21/07/2012

Je suis le gardien de mon frère / Makyo, Wei Liu / Glénat

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La famille représente à la fois un refuge et un univers de tensions. Lorsqu’un secret pèse sur les relations, il peut générer des débordements incontrôlables qui peuvent conduire à des drames. C’est ce qui se passe dans cette BD à l’ambiance noire, dans laquelle deux frères subissent un traitement différent de la part de leur père. L’un des deux est systématiquement maltraité ou battu. Bien sûr, le lecteur se doute bien qu’il y a plus que probablement une histoire d’adultère là-derrière et que le malheureux gosse est un bâtard. Mais la réalité n’est peut-être pas aussi simple. Sans dévoiler trop le fin fond de cette histoire cruelle, relevons que le plus grand attrait de cette histoire réside dans la complexité de la relation entre les deux frères, en lien avec leur passé et avec les révélations que leur réservent le présent et l’avenir. Nous assistons en fait à un irrémédiable processus de destruction d’une famille minée par le non-dit, la jalousie, l’incompréhension, la rancœur et la culpabilité refoulée. A cela s’ajoute une dimension superstitieuse non négligeable. Le climat malsain qui règne tout au long de ce terrible récit ne trouve aucun espace de rémission, si ce n’est parfois les pointes de naïveté ou de pure candeur. La dualité est au centre de cette BD habilement construite et parfaitement crédible. « Je suis le gardien de mon frère », par Makyo et Wei Liu, aux éditions Glénat.

 

 

M.Descornet

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : je suis le gardien de mon frère, makyo, wei liu, glénat |  Facebook |

13/01/2012

La prison / La vengeance / Destins, T.12 & T.13 / Sicomoro, Pellejero, Giroud, Richaud, Makyo / Glénat / coll.Grafica

 

Voici les derniers pas vers la conclusion de cette série bâtie sur un concept déconcertant. Une femme, Ellen, est placée face à un choix difficile. Soit elle assume une erreur tragique de jeunesse et perd tout ce qu’elle a, en causant le désespoir de sa famille, soit elle ne fait rien est doit vivre avec l’exécution d’une innocente sur la conscience. Au départ de cette situation, Frank Giroud a imaginé développer plusieurs histoires selon le choix qu’aurait fait Ellen, plusieurs destins possibles se réalisent alors dans des albums parallèles qui sont amenés à converger vers une conclusion unique. Après un départ interpellant, les différentes ramifications s’avèrent fort inégales en qualité et laisse une impression très mitigée, pour ne pas dire peu convaincante. Le dernier tome devra vraiment apporter un épilogue époustouflant pour faire pardonner les égarements des autres épisodes. L’utilité narrative de certains laisse franchement dubitatif. Quant aux styles graphiques, ils se situaient parfois aux antipodes l’un de l’autre, avec de grosses déceptions de dessinateurs confirmés. Heureusement, avec ces douzième et treizième tome de « Destins », Sicomoro et Pellejero livrent tous deux une excellente performance. Les scénarios de Giroud, Richaud et Makyo se défendent également bien. « La prison » et « la vengeance » aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la prison, la vengeance, destins, sicomoro, pellejero, giroud, richaud, makyo, glénat, grafica |  Facebook |

14/01/2010

Immensité retrouvée / Je suis Cathare, T.3 / Makyo, Calore / Delcourt / coll.Histoire et Histoires

On sait finalement peu de choses des Cathares. Jarbinet nous avait proposé une saga chez Glénat, d’autres auteurs y ont fait référence. Et Pierre Makyo s’y est attelé avec son point de vue qui se précise d’album en album. Ce quatrième opus recentre justement le récit vers une plongée mystique dans les croyances cathares. Le héros délaisse sa quête pour se concentrer sur sa foi et ses motivations profondes. Le titre de la série prend alors tout son sens. Guilhem affirme son identité. « Je suis Cathare ». Le récit d’aventure ésotérique se transforme presque en une initiation didactique et historique. Les cathares poussent à l'extrême le sens du message des Ecritures qui fondent le christianisme. Les cathares adoptaient le modèle de vie, les rites et les sacrements des premières communautés chrétiennes. Ils ne portaient aucun intérêt aux reliques ni aux lieux de culte tels que les églises. De cette manière, la pratique de la croyance appartenait à chacun, offrant une grande liberté de culte. Cette dissidence qui amoindrissait l’emprise de l’Eglise sur les fidèles leur a valu des persécutions et une extermination radicale. Un récit superbement dessiné, envoûtant à plus d’un titre : « Immensité retrouvée », troisième tome de « Je suis Cathare », par Makyo et Calore, aux éditions Delcourt, collection Histoire et Histoires.

 

BD commentée par Marc Descornet

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03/10/2009

Jean-Jacques / Makyo, Richaud, Rocco / Delcourt / coll.Histoire & Histoires

Pour ceux qui auraient séchés leurs cours, Jean-Jacques Rousseau était un écrivain, philosophe et musicien du Siècle des Lumières. Inspirant les Révolutionnaires, Rousseau a également suscité un grand intérêt chez les frères Jean et Jacques Chapelet, deux gentils illuminés. C’est leur histoire que le docteur Guillaume découvre sur les murs de la cellule occupée par Jean, à présent décédé. Fasciné, Guillaume se met à retranscrire le roman de leurs vies. Propriétaires d’un domaine à Précy-sur-Oise, les deux Parisiens sont de grands admirateurs de Rousseau et ne rêvent que d’une chose : inviter le célèbre philosophe chez eux. Après une première rencontre saisissante, les frères Chapelet apprennent son décès quelques heures plus tard. Bien décidés à lui faire partager ces moments d’intimité dans leur domaine qui tombe pourtant en ruine, Jean et Jacques volent le cadavre de Rousseau… Adaptation du roman de Frédéric Richaud, ce one-shot illustre avec humour le phénomène de la vénération et offre une réflexion intéressante sur le comportement humain. Fans avant l’heure, les personnages possèdent un grain de folie qui les rend tout de même attachants. Côté graphisme, les dessins apportent une touche réaliste aux situations parfois grotesques mais souvent burlesques ! « Jean-Jacques », par Makyo, Richaud et Rocco, est publié aux éditions Delcourt, collection Histoire & Histoires.

 

BD commentée par Maïté Vanneste

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30/09/2009

Inversion, T.1 / Jerry, Makyo / Dupuis

Premier opus d’une série fantastique prévue en trois volumes, cet album débute par la présentation du héros, Jehn Zalko. Écrivain et insomniaque à ces heures, Jehn vit une relation avec Lola, sa jeune et jolie prof de littérature. Lors d’une de ces nuits devenues angoissantes pour Jehn, il se voit projeté dans un monde inconnu. Cette fois, le phénomène est différent car il semble avoir pris la place du Prince Zehn Jalko, un jeune noble plein d’arrogance et de suffisance. Profondément perturbé, Jehn apprend que la demande en mariage du Prince a été refusée par la jeune Bola, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Lola. Après avoir sombré dans le sommeil, Jehn se réveille dans son appartement, persuadé d’avoir à nouveau fait un drôle de rêve. Seulement voilà, Lola l’accueille par une gifle monumentale et un homme semble vouloir sa mort. Peu à peu, Jehn comprend qu’un autre a pris sa place dans son monde, pendant que lui découvrait un nouveau monde, gouverné par un système royaliste. Mettant en scène les bases de l’histoire, ce thriller psychologique se déroule de manière à ce que le lecteur découvre en même temps que le héros la machination dont il est la victime. Le mystère est habilement entretenu et le graphisme est soigné. Chacun des mondes à sa mise en couleurs propre, renforçant encore la dualité au sein du récit. Le premier tome d’« Inversion », par Jerry et Makyo, est publié aux éditions Dupuis.

 

BD commentée par Maïté Vanneste

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