16/06/2012

Furari / Taniguchi / Casterman / coll.écritures

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L’époque d’Edo s’étend du dix-septième au dix-neuvième siècle. Elle succède à une période pendant la quelle le Japon était en proie à de nombreuses guerres féodales. Le shogun Tokugawa et son clan cherchent à réorganiser l'État et garantir la paix dans le pays. Pour cela, ils mettent au point un système très hiérarchisé et rigide grâce auquel ils peuvent contrôler totalement le pays. L’époque d’Edo est caractérisée par un essor de l’art, qui se concrétise notamment par l’invention du kabuki, le théâtre de danse grotesque. Il y aura également une belle production en matière de peinture. Quant à la littérature, elle connaît une grande ouverture à l’égard de l’Occident. C’est dans ce contexte qu’un géomètre cartographe à la retraite, arpente les rues et ruelles de la capitale Edo. Il déambule tout en comptant ses pas et en notant ses mesures. Au fil de ses errances nonchalantes, il nous emmène dans des endroits charmants, multiplie les rencontres enrichissantes, toutes empreintes de poésie. Il nourrit aussi le rêve de mesurer très précisément la distance entre deux villes éloignées grâce à des instruments et méthodes modernes. Taniguchi parvient à toucher un vaste lectorat, par l’universalité de son langage graphique et des sensations qu’il génère. Un superbe ouvrage, hymne à la beauté du monde, et invitation à la savourer : « Furari », par Taniguchi », aux éditions Casterman, collection écritures.


M.DESCORNET

 

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11/05/2011

Au temps de Botchan, T.1 / Taniguchi, Sekikawa / Casterman / coll.écritures

 

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L’une des premières œuvres de Jirô Taniguchi en imposait par son volume. Le scénariste Natsuo Sekikawa a accompagné Taniguchi pendant presque tous ses débuts jusqu’à ce point d’orgue, cette œuvre volumineuse, hors norme par son propos. L’histoire se situe au Japon pendant l’ère Meiji qui s’est étalée de mille huit cent soixante huit à mille neuf cent douze, une période marquée par la modernisation du pays, mais aussi par la guerre russo-japonaise. Ce récit prend d’ailleurs racine à Tokyo juste après la fin de cette guerre, en novembre mille neuf cent et cinq. L’écrivain Natsume Soseki, après un séjour en Angleterre, entame l’écriture de son œuvre la plus célèbre intitulée « Botchan », un des romans les plus populaires du Japon. Ce court roman a inspiré une vaste fresque en bande dessinée, un admirable travail de fond, nourri d’une impressionnante documentation, d’une érudition qui force le respect. La densité de cette BD n’en altère cependant pas la lisibilité. On reconnaît la patte typique de Taniguchi, son extraordinaire maîtrise du tempo, sa faculté à transcrire les émotions, tout en retenue mais avec énormément de précision et de clarté. Cette œuvre en cinq gros volumes est rééditée avec un soin tout particulier : « Au temps de Botchan », premier tome, par Taniguchi et Sekikawa, aux éditions Casterman, collection écritures.

 

M.DESCORNET

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08/02/2011

Les années douces, T.2 / Taniguchi, Kawakami / Casterman / coll.écritures

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Les rencontres fortuites entre une jeune femme et son ancien professeur composent la trame de cette histoire intimiste faite d’émotion retenue. Tsukiko se montre nonchalante. Célibataire un tantinet négligente, elle repousse maladroitement ses prétendants de son âge. Elle n’en a pas pleinement pris conscience mais elle nourrit un amour grandissant pour son ancien maître d’école qu’elle appelle simplement « le maître ». La différence d’âge ne constitue pas un frein. A vrai dire, leur romance improbable doit beaucoup au hasard qui guide leurs pas et les mène à se rencontrer, le plus souvent au comptoir d’un resto. Au fil du temps, ils s’enhardissent et en viennent à provoquer des occasions, tel un pique-nique ou une excursion. Une formidable complicité les rapproche. Des goûts très proches, une appréhension commune de la vie, une pudeur, un sens esthétique, une série de petits riens qui font tout, ces deux êtres vibrent aux diapason. Bien entendu, certaines dissonances ou désaccords empêchent une parfaite harmonie, mais pas assez pour troubler leur idylle en devenir. Le lecteur savoure les petits pas, en avant, en arrière et de côté qui mènent Tsukiko et le Maître imperceptiblement vers une magnifique histoire d’amour transcendante. « Les années douces », en deux tomes, par Taniguchi et Kawakami, chez Casterman, collection écritures.

 

BD commentée par Marc Descornet

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31/05/2010

Les enfants de l’envie / Piquet / Casterman / coll.écritures

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Derrière ce titre emprunt de poésie se dissimule une réalité bien crue, celle de ceux que l’on a longtemps qualifiés de bâtards, ces enfants nés d’une histoire d’amour éphémère ou même d’un moment de folie passagère. Basile est l’un d’eux. Il a grandi avec sa maman et ne connaît de son papa que le prénom, Henry, et son origine américaine. Ses inlassables questions auprès de sa maman restent sans réponses. Basile n’en saura donc pas plus sur son père et a abandonné l’espoir de le voir un jour. Basile est un trentenaire lorsqu’il revient dans sa petite ville de Laon après une longue période passée à Paris. Il y retrouve son ami Rémi, qui souffre d’une phobie sociale sévère. Rémi se sent extrêmement mal à l’aise lorsqu’il est en présence de gens qu’il ne connaît pas. Il évite les foules et s’est dégoté un emploi de veilleur de nuit, bien solitaire. Un beau jour, le maire de Laon organise des retrouvailles avec les soldats américains qui ont libéré la France en 45. Il propose à Basile d’exposer ses toiles. Car Basile peint invariablement des images de cette Amérique idéalisée, comme pour combler ce manque de papa, un papa qui va peut-être enfin réapparaître. Le trait sobre et linéaire de Gabrielle Piquet anime avec fluidité un récit touchant, sensible, qui nous invite à briser les freins que nous nous infligeons et qui nous empêchent de nous épanouir. « Les enfants de l’envie », aux éditions Casterman, collection écritures.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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29/08/2009

Un zoo en hiver / Taniguchi / Casterman / coll.écritures

Jirô Taniguchi est probablement l’auteur japonais le plus apprécié des lecteurs européens de BD franco-belge. Son style de narration contemplative se révèle des plus séduisants. Son graphisme s’approche d’une certaine école classique fort éloignée des mangas caricaturaux. Dans ce nouvel album, l’auteur aborde un sujet qu’il connaît bien puisqu’il s’agit du parcours d’une jeune homme dont l’ambition est de devenir dessinateur de mangas. Nous sommes en mille neuf cent soixante six à Kyôto. Hamaguchi travaille chez un fabriquant de textiles lorsqu’il se décide à se lancer dans l’anventure de dessinateur, répondant ainsi à une envie profonde et insistante. Il décroche de manière inattendue et abrupte un emploi précaire dans un studio de mangas. C’est là qu’il va acquérir des nombreuses connaissances et une maîtrise accrue de son art. Hamaguchi va aussi découvrir la vie nocturne et éprouvante des studios soumis à des délais de parutions serrés. Son travail d’assistant ne lui laisse pas un instant pour développer sa propre œuvre. Hamaguchi doit gérer se frustration et faire preuve d’une grande humilité. Cette humilité fait partie intégrante de la personnalité de Jirô Taniguchi. Cette BD témoigne en fait de son vécu personnel, de ses débuts de mangaka. Une œuvre émouvante au ton juste. « Un zoo en hiver », par Taniguchi, aux éditions Casterman, collection écritures.

 

BD commentée par Marc Descornet

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27/05/2009

Chine. Regards croisés / Collectif / Casterman / coll.Ecritures

Après la Corée et le Japon, c’est au tour de la Chine de se dévoiler dans cet album composé d’une dizaine de courts récits. Intitulé  « The king of Kowloon », ce résumé de la vie de Tsang Tsou-Choi force le respect face à tant de détermination. S’autoproclamant empereur du territoire de Kowloon dans les années cinquante, il revendique son titre par décrets écrits partout dans la ville. Considéré comme pionnier par la communauté internationale des graffeurs, Tsang continua à marquer de sa calligraphie particulière tout support à sa portée dans sa maison de repos. Plus contemporain, « Visa » décrit la rencontre de deux jeunes adultes en quête d’évasion. Lui est là pour prendre du bon temps, mais commence à douter, elle est là pour lui en donner mais surtout pour être payée. Pour quitter le pays, cette jeune femme va jusqu’à se prostituer car c’est le moyen le plus rapide d’obtenir de l’argent. Traditions et modernité se côtoient allègrement dans ce collectif présentant la Chine d’aujourd’hui, à la fois éternelle et en perpétuelle transformation. Signé par ces auteurs français et chinois, l’album offre une grande diversité de styles graphiques, enrichissant ainsi les récits. Fantastique, poésie et humour donnent le ton pour ce troisième volet d’une série consacrée aux principaux pays d’Asie producteurs de BD. « Chine. Regards croisés » est un album collectif paru aux éditions Casterman, collection Ecritures.

 

BD commentée par Maïté Vanneste

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06/04/2009

Droit du sol / Charles Masson / Casterman / coll.écritures

Charles Masson nous avait profondément touché avec « Soupe froide », un chef-d’œuvre montrant l’ultime quête d’un homme démuni, pauvre et malade, sa tentative désespérée pour revoir sa fille avant de mourir. Avec « Droit du sol », l’auteur aborde un autre sujet sensible. Il nous propose une incursion dans les territoires français d’outre-mer. L’île de Mayotte est un microcosme où règne un reliquat d’esprit colonial. Les blancs y occupent les postes clés, les fonctions valorisante. Ce sont eux qui ont l’argent et dictent leurs lois. Les noirs sont en général pauvres, occupent des emplois précaires et subissent des brimades insidieuses. Ce tableau cache une autre réalité, car rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Il y a des blancs qui oeuvrent au bien-être des défavorisés, comme ces médecins qui pratiquent sans leur demander d’honoraires. De l’autre côté, il y a des discriminations atroces entre noirs. Mais entre l’action humanitaire motivée par l’envie de se donner bonne conscience et le comportement limite colonial reflet d’une honnêteté vis-à-vis de soi-même, ce n’est pas facile de se forger une opinion tranchée. « Droit du sol » soulève des questions essentielles et dénonce une politique aveugle, éloignée de la réalité du terrain. Pour la métropole, ses territoires d’outre-mer, c’est loin des yeux, loin du cœur. « Droit du sol », par Charles Masson, aux éditions Casterman, collection écritures.


BD commentée par Marc Descornet

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