10/04/2011

10 jours en mai / Les Combattants / Rullier, Duphot / Delcourt / coll.Histoire et Histoires

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Quand la guerre est finie, la raison du plus fort tient lieu de vérité établie. La seconde guerre mondiale s’est soldée pour l’Allemagne nazie par un cuisant échec. Les armées alliées ont infligé aux perdants une série de compensations assez légitimes mais aussi d’humiliations punitives. Parmi celles-ci figure l’obligation de faire amende honorable, de reconnaître ses torts. Les vainqueurs en ont oublié leur attitude dans les années qui ont précédé le conflit, leur silence coupable et même le succès des thèses nationalistes auprès de leurs propres populations, voire la tolérance ou l’encouragement de l’antisémitisme. Cette ambiguïté a brusquement disparu à l’issue de la guerre. Les livres d’histoire restent muets, s’ils n’abordent pas timidement ce sujet. Le déclenchement des hostilités représente une période charnière, floutée, éludée, peu ou mal investiguée, examinée d’un point de vue partisan, donc sujette à caution, suspecte. Ce n’est pas renforcer la démocratie que d’en dissimuler ses faiblesses passagères. Celui qui ignore son passé est condamné à le revivre. Laurent Rullier s’accapare de cette année quarante, alors que la Belgique est occupée et que la France entre en guerre. Il en propose sa vision, joliment traduite en images par Hervé Duphot. « 10 jours en mai », premier tome des « Combattants », aux éditions Delcourt, collection Histoire et Histoires.

 

M.DESCORNET

 


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26/07/2010

Voir Vienne ou mourir / Souvenirs de la Grande armée, T.3 / Alexander, Dufranne / Delcourt / coll.Histoire et Histoires

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En mille huit cent neuf a lieu à Abensberg une bataille sanglante, comme beaucoup à cette époque, opposant les troupes autrichiennes à l’armée napoléonienne, dite la Grande armée. Historiquement parlant, cette bataille fut décisive dans la poursuite des ambitions de Bonaparte. C’est grâce à Abensberg qu’il a pu relancer ses offensives contre l’Autriche. Mais ce n’est pas ce qui intéresse le plus les auteurs de cette BD. Les combats ont fait des milliers de tués et de blessés. Après le camp de bataille qui est déjà en soi une infernale boucherie, les blessés sont acheminés vers les camps où des médecins débordés les soignent dans l’urgence, avec des décisions radicales. Les amputations se succèdent, sans anesthésie. La souffrance s’insinue et frappe sans pitié. Parmi les soldats blessés, Le Belge doit subir une intervention au dos. Il a de la chance de tomber entre les mains du médecin Merlot, car son confrère Delaunay traîne une réputation de boucher. En convalescence, Le Belge surprend des détrousseurs de cadavres puis assister à un règlement de compte entre Delaunay et Merlot. Un récit dur, témoin d’une époque cruelle, doublé d’une vengeance qui a trop tardé. « Voir Vienne ou mourir », troisième tome emballant de « Souvenirs de la Grande armée », par Alexander et Dufranne, aux éditions Delcourt, collection Histoire et Histoires.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

14/01/2010

Immensité retrouvée / Je suis Cathare, T.3 / Makyo, Calore / Delcourt / coll.Histoire et Histoires

On sait finalement peu de choses des Cathares. Jarbinet nous avait proposé une saga chez Glénat, d’autres auteurs y ont fait référence. Et Pierre Makyo s’y est attelé avec son point de vue qui se précise d’album en album. Ce quatrième opus recentre justement le récit vers une plongée mystique dans les croyances cathares. Le héros délaisse sa quête pour se concentrer sur sa foi et ses motivations profondes. Le titre de la série prend alors tout son sens. Guilhem affirme son identité. « Je suis Cathare ». Le récit d’aventure ésotérique se transforme presque en une initiation didactique et historique. Les cathares poussent à l'extrême le sens du message des Ecritures qui fondent le christianisme. Les cathares adoptaient le modèle de vie, les rites et les sacrements des premières communautés chrétiennes. Ils ne portaient aucun intérêt aux reliques ni aux lieux de culte tels que les églises. De cette manière, la pratique de la croyance appartenait à chacun, offrant une grande liberté de culte. Cette dissidence qui amoindrissait l’emprise de l’Eglise sur les fidèles leur a valu des persécutions et une extermination radicale. Un récit superbement dessiné, envoûtant à plus d’un titre : « Immensité retrouvée », troisième tome de « Je suis Cathare », par Makyo et Calore, aux éditions Delcourt, collection Histoire et Histoires.

 

BD commentée par Marc Descornet

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