07/04/2014

Last man T3 / Balak, Sanlaville, Vivès / Casterman / Coll. KSTR

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Les éditions Casterman développent leur catalogue KSTR en explorant des directions inattendues. La série « Last man » a tout du manga, sauf que ce n'en est pas un. Un trio d'auteurs français s'approprie tous les codes de lecture des BD japonaises et nous proposent un récit au climat très particulier. C'est l'histoire d'un combat d'arts martiaux auquel décide de concourir un enfant plutôt chétif. Personne ne voulait former une équipe avec lui. Or, le règlement oblige les concourants à se présenter par paires. Un étranger se présente façon providentielle. Au terme d'extraordinaires péripéties, de combats acharnés mêlés de magie, ils remportent la coupe. Mais l'étranger disparaît avec la coupe. La maman du gamin s'était amourachée de lui. Elle enfourche une moto et emmène son fils vers l'inconnu, à la recherche du fuyard. En chemin, elle surmonte des épreuves, que ce soit des éléments naturels hostiles ou une horde de faux policiers aux mains baladeuses. Les ennuis se multiplient au gré de leur progression. Ils vont aussi trouver des âmes secourables. Les variations de plan et le soin apporté aux expressions faciales, de même que le rythme soutenu, plairont aux amateurs de manga. Quant à l'histoire en elle-même, elle ne manque pas d'attrait. « Last man », troisième tome, par Balak, Sanlaville et Vivès, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

M.Descornet

 

 

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07/08/2012

Moi, en mieux / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

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Ce duo d’auteurs avait déjà réalisé ensemble l’étonnant « Roi banal », une histoire poétique et joyeusement décalée, socialement gentiment engagée et porteuse d’espoir. Ils remettent le couvert mais dans un autre registre. Cette fois, c’est une chronique socio-relationnelle empreinte de surnaturel qui met en scène Valentin, un boulanger raté mais sculpteur d’exception. Il est rigoureusement incapable de réussir la moindre recette, que ce soit des plats courants ou des desserts élaborés. Sa chance a été de rencontrer Maxime, qui lui, est plutôt doué pour marier les saveurs. Complémentaires, Valentin et Maxime se sont associés et leur commerce tourne vraiment bien, jusqu’au jour où Maxime lâche l’affaire pour d’autres horizons. Valentin s’en trouve tout dépité. Sa femme s’inquiète de voir son mari bredouille dans sa recherche d’un nouvel associé. Il faut dire que Valentin manque de motivation depuis qu’il a hérité de l’appartement d’un oncle perdu de vue un peu fantasque mais passionnant. Valentin tombe sur un ouvrage dans lequel son oncle explique la confection d’un golem. Valentin y voit la solution à son problème et façonne un être d’argile à son image qui va s’acquitter de tout ce qui le rebute ou qu’il ne sait pas faire. Il n’est pas sûr pourtant que sa vie aille vers un mieux. Une BD attachante à l’humour grinçant : « Moi, en mieux », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

 

M.Descornet

 

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19/10/2011

Ca ne coûte rien / Saulne / Casterman / coll.KSTR

 

Shanghai a vécu les Jeux Olympiques et accueilli l’Exposition Universelle. Ces vingt dernières années, cette métropole a connu une métamorphose considérable. Des quartiers entiers ont été rasés. Des immeubles gigantesques à l’architecture audacieuse ont poussé à une allure vertigineuse. Cette transformation éclair a laissé des familles sur le carreau et causé un effroyable cataclysme social. L'écart se creuse entre les nouveaux riches, qui profitent des ambitions de la ville, et les couches populaires, qui fuient les campagnes. Cette dualité avance masquée, à l’ombre des gratte-ciel. En deux-mille huit, Pierre, un jeune Français, séjourne à Shanghai invité par une amie, en attendant de toucher un héritage conséquent. Il vit la belle vie. Ca ne coûte rien de se loger, de manger, de se vêtir. Ca ne coûte rien de faire la fête, de fréquenter les lieux de débauche. Pierre dépense sans compter. Il profite de ces délices et de ce luxe si accessible. Mais l’héritage se fait attendre et les finances de Pierre commencent à souffrir. Il va alors découvrir la vraie vie des Chinois, la face cachée du décor. Le thème central de ce parcours initiatique consiste en une sensibilisation à notre état de dépendance à l’argent et à la facilité. Et ça, ça ne coûte rien de l’essayer, que le risque de voir ses certitudes se fissurer et de se recentrer sur l’essentiel. « Ca ne coûte rien », par Saulne, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

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03/01/2011

De briques et de sang / Hautière, François / KSTR

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Nous sommes en janvier mille neuf cent quatorze, à quelques mois de l’éclatement de la grande guerre et de sa débauche de morts. Et c’est par une mort en particulier que cette histoire commence, celle d’un ouvrier de l’usine du Familistère. Il s’agit d’un meurtre et c’est le premier d’une longue série. Bien qu’il bénéficie d’une vraie intrigue bien ficelée, l’intérêt principal de cet album réside dans son décor très particulier, un milieu régi par ses propres règles, un microcosme imaginé et réalisé par un homme épris de justice sociale. Jean-Baptiste-André Godin était un industriel autodidacte et un bourgeois philanthrope, profondément convaincu des vertus du socialisme. Il avait une perception aigue des transformations de la société de son temps. Pour lui, le progrès social va de pair avec le progrès économique, technique et scientifique, tout en se basant sur des valeurs absolues telles que le travail, la solidarité, l'équité, la liberté et le devoir. Le Familistère est un complexe mixte usine et logements. La matérialisation de la pensée de Godin repose sur un cheminement nourri d’utopie et de réalisme social. Cette BD restitue à merveille cet environnement unique, superbement dessiné, avec un graphisme offrant des similitudes avec celui d’André Benn. Un one-shot édifiant, à la fois divertissant, palpitant et historiquement bien ancré. « De briques et de sang », par Hautière et François, aux éditions KSTR.

 

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23/06/2010

Sextape / Cadène / Casterman / coll.KSTR

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Thomas Cadène a pris un abonnement aux récits improbables. Après « Rosalinde », il publie « Sextape », une chronique sur le come-back médiatique d’une star déchue. Anja a été chanteuse vedette. Elle a tenu le haut de l’affiche jusqu’à sa révolte envers sa mère qui gérait sa vie au millipoil. Anja a tout perdu lorsqu’elle s’est émancipée. Mais elle a gagné une vie plus équilibrée, plus sage, plus austère. Elle s’est réfugiée dans une villa classieuse perdue dans un paysage rustique. Le patelin le plus proche est peuplé de gens simples, rustiques eux aussi. Anja coule des jours paisibles dans sa villa en compagnie de Gordon, son garde du corps qui n’est même pas son amant. Elle s’ennuie. Un jour, elle surprend un homme en train de l’observer avec des jumelles à travers sa large baie vitrée. Pris sur le fait, le pauvre Will n’a rien d’un voyeur ou d’un paparazzi. C’est juste un concours de circonstances. Gordon le relâche après que Anja lui ait fait une étrange proposition. Elle l’invite à continuer à l’observer à travers sa baie vitrée et, en contrepartie, une caméra filmerait le living de Will. Le décor est planté, le drame peut commencer. Car c’est bien un drame qui va se jouer mais on n’en saura peu de choses jusqu’à la toute fin d’un récit habilement construit, qui titille notre curiosité, presque notre voyeurisme. « Sextape », par Cadène, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

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15/01/2010

Le Roi Banal / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

Ce récit commence comme une chronique sociale un peu décalée. C’est l’histoire de Louis, un vieux monsieur qui vit avec son chien dans son petit pavillon de banlieue. Pour combler sa solitude, il se réfugie dans ses souvenirs et plus particulièrement celui de sa défunte épouse Georgette. Un beau jour, Louis décide de fonder le Royaume de Georgetta dont il est le souverain et son chien le seul sujet. Il rédige une lettre à l’ONU pour demander la reconnaissance de ce nouvel état. Louis a remarqué une dame qui arrose plus que de raison les plantes de son balcon. Il l’a surnomme la comtesse rouge. Gilles, le gendre de Louis, est postier. Il rêve d’être un homme de lettres, mais à un autre niveau, plus substantiel. Mais son épouse Florence ne voit pas d’un bon œil ses velléités d’écrivain. Elle a un caractère plutôt rigide. Leurs enfants sont, quant à eux, sur la planète football. Florence ne voit son papa Louis que rarement, et ça ne se passe jamais bien. Il y a un vrai blocage relationnel entre les générations. Il y a aussi une incompréhension entre les uns et les autres, des aspirations non-assouvies, des non-dits, de l’intolérance. Une heureuse coïncidence va créer une réaction en chaîne et des tensions salutaires. Cette BD aborde des thèmes complexes avec une fluidité remarquable. Elle prône l’écoute de l’autre, la confiance, l’empathie. « Le Roi Banal », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

BD commentée par Marc Descornet

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21/10/2009

Trois fois rien / Féjard, Jurdic / Casterman / coll.KSTR

C’est en un peu plus de cent quarante pages que ces jeunes auteurs nous plongent dans l’univers sombre et violent de ce polar.  Après avoir purgé sa peine, Seth débarque chez Matt, son pote de toutes les combines. Vivotant de petits larcins, ce dernier ne réfléchit pas trop longtemps quand Seth lui propose un coup fumant. Simple comme bonjour, il lui suffit de subtiliser une valise pleine de diamants en provenance de Belgique. Seulement voilà, les choses sont loin de se passer comme nos compères l’avaient prévus ! Entre le parrain de la mafia, propriétaire de leur butin, deux flics ripoux, un avocat véreux et l’amie de Matt qui fausse la donne, les deux voleurs doivent à présent défendre leurs vies…  L’action est omniprésente dans ce récit au découpage efficace et dynamique. D’un style plutôt convenu, l’intrigue évolue autour de personnages typés ne réservant pas de réelle surprise. Même si le lecteur est facilement happé par l’histoire, les dialogues manquent d’une légère touche de mordant. Les dessins servent quant à eux bien le récit, offrant aux personnages le physique de l’emploi, notamment les deux ripoux. Avec son style semi-réaliste et ses rebondissements à tout va, ce polar est agréable à lire mais pas inoubliable même si on se laisse surprendre par le fin mot de l’histoire. « Trois fois rien », par Féjard et Jurdic, est paru aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

BD commentée par Maïté Vanneste

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