05/01/2011

L’Ombre du photographe / Wounded, T.1 / Marie, Malnati / Bamboo / coll.Grand angle

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Nous sommes en mille huit cent nonante. Edwards est photographe professionnel. Il a fui Londres pour partir à la découverte de l’Amérique, espérant y décrocher quelques contrats de travail. Nous le retrouvons donc à New York où il s’est déniché de bons clients prêts à le payer grassement. Sa mission s’annonce périlleuse. Il doit suivre l’avancée de colons dans les territoires de l’Ouest, encore peuplé d’Indiens. Alors qu’il assiste en témoin obligé aux exactions et aux crimes perpétrés par ses commanditaires, des cauchemars atroces l’assaillent chaque nuit davantage. Des visions sanglantes des femmes éventrées, les tripes à l’air lui donnent des sueurs froides. Le plus troublant, c’est le caractère réaliste de ces scènes d’horreur. Edwards est amené à se poser des questions sur lui-même. Le lecteur le suit aisément dans cette voie car les employeurs d’Edwards ont identifié en lui un parfait psychopathe, un criminel pervers qui s’ignore. Sachant cela, nous sommes amené à nous demander quel rôle ils veulent lui faire jouer. En attendant, Edwards immortalise sur la pellicule les massacres de troupeaux de bisons au moyen d’une invention révolutionnaire, une mitrailleuse ultra-performante.  « L’Ombre du photographe », premier tome de « Wounded », par Marie et Malnati, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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23/12/2010

A corps perdu / Dieu, T.1 / A cœur ouvert / Dieu, T.2 / Karl T, Marie / Dupuis

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Derrière ce titre grandiloquent s’offre à nous une histoire épouvantable comme sait si bien les concocter Damien Marie. Les dessin réaliste classique de Karl T. sert admirablement cette intrigue mais aurait pu encore accentuer l’effet effroyable par un rendu plus trash, moins propret. Dans un sens, ce choix accentuer peut-être l’effet de surprise lorsque le récit verse dans l’horreur sanguinolente. Ceci dit, avant d’en arriver aux limites de l’insoutenable, nous traverserons des étapes plus inquiétantes, affolantes, angoissantes, en une succession d’événements qui engloutissent Alex à un rythme d’enfer. Alors que sa vie bascule brutalement dans l’effroi, des réminiscences de son passé surgissent dans sa mémoire. Sa maman y apparaît dans des circonstances obscures. Il semblerait qu’elle ait été contrainte d’accomplir des actes répréhensibles. Mais cela reste flou. Petit à petit, choc après choc, Alex va découvrir les véritables contours de l’abomination dans laquelle il joue involontairement un rôle central. Lorsque cette réalité lui sera assénée, son monde s’écroulera pour laisser s’ériger une atroce évidence. Si dieu est bel et bien tout puissant, il est loin de se montrer réellement bienveillant. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Dieu y reconnaîtra les siens. « Dieu, tome un : A corps perdu » et « Dieu, tome deux : A cœur ouvert », par Karl T ; et Marie, aux éditions Dupuis.

 

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18/05/2010

Contre-jour / Ceci est mon sang, T.1 / Marie, Goethals / Bamboo / coll.Grand angle

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Après le captivant diptyque « Ceci est mon corps », le même duo d’auteurs nous propose une histoire qui se déroule simultanément à la première mais en suivant le point de vue d’autres protagonistes. Istelle et Sania sont les filles d’un riche et influent homme d’affaire, directeur du département pharmaceutique du consortium Need. Need a développé une série de drogues aux effets éthiquement très douteux. L’une d’elle permet de s’incarner momentanément dans le corps d’une autre personne et de vivre ainsi dans sa peau, de vivre sa vie, ou même de prendre des risques que l’on n’oserait pas prendre dans son propre corps. Les hôtes sont bien entendu des personnes pauvres, prêtes à tous les compromis pour s’assurer quelques ressources additionnelles. Istelle et Sania s’ennuient à mourir. Pour se donner des sensations fortes, elles usent et abusent des drogues de leur papa, transgressant les interdits. Evitant soigneusement les redites stériles, Damien Marie livre des clés de compréhension supplémentaires, éclaire des zones d’ombre, en un récit qui relance intelligemment l’attrait du lecteur, servi par le dessin et les cadrages audacieux de Sébastien Goethals. Une belle réussite : « Contre-jour », premier tome de « Ceci est mon sang », par Marie et Goethals, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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12/11/2009

Marie / Livre 1 / Chouraqui, Colak, Halter / Soleil

Le roman de Marek Halter ne pouvait que séduire Elie Chouraqui. Tous les ingrédients qu’il affectionne s’y retrouvent : les fondements de la religion, l’histoire avec un grand « H », l’amour, la passion, la quête identitaire. Dès lors, cette adaptation en BD tombe sous le sens. Et c’est une belle réussite. Nous sommes à Nazareth, un petit vilage de Gallilée, sous le règne d’Hérode, en l’an six avant Jésus-Christ. C’est là que vit la jeune Miryem, qui donnera vie, quelques années plus tard, à un homme qui marquera les esprits pour longtemps. Pour l’heure, les villageois sont soumis aux vexations et la violence des soldats d’Hérode. Les hommes en armes surgissent. Ils pouchassent un bandit du nom de Barabbas. Les événements vont s’enchaîner de fort sinistre manière puisqu’une altercation va entraîner la mort d’un soldat, tué par la père de Miryem. Celui-ci est emmené à Tarichée pour y être crucifié. Miryem va partir à son secours, avec l’aide de Barabbas, qu’elle espère convaincre de l’aider. Nul n’a jamais réussi une telle folie. Défier la puissance de Rome ne vaut pas la vie d’un homme. Mais miryem est une jeune femme volontaire, mue par une foi inébranlable, pas nécessairement la foi en la venue du messie dont tout le monde parle mais plutôt une foi en la volonté justement. Un album documenté, au graphisme sobre et soigné. « Marie. Livre 1 », par Chouraqui et Colak, d’après Marek Halter, aux éditions Soleil.

 

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11/03/2009

Parce que le paradis n’existe pas / Marie, Vanders / Bamboo / coll.Grand Angle

Fabien est un jeune homme en parte de repères. Il a perdu son emploi. Sa compagne l’a gentiment poussé vers la porte de sortie. Fabien décide de retourner vers ses parents, de se ressourcer à la campagne. Sa maman le chouchoute et son papa l’encourage à chercher du travail. Mais ce dont il a besoin avant tout, c’est de retrouver ses racines. Il se laisse alors guider par ses souvenirs d’enfance au sein de la forêt. Il y revoit ses copains et revit les épisodes les plus marquants d’une révélation, d’un éveil, d’une ouverture au monde. En première lecture, cette BD se présente comme une sympathique chronique biographique agrémentée de scènes espiègles de gamins jouant au siège d’une citadelle imprenable. Mais à y regarder de plus près, ce récit profondément humain aborde des questions existentielles avec une pudeur et une retenue exemplaire, tout en n’éludant rien. Les thèmes les plus durs sont courageusement pris de front. Il y a cette jeune femme qui se sait condamnée par un cancer et qui, par un acte d’abnégation ultime, s’arrange pour ne pas faire vivre sa terrible agonie à son amoureux. Il y a les effets d’une économie de marché débridée, de l’indifférence humaine, et bien plus encore. C’est joliment amené, tout en délicatesse, laissant le lecteur à ses réflexions et à ses émotions. « Parce que le paradis n’existe pas », par Marie et Vanders, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.


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26/02/2009

Ceci est mon corps / Marie, Goethals / Bamboo / coll.Grand Angle

L’avenir de nos sociétés qui se sont développées sur l’égoïsme et la poursuite du profit est souvent dépeint comme une dualité entre nantis et pauvres. C’est également le parti qu’ont choisi les auteurs pour amener leur propos. Dans une zone sécurisée de Los Angeles réservée aux riches, des jeunes en mal de sensations fortes se livrent à des excès de toutes natures. Ils aiment prendre possession par l’esprit du corps d’un habitant de la zone non-sécurisée et se livrer à des courses-poursuites ou d’autres actes violents qu’ils ne pourraient pas perpétrer dans leur univers aseptisé. Lucas a vingt deux ans. Son père est un personnage très occupé, cadre supérieur de la NeedTM, une puissante firme de biotechnologie. Lucas peut donc tranquillement négliger ses études, se prélasser au bord de la piscine sous le soleil, picoler, se shooter et aller à des fêtes orgiaques avec ses amis. Tout dérape le jour où il subtilise un flacon de gélules à son paternel. Ces gélules expérimentales provoquent des effets extrêmement dangereux. Lucas ne devra bientôt plus s’en inquiéter car il est exécuté par un tueur de la NeedTM. Une BD fleurtant avec le sordide, servie par un dessin dynamique et des cadrages maîtrisés. Une intrigue aux rebondissements astucieux : « Ceci est mon corps », par Marie et Goethals, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.


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