04/08/2012

L’éternel Shogun / Lefranc, T.23 / Régric, Robberecht, Martin / Casterman

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Il y a soixante ans naissait, sous la plume de Jacques Martin, le journaliste enquêteur Guy Lefranc, sorte d’Alix des temps modernes, flanqué, comme son alter-ego gallo-romain, d’un jeune compagnon, Jeanjean, le pendant d’Enak. Si Jacques Martin exploitait un schéma narratif qui avait fait ses preuves, il ne se trompait pas. Car cette recette lui a valu sa longévité, même si certains albums de la série font vraiment tache. A l’instar d’Arbaquès, le méchant récurrent dans « Alix », Axel Borg en fait voir des vertes et des pas mûres à Guy Lefranc. Mais à la différence du Grec, qui se profile comme une indécrottable crapule, Borg bénéficie d’une personnalité plus complexe, plus ambiguë, qui correspondrait davantage à cet autre personnage emblématique utilisé par Jacques Martin, Gilles de Rais, dans la série « Jhen ». Dans cet épisode anniversaire de Lefranc, situé il y a justement une soixantaine d’année, le Japon a capitulé et vit dans la honte du vaincu, une situation inconcevable pour une culture fortement orientée sur l’honneur. Un groupe d’activistes complote pour restaurer le shogunat, avec l’aide d’une arme mise au point par des Allemands dans la clandestinité. Axel Borg est bien sûr de la partie. Agréablement dessiné et adroitement construit, cet épisode se lit avec plaisir. « L’éternel Shogun », vingt-troisième « Lefranc », par Régric et Robberecht, d’après Martin, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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14/07/2012

Psychothérapie / Lloyd Singer, T7 / Brunschwig, Martin / Bamboo / coll.Grand angle

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Le titre de cet album en dit long sur ses enjeux sous-jacents, à commencer par la volonté du scénariste Luc Brunschwig de poursuivre l’aventure Lloyd Singer. Le dessinateur Olivier Neuray avait justement jeté l’éponge à la fin du cycle précédent. Se posait alors la question de relancer cette série au héros bougrement attachant. Au terme d’un profond questionnement, Brunschwig s’est décidé à continuer, en compagnie d’un jeune dessinateur, Olivier Martin. Graphiquement, le passage de relai se voit très fort et peut rebuter le lecteur exigeant. Mais à y regarder de plus près, au-delà des nombreuses imperfections et hésitations, il y a un potentiel qui ne demande qu’à s’épanouir. Martin s’est bien approprié la physionomie des personnages et surtout leurs expressions qui jouent un rôle primordial dans cette BD. Sa mise en cases séduit par de nombreux atouts. Quant au récit, Brunschwig prouve qu’il n’a pas encore tout dit et que sa décision de persévérer est la bonne. Lloyd Singer se retrouve en famille face au psy pour déterrer les vieux souvenirs et tenter de surmonter les douleurs du passé. Les conséquences sur le présent se révèlent aussi vertigineusement perceptibles. « Psychothérapie », septième tome de « Lloyd Singer », par Brunschwig et Martin, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

 

M.Descornet

 

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03/07/2012

Le journal de Jonathan Harvester / Les Fabriques de la mort, T.1 / Slocombe, Martin, Froissard / Delcourt

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Pendant la seconde guerre mondiale, d’abominables atrocités ont été commises sur des prisonniers dans les camps de concentration au nom du progrès de la science. Les crimes contre l’humanité du régime nazi nous sont bien connus. Ce qui l’est moins, ce sont ceux de l’allié japonais de l’Allemagne. Des centaines de milliers de personnes ont péris, victimes d’expérimentations à grande échelle, surtout en Mandchourie, région sur laquelle des largages bactériologiques ont été effectués. Des expérimentations sur des cobayes humains, des civils et des prisonniers de guerre, ont aussi été pratiquées comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques. Cette BD repose sur cette réalité historique, et notamment sur la tenue d’un procès qui a condamné ces crimes de guerre et contre l’humanité, mais elle prend aussi pas mal de libertés. Nous sommes dans les années nonante. Jonathan Harvester est un journaliste scientifique anglais. Il se rend au Japon afin de recueillir des informations sur les travaux du professeur Muraki, un éminent spécialiste du sang. Ce sujet intéressant aurait pu bénéficier d’un développement narratif plus fouillé ou plus rythmé. « Le journal de Jonathan Harvester », premier tome des « Fabriques de la mort », par Slocombe, Martin et Froissard, aux éditions Delcourt.

 


M.Descornet


 

30/12/2011

La conjuration de Baal / Alix, T.30 / Simon, Lafon, Martin / Casterman

 

Autant quelques titres de cette série font figures d’épisodes malheureux, autant ce trentième tome se révèle une excellente histoire, riche et agréable à lire, dessinée avec soin. Alix et son ami Enak se trouvent à Pompéi, au pied du Vésuve qui fume mais n’est pas encore entré dans sa célèbre éruption. Bien vite, Alix doit se rendre à Rome où César se trouve en mauvaise posture face aux ardeurs de plus en plus belliqueuses de son rival Pompée. Mais Alix se jette dans la gueule du loup, ou plutôt celle de Baal, une divinité terrifiante adulée par une secte de Molochistes assoiffés de sacrifices humains. A leur tête, le grand prêtre semble vouer une haine toute particulière à Alix. César affaibli ne peut assurer la protection efficace de son ami. Barricadé avec Enak dans sa demeure romaine, Alix va vite devoir engager une âpre lutte contre un ennemi féroce. Cet album a visiblement fait l’objet d’une consciencieuse construction. On y retrouve des références multiples aux albums qui ont fait la renommée de la série. Il y a un subtil équilibre entre la variété des lieux et la fine restitution des rues et ruelles de la Rome antique. Les personnages principaux occupent bien sûr la scène mais les figurants sont légion et donnent un aperçu très intéressant de la réalité quotidienne de l’époque. Un bel album : « La conjuration de Baal », trentième tome de « Alix », par Simon et Lafon, d’après Jacques Martin, aux éditions Casterman.

 

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12/04/2011

Le Grand Duc d’Occident / Jhen, T.12 / Martin, Cayman, Payen / Casterman

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Philippe trois de Bourgogne, dit Philippe Le Bon, a succédé à son père Jean Sans Peur lors de l’assassinat de celui-ci, poignardé sur ordre de son ennemi le dauphin Charles, futur roi de France. Par esprit de vengeance, Philippe Le Bon fait alliance avec l’Angleterre contre les Français. Il reste inconsolable de la mort de son père et porte perpétuellement le deuil. C’est n’est pas une fallacieuse bonté qui lui vaut son surnom mais une dextérité hors du commun au maniement de l’épée, ce serait donc plus précisément Philippe le bon bretteur. Hors des activités belliqueuses, revanchardes, Philippe Le Bon cultive une passion pour l’art sous diverses formes. Il apprécie les peintres, les écrivains, les musiciens et les sculpteurs. Il mandate Jhen pour dessiner et ériger la voute d’un noble édifice. Le talent de Jhen séduit le Grand Duc qui l’accueille parmi ses confidents privilégiés. A côté de ses affinités artistiques, Philippe Le Bon s’avère un redoutable guerroyeur, un politique cynique et sans scrupules, qui aime s’entourer de conseillers avisés, mais il est aussi un homme véhément, à la fois colérique et miséricordieux, grand amateur de femmes. Ce portait contrasté en fait un personnage captivant qui donne à ce récit une bonne partie de sa chair. Une BD fidèle à l’esprit insufflé par feu Jacques Martin : « Le Grand Duc d’Occident », douzième tome de « Jhen », par Cayman et Payen, aux éditions Casterman.

 

M.DESCORNET

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19/11/2010

Le Testament de César / Alix, T.29 / Venanzi, Martin / Casterman

 

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Les héros sont éternels, et survivent à leurs créateurs. Le vingt-neuvième album d’Alix paraît alors que Jacques Martin nous a quitté et n’a nullement participé à la genèse de ce nouvel épisode de son héros d’origine gauloise et devenu citoyen romain à l’époque de Jules César. Alix est même devenu un ami intime de l’empereur et bon nombre de personnalités influentes de son entourage. C’est justement le cœur de ce récit. Alix puisqu’il y sera question du testament de César et de son héritier. Sans rien dévoiler de l’intrigue, on peut dire que cet album renoue avec les bons crus de la série tant il réserve au lecteur son lot de surprises et de scènes palpitantes, toujours empreintes d’un remarquable classicisme. Il est évident que Marco Venanzi s’est rigoureusement conformé à une charte graphique et narrative stricte. Il réussit non seulement à respecter fidèlement l’esprit de la série mais aussi à insuffler à Alix un dynamisme qui manquait cruellement à quelques unes de ses précédentes aventures. Le rôle dévolu à Enak, le jeune ami égyptien d’Alix, plaira aux lecteurs férus de cette vaste fresque antique, méticuleusement documentée. L’histoire humaine rejoint harmonieusement les histoires d’humains. Les sentiments et valeurs morales conventionnels se déclinent fort à propos dans cette BD très réussie : « Le Testament de César », vingt-neuvième tome de « Alix », par Venanzi, d’après Martin, chez Casterman.

 

BD commentée par Marc Descornet

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23/08/2010

Les Carrés, T.3 / Une enquête de Kazimir / Adam, Martin / Vents d'Ouest

 

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Le troisième et dernier tome des « Carrés » est vendu dans un coffret qui vous permettra de ranger soigneusement l’ensemble de la trilogie. En plus de l’épilogue de la mission confiée à Kazimir Doen, nous avons droit à une nouvelle intrigue complète, aux rebondissements ébouriffants. Kazimir est sur la piste du tableau représentant un carré blanc, après avoir déjà récupéré les noirs et les rouges. C’est avec une toile lourde de symbolique que se clôt cette histoire mouvementée. Le tableau dénommé « carré blanc sur fond blanc » existe réellement. Il est l’œuvre du peintre Kasimir Malevitch. Cette toile monochrome datant de mille neuf cent dix-huit est considérée comme une œuvre majeure et fondatrice de la peinture contemporaine et plus particulièrement de l’art abstrait suprématiste, né en Russie. C’est donc sans étonnement que nous voyons notre héros s’envoler vers Moscou. Le tableau appartient à Dimitri Kissof, un truand recherché par la police. Kazimir ne se décourage pas, malgré cette lassitude perpétuelle qui se sent en lui. Cet état émotionnel va d’ailleurs trouver dans cette dernière aventure, une résonance particulière. Car il va rencontrer une sorte d’alter ego pour qui la toile blanche compte énormément. Une BD riche en émotion et en action, servie par un dessin à la fois précis et naïf, duquel se dégage une belle sensibilité : Troisième tome des « Carrés », par Adam et Martin, aux éditions Vents d’Ouest.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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