05/09/2012

1942, à l’ouest, rien de nouveau / Les Brigades du temps, T.1 / Kris, Duhamel / Dupuis

brigadesdutemps1.jpg

 

Les uchronies s’inscrivent fortement dans l’air du temps. Elles sont le prolongement thématique des fictions spatiotemporelles et enrichissent le genre science-fiction, détrôné par le succès de l’heroic fantasy. La science fiction a cependant toujours su rester vivace, alimentée par les découvertes scientifiques, telles que la distorsion spatiale, un phénomène observable qui entraîne une modification du continuum espace temps dans une région de l'espace déterminée. En l’occurrence, il pourrait s’agir de la non-survenance d’un évènement majeur qui aurait pour conséquence un déroulé historique radicalement différent. Mais cette hypothèse empiète sur un terrain plus paradoxal. C’est pourtant le terrain choisi par Kris et Duhamel pour développer une série très prometteuse. L’agence Ukronia veille à la bonne marche de l’Histoire telle que nous la connaissons. Dès qu’un événement susceptible de la modifier survient, elle envoie des agents spécialisés rétablir l’ordre des choses. Pour pimenter l’intrigue, les anomalies sont parfois, souvent, le fait d’actes intentionnels. Ce canevas de départ ouvre largement les possibles et nous prédit de séduisantes chroniques, d’autant plus que les personnages bien campés donnent vie à cette BD au dessin épatant. « 1942, à l’ouest, rien de nouveau », premier tome des « Brigades du temps », par Kris et Duhamel, aux éditions Dupuis.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1942, à l’ouest, rien de nouveau, les brigades du temps, kris, duhamel, dupuis |  Facebook |

12/10/2011

Un sac de bille / Kris, Bailly, Joffo / Futuropolis

 

Il s’agit là de l’adaptation en BD d’un best seller de la littérature qui s’est vendu à plus de vingt cinq millions d’exemplaires. En 1941, Paris est occupé par les nazis. Les juifs sont forcés de coudre une étoile jaune sur leurs vêtements. La pression monte. L’étau se resserre. La plupart des Juifs espèrent encore. De plus en plus sentent qu’il est temps de se protéger, de tenter de se mettre à l’abri. Les parents de Maurice et Joseph Joffo décident d’envoyer seuls leur deux jeunes adolescents rejoindre leurs grands frères en zone libre. Les deux gamins doivent franchir la ligne de démarcation sans papiers, en proie à de multiples dangers. Ils vont devoir faire preuve de débrouillardise. Dans ce récit autobiographique, l'auteur raconte sa propre enfance de façon captivante, donnant à ce périple une résonnance particulière, comme un hymne à la liberté, à l’amour et à la paix. C’est évidemment le subtil point de vue pris par l’auteur qui rend cette œuvre si attachante. Le regard d’enfant, candide mais pas naïf, épargné par la haine, tout entier dévolu à la survie, intuitive, instinctive. Elle s’exprime avec splendeur et simplicité. Parler d’adaptation en BD est réducteur. Cette BD s’affirme résolument comme une interprétation, fidèle et respectueuse, qui conserve toute l’intensité du roman. « Un sac de bille », par Kris et Bailly, d’après Joffo, aux éditions Futuropolis.

 

07:26 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un sac de bille, kris, bailly, joffo, futuropolis |  Facebook |

15/11/2010

Notre mère la guerre / Deuxième complainte / Maël, Kris / Futuropolis

 

notremerelaguerre2.JPG

 

La guerre des tranchées fait figure de farce sordide, immonde. Le première guerre mondiale, de quatorze dix-huit, fut une boucherie inqualifiable. Et une farce amorale. Les soldats envoyés au front dans des costumes bleu et rouge offraient des cibles parfaites aux Allemands tandis que les officiers menaient leurs petits soldats de plomb dans des opérations dénuées de sens, à l’encontre de toute stratégie. Le carnage a englouti une jeunesse entière. Près d’une siècle s’est écoulé depuis et il ne reste probablement aucun témoin direct vivant capable de transmettre la mémoire. Car la mémoire ne se lit pas seulement dans les livres d’histoire. Le tableau ne serait pas complet sans la parole de ceux qui ont vécu l’enfer. C’est à ces hommes réduits à l’état de chair à canon que rend hommage cette BD tout au long de pages d’une rare dureté et d’une terrible justesse. Et comme si le sang ne coulait pas déjà suffisamment, un assassin sévit. C’est ce meurtrier qu’est chargé de démasquer le héros de ce récit. Mais héros serait alors un terme galvaudé. Est-on un héros quand on exécute les ordres, même absurdes et crapuleux, ou plutôt quand on refuse un combat insensé et que l’on finit avec douze balles dans une peau de prétendu traître déserteur ? Une bouleversante BD servie par un dessin étonnant, parfaitement au diapason du scénario : « Notre mère la guerre. Deuxième complainte », par Maël et Kris aux éditions Futuropolis.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : notre mère la guerre, deuxième complainte, maël, kris, futuropolis |  Facebook |

08/11/2010

Destins / T.6: Déshonneurs / T.7: Une belle histoire / Giroud, Kris, Mezzomo, Rodolphe, Serrano / Glénat / coll.Grafica

destins6+7.jpg

Ces deux albums proposent deux bifurcations d’un même destin, un même point de départ et un même point d’arrivée. Avec entre les deux une aventure influencée par des choix. C’est le leitmotiv de cette série. Notre destin nous réserve plusieurs chemins en fonction de nos choix mais aussi en fonction des aléas, de l’impondérable. Le sixième tome est une excellente BD, admirablement construite et servie par un dessin chaud et expressif. Ruez-vous chez votre libraire. Par contre, oubliez le septième tome, qui est certes graphiquement irréprochable, mais terriblement convenu au niveau du scénario. C’est l’histoire d’une femme un peu désemparée, un peu fragile, qui tombe amoureuse d’un homme rassurant, malheureux en amour puisque ses conquêtes féminines disparaissent toutes. Le couple se retire dans son bungalow au bord d’un lac. L’homme interdit à la femme de plonger, prétextant une faune hostile. Mais, profitant d’un voyage du monsieur, la belle n’en fait qu’à sa tête et découvre les corps des précédentes compagnes. L’homme revient en avance. Furieux d'avoir été trahi, il s'apprête à la tuer comme les précédentes mais elle est secourue in extremis. Il s’agit ni plus ni moins d’une resucée du conte populaire « Barbe Bleue », immortalisé par Perrault. Hautement dispensable ! Ne gardez que « Déshonneurs » le sixième tome de « Destins ».

 

BD commentée par Marc Descornet

 

22:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : destins, déshonneurs, une belle histoire, giroud, kris, mezzomo, rodolphe, serrano, glénat, grafica |  Facebook |