30/08/2012

Variable d’ajustement / Dans mon open space, T.4 / Larcenet, James / Dargaud

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Que signifie au juste une « variable d’ajustement » ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez aucune définition de cette expression pourtant de plus en plus usitée, d’origine statistique et qui a trouvé un terrain d’application dans le monde de la gestion des ressources humaines. Voilà encore une belle expression déshumanisante, « ressources humaines ». Nous ne sommes plus des personnes, des travailleurs mais des ressources au même titre que le matériel de bureau, les logiciels informatiques ou les machines de chantier. Et donc, les ressources humaines sont devenues des variables d’ajustement. En clair, cela veut dire que les personnes qui offrent, contre rémunération, donc qui vendent leur temps et leurs compétences, sont susceptibles de se faire licencier à tout moment en fonction des besoins de l’entreprise. En fait, il n’est même plus question de besoins mais, puisque nous sommes des variables statistiques, de répondre aux fluctuations du chiffre d’affaire et des dividendes. N’empêche que, au quotidien, l’endroit où, après notre lit, nous passons le plus de temps dans notre existence humaine, c’est l’entreprise, cet univers qui nous chosifie et qui a la perverse prétention de nous faire croire que nous sommes des humains de valeur, pas du mérite, non, mais une valeur quantifiable, ajustable. « Variable d’ajustement », quatrième tome de « Dans mon open space », par Larcenet et James, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : variable d’ajustement, dans mon open space, larcenet, james, dargaud |  Facebook |

18/10/2011

L’apocalypse selon Saint Jacky / Blast, T2 / Larcenet / Dargaud

 

Polza Mancini est en garde à vue, interrogé sans relâche par deux flics chargés de lui tirer les vers du nez pour faire la lumière sur l’agression d’une jeune femme dont Polaz est soupçonné d’être le coupable. En réponse à la pression exercée par les deux policiers, Polza ne se départi pas d’un calme admiratif pour raconter son errance dans un monde de brutes qui lui semble étranger. Il faut dire que son obésité flagrante ne lui a pas rendu la vie facile. Sujet de railleries, oppressé par la masse graisseuse et les quolibets qu’elle provoque, Polza s’est réfugié dans une profonde quête intérieure, entretenue par l’ingestion d’alcool et de chocolat. La mort de son père lui valut une révélation intense. Une sensation plus intense que l’orgasme l’a submergé, un blast libérateur qui lui fait totalement oublier sa difficile condition physique et sociale. Son parcours l’a ensuite mené vers une retraite en forêt, en harmonie avec cette nature qui ne le juge pas, qui l’accepte tel qu’elle l’a fait. Plongé dans un torpeur salvatrice, il n’a pas vu venir le danger, cette agression violente qui provoque un nouveau départ. Il échoue sous les coups d’une barre de fer d’un dealer qui le prend sous son aile et lui fera connaître de nouveaux blasts. Une étourdissante introspection subversive dans les secrets du crépitement de notre existence. « L’apocalypse selon Saint Jacky », deuxième tome de « Blast », par Larcenet, aux éditions Dargaud.

 

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07/06/2009

Les Révolutions / Le retour à la terre, T.5 / Larcenet, Ferry / Dargaud / coll.Poisson Pilote

En ce jour d'élections, pourquoi ne pas se replonger dans un album dont c'est la toile de fond ?

Dans le cinquième opus du « retour à la terre », Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri remettent le couvert avec tous les ingrédients poético-engagés qui font mouche. C’est l’histoire d’un certain Manu, dessinateur de BD qui vit dans un village en proie à la fièvre des élections. Le maire sortant se représente et déploie des trésors d’imagination mais aussi toutes les ficelles de l’influence qu’elle soit coercitive ou hypocritement amicale. Pendant ce temps, Manu installe une chatière mais le minou ne semble pas en comprendre l’utilité, ce qui donne lieu à des situations cocasses. Fruit d’une fine observation, cette BD met le doigt sur des évidences qui nous aveuglent tellement qu’on ne les voit plus. Il est temps d’entamer un petit « retour à la terre ».

« Les Révolutions », par Larcenet et Ferry, dans la collection Poisson Pilote des éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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13/04/2009

Une aventure rocambolesque du Soldat inconnu : crevaisons / Larcenet, Casanave / Dargaud / coll.Poisson Pilote

Après les aventures de Freud, Vincent Van Gogh et Attila, voici à présent celle du Soldat inconnu. Ebenezer Raidart est surveillant d’une des nombreuses résidences post-mortem sur terre. Grand amateur de musique punk, Ebenezer se voit confronté à un problème de ravitaillement. N’obtenant aucune réponse de ses supérieurs, il se rend en ville. Sauf qu’à la place de la ville il ne trouve que des tombes à perte de vue. De retour chez lui, il tombe nez à nez avec l’un de ses pensionnaires. Rapidement identifié comme le célèbre Soldat inconnu, Ebenezer lui relate les années qui se sont écoulées depuis sa mort. Après quelques jours, le Soldat inconnu reçoit la visite de l’un de ses compagnons d’armes, mais pas n’importe lequel car ce dernier semble avoir des comptes à régler. À l’heure où la mémoire des morts est délaissée, l’impossible se produit : l’un d’entre eux ressuscite. L’album aborde le sujet de manière originale, partant du postulat que le Soldat inconnu était simplement un homme, avec ses peurs et ses erreurs. Se lisant indépendamment des volumes précédents, ce huis clos complètement déjanté est parfaitement illustré par un graphisme vif et stylisé. Le quatrième tome dans la série « Une aventure rocambolesque du Soldat inconnu : crevaisons », par Larcenet et Casanave, publié aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote.


BD commentée par Maïté Vanneste

18/02/2009

Une année vue du zinc / Chez Francisque, T.3 / Larcenet, Lindingre / Dargaud

C’est un très bel objet que cet album qui offre un point de vue particulier sur l’année deux mille huit, une vue au niveau du bar. Les brèves de comptoir ont toujours fait rire. L’une des raisons de leur succès, c’est que les petites histoires qui sont racontées touchent avec pertinence les petits travers de notre humanité fragile. Le terreau de ces bonnes blagues, c’est notre vie de tous les jours, ce sont tous ces petits moments de gloire éphemère ou de déboires innoubliables qui jalonnent notre existence. Les sujets favoris sont irrémédiablement liés au racisme, à la mysoginie et à l’intolérance sous toutes ses formes les plus méprisables. « Chez Francisque », c’est le nom d’un bistro banal en France, un bistro fréquenté par des clients tout ce qu’il y a de plus ordinaires. et c’est ça qui fait peur. Derrière leurs petites histoires et leurs allusions salaces se cachent des cohortes de préjugés. Sous des dehors humoristiques, ce sont les idées les plus antipathiques qui s’expriment sans tabous. Les auteurs ont choisi avec une intelligence acerbe, de mettre en scène la France profonde, celle qui fait le lit du nationalisme et du fascisme. Là où tout commence vraiment. Ce sont les petites gens qui font les grands génocides. Un album percutant, indispensable. « Une année vue du zinc » troisième tome de « Chez Francisque », par Manu Larcenet et Lindingre, aux éditions Dargaud.


BD commentée par Marc Descornet

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06/02/2009

2 poissons pilotes chez Dargaud

Dans le cinquième opus du « retour à la terre », Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri remettent le couvert avec tous les ingrédients poético-engagés qui font mouche. C’est l’histoire d’un certain Manu, dessinateur de BD qui vit dans un village en proie à la fièvre des élections. Le maire sortant se représente et déploie des trésors d’immagination mais aussi toutes les ficelles de l’influence qu’elle soit coercitive ou hypocritement amicale. Pendant ce temps, Manu installe une chattière mais le minou ne semble pas en comprendre l’utilité, ce qui donne lieu à des situations cocasses. Fruit d’une fine observation, cette BD met le doigt sur des évidences qui nous aveuglent tellement qu’on ne les voit plus. Il est temps d’entamer un petit « retour à la terre ».  Autre style, « The autobiography of a mitroll » est l’histoire poignante d’une quête vers ses origines. Un jeune homme reccueille les confidences de sa maman sur son lit de mort. Elle lui avoue que son père est un troll. Guillaume a beau se douter que s’est du délire, il va saisir cette occasion de s’évader dans l’imaginaire pour ne pas affronter le décès de sa mère dans toute sa cruelle réalité. Le voilà embarqué pour un insensé voyage au pays des trolls, accompagné de son chien parlant. « The Autobiography of a Mitroll », par Bouzard aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote.


BD commentée par Marc Descornet