29/12/2011

Une nuit de pleine lune / Hermann, Yves H. / Glénat

 

Hermann fait figure de valeur sûre. La qualité de ses dessins et de la mise en couleurs surpassent de loin la moyenne de ses confrères. L’énergie qui s’en dégage, les ambiances profondes, la tension permanente, les tronches très typées, les profils psychologiques en béton des personnages, la mise en page percutante, et j’en passe, sont autant d’éléments qui font des albums d’Hermann de vrais petits bijoux. Aux manettes du scénario, on retrouve Yves Huppen, son fils et scénariste de nombreuses BD déjà. Lui aussi se distingue par une intrigue ciselée, faite de pas grand-chose, un minimalisme qui permet de toucher à l’essentiel. Le résultat se traduit par une efficacité redoutable. C’est encore le cas avec ce huis-clos effroyable dans une villa isolée. Une bande de jeune voyous tente de cambrioler un vieux couple de retraités. Ils s’introduisent dans la villa en l’absence des propriétaires pour forcer le coffre-fort dans lequel un indicateur leur avait affirmé se trouver une somme conséquente, de quoi financer les rêves de chacun. Mais le rêve va virer au cauchemar. Les choses vont en effet partir en couille lorsque l’imprévu va s’inviter dans leur petit plan pourtant bien huilé. La personnalité instable des uns et des autres va alors se révéler au grand jour, mais de nuit, une nuit de pleine lune évidemment. « Une nuit de pleine lune », par Hermann et Yves H., aux éditions Glénat.

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : une nuit de pleine lune, hermann, yves h., glénat |  Facebook |

15/05/2011

Fifty-fifty / Jeremiah, T.30 / Hermann / Dupuis

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Un mourant sur son lit d’hôpital, une confidence, un sac de diamants dissimulé dans une ville inaccessible, inondée et infestée d’alligators, peuplée d’humanoïdes mutants, dans un monde dévasté. Le décor est planté, au milieu Jeremiah et Kurdy transformés en chasseurs de trésor se démènent pour mettre la main sur le précieux sac et le ramener, indemnes, à son propriétaire qui leur a promis un partage fifty-fifty. Sauf que cette promenade de santé se transforme en parcours du combattant et piège à rat. Cette palpitante quête est bien entendu l’occasion pour Hermann de suivre son fil rouge préféré et d’attirer notre attention sur les dangers d’une gestion irréfléchie des ressources naturelles de notre bonne vieille terre. Si nous ne modifions rien à notre comportement de consommateur, une catastrophe climatique majeure pourrait bien redessiner notre paysage planétaire, provoquant des cataclysmes répétés auxquels ne résisteront pas nos infrastructures, véritables fétus de paille à l’échelle du monde et des forces de la nature. S’ensuivra une inévitable désagrégation des structures sociales, une nouvelle donne qui favorisera l’émergence des théories les plus extrêmes, de l’autoritarisme, de l’exacerbation des antagonismes. Nos chances d’en sortir ? Bah, c’est fifty-fifty. « Fifty-fifty », trentième tome de « Jeremiah », par Hermann,aux éditions Dupuis.

 

M.DESCORNET

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26/10/2010

Menace sur le fleuve / Bernard Prince, T.18 / Yves H., Hermann / Le Lombard

 

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Cette série a connu ses heures de gloire dans les années septante, puis les albums se sont espacés. Le dernier date de la toute fin des années nonante. Et aujourd’hui sort un nouvel épisode. C’est un peu comme si l’on soufflait sur des cendres pour en faire jaillir des flammèches et raviver un feu qu’on n’aurait pas vraiment envie de voir s’éteindre. Reste à savoir qui est ce « on ». Que l’éditeur souhaite exploiter une série au fort potentiel, c’est compréhensible. D’autant plus qu’Hermann fait partie des auteurs les plus appréciés dans la longévité. Quant à Hermann lui-même, il doit sûrement entretenir un sentimentalisme bien compréhensible pour ces personnages intègres, fonceurs et attachants. Le groupe est bâti sur un modèle qui a fait ses preuves : un héros beau gosse, Bernard Prince, un faire-valoir bourré de défauts vecteur d’humour, Barney Jordan, et un jeune protégé, un enfant indien nommé Djinn. Impossible de ne pas penser à Tintin, au capitaine Haddock et au jeune Tchang. Il n’y a aucune raison de bouder une recette qui marche. Autre recette éternelle : l’aventure dans toute sa pureté, avec des méchants pas beaux et sans ambiguïté. Et puis, l’exotisme, le dépaysement. L’ultime bonne raison de s’exalter, c’est bien sûr un dessin superbe. Voilà, vous êtes prêts à déguster et à décoder ce dix-huitième tome de « Bernard Prince », « Menace sur le fleuve », par Yves H. et Hermann, aux éditions Le Lombard.

 

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22/02/2010

Le Petit chat est mort / Jeremiah, T.29 / Hermann / Dupuis / coll.Repérages

L’univers de cette série est un monde post-apocalyptique dans lequel vivrait une humanité livrée à ses propres vices et sa propre violence. C’est finalement un monde très semblable au notre, l’hypocrisie d’une charmante façade en moins. Jeremiah et son ami Kurdy sillonnent les routes et les paysages torturés allant où bon leur semble, s’arrêtant pour ravitailler ou pour partager un moment avec de la famille ou des amis. D’étape en étape, nous découvrons toute l’étendue de la cruauté et de la perversité humaines. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il y a encore des gens honnêtes et sages, et qui ne sont pas nécessairement des moutons ou de la chair à canon. Et puis, il y a des petits chats. Jeremiah et Kurdy rendent visite à de vieilles connaissances. Dans cette ville dont le cœur bât au rythme de l’exploitation d’une mine, la vie est rude. Jeremiah s’interpose dans une bagarre entre un ouvrier et le fils du propriétaire de la mine. Cela lui vaudra quelques ennuis, surtout que le fiston n’est pas un modèle de vertu. Il cause même le désespoir de son père. La force du vrai guerrier lui vient de l’humilité. Elle lui permet de rester fidèle à ses convictions. L’amitié aussi est un atout majeur. Quant au pauvre petit chat, il va mourir. « Le Petit chat est mort », vingt-neuvième tome de « Jeremiah » par Hermann, aux éditions Dupuis, collection Repérages.

 

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29/01/2010

Vassya / Bois-Maury, T.14 / Hermann / Glénat / coll.Vécu

C’est toujours un ravissement intense de lire une BD signée Hermann. Son travail en couleurs directes surpasse le commun des dessinateurs qui s’y sont essayés. La construction impeccable de ses albums force le respect. Et la profondeur thématique de ses récits nous épate à chaque fois. Cependant, dans ce nouvel album esthétiquement et narrativement remarquable, nous sommes un peu déconcertés par la légèreté du propos. Nous retrouvons le sire Aymar de Bois-Maury en Pologne, après qu’il ait été dépossédé de ses terres. Il y participe à une campagne militaire aux côtés de son oncle maternel, Waldemar Lewandoski, dans le but de renverser le Tsar de Russie, Boris Godounov, pour placer sur le trône le Tsarévitch Dimitri. C’est un peu une bataille perdue car l’Histoire montrera que Dimitri était un imposteur. Cette troupe s’est adjointe le soutien des Cosaques, de rudes guerriers aux mœurs brutales. Chemin faisant, un vieux ronchon et sa fille Vassya, très aguichante, se joignent à eux. Aymar s’éprend de Vassya. Le récit s’articule autour de cette relation qui va prendre des allures de Vaudeville. Cet album fait figure de moment de respiration dans la saga « Bois-Maury », malgré une nouvelle démonstration de la cruauté des hommes. « Vassya », quatorzième tome de « Bois-Maury », par Hermann, aux éditions Glénat, collection Vécu.

 

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04/02/2009

Le diable des sept mers T.2 / Hermann, Yves H. / Dupuis / coll.Aire libre

L’incursion des Hermann, père et fils, dans l’univers des pirates se révèle des plus surprenantes. Nous sommes au début du dix-huitième siècle. Une riche plantation de la Caroline du Sud est convoitée par une bande de flibustiers avec à leur tête le Diable des sept mers, un pirate de la pire espèce. A propos de tête, il va perdre la sienne sur l’échafaud et la plupart de ses compagnons vont être pendus. C’est là que le récit bascule. Ce récit d’aventure maritime s’enrichit d’une dimension surnaturelle. Les pirates reviennent tous à la vie, ou presque. Et c’est une armée de morts vivants qui se déchaîne. Ils vont tenter de récupérer le trésor du Diable des sept mers. La résurrection des pirates tient en une logique toute diabolique. Elle nous est révélée à la fin de l’histoire. La conclusion est de toute beauté, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Hermann se surpasse une fois de plus en couleurs directes, s’appropriant et magnifiant un univers auquel il ne s’était pas encore frotté. Le scénario ciselé de Yves exploite à merveille l’imaginaire lié au genre en y distillant avec harmonie ses propres envies. Le résultat emmène le lecteur sur des rivages paradisiaques, même si le diable n’en est jamais très éloigné. « Le diable des sept mers », deuxième partie, par Hermann et Yves H., aux éditions Dupuis, collection Aire libre.


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