances le met en présence d’un curieux antiquaire qui lui propose un marché. Il lui prête un pinceau aux vertus soi-disant paranormales en échange de l’exclusivité sur les œuvres qu’il aura créées. N’ayant rien à perdre, l’artiste maudit accepte. Ses premiers essais sont immédiatement concluants, et même proprement époustouflants. La précision de son trait et la fluidité avec laquelle il dessine sont sans commune mesure avec ses minables productions précédentes. Ce pinceau magique a appartenu à Léonard de Vinci qui l’aurait utilisé à la fin de sa vie, alors que son art risquait un déclin. Le pinceau est ensuite passé de main en main, permettant à des peintres de produire des chefs d’œuvre avant de connaître un destin tragique. Il y a donc danger. Anton découvre rapidement que le pinceau possède un pouvoir maléfique. Il peut donner vie aux objets imaginés, et il peut aussi détruire ceux qui sont représentés et ensuite raturés. Anton veut assouvir un fantasme, donner vie à Pelisse, l’héroïne de « La Quête de l’Oiseau du temps ». Un récit sympathique servi par un dessin un peu lisse mais prometteur : « Il Pennello », par Allais et Perrotin, aux éditions Sandawe.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : il pennello, allais, perrotin, sandawe |  Facebook |

10/11/2011

Maudit mardi !, T1 / Vadot / Sandawe

 

Cet album est très certainement le plus abouti et le plus convaincant dans le catalogue tout frais des éditions Sandawe. Sandawe est une maison d’édition basée sur le crowdfunding, c’est-à-dire le financement par le public, nous pas le pouvoir public, mais bien les lecteurs. Chacun peut investir des parts afin d’atteindre la somme nécessaire à la publication et à la diffusion de l’album. « Maudit Mardi » raconte l’histoire d’un homme, Achille, qui décide de se déraciner littéralement pour retrouver Rebecca, son amour de jeunesse. Terriblement chargé en symbolique, ce récit prend pour point de départ une angoisse existentielle représentée par un ouragan qui submerge tout le petit monde étriqué d’Achille. Celui-ci se coupe les pieds, faits de bois et profondément enracinés, une assimilation à ses deux parents décédés. Il se confectionne des prothèses qui lui permettent de rejoindre la grande ville en quête de Rebecca. La retrouver n’est déjà pas simple. Mais le plus difficile sera d’assumer ces retrouvailles. Le moteur mystérieux de cette superbe fable réside dans cette prédiction qu’Achille mourra un mardi sans savoir lequel. Une manière comme une autre de nous enjoindre à vivre le moment présent dans toute sa plénitude. Nicolas Vadot, cartooniste de talent, retrouve avec bonheur sa veine plus introspective et visuellement envoûtante. « Maudit mardi ! », premier tome, par Nicolas Vadot, aux éditions Sandawe.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudit mardi !, vadot, sandawe |  Facebook |