23/11/2011

Voyage en Satanie, T.1 / Vehlmann, Kerascoët / Dargaud

 

Fabien Vehlmann s’affirme comme un scénariste qui compte dans le milieu de la BD. On lui doit notamment les séries « Le Marquis d’Anaon », « Seuls » et la reprise actuelle de « Spirou et Fantasio ». Un des ses one-shots, intitulé « Jolies ténèbres », s’était particulièrement fait remarquer il y a deux ans. Il était dessiné par Kerascoët. Ce pseudonyme est utilisé par un couple de dessinateurs avec qui Vehlmann remet le couvert pour créer « Voyage en Satanie ». Ce titre et le thème d’une expédition spéléologique évoquent immédiatement le roman de Jules Verne « Voyage au centre de la terre ». Ce ne sont pas des hommes préhistoriques, mais une communauté de reclus qui vit dans les entrailles de la terre. Ils vivent en bordure d’un gouffre sans fond qui éructe de temps à autre des vapeurs brûlantes. Un explorateur un peu fou entend prouver l’existence de l’enfer en se basant sur les théories de Darwin sur l’évolution des espèces. Il va sans dire que ses travaux théoriques ne lui valent que railleries de la part de la communauté scientifique. Parti pour prouver ses dires, il n’est jamais revenu. C’est sa sœur partie sur ses traces que nous suivons dans cette BD d’où se dégage une certaine poésie mais dont on sent les tensions sous-jacentes qui apparaissent dans le groupe et s’amplifient au fur et à mesure de ce « Voyage en Satanie », premier tome, par Vehlmann et Kerascoët, aux éditions Dargaud.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voyage en satanie, vehlmann, kerascoët, dargaud |  Facebook |

13/08/2009

Jusqu’à ce que la mort nous sépare / Miss pas touche, T.4 / Hubert, Kerascoët / Dargaud / coll.Poisson Pilote

C’est pour notre plus grand plaisir que Miss pas touche nous revient cet été ! De retour au Pompadour, Blanche est à la recherche de son prince charmant, Antoine. Incapable de croire à une disparition volontaire, elle cherche de l’aide auprès de sa mère et de son compagnon. Persuadée que la mère d’Antoine est à l’origine de tout ça, Blanche mène son enquête au sein de son cercle d’amis bourgeois. L’un d’entre eux lui révèle que la famille d’Antoine possède une propriété dans le Vexin, espérant ainsi s’attirer les faveurs de Miss pas touche. Parvenant à rejoindre ladite propriété, elle y trouve Antoine complètement drogué et incapable de bouger. Après une première tentative avortée, Blanche devra se rendre à l’hôpital pour une ultime confrontation. Toujours aussi dynamique, le récit traite de situations pas vraiment reluisantes sur un ton  léger et désinvolte mais sans jamais tomber dans la vulgarité. On se passionne pour les retrouvailles de Blanche et de son prince au rythme des surprises que nous réserve l’histoire. Le graphisme élégant et moderne équilibre la gravité des événements du récit, tout en y apportant une touche de subtilité. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare », quatrième volet des aventures de « Miss pas touche », par Hubert et Kerascoët, est publié dans la collection Poisson Pilote des éditions Dargaud.

 

BD commentée par Maïté Vanneste

07/04/2009

Jolies ténèbres / Kerascoet, Vehlmann / Dupuis

Avant d’ouvrir cet album atypique, assurez-vous d’avoir le cœur bien accroché. Sous des allures gentillettes, tant par son graphisme de livre d’enfant que par son traitement narratif un peu naïf, cette histoire va vous secouer. Cela dit, il ne vous faudra pas attendre longtemps pour être averti. Dès les premières pages, le décor est planté. Nous sommes dans un bois. Une petite fille morte gît dans l’herbe à côté de son cartable. De sa bouche, de son nez et de ses oreilles ortent une kyrielle de petits personnages assez mignons. Ils vont vite interagir, s’organiser maladroitement. La nourriture est leur premier problème. Puis viennent les tensions entre les uns et les autres, les jalousies, les intrigues, les trahisons. Bien vite, un climat malsain et lourd s’installe. Les coups fourrés se multiplient, prennent de l’ampleur et reculent toujours un peu plus les limites. Bientôt, la cruauté s’érige en maîtresse. Le sang coule. La torture apparaît. Toutes ces horribles actions sont empreintent d’une inconscience omniprésente, étouffante. Les personnages périssent au gré des mauvais tours qu’ils se font les uns les autres. Cette fable macabre dissèque sans pitié le monde intérieur de l’enfance, loi, très loin, des poncifs angéliques. Ici, c’est toute la cruauté de nos chers petits qui est mise au grand jour, à travers ce monde tout droit sorti de l’imagination d’une petite fille morte. Percutant ! « Jolies ténèbres », par Kerascoet et Vehlmann, chez Dupuis.


BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dupuis, vehlmann, jolies tenebres, kerascoet |  Facebook |