02/04/2014

Joey / Le train des orphelins T4 / Charlot, Fourquemin / Grand angle

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Entre la moitié du dix-neuvième siècle et le premier tiers du vingtième, aux Etats-Unis, une association a organisé la transhumance d'orphelins. Près de deux cent cinquante mille orphelins et enfants des rues ont été conduits par train des grandes villes vers les zones rurales. L'objectif était double. D'une part donner une famille à des enfants désoeuvrés. Et d'autre part contribuer au peuplement des zones déshéritées. Il est clair que bon nombre de ses enfants représentaient une main d'oeuvre obéissante et bon marché, et pas seulement la concrétisation d'un désir de progéniture. La BD « le train des orphelins », de Charlot et Fourquemin, utilise ce fait historique comme prétexte à un récit touchant. C'est l'histoire de Jim, Harvey, Lisa et Joey. Ce sont quatre points de vues sur une même histoire commune. Chacun l'a vécue différemment mais intensément. C'est une histoire lacérée par la misère. Une histoire de mensonges, de trahisons, de coups bas, justifiés par une terrible volonté de survivre. Le plus poignant, c'est que ce sont des jeunes enfants que la vie a poussés à ce genre d'extrémités. Les événements du passé ont un impact sur les personnes âgées que nous retrouvons bien des années plus tard. Et c'est alors une histoire de retrouvailles qui prend le pas, avec toujours autant d'intensité. « Joey », quatrième tome du « train des orphelins », par Charlot et Fourquemin, aux éditions Grand Angle.

 

M.Descornet

 

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17/08/2012

Villa Ipatiev / Nous, Anastasia R., T.1 / Cothias, Ordas, Berr / Bamboo / coll.Grand Angle

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Lors de la victoire des révolutionnaires russes en mille neuf cent dix-sept, le Tsar et sa famille ont été capturés, puis tous assassinés. Leurs corps ont été précipitamment enterrés dans un bois. Ces circonstances hâtives, et le choc de voir ainsi complètement décimée toute la descendance directe du Tsar, ont alimenté la rumeur de la survie de la jeune Anastasia. Cette rumeur a trouvé un écho auprès de plusieurs fabulatrices dont Anna Anderson fut certainement la plus bluffante. Il y a quatre ans, des analyses génétiques ont mis un terme définitif à toute spéculation. Il n’y a eu aucun survivant au massacre. La BD qui nous est proposée par Cothias, Ordas et Berr, part pourtant du postulat qu’il y a bien eu substitution de la jeune Anastasia. Les événements historiques nous sont contés avec moult détails, qui reposent assurément sur une documentation solide, mais prennent aussi quelques libertés, dont la plus énorme est bien sûr la supposition qu’Anastasia a survécu. En soi, le récit est bien construit et bénéficie d’une traitement graphique honorable, même très séduisant. Mais cette histoire, présentée sur le ton du semi-documentaire, arrive avec quelques années de retard pour vraiment passionner, par son manque de crédibilité. « Villa Ipatiev », premier tome de  « Nous, Anastasia R. », par Cothias, Ordas et Berr, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.

 

 

M.Descornet

 

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14/07/2012

Psychothérapie / Lloyd Singer, T7 / Brunschwig, Martin / Bamboo / coll.Grand angle

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Le titre de cet album en dit long sur ses enjeux sous-jacents, à commencer par la volonté du scénariste Luc Brunschwig de poursuivre l’aventure Lloyd Singer. Le dessinateur Olivier Neuray avait justement jeté l’éponge à la fin du cycle précédent. Se posait alors la question de relancer cette série au héros bougrement attachant. Au terme d’un profond questionnement, Brunschwig s’est décidé à continuer, en compagnie d’un jeune dessinateur, Olivier Martin. Graphiquement, le passage de relai se voit très fort et peut rebuter le lecteur exigeant. Mais à y regarder de plus près, au-delà des nombreuses imperfections et hésitations, il y a un potentiel qui ne demande qu’à s’épanouir. Martin s’est bien approprié la physionomie des personnages et surtout leurs expressions qui jouent un rôle primordial dans cette BD. Sa mise en cases séduit par de nombreux atouts. Quant au récit, Brunschwig prouve qu’il n’a pas encore tout dit et que sa décision de persévérer est la bonne. Lloyd Singer se retrouve en famille face au psy pour déterrer les vieux souvenirs et tenter de surmonter les douleurs du passé. Les conséquences sur le présent se révèlent aussi vertigineusement perceptibles. « Psychothérapie », septième tome de « Lloyd Singer », par Brunschwig et Martin, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

 

M.Descornet

 

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17/01/2012

La main du singe, T.3 / Laumaillé / Bamboo / coll.Grand angle

 

Abel a reçu une importante greffe de peau. Mais sur cette peau figurent de singuliers tatouages. Depuis son opération, Abel est suivi, surveillé, pourchassé. C’est que les motifs qui ornent désormais certaines parties de son corps cachent un secret fort convoité. Il s’agit en fait d’indications qui mènent à une précieuse mallette. Cette mallette contient des documents rédigés par des Indiens employés au département des codages pendant le seconde guerre mondiale. Il va sans dire qu’une tripotée d’espions, et aussi le FBI, sont sur le coup, et que les manipulations, les faux-semblants et les coups fourrés sont de mise. Abel s’est trouvé une alliée en la personne d’Ozalee, une descendante des Indiens. Il a par contre une autre femme à ses trousses, la fausse infirmière qui l’avait soigné et qui est en réalité un agent du FBI. Parallèlement à cette chasse à l’homme et au trésor, nous remontons le temps à rebours pour découvrir les événements qui nous permettront de comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire, une affaire d’état bien sûr, mais il y a davantage que cela. Ce qui est remarquable dans ce triptyque, c’est que malgré la complexité du scénario, accentué par une structure narrative tarabiscotée, le récit conserve sa fluidité. Les couleurs maîtrisées de Bouet y contribuent grandement. « La main du singe », par Laumaillé, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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04/01/2012

Pour la gloire du diable / L’œil des dobermans, T.1 / Cothias, Ordal, Zanat / Bamboo / coll.Grand angle

 

Patrick Cothias lance plusieurs séries simultanées aux éditions Bamboo. Celle-ci porte un titre qui lui va comme un gant. Cothias est en effet fort porté sur la chose religieuse, en ce qu’elle permet d’iconoclastie. Mais en l’occurrence, le diable prend ici la forme d’un petit caporal qui a survécu au charnier de la première guerre mondiale, sauvé par un humaniste. Vingt ans plus tard, le caporal est devenu Chancelier allemand. Son armée annexe l’Autriche. La seconde guerre mondiale se profile dangereusement. Adolf Hitler se souvient de son sauveur Arno Ixks, devenu archéologue. Il souhaite justement s’adjoindre ses services. Hitler est en effet féru d’occultisme et de reliques mystiques. Ce que le führer souhaite a des allures d’obligation incontournable. Arno ne se prive pourtant pas pour lui tenir tête devant ses généraux, Himmler, Göring, Heydrich, Goebbels. Des menaces sur son entourage le décideront malgré lui à accepter la mission. Arno Ixks est envoyé au Tibet. Il rejoint une équipe d’experts dans des disciplines scientifiques variées, qui ne sont pas nécessairement informés du véritable objectif du projet. Cothias retombe dans ses propres ornières mais parvient tout de même à susciter de l’intérêt, voire de la compassion. « Pour la gloire du diable », premier tome de « L’œil des dobermans », par Cothias, Ordal et Zanat, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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09/11/2011

Seuls au monde / Lloyd Singer, T6 / Brunschwig, Neuray / Bamboo / coll.Grand Angle

 

La série « Makabi » a été reprise aux éditions Dupuis par Bamboo et renommée « Lloyd Singer ». Lloyd Singer travaille pour le FBI. Au départ, il est un simple comptable. Mais depuis son enfance tourmentée, il nourrit une sorte de schizophrénie. Lloyd s’est inventé un personnage, un héros justicier qui viendrait le défendre des brimades dont il est victime de la part de ses camarades. Ce héros dénommé Makabi n’est autre que Lloyd lui-même, masqué et sûr de lui, doté d’une force et d’une technique de combat impressionnantes. Cette double vie, Lloyd l’a entretenue au fil des années. Le comptable timoré se transforme parfois en justicier impitoyable, notamment lorsque sa famille est aux prises avec la mafia russe. Ses aptitudes une fois révélées valent à Lloyd un transfert au centre de formation de Quantico, afin de devenir agent de terrain. Un autre agent, de ses amis, lui demande de l’aide pour faire parler une jeune femme traumatisée et mutique, défigurée par un tueur en série surnommé « la chanson douce ». Le dénouement de cette enquête réserve Lloyd une intense rencontre avec une personnalité criminelle dont la vie présente de fortes similitudes avec la sienne. Une BD proche de la perfection narrative, grâce à une construction et un graphisme purement formidables. « Seuls au monde », sixième tome de « Lloyd Singer », par Brunschwig et Neuray, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.

 

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31/10/2011

La tête abîmée / Le Fils de l’officier, T1 / Cothias, Ordas, Gallant / Bamboo / coll.Grand angle

 

Il fut un temps où un homme fut condamné à la crucifixion. Mais avant d’être mis à mort, il fut forcé de porter sa croix tout le long du chemin qui le mènera vers le lieu de son supplice ultime. Ce parcours à l’issue irrémédiable est jalonné d’épreuves douloureuses. Une couronne d’épines lui martyrise la tête. Le peuple l’injurie, le houspille. Il tombe et se relève plusieurs fois. A un moment, il rencontre sa mère. Puis une âme charitable le vient en aide pour porter son lourd fardeau. Une autre lui donne un peu de réconfort en essuyant son visage. D’autres encore pleurent sur son sort. Mais personne ne tente rien pour empêcher l’inéluctable. Au seuil de la mort, le supplicié est dépouillé de ses dernières possessions, ses vêtements. Puis il est cloué sur la croix et meurt au terme d’une lente agonie. Cette histoire a traversé le temps. Elle a été transcrite et magnifiée par des éléments relevant du merveilleux. Les grands dogmes en ont fait l’un de leurs piliers. Car cette histoire nous parle. C’est une métaphore de notre condition humaine, de notre existence et des épreuves que nous subissons, les trahisons, la pitié, l’empathie que nous rencontrons forcément tout au long d’une vie qui se termine par la déchéance physique et mentale, puis la mort. Cette BD raconte une vie marquée par les épreuves. « La tête abîmée », premier tome du « Fils de l’officier », par Cothias, Ordas et Gallant, chez Bamboo, collection Grand angle.

 

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