31/03/2014

Entrée nord / Ordures T1 / Cinna, Piatzsek / Futuropolis

 

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Les éditions Futuropolis nous proposent « Ordures », une BD en deux tomes signée Cinna et Piatzsek. C'est l'histoire contemporaine de quelques jeunes désoeuvrés, autrement dit des racailles, des ordures. Ce sobriquet leur colle à la peau. Il faut dire qu'ils fouillent les décharges à la recherche de tout ce qui pourrait se revendre. La misère et la crasse se conjuguent harmonieusement à la violence pour composer leur quotidien. Ce récit en noir et blanc ne fait pas dans la demi-teinte. C'est une claque bien cinglante que l'on se prend en pleine gueule. Les grandes villes sont peuplées de citoyens de seconde zone, pour ne pas dire tout simplement de LA zone. Ils survivent de combines en tuyaux percés, de désillusions en bastons. La menace de se faire démolir le portrait par une bande de malfrats est permanente. Parfois, ils tentent de les intégrer, ces bandes. Mais ça se solde toujours par une mise au point musclée. Ce sont des déchets, des rebuts de la société. Et pourtant, ils ont aussi un nom, un prénom, des envies et de l'espoir, un idéal à atteindre. Ils s'appellent Moudy, Alex ou Samir et c'est leur histoire, même si elle est fictive, qui est étalée sur ces pages impitoyables. La nature humaine est féroce. Au-delà des apparences, masquées par notre petit confort tranquille, nous ne voyons plus la brutalité du réel. Une petite piqûre de rappel : « Entrée nord », premier tome de « Ordures », par Cinna et Piatzszek, chez Futuropolis.

 

M.Descornet

 

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04/09/2012

Martha Jane Cannary / Perrissin, Blanchin / Futuropolis

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Martha Jane Cannary était le vrai nom de cette légende de l’Ouest américain mieux connue sous le nom de Calamity Jane. Christian Perrissin et Mathieu Blanchin se sont attachés à reconstituer le plus fidèlement possible le parcours exceptionnel et fascinant de cette femme farouchement éprise de liberté. A l’époque de la conquête de l’Ouest américain, Martha Jane Cannary s’est construit sa légende sur celle non moins fameuse que l’épopée du Pony Express. Après s’y être bâtit une réputation de femme qui n’a rien à envier aux hommes, Martha Jane s’est tournée vers d’autres activités, dont celle de conteuse de ses propres exploits, à la véracité douteuse et dont la presse a fait ses choux gras, ce qui a permit d’asseoir la popularité de Jane. Elle a ensuite ouvert une blanchisserie, un job un peu trop sage et sédentaire pour cette bouillante aventurière. Et en fait d’aventures, Jane a aussi multiplié les aventures masculines, trouvant difficilement l’homme idéal qui correspondrait à son tempérament indomptable. Derrière cette rudesse affichée, Jane recherchait le bonheur, la paix, l’amour. L’amour d’un homme, celui qu’elle avait déjà connu avec le défunt Wild Bill Hickock. Mais aussi l’amour de sa fille Janey qui ignore tout de ses origines et vit dans un monde plus guindé. Une superbe évocation historique et humaine en trois tomes : « Martha Jane Cannary », par Perrissin et Blanchin, aux éditions Futuropolis.

 

 

M.Descornet

 

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30/07/2012

Les otages / Floc’h, Germain, Dubois / Futuropolis

 

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Nombreux sont ceux d’entre nous qui sommes attirés, voire fascinés par l’Afrique, probablement en partie parce que nous y avons un passé colonial. Il est facile de trouver un cours de Djembé et de se laisser envahir par le tambourinement envoûtant. Sophie suit les cours de Pete, un Togolais charismatique, qui propose à ses élèves un voyage dans son pays hors des circuits touristiques, une sorte d’immersion dans la vraie vie. Séduite par cette promesse d’authenticité, Sophie convainc son compagnon Antoine, qui y voit la réalisation d’un vieux rêve. Aveuglés par les belles paroles de Pete, le couple ne sent pas venir l’arnaque qui les attend au Togo. Arrivés sur place, le rêve se transforme en cauchemar. Pete se révèle être un gourou bonimenteur dangereux. Sophie et Antoine sont séquestrés, leurs moindres mouvements sont épiés. Ils ne peuvent pas quitter la communauté qui les héberge dans des conditions d’hygiènes exécrables. Leur naïveté se paye cher. Ils sont coincés. Leur calvaire va s’empirant. La maladie et la violence imprègnent de plus en plus leur morne quotidien d’otages. On se dit que tout cela doit avoir un sens, comme de faire prendre conscience de la réalité togolaise. Hors des clichés convenus cette BD dénonce les prêcheurs africains qui abusent de la crédulité des gens, les escrocs qui leur tendent des pièges criminels. « Les otages », par Floc’h, Germain et Dubois, aux éditions Futuropolis.


M.Descornet

 

 

 

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11/07/2012

Pierre Goldman, la vie d’un autre / Moynot / Futuropolis

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Pierre Goldman était un personnage atypique. Il a été accusé et condamné pour quatre braquages, dont avec des morts mais dont il a toujours nié être l’auteur, contrairement aux trois autres. Son procès a été révisé et il a été innocenté pour les meurtres. Pierre Goldman n’était pas un simple malfrat. Ce fils de résistants, juif d’origine polonaise, avait une conscience politique engagée de gauche. Il s’était d’ailleurs fait de nombreux amis parmi les intellectuels de gauche. Pierre Goldman a été assassiné en pleine rue en mille neuf cent septante neuf à l’âge de trente quatre ans. Le commando qui l’a abattu n’a jamais été identifié, malgré la revendication d’un groupe dénommé « honneur de la police ». L’enquête a visiblement été bâclée, pour des raisons obscures, probablement politiques. Emmanuel Moynot retrace l’existence tumultueuse de Pierre Goldman de manière très factuelle, avec peu de point de vue personnel mais en se basant sur le livre témoignage du principal intéressé et sur des entretiens avec ses proches qui sont intégrés in extenso dans ce volumineux bouquin. L’ensemble ne passionne pas. Ce qui est dommage vu le caractère justement enflammé de Pierre Goldman. Moynot se montre moins inspiré que dans ses autres remarquables créations. « Pierre Goldman, la vie d’un autre », par Moynot, aux éditions Futuropolis.

 


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09/07/2012

L’île au trésor / Stassen, Venayre / Futuropolis

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De grands romans se révèlent intemporels tant ils gardent de leur pertinence au fil du temps. « L’île au trésor », de Robert Louis Stevenson, en fait partie. Ce roman d’aventures a inspiré et inspire encore de nombreux raconteurs d’histoires. Le personnage central, Long John Silver, est devenu la figure emblématique du pirate pur jus. Long John Silver est un grand gars, brillant aux épaules massives avec une grande barbe rousse et une béquille, drôle, incroyablement intelligent, et avec un rire qui roule comme de la musique, il a un feu et une vitalité inimaginables, qui emportent tout un chacun. Il y a chez lui une dualité marquée : de prime abord, Silver est un compagnon et un marin agréable, et ce n'est que lorsque l'intrigue se déploie que l'on découvre graduellement la vilainie de sa nature. Sa relation avec le gamin Jim est intéressante en ce qu'il lui sert de mentor et de figure paternelle, causant un véritable choc lorsqu'on découvre qu'il a fomenté la mutinerie, en particulier lorsque Jim doit l'affronter. Silver possède quelques vertus. Cette ambivalence se retrouve dans la transposition que fait Stassen en une histoire ancrée dans le contemporain, une chasse au trésor dans un quartier en démolition, avec une profonde réflexion sur le bien et le mal tels qu’ils se manifestent très concrètement dans notre quotidien. « L’île au trésor », par Stassen et Venayre, aux éditions Futuropolis.

 


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04/07/2012

L’homme qui n’existait pas / Bonin / Futuropolis

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N’avez-vous jamais eu cette sensation étrange d’être transparent pour les autres ? Et même peut-être pour vous-même. Léonid Miller est informaticien. Sa vie n’a pas beaucoup de relief. Il est célibataire et n’a pas vraiment de passion si ce n’est le cinéma. C’est d’ailleurs dans les films qu’il se projette pour incarner l’un ou l’autre personnage dont la vie, quoique fictionnelle, lui semble plus consistante que la sienne. Ces personnages du grand écran lui apparaissent bien plus réels que les gens de la vraie vie. A force de se focaliser sur ce monde virtuel, Léonid Miller s’estompe soudainement. Il devient réellement invisible et inconsistant. Il assiste alors impuissant aux événements qui suivent comme la réattribution de son appartement. Il ne lui reste alors comme seul refuge que la cinémathèque. C’est là qu’il découvre Françoise Angelli, une jeune comédienne qui partage d’une certaine manière sa particularité, en ce sens qu’elle vit sa vie par procuration au travers des rôles qu’elle interprète. Par la force de l’empathie, Léonid tombe sous le charme. Mais, Léonid étant devenu immatériel, Françoise lui reste inaccessible. Un rapprochement se profile pourtant, car Françoise devient petit à petit transparente. Un superbe conte moderne sur le thème de la virtualité des rapports sociaux et sur la nécessité de valoriser nos propres particularités. « L’homme qui n’existait pas », par Bonin, aux éditions Futuropolis.

 


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14/01/2012

Les règles du jeu / Urban, T.1 / Brunschwig, Ricci / Futuropolis

 

Dans un demi siècle, notre mode de vie ne se sera pas amélioré. A force de prétendre que nous devenons de plus en plus égoïstes et individualistes, cela aura fini par réellement arriver. Notre vie sera devenue un étouffoir permanent. Et pour réintroduire un brin de légèreté dans ce sombre tableau on ne peut plus morose, des professionnels du divertissement nous vendront du rêve, du délassement, de l’excitation. Parmi nos descendants si mal lotis, Zach est un jeune homme grassouillet, fan de super-héros et qui veut devenir flic, mais pas n’importe quel flic. Il veut intégrer les unités d’interception du parc Monplaisir, un lieu sécurisé entièrement dédié à l’insouciance et au plaisir. C’est là que, deux semaines par an, chacun et chacune peut aller recharger les batteries. Mais ce lieu clos n’est pas épargné par la délinquance. C’est pourquoi le logiciel informatique central surveille tout et lance des robots pulvériser une substance qui rend les malfrats malades et leur enlève l’envie de recommencer. Pour les cas plus graves, les bandits de plus grande envergure, les véritables criminels, c’est une équipe d’Urban Interceptor qui intervient, avec retransmission télévisée en direct et paris ouverts. Tout est pensé pour divertir, même la violence. Un univers cynique, sordide, une projection de ce qui nous pend au nez : « Les règles du jeu », premier tome de « Urban », par Brunschwig et Ricci, aux éditions Futuropolis.

 

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