29/06/2012

Pietrolino / Boiscommun, Jodorowsky / Les Humanoïdes associés

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Cette intégrale regroupe deux volumes et forme un récit complet. C’est l’histoire d’un mime qui n’a pas ses mains dans ses poches. Alors que Paris est occupé par l’armée allemande, Pietrolino refuse la morosité ambiante. Il use de son art pour magnifier la joie de vivre et l’espérance. Il se produit avec sa petite troupe dans les lieux publics, comme dans ce bistrot où les clients s’amusent de le voir tourner les nazis en dérision. Le patron de l’établissement ne partage malheureusement pas l’engouement de sa clientèle. Un coup de téléphone et voilà les hommes en uniformes qui débarquent. Le spectacle continue mais prend une tournure dramatique. L’officier nazi embarque les saltimbanques mais s’assure au préalable que Pietrolino ne pourra plus nuire à l’image du troisième Reich. Il lui écrase les mains. Pietrolino se retrouve enfermé et incapable d’exercer son art. Privé de sa raison d’être, la vie lui semble désormais dénuée de sens. Pourtant, le destin lui réserve une surprise fantastique, comme dans toutes les bonnes représentations. Cette histoire brutale et sensible avait été conçue en hommage au mime Marceau, un artiste au talent exceptionnel qui avait grandement contribué à raviver la popularité de cette discipline trop peu présente de nos jours. Le dessin allie cette même dualité entre rudesse et douceur. « Pietrolino », par Boiscommun et Jodorowsky, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

M.Descornet

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10/11/2011

Final Incal / Jodorowsky, Ladrönn / Les Humanoïdes Associés

 

Les aventures de John Difool ont marqué les lecteurs d’une génération. Le scénariste Jodorowsky et le dessinateur Moebius y repoussaient les limites de l’époque en créant un univers ésotérico-fantastique dans lequel évoluait un détective de classe R, un personnage attachant, un peu benêt, maladroit, mais plein de candeur. Avec le succès du premier cycle, les auteurs rempilent avec « Le nouveau rêve », qui entame l’épopée de « Après l’Incal ». Dans cet album, John Difool se réveille et le lecteur apprend que toute l’aventure du premier cycle n’était qu’un rêve. Après mûre réflexion, Jodorowsky trouva que ce chamboulement ne tenait pas la route. Mais Moebius n’a pas apprécié cette remise en question fort déstabilisante et a décidé de jeter l’éponge. Des années plus tard, Jodorowsky reprend ce cycle avec un autre dessinateur, Ladrönn, qui redessine entièrement une nouvelle version du premier tome. Cette fois, John Difool a perdu la mémoire suite à une trépanation. Il représente néanmoins toujours le salut de l’humanité face aux machines et à la technologie. Son arme dans cette lutte du bien biologique contre le mal métallique, c’est l’amour. Ca paraît rudement cliché et c’est vrai que le scénariste a tendance à nous ressasser les mêmes sempiternels thèmes. Les inconditionnels prendront pourtant plaisir à lire ce « Final Incal », de Jodorowsky et Ladrönn, aux éditions Les Humanoïdes Associés.

 

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07/11/2011

Crime et châtiment / Sang royal, T2 / Jodorowsky, Liu / Glénat / coll.Grafica

Dans un moyen-âge obscur, dans un pays en proie à la fureur, un roi impitoyable victime d’une trahison reconquiert son trône et en écarte son ex-épouse ainsi que le fils qui est vraisemblablement celui de l’usurpateur. Il garde de ses années d’amnésie passées auprès d’une folle, une fille soi-disant légitime pour laquelle il voue une affection sans limite. Cette relation devient d’ailleurs incestueuse. Il en fait sa reine. Pendant ce temps, la reine déchue et son fils fomente un complot machiavélique visant non pas à le ravir le trône mais à le faire durablement souffrir. Pour ce faire, ils profite d’une absence du roi pour mutiler son amante. Défigurée, sans nez, sans poitrine, elle n’inspire plus que de la pitié. Le roi prend alors une décision inattendue. Au lieu de tuer les auteurs de ces atrocités, il leur cède le trône et se retire en ermite avec sa fille, avec la volonté de se recentrer sur la pureté des sentiments. Ce qu’il n’a pas prévu, c’est ce que son regard dit malgré lui à son aimée. Celle-ci ne le supporte plus. Cette BD, impeccablement dessinée par Dongzi Liu, porte le sceau de Jodorowsky. L’outrance, la rage et la folie se côtoient dans un ballet infernal qui prend aux tripes. Les limites du supportable semblent parfois être franchies. « Crime et châtiment », deuxième tome de « Sang royal », par Jodorowsky et Liu, aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

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Louz de Garra / Final Incal, T2 / Jodorowsky, Ladrönn / Les Humanoïdes associés

John Difool est un des personnages les plus marquants de la bande dessinée. Cet anti-héros imaginé par Jodorowsky et Moebius vit dans un monde futuriste, celui de l’Incal. L’Incal est une entité qui a la forme d’une pyramide lumineuse et qui est dotée de gigantesques pouvoirs. Elle suscite la convoitise. John Difool se l’est vue confier par un extra-terrestre agonisant. Rien ne prédestinait ce détective minable à devenir le dépositaire d’une telle puissance. Cet événement va occasionner de nombreuses et tumultueuses péripéties. C’est lors d’une mission que John Difool fait la connaissance de Louz de Garra, une apparente mocheté finie qui dissimule en réalité une très jolie fille. John en tombe amoureux mais elle se refuse à lui, préférant un militaire transformé en animal féroce. De toute façon, John Difool s’est démultiplié. Il existe plusieurs versions de lui, qui représentent diverses facettes de sa personnalité ou différents stades de son évolution. Cette histoire un tantinet prise de tête peut se lire au premier degré. Et pour aider les lecteurs les plus retors, la mémoire de John Difool a été effacée plus d’une fois, ce qui permet un nouveau départ. Mais ce n’est malheureusement pas si simple. Si vous n’avez rien compris, c’est normal. Il faut plonger pleinement dans cet univers si particulier. « Louz de Garra », deuxième tome de « Final Incal », par Jodorowsky et Ladrönn, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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18/01/2011

Un héros sans coeur / Showman killer, T.1 / Jodorowsky, Fructus / Delcourt / coll.Neopolis

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Le graphisme énergique et hyper réaliste se met parfaitement au service de ce nouveau délire du maître Alexandro Jodorowsky. Un scientifique fou, sorte de docteur Frankenstein des temps futurs, conçoit une créature humanoïde aux capacités étonnantes. Cet être conçu au départ d’une sélection génétique savante est dès la naissance privé de sa mère biologique et placé sous contrôle total, dans un environnement dépourvu d’émotion. Il est entraîné à tuer et programmé pour le faire sans la moindre once de sentiment, mais moyennant rémunération ; c’est la seule motivation qui lui a été inculquée. Le résultat à l’âge adulte est une véritable machine infernale. Inscrit au tournoi de l’empereur, il y casse littéralement la baraque. Au moment où son maître énonce ses volontés à l’empereur, le Showman killer se rebiffe soudainement, au grand désarroi de son père. C’est que la vue de la récompense mirifique passe au-dessus de sa fidélité à son créateur qu’il élimine aussitôt, sans le moindre remord. C’est lui qui conclut un pacte avec l’empereur. Il exécutera toute mission contre paiement. Nous le retrouvons plus tard en compagnie d’holoputes virtuoses quand une mission périlleuse lui est confiée. Cette série se glisse avec harmonie dans l’univers fantastico-fantasque de Jodorowsky, avecFructus au dessin. « Un héros sans coeur », premier tome de « Showman killer », aux éditions Delcourt, collection Neopolis.

 

BD commentée par Marc Descornet

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12/01/2011

Tout est vanité / Borgia, T.4 / Jodorowsky, Manara / Drugstore

 

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Fin de cette saga familiale, cet album ressemble à une apothéose mettant en scène la déchéance d’une famille sans honneur qui recherchait la gloire par tous les moyens et qui aura poussé l’indécence et la crapulerie jusque dans ses derniers retranchements. Leur disparition était inéluctable. Les Borgia ont couru après le pouvoir, la gloire et l’immortalité pendant plusieurs générations. Ils seront d’une certaine manière parvenus à leur fin. Leur nom résonne encore aujourd’hui et pour longtemps dans la mémoire collective, tant ils auront marqué l’histoire de l’Italie et de l’Europe. La famille Borgia était minée par des tensions internes, des rancœurs menant inexorablement à des petits meurtres entre parents, des fratricides, des parricides, des infanticides… qui les ont conduits au suicide. Le témoin privilégié de ces événements a lui aussi mis fin à ses jours d’une atroce manière et ce sera l’épilogue de cette histoire dont il était le narrateur atterré. Jodorowsky nous a livré son interprétation de la vie dissolue des Borgia. Et, à travers cette terrifiante dynastie, il nous met en garde contre l’orgueil, la défiance, la précipitation, la manipulation dont les puissants usent pour assouvir leurs passions. Milo Manara était le traducteur graphique tout désigné pour exprimer au mieux ce déchaînement de passions. Superbe ! « Tout est vanité », quatrième et dernier tome de « Borgia », par Jodorowsky et Manara, chez Drugstore.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

 

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23/11/2010

Les Naufragés / Ogregod, T.1 / Jodorowsky, Janjetov / Delcourt / coll.Neopolis

 

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Les premières ont de quoi inquiéter le lecteur. Un statisme certain les caractérise et le graphisme des personnages s’apparente ostensiblement à des photographies retravaillées. Sauf que ce ne sont pas complètement des humains puisqu’ils ont quatre jambes, un peu comme les centaures mais avec des jambes plutôt humaines. Et puis, leur peau est bleue, comme celle des centaures imaginés par Seron dans les années quatre-vingt et qui ont vécu une demi douzaine d’aventures dans les pages du journal de Spirou. Mais revenons à Ogregod. Ces êtres sont dénommés des quatropes. Ils vivent sous le joug de colons tout à fait humains, d’une humanité faite d’abjection. Le régime totalitaire qui dirige la planète Okkar monte une expédition pour évaluer les potentialités de nouveaux vaisseaux et planifier la conquête de toute la galaxie. Feront partie de l’équipage huit héritiers des familles les plus influentes, accompagné d’un robot instructeur et d’un esclave quatrope. A peine le voyage spatial a-t-il commencé que de fortes dissensions apparaissent, causant un naufrage sur une planète inconnue, hostile. Ce début laisse présager d’intéressants développements. Le terreau est riche. Attendons le semis et la récolte. « Les Naufragés », premier tome de « Ogregod », par Jodorowsky et Janjetov, aux éditions Delcourt, collection Neopolis.

 

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