31/12/2011

Slow play / La Contessa, T.1 / Crisse, Herval / Drugstore / coll.Aventure

 

Arsène Lupin a ouvert la voie à une lignée de gentlemen cambrioleur qui se mettent un point d’honneur à dérober des joyaux avec beaucoup de finesse et de subtilité, en signant leurs forfaits d’une carte de visite toute personnelle. Cette fois, nous avons droit à la version féminine, une sorte de lady cambrioleuse, la Contessa. Nous verrons à la fin de l’album que ses motivations dépassent le simple attrait pour le luxe. Son prochain larcin s’apprête à prendre le large sur un navire de croisière. A bord, un tournoi de poker de très haut niveau va opposer quelques gros joueurs expérimentés. L’enjeu est un magot de quinze millions de dollars en petites coupures, enfermé dans une boîte de verre dans un coffre-fort inviolable. Il y aurait là un beau défi pour la Contessa. Mais elle n’est pas seule à préparer un coup. Une bande de cambrioleurs convoite les millions. A leur tête se trouve une vieille connaissance de la Contessa. Il lui propose de se joindre à eux. Elle a l’habitude de jouer en solo mais accepte malgré tout la proposition. L’intrigue est de facture classique mais réserve quelques agréables surprises. Graphiquement aussi, c’est très sage. Le tout donne une BD très lisible, divertissante, mais sans plus. « Slow play », premier tome de « La Contessa », par Crisse et Herval, aux éditions Drugstore, collection Aventure.

 

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14/10/2011

Au paradis / Les Poissart, T5 / Tronchet / Drugstore

 

Les Poissart, c’est une famille dont le nom annonce clairement la couleur. Les aléas de la vie les ont conduits vers la lisière de la misère et au-delà. Cette petite famille soudée vit dans une caravane de taille modeste échouée sur un terrain vague dépotoir. On trouve parfois d’incroyables richesses parmi les ordures. Les modes d’emploi constituent un moyen insoupçonné pour apprendre les langues, puisque les notices d’explications sont traduites pour la plupart des pays du monde. On y pèche aussi, plus rarement, un ticket pour le paradis. Les Poissart dénichent un billet de tombola que leur profonde honnêteté les lance dans une quête de son légitime propriétaire. De fil en aiguille, ils remportent un fabuleux voyage dans un centre de vacances paradisiaque sous le soleil d’Afrique. Comme le chantait Aznavour, « Emmenez-moi au bout de la terre ; Emmenez-moi au pays des merveilles ; Il me semble que la misère ; Serait moins pénible au soleil ». Les Poissart arrivent à l’hôtel, complètement déphasés, n’osant pas salir la moquette, s’extasiant devant le service hôtelier. Ils se mettent un point d’honneur à faire leurs lits chaque jour, à laisser leurs chaussures hors de la chambre. C’est coriace, c’est drôle. La satire sociale exploite une situation de misère humaine qui gagne du terrain, surtout ces dernières années. « Au paradis », cinquième tome des « Poissart », par Tronchet, aux éditions Drugstore.

 

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03/10/2011

Aventures vénitiennes / Giuseppe Bergman, T1 / Manara / Drugstore

 

Giuseppe Bergman est un homme ordinaire qui décide un jour de sortir de la monotonie de son quotidien et de vivre l’aventure. L’opportunité s’en présente à lui et il saisit l’occasion. Une maison de production s’y intéresse en effet vivement. Giuseppe annonce à sa compagne qu’il s’en va. Commence alors pour lui une errance chaotique. Mais au lieu d’accroître son influence sur le déroulement aléatoire de sa vie routinière il se retrouve ballotté comme un fétu de paille par grand vent, à la merci des caprices des forces de la nature et du hasard. Sur son chemin, Giuseppe croise et recroise un certain HP, un homme énigmatique, visiblement un initié, un humble mortel devenu maître de son destin. Derrière ses initiales se profile Hugo Pratt, l’auteur de « Corto Maltese » et des « Scorpions du désert », le Vénitien érudit, voyageur éveillé. HP donne à Giuseppe des conseils, des indications qu’il est libre d’interpréter à sa guise et de suivre ou d’ignorer. Les conséquences de ses choix, il doit quoi qu’il en soit les assumer. Impressionnante pérégrination graphique, cette BD atypique dénote avec l’univers d’habitude érotique de Manara, tout en conservant une sensualité naturelle qui se dégage de son trait généreux. « Aventures vénitiennes », premier tome de « Giuseppe Bergman », par Manara, aux éditions Drugstore, collection Roman graphique.

 

 

 

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12/01/2011

Tout est vanité / Borgia, T.4 / Jodorowsky, Manara / Drugstore

 

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Fin de cette saga familiale, cet album ressemble à une apothéose mettant en scène la déchéance d’une famille sans honneur qui recherchait la gloire par tous les moyens et qui aura poussé l’indécence et la crapulerie jusque dans ses derniers retranchements. Leur disparition était inéluctable. Les Borgia ont couru après le pouvoir, la gloire et l’immortalité pendant plusieurs générations. Ils seront d’une certaine manière parvenus à leur fin. Leur nom résonne encore aujourd’hui et pour longtemps dans la mémoire collective, tant ils auront marqué l’histoire de l’Italie et de l’Europe. La famille Borgia était minée par des tensions internes, des rancœurs menant inexorablement à des petits meurtres entre parents, des fratricides, des parricides, des infanticides… qui les ont conduits au suicide. Le témoin privilégié de ces événements a lui aussi mis fin à ses jours d’une atroce manière et ce sera l’épilogue de cette histoire dont il était le narrateur atterré. Jodorowsky nous a livré son interprétation de la vie dissolue des Borgia. Et, à travers cette terrifiante dynastie, il nous met en garde contre l’orgueil, la défiance, la précipitation, la manipulation dont les puissants usent pour assouvir leurs passions. Milo Manara était le traducteur graphique tout désigné pour exprimer au mieux ce déchaînement de passions. Superbe ! « Tout est vanité », quatrième et dernier tome de « Borgia », par Jodorowsky et Manara, chez Drugstore.

 

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14/09/2010

Pizza warrior / Tronchet, Tripp / Drugstore / coll.Les Intégrales

 

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Cette histoire a un parcours très particulier. L’intégrale qui paraît aujourd’hui regroupe les albums de la série « Le Nouveau Jean-Claude », qui fait immanquablement référence au anti-héros Jean-Claude Tergal, imaginé et dessiné par Didier Tronchet. Mais ce nouveau Jean-Claude n’a quasiment rien en commun avec l’autre. Et probablement pour ne pas tromper les lecteurs, Tronchet a confié le dessin à Jean-Louis Tripp. Mais ce n’est pas si simple. EN réalité, cette BD est le succédané du story-board d’un film réalisé par Tronchet, lequel story-board avait été effectué par Tripp. En résumé, un film réalisé par un dessinateur de BD se retrouve finalement adapté en BD. Au-delà de l’histoire éditoriale, il y a bien sûr une histoire humaine. Jean-Claude est un perdant. Il accumule les déconvenues amoureuses et aussi les boulots mal payés. Il est livreur de pizza la nuit et statue vivante la journée. Très émotif, il ne peut contenir ses larmes quand sa copine le laisse tomber. Une nouvelle idylle se profile cependant. Ce récit charmant offre son lot de bons moments d’humour et d’émotion. Le rythme est soutenu. Malgré une succession de scènes qui semble de prime abord un peu décousue, l’ensemble conserve une agréable harmonie. Le final est réjouissant. En supplément, des documents sur la genèse du film agrémentent cette BD. « Pizza warrior », par Tronchet et Tripp, aux éditions Drugstore, collection Les Intégrales.

 

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31/08/2010

Les Désarmés / Mezzo, Pirus / Drugstore

 

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Cet album volumineux est une réédition d’une histoire en deux tomes, mais une réédition retravaillée, surtout au niveau de la narration et des couleurs. Le résultat est une merveille de polar noir. Le duo d’auteurs avait récemment bluffé les lecteurs avec « Le Roi des mouches », une critique sociale acerbe. Fort de ce succès, ils remettent en musique une de leurs précédentes réalisations avec un bonheur jouissif et communicatif. C’est une véritable perle qui en ressort. Dans un bled au fin fond du Texas, Baby Jack, un paumé, revient dans sa ville natale. Il prend une chambre dans un hôtel face à la banque, un poste d’observation idéal pour préparer un mauvais coup. Ce qu’il ignore, c’est que sa chère maman, Angie, s’apprête elle aussi à dérober le contenu de la banque, au sein d’un gang de crapules dont fait partie le Sheriff lui-même. Ce qu’Angie ignore, elle, c’est que son rôle est écrit d’avance et ne correspond pas au script qui lui a été communiqué. Quant au Sheriff, il ignore, c’est qu’il est lui-même le jouet de ses commanditaires et que le destin ne sera pas aussi brillant qu’il se plaît à l’imaginer. Là-dessus vient se greffer une histoire de famille des plus glauques. On n’en demandait pas tant, mais on est servi, et de belle manière. Un superbe récit, prenant de bout en bout, digne des meilleurs polars : « Les Désarmés », par Mezzo et Pirus, aux éditions Drugstore.

 

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09/08/2010

Le Parfum de l’invisible, T.2 (couleurs) / Manara / Drugstore

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Le mythe de l’homme invisible est né dans les Dialogues de Platon qui racontait l’histoire de Gygès le Lydien. Gygès avait un anneau d’invisibilité qui lui a permis d’assassiner le roi de Lydie après en avoir séduit l’épouse. Il prit dès lors le pouvoir. Il est amusant de lire dans ce récit que c’était d’un clic que l’anneau rendait invisible. On ne peut s’empêcher de faire le lien avec Le Déclic, l’autre fameuse BD érotique de Manara. L’homme invisible a réapparu, si l’on peut dire, à la toute fin du dix-neuvième siècle, dans le roman de Herbert George Wells. Débarrassé du côté sexuel, l’homme invisible utilise un produit aux effets secondaires qui le rendent fou. Il perd par ailleurs tout sens moral, du fait d’échapper au regard des autres, à ce regard jugeant de la société. Désinhibé, loin de la morale sociale, l’homme devient un monstre. Dans Le Parfum de l’invisible, Milo Manara réintroduit la sexualité et lui donne même une place prépondérante. Une mixture à l’odeur de miel permet de rendre invisible toute personne qui s’en enduirait. De là vont arriver des situations torrides et fantasmatiques, mais aussi des scènes d’une violence digne du sado-masochisme. L’ensemble paraît un peu décousu et pêche par son rythme inégal, mais le dessin sensuel est un ravissement à chaque case. « Le Parfum de l’invisible », deuxième tome en couleurs, par Manara, aux éditions Drugstore.


 

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