28/12/2011

La dernière vie / Gimenez / Le Lombard

 

C’est toujours agréable de lire d’une traite un long récit qui s’étale sur deux tomes comme celui-ci. L’histoire, en deux mots, est celle d’une jeune gars qui se retrouve aspiré par un jeu vidéo et doit y surmonter les épreuves en mettant réellement sa vie en jeu. Dit comme ça, on a affaire à une pure resucée de « Tron », le film culte en la matière. La BD s’en éloigne mais trop peu pour vraiment échapper à la comparaison. Et elle ne plaide pas en sa faveur. Nous suivons Fito, un lycéen fou de jeux vidéos qui essaye un nouveau jeu dont sa copine lui a fourni une copie. L’effet est saisissant. Fito se trouve littéralement aspiré par le jeu. Ce qui lui sauve la mise, c’est qu’il avait pris la précaution de choisir le mode démonstration. Sa copine Clara n’a pas eu sa chance. Elle a été retrouvée gisant devant son ordinateur, dans un coma profond. Les pronostics sont peu engageants. Fito, convaincu que le jeu en la cause de cet état, tente alors d’en percer les secrets. Il fait appel à un expert, le célèbre critique Raf. A deux, ils vont expérimenter toutes les variantes du jeu mortel afin d’atteindre le niveau où ils pourront délivrer Clara de sa léthargie. C’est joliment dessiné. La mise en page se défend, avec un résultat efficace sur le plan narratif, mais avec un récit dont l’originalité ne convainc pas. « La dernière vie », une histoire en deux tomes, par Juan Gimenez, aux éditions Le Lombard.

 

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02/03/2011

Barrio / Giménez / Fluide glacial

 

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Carlos Giménez puise son inspiration dans son parcours de vie et dans celui de proches, de sa famille, d’amis ou même d’autres témoins de l’époque franquiste en Espagne. Dans les années cinquante, l’Espagne est en effet dirigée par Franco, un dictateur qui a saigné son pays, le plongeant dans la violence, la famine, la peur, l’injustice et l’arbitraire. Dans cet enfer, les enfants déployaient des trésors d’imagination pour se distraire avec le peu dont ils disposaient. C’’était le règne de la débrouille et, la plupart du temps, du chacun pour soi. Ces gamins devaient prendre une part active à la survie de leur famille dès leur prime adolescence. Beaucoup finissaient dans des orphelinats ou dans des foyers de l’assistance publique. La pauvreté extrême causait d’innombrables drames tragiques, dans des familles déchirées sur lesquelles le sort s’acharnait. Giménez excelle dans l’art de nouer les tripes de ses lecteurs, avec des situations insoutenables. Il parvient à raconter l’indicible grâce à un subtil équilibre entre la rudesse de la vie et l’innocence de l’enfance, alchimie qui se traduit aussi dans son dessin digne de Marcel Gotlib. Mais c’est une innocence brisée qu’il met en scène. Et l’on n’en sort pas indemne. Cet album volumineux témoigne d’une réalité que doivent encore subir de nombreux peuples dans le monde. Une BD indispensable : « Barrio », par Giménez, aux éditions Fluide glacial.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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28/02/2009

Paracuellos / Gimenez / Fluide Glacial

De prime abord, cette BD semble bien comique avec son graphisme hérité de celui de Marcel Gotlib. Et puis, au fil des cases, on est rapidement invité à revoir son jugement. C’est une histoire tragique qu’il nous est donné de lire. L’auteur se met en scène. Il y raconte son enfance au sein d’un internat de l’assistance publique pendant l’époque franquiste en Espagne. Chacune des anecdotes de ce recueil est un témoignage de la vie tourmentée d’un orphelin soumis aux brimades de toutes parts, des bonnes sœurs et de ses camarades d’infortune. Le petit Carlos est attachant, naïf, livré à lui-même et désespéré. L’avenir d’un gamin brisé comme lui ne peut être que sombre. Pourant Carlos Gimenez est devenu l’un des grands noms de la BD. C’est probablement sons sens de l’humour et de la dérision qui l’a sauvé. C’est cette même qualité qui lui a permis de nous livrer ce terrible récit, cette tragi-comédie humaine. On aurait du mal à croire à tout ce qui y est dit s’il n’y avait pas cette indubitable sincérité dans le propos. La survie d’un petit garçon, devenu ado puis adulte, voilà ce qui nous est donné de voir ici. Cette BD ne manque pas de noirceur, vous l’aurez compris. Elle a été écrite et dessinée avec des rires et des larmes. Cette intégrale doit être consommée avec modération, sous peine de déprime. Une véritable leçon de vie : « Paracuellos », par Carlos Gimenez aux éditions Fluide Glacial.


BD commentée par Marc Descornet

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