25/08/2012

Naja / Bengal, Morvan / Dargaud

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Le naja est un serpent tueur. On ne pouvait pas choisir meilleur totem pour cette histoire de tueurs qui s’entretuent. Une organisation de tueurs mandate son numéro un pour éliminer son numéro trois. Le numéro deux se pose quelques questions. Il y a du rififi chez les méchants. Ca va faire du grabuge et c’est peu de le dire. L’apparente simplicité du récit permet au dessinateur de se déchaîner. Les variations de cadrage sont sidérantes. L’action est sublimée par le style graphique nerveux de Bengal. C’est un plaisir de lecture pour qui aime les bonnes histoires de tueurs professionnels de haut niveau. Et puis, au fil des pages très rythmées, les commentaires du personnage principal, une jeune fille aussi venimeuse que sexy, ses commentaires donc vont vous faire découvrir une autre dimension au récit. Sans vous en rendre compte, vous serez séduit par la profondeur du propos. Vous découvrirez un monde sous la surface de cette violence affichée. La froideur des tueurs cache forcément une humanité fragile, émouvante. Ces gens-là ne sont pas fait autrement que le citoyen lambda. C’est juste que leur parcours a pris une voie inhabituelle et que leurs sentiments ont trouvé un moyen d’expression très direct, sans concession. Cette intégrale  de « Naja », par Bengal et Morvan, est parue aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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08/11/2011

Paname / Univerne, T1 / Morvan, Nesmo / Soleil

 

Lorsque l’on évoque rétro-futurisme, l’on pense immédiatement à Jules Verne. Ce genre est de plus en plus remis au goût du jour et plus connu sous le label de Steampunk. Le père du Steampunk est incontestablement Jules Verne. Tout auteur qui souhaite s’adonner au genre se doit de lire la bible en la matière, soit l’œuvre compète de Verne et particulièrement « Robur le Conquérant ». Les Steampunk s’attache à construire des univers mélangeant des éléments typiquement dix-neuvième siècle et des machines symptomatiques de l’essor industriel du la même époque, mais nourries de l’imagination d’un romancier d’anticipation qui aurait vécu pendant cette période de bouleversements sociétaux. Les ingrédients sont là. Il suffit de les brasser allègrement et de les façonner à l’envi pour en tirer le terreau fertile d’une histoire bien ficelée. Morvan et Nesmo ont choisi d’exploiter le filon à sa source, dans un effet miroir hallucinant. Ils situent leur récit au milieu du dix-neuvième dans une société policée, sous la coupe de Louis-Napoléon Bonaparte. Un groupe de Républicains fuit. Parmi eux, Victor Hugo, et surtout le futur éditeur de Jules Verne qui succombe lors d’une course-poursuite. Du coup, le destin de Jules Verne bascule. Il ne deviendra pas le célèbre écrivain rétro-futuriste. Mais son univers vit déjà. Etrange et très osé : « Paname », premier tome de « Univerne », par Morvan et Nesmo, aux éditions Soleil.

 

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03/03/2011

Naja, T.5 / Morvan, Bengal / Dargaud

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Le rythme échevelé des quatre premiers tomes laisse place à un cinquième opus à la fois décoiffant et interpellant. Les lecteurs qui croyaient pouvoir se laisser emmener par un récit violent à la manière d’un film de Tarantino se retrouvent un peu interloqués par cette conclusion qui livre toutes les clés de compréhension et donne corps à la série dans son entièreté. L’apparente trame basique se mue en une succession soudaine de révélations déstabilisantes. Naja est une tueuse professionnelle d’une froideur inégalée. Elle se livre à une épopée sanglante et fratricide puisqu’elle tente d’éliminer les autres tueurs du top trois de l’organisation dont elle fait partie. En réalité tous trois se traquent mutuellement. Ca n’a apparemment pas de sens. Naja montre non seulement une insensibilité morale à l’égard de ses victimes, mais aussi une incroyable résistance à la douleur. En réalité, elle ne ressent absolument aucune émotion ni sensation physique. Nous découvrons enfin les raisons de cet état. Il nous faut pour cela remuer le passé de la jeune femme, explorer ses origines familiales. A contre-pieds du schéma classique du citoyen paisible qui devient un impitoyable vengeur, Naja opère une mutation inverse à nos yeux, une belle pirouette scénaristique. Le cinquième tome de « Naja » clôt remarquablement cette série signée Morvan et Bengal aux éditions Dargaud.

 

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30/09/2010

Au bord de l’eau / Volume 2 / Morvan, Le Gal, Peng / Delcourt / coll.Ex-libris

 

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Cette BD est l’adaptation haut en couleurs d’un roman fleuve chinois qui figure parmi les grands classiques de la littérature et l’un des quatre ouvrages phare de la culture chinoise. Autant dire que les auteurs s’attaquent à une véritable montagne. Entre les monts et les merveilles, la relation est intense. Graphiquement soignée, agréable à lire, ce récit caractérisé par en enchaînement de bouleversements de destinées, comptant des protagonistes à foison, empêtrés dans les méandres de la fatalité. Ils sont confrontés à des choix déterminants. Le leitmotiv est toujours un rébellion contre l’autorité, le pouvoir en place ou contre le groupe des plus forts. Ces hors-la loi successifs se passent tour à tour le relais de la subversion, pour atteindre in fine le chiffre de cent et huit. Leurs chemins se croisent ensuite au gré de leur errance en ce Moyen-âge de la dynastie des Song. Leur histoire fictive basée sur des faits avérés nous est dévoilée en trois tomes. Une adaptation en version manga existe également. En réalité la traduction littérale serait plutôt « le récit des berges », ce qui place les acteurs dans la mouvance du fleuve et non sur la terre ferme, immobile. La force de cette BD, c’est aussi le rendu des combats, vibrant hommage aux arts martiaux. « Au bord de l’eau », deuxième volume, par Morvan, Le Gal et Peng, aux éditions Delcourt, collection Ex-libris.

 

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17/08/2010

Les Chemins de l’exil / La Mémoire d’Abraham, T.1 / Morvan, Ersel, Halter / Casterman / coll.Univers d’auteurs

 

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La question de la pertinence d’une adaptation d’un roman en BD se pose souvent et fait grincer les dents de bien des critiques qui y voient une intention mercantile. Pourtant, cette adaptation a le mérite de toucher un nouveau public et peut-être d’inciter à la lecture du roman original, voire à donner goût à la lecture de livres autres que de la BD. La véritable question est de savoir si l’adaptation se justifie en soi et apporte un plus à l’œuvre. L’exemple du « Cri du peuple », adapté de Jean Vautrin par Jacques Tardi, est particulièrement remarquable. Il est trop tôt pour ce prononcer à l’égard de « La Mémoire d’Abraham ». Ce premier album est assez réussi mais il faudra se forger une opinion au cours de la bonne vingtaine de tomes prévus, et un sacré budget ! Plusieurs dessinateurs se succèderont sur le scénario de Morvan. Ersel se défend bien pour le lancement de la série. Quant au récit en lui-même, il est déjà connu. Marek Halter réalise une véritable enquête sur ses ancêtres jusqu’à Abraham, un scribe de Jérusalem du premier siècle avant Jésus-Christ, promis à une destinée hors du commun, faite de souffrance, d’humilité et de grandeur. « Les Chemins de l’exil » premier tome de « La Mémoire d’Abraham », par Morvan et Ersel, d’après Marek Halter, aux éditions Casterman, collection Univers d’auteurs, avec des couvertures de Rosinski.
BD commentée par Marc Descornet

 

26/01/2010

Printemps / Mon année, T.1 / Morvan, Taniguchi / Dargaud

C’est une belle surprise de voir Taniguchi associé à un scénariste européen et réaliser une BD en couleurs au format franco-belge. Le thème développé rejoint le degré d’ambition du projet de collaboration transculturelle. Morvan a écrit une histoire touchante d’une enfant atteinte d’un handicap mental. Ses parents font tout leur possible pour assurer l’avenir de Capucine. Ils ont fait le choix de lui faire suivre l’enseignement traditionnel. Mais arrive un moment où Capucine ne peut plus suivre le programme. C’est l’heure de rejoindre les bancs de l’enseignement spécialisé. Cette transition provoque un choc au sein du couple. Il se pourrait même que ce soit plutôt un séisme dont l’amplitude ne nous apparaît pas encore pleinement. L’épicentre se situe en profondeur. Mais dans ce premier tome, les événements futurs sont à peine esquissés. Nous ressentons cependant qu’un drame familial se prépare. L’arrivée d’un enfant pas comme les autres bouleverse les familles. La pression est énorme et de nombreux couples n’y résistent pas. L’attention soutenue qu’exige un enfant handicapé nécessite un dépassement de soi, une abnégation augmentée d’une volonté de se battre. Cette superbe BD, inspirée, sensible, d’une justesse qui force l’admiration, n’a pas fini de nous faire vibrer. C’est sans nul doute un maître achat. « Printemps », premier tome de « Mon année », par Morvan et Taniguchi, aux éditions Dargaud.

 

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24/11/2009

Zone franche / Sillage, T.12 / Morvan, Buchet / Delcourt / coll.Neopolis

Cet album démarre à un rythme effrené avec une course poursuite endiablée entre les forces de l’ordre de Sillage et un dangereux tueur à gages, dans la zone franche de Tartaroga. Au cours de cette chasse à l’homme va intervenir un élément inattendu. Une jeune combattante très dégourdie s’interpose et enlève le tueur après l’avoir neutralisé. Il s’agit bien sûr de Nävis. Elle embarque Soimitt et se voit contrainte d’emmener également le général Juaiz. Nävis est sur le coup d’une condamnation injuste. Elle compte utiliser le témoignage de Soimitt pour faire réviser son procès. Mais celui-ci ne parlera pas et impossible de l’y forcer sans déclencher un mécanisme d’autodestruction qui le fera exploser ainsi que tout ce qui l’entoure. L’affaire se présente mal. La seule solution, c’est que Soimitt dise la vérité de sa propre volonté. Il y a un moyen, une planète sur laquelle le mesonge n’existe pas et tous les êtres vivants livrent la vérité sans y être contraint. Seule Nävis serait immunisée contre cet effet étrange. La voilà donc partie pour cette destination avec Soimitt et Juaiz. Un voyage peut-être sans retour car les ordinateurs se font formatter sur cette planète, leur mémoire est effacée. Un récit mouvementé et passionnant : « Zone franche », douzième tome de « Sillage », une série de qualité signée Morvan et Buchet, chez Delcourt, collection Neopolis.

 

BD commentée par Marc Descornet

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