29/06/2012

Pietrolino / Boiscommun, Jodorowsky / Les Humanoïdes associés

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Cette intégrale regroupe deux volumes et forme un récit complet. C’est l’histoire d’un mime qui n’a pas ses mains dans ses poches. Alors que Paris est occupé par l’armée allemande, Pietrolino refuse la morosité ambiante. Il use de son art pour magnifier la joie de vivre et l’espérance. Il se produit avec sa petite troupe dans les lieux publics, comme dans ce bistrot où les clients s’amusent de le voir tourner les nazis en dérision. Le patron de l’établissement ne partage malheureusement pas l’engouement de sa clientèle. Un coup de téléphone et voilà les hommes en uniformes qui débarquent. Le spectacle continue mais prend une tournure dramatique. L’officier nazi embarque les saltimbanques mais s’assure au préalable que Pietrolino ne pourra plus nuire à l’image du troisième Reich. Il lui écrase les mains. Pietrolino se retrouve enfermé et incapable d’exercer son art. Privé de sa raison d’être, la vie lui semble désormais dénuée de sens. Pourtant, le destin lui réserve une surprise fantastique, comme dans toutes les bonnes représentations. Cette histoire brutale et sensible avait été conçue en hommage au mime Marceau, un artiste au talent exceptionnel qui avait grandement contribué à raviver la popularité de cette discipline trop peu présente de nos jours. Le dessin allie cette même dualité entre rudesse et douceur. « Pietrolino », par Boiscommun et Jodorowsky, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

M.Descornet

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20/12/2011

Troubles fêtes / Loisel, Le Guirec / Les Humanoïdes associés

 

Ce livre est un hybride, moitié nouvelle, moitié bande dessinée. Le tout forme un ensemble harmonieux de plusieurs histoires coquines absolument bandantes. Les planches somptueuses de Régis Loisel dialoguent avec les textes évocateurs et très imagés de Rose Le Guirec, dont voici un extrait. « La contemplation de la lune ramena ses pensées vers le cul de Margot, dont la vigoureuse enculade l’avait pour la première fois de sa vie comblé de bonheur. Dans la nuit profonde, il jura fidélité à ce cul merveilleux et hospitalier, son brandon éteint pour seul témoin. Il se redressa et, d’un pas tranquille et ferme, rejoignit la chaumière où sa divine maîtresse s’était assoupie, nue sur le lit bouleversé par leurs ébats quelques heures plus tôt. Une pâle clarté lunaire caressait et sculptait les fesses où Ainoque s’était logé, et qui le fascinaient. Margot soupira, ouvrit une paupière et se dandina. Ainoque s’agenouilla à son chevet et remit entre les mains délicates le brandon dur et arrogant comme une verge, forgé par le feu et l’eau de cette nuit de la Saint-Jean. Ils s’emmanchèrent de toutes les façons ; nul orifice ne fut épargné, ni par les caresses, ni par les baisers, ni par l’instrument ardent et luisant d’Ainoque ». Pour connaître la suite, il faut se plonger dans ce livre magnifique réservé à un public averti. « Troubles fêtes », par Loisel et Le Guirec, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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19/12/2011

Les vacances du major / Moebius / Les Humanoïdes associés

Ce recueil d’histoires courtes recèle de fabuleuses surprises. Autant l’avouer d’emblée, ces petits récits ainsi rassemblés donnent une impression générale terriblement décousue. Pour profiter pleinement de cette dégustation littéraire, il est préférable de n’en lire qu’un à la fois, à petites doses espacées. C’est d’ailleurs ainsi qu’est né cet album. Moebius, alias Jean Giraud, s’est octroyé des moments de respiration entre deux albums, par exemple entre deux « Blueberry ». Ces espaces de liberté lui ont permis de sortir du carcan narratif, de sortir de sa zone de confort pour explorer d’autres mondes, des mondes intérieurs. Moebius laisse alors courir sa plume sur le papier, dans des carnets de notes, ébauche un récit, l’interrompt après trois pages, le reprend un an plus tard le temps de trois nouvelles pages, puis l’abandonne à nouveau pour ne l’achever que bien plus tard. Alors bien sûr, ça part dans toutes les directions, mais le résultat reste cohérent et surtout jubilatoire. Moebius laisse libre cours à son sens de l’humour très particulier, mais toujours dans un contexte galactico-fantastique. Il s’amuse également, en forme d’hommage, à empoigner les crayons de respectés confrères. On jurerait que « La chasse au Français en vacances » a été concocté par Christian Boucq, auteur qui aurait dû dessiner une série parallèle à « Blueberry ». « Les vacances du major », par Moebius, aux éditions Les Humanoïdes associés.

M.Descornet

 

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17/12/2011

Gulliveriana / Manara / Les Humanoïdes associés

 

Dès que Milo Manara s’empare d’un conte ou d’une histoire qui fait partie de la bibliothèque idéale, il la magnifie à sa manière, c’est-à-dire en y insufflant un érotisme torride. Gulliveriana détourne ostensiblement et sans vergogne « les voyages de Gulliver ». Une jeune femme aux formes aguichantes se prélasse sur la plage dans une crique isolée. A quelques encablures du rivage, un navire immobile semble avoir mouillé là. Il n’y a apparemment personne à bord. Gulliveriana décide de s’allonger sur un matelas pneumatique et de se laisser aller au rythme des vagues. Pour se mettre vraiment à l’aise, elle se déshabille. Mais elle glisse dans l’eau et perd définitivement son maillot de bain. Elle trouve refuge à bord du mystérieux navire, un voilier d’envergure, déserté, à bord duquel elle trouve une drapeau anglais dans lequel elle s’enveloppe. Mais une violente tempête la jette à la mer. Gulliveriana échoue sur les côtes d’un étrange pays, peuplé de Liliputiens. L’armée des hommes miniatures défile glorieusement entre ses jambes, puis la jeune femme mettra leurs ennemis en déroute et sauvera la reine. Ca va pourtant mal se terminer. Gulliveriana n’est pas au bout de ses péripéties. Cette truculente évocation regorge de moments affriolants comme seul sait nous les concocter le maître italien du sexe chic en BD. « Gulliveriana », par Milo Manara, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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01/12/2011

Le Manoir des murmures / Munoz, Tirso / Les Humanoïdes associés

 

Le Manoir des murmures  , Munoz, Tirso , Les Humanoïdes associés

Alors que l’Europe se remet péniblement des blessures de la seconde guerre mondiale, un orphelinat installé dans un manoir isolé recueille des enfants atteints d’un mal étrange. Ils sont victimes d’un virus qui les transforme en monstres. Ils sont en quelques sorte des monstres enfantés de la haine. Dans ce même manoir, dans les sous-sols, une équipe de chercheurs tente de trouver l’origine du virus et le vaccin qui permettra de l’éradiquer. Les monstres se distinguent principalement entre des vampires et des loups-garous. Ils sont les représentations des différents visages que peut prendre la monstruosité humaine. Les anciens livres d’histoire identifient l’Allemagne nazie et ses alliés comme étant de diaboliques méchants. Depuis quelques années, les mea culpa se multiplient pour reconnaître la responsabilité des uns et des autres dans ce terrible épisode. Il y a eu du laissé faire condescendant et de la collaboration active. La frontière entre les bons et les mauvais s’estompe, le bien et le mal se confondent, l’humanité accepte sa monstruosité intrinsèque. Cet éveil douloureux, cette prise de conscience s’apparente au passage à l’âge adulte. C’est ce que subit Sarah, une petite fille dont la monstruosité latente doit se révéler pour combattre les démons qui la maintiennent sous leur emprise. C’est superbement illustré. « Le Manoir des murmures », par Munoz et Tirso, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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30/11/2011

Les Princesses égyptiennes / Baranko / Les Humanoïdes associés

 

La suite et fin des aventures des deux filles du Pharaon Ramses trois ne manque pas de relief. Ce récit rudement bien documenté nous raconte une histoire aux accents d’éternité. Bien sûr, il y a ce fond culturel ancestral avec ces divinités imposantes, mais il y a aussi et surtout la teneur des événements racontés. Le prêtre Amenhotep Apou, conseiller malicieux du pharaon, relate comment une civilisation s’est vue menacée d’extinction. Cela a commencé par quelques tremblements passés presque inaperçus. Puis sont survenus des signes plus inquiétants, des tremblements mais aussi des émanations volatiles. Enfin, une secousse magistrale a anéanti une cité entière, provocant également un raz de marée gigantesque qui a décimé l’intégralité des survivants. Il est difficile de ne pas voir dans cette succession infernale une gradation dramatique. La transposition à d’autres époques et d’autres lieux est aisée. Pensons par exemple à la chute de l’Empire romain. Pensons également à la chute encore plus vertigineuse des bourses que nous vivons actuellement et qui nous annoncent peut-être que le pire est à venir. Comme dans les pages de la BD, nous pourrions assister à des scènes sanglantes de pillage. Des mères pourraient tuer pour la survie de leurs enfants, avec cette même violence qui anime déjà les petites incivilités quotidiennes. « Les Princesses égyptiennes », par Baranko, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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10/11/2011

Final Incal / Jodorowsky, Ladrönn / Les Humanoïdes Associés

 

Les aventures de John Difool ont marqué les lecteurs d’une génération. Le scénariste Jodorowsky et le dessinateur Moebius y repoussaient les limites de l’époque en créant un univers ésotérico-fantastique dans lequel évoluait un détective de classe R, un personnage attachant, un peu benêt, maladroit, mais plein de candeur. Avec le succès du premier cycle, les auteurs rempilent avec « Le nouveau rêve », qui entame l’épopée de « Après l’Incal ». Dans cet album, John Difool se réveille et le lecteur apprend que toute l’aventure du premier cycle n’était qu’un rêve. Après mûre réflexion, Jodorowsky trouva que ce chamboulement ne tenait pas la route. Mais Moebius n’a pas apprécié cette remise en question fort déstabilisante et a décidé de jeter l’éponge. Des années plus tard, Jodorowsky reprend ce cycle avec un autre dessinateur, Ladrönn, qui redessine entièrement une nouvelle version du premier tome. Cette fois, John Difool a perdu la mémoire suite à une trépanation. Il représente néanmoins toujours le salut de l’humanité face aux machines et à la technologie. Son arme dans cette lutte du bien biologique contre le mal métallique, c’est l’amour. Ca paraît rudement cliché et c’est vrai que le scénariste a tendance à nous ressasser les mêmes sempiternels thèmes. Les inconditionnels prendront pourtant plaisir à lire ce « Final Incal », de Jodorowsky et Ladrönn, aux éditions Les Humanoïdes Associés.

 

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