03/04/2014

Louviers / Ken games T4 / Robledo, Toledano / Dargaud

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On croyait la série « Ken games » terminée vu la conclusion de l'histoire. C'en était déchirant vu la qualité toute attachante des trois personnages principaux. Mais le concept était clairement bouclé, trois personnages, trois albums. Point final. Et puis, l'idée a germé, celle de consacrer un album qui se situerait chronologiquement avant les autres et qui serait consacré à un personnage qui a joué un rôle secondaire mais pourtant déterminant. Et voilà Louviers. Louviers était le compagnon de Ciseaux, une tueuse à gages hors pair. Louviers et Ciseaux se connaissent depuis l'école. Ils ont grandi à la dure. Leurs parcours sont identiques. Ils se sont logiquement mis en couple. Et tout aussi inéluctablement ils ont eu des dissensions et se sont séparés. Louviers est parti en laissant un champ de ruine derrière lui. Il a détruit leur appartement et laissé Ciseaux pour morte. Elle en a réchappé. Lui a atterri au milieu d'un autre champs de ruines, dans un pays en guerre. Il a un contrat à exécuter. Sa couverture, c'est reporter photographe. Contrairement à l'adage, ce n'est pas parce Ciseaux est loin de ses yeux qu'elle est loin de son coeur. Elle habite ses pensées et alimente ses regrets. Cet album est une nouvelle fois une belle réussite qui complète parfaitement la série. « Louviers »,quatrième tome de « Ken games », par Robledo et Toledano, aux éditions Dargaud.

 

M.Descornet

 

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30/08/2012

Variable d’ajustement / Dans mon open space, T.4 / Larcenet, James / Dargaud

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Que signifie au juste une « variable d’ajustement » ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez aucune définition de cette expression pourtant de plus en plus usitée, d’origine statistique et qui a trouvé un terrain d’application dans le monde de la gestion des ressources humaines. Voilà encore une belle expression déshumanisante, « ressources humaines ». Nous ne sommes plus des personnes, des travailleurs mais des ressources au même titre que le matériel de bureau, les logiciels informatiques ou les machines de chantier. Et donc, les ressources humaines sont devenues des variables d’ajustement. En clair, cela veut dire que les personnes qui offrent, contre rémunération, donc qui vendent leur temps et leurs compétences, sont susceptibles de se faire licencier à tout moment en fonction des besoins de l’entreprise. En fait, il n’est même plus question de besoins mais, puisque nous sommes des variables statistiques, de répondre aux fluctuations du chiffre d’affaire et des dividendes. N’empêche que, au quotidien, l’endroit où, après notre lit, nous passons le plus de temps dans notre existence humaine, c’est l’entreprise, cet univers qui nous chosifie et qui a la perverse prétention de nous faire croire que nous sommes des humains de valeur, pas du mérite, non, mais une valeur quantifiable, ajustable. « Variable d’ajustement », quatrième tome de « Dans mon open space », par Larcenet et James, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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29/08/2012

Gettysburg / La Jeunesse de Blueberry, T.20 / Blanc-Dumont, Corteggiani / Dargaud

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La couverture de cet album rend hommage à Jean Giraud, récemment décédé, créateur de Blueberry, avec Jean-Michel Charlier. Le récit semble par contre peiner à inclure le héros dans le fil de cet épisode de l’Histoire, avec un grand H, qui est ici conté. Entre le premier et le trois juillet mille huit cent soixante trois, la bourgade de Gettysburg fut le théâtre d’une des plus effroyables boucheries sanguinaires de la guerre de sécession aux Etats-Unis, avec cinquante et un mille morts. Les historiens s’accordent pour dire que la bataille de Gettysburg représente le moment décisif vers la victoire de l’Union. Le Président Abraham Lincoln y prononça un discours resté dans les annales et dont voici un extrait : « Nos pères ont donné naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux. Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation, ainsi conçue et vouée au même idéal, peut résister au temps ». Un texte qui reste furieusement d’actualité en bien des endroits de notre planète, dont plusieurs semblent pourtant bien paisibles, tant les libertés fondamentales se trouvent insidieusement menacées. Une leçon d’histoire : « Gettysburg », vingtième tome de « La Jeunesse de Blueberry », par Blanc-Dumont et Corteggiani, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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25/08/2012

Naja / Bengal, Morvan / Dargaud

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Le naja est un serpent tueur. On ne pouvait pas choisir meilleur totem pour cette histoire de tueurs qui s’entretuent. Une organisation de tueurs mandate son numéro un pour éliminer son numéro trois. Le numéro deux se pose quelques questions. Il y a du rififi chez les méchants. Ca va faire du grabuge et c’est peu de le dire. L’apparente simplicité du récit permet au dessinateur de se déchaîner. Les variations de cadrage sont sidérantes. L’action est sublimée par le style graphique nerveux de Bengal. C’est un plaisir de lecture pour qui aime les bonnes histoires de tueurs professionnels de haut niveau. Et puis, au fil des pages très rythmées, les commentaires du personnage principal, une jeune fille aussi venimeuse que sexy, ses commentaires donc vont vous faire découvrir une autre dimension au récit. Sans vous en rendre compte, vous serez séduit par la profondeur du propos. Vous découvrirez un monde sous la surface de cette violence affichée. La froideur des tueurs cache forcément une humanité fragile, émouvante. Ces gens-là ne sont pas fait autrement que le citoyen lambda. C’est juste que leur parcours a pris une voie inhabituelle et que leurs sentiments ont trouvé un moyen d’expression très direct, sans concession. Cette intégrale  de « Naja », par Bengal et Morvan, est parue aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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24/08/2012

Funérailles / La mort de staline, T.2 / Dargaud

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Joseph Staline a été un des artisans majeurs de la construction de l’URSS, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Cet homme au caractère d’acier, d’où son nom, s’est forgé un rôle de dirigeant à poigne au moyen d'intrigues souterraines et d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik, et en s'appuyant sur la toute-puissante police politique et sur la bureaucratisation croissante du régime. Il imposa progressivement un pouvoir personnel absolu et transforma l'URSS en un régime de type totalitaire dont le culte obligatoire rendu à sa propre personne fut un des traits les plus marquants. Ces agissements historiques offrent quelques similitudes avec la toute-puissance actuelle de Vladimir Poutine. Staline fit nationaliser intégralement les terres, et industrialisa l'Union soviétique à marche forcée par des plans quinquennaux, au prix d'un lourd coût humain et social. Son long règne fut marqué par un régime de terreur et de délation paroxystique et par la mise à mort ou l'envoi aux camps de travail du Goulag de millions de personnes. Après sa mort, les dissensions internes au parti ont causé de sérieux remaniements tout aussi brutaux, portés par Nikita Khrouchtchev. Nury et Robin ont juste un peu accommodé la réalité, déjà excessive, pour nous offrir une passionnante relation des événements dans « Funérailles », deuxième tome de « La mort de staline », aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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29/07/2012

Midnight crossroad / O’Boys, T.3 / Cuzor, Colman / Dargaud

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Cette BD est directement inspirée du roman de Mark Twain « Les aventures de Huckleberry Finn ». Un jeune garçon fuit son père alcoolique et violent. Il croise le chemin d’un esclave noir en fuite accusé du meurtre de ce même garçon. Les deux fuyards décident de partir vers le Sud. Huck Finn et Charley William parcourent les contrées qui bordent les rives du Mississipi et qui vivent au rythme du blues. Le blues va d’ailleurs être une révélation pour Charley qui va se mettre à en jouer avec une belle virtuosité et acquérir le surnom de Lucius No Fingers. Sous couvert de cet anonymat, Charley, alias Lucius, tente sa chance pour devenir un grand bluesman. Il en a l’étoffe. Huck retourne alors chez lui mais apprend que son ami Charley est recherché pour meurtre. Il se lance alors sur la piste de Lucius No Fingers pour le prévenir, accompagné par Suzy, une vagabonde délurée. La BD, superbement mise en images, s’écarte intelligemment du roman mais reprend les thèmes chers à Mark Twain, le caractère social, la relation entre la réalité et l'illusion, les régionalismes, les travailleurs des classes inférieures et l'exagération, la liberté par la fuite. Stefan Colman reprend le scénario à la suite de Philippe Thirault sans aucune rupture, ni de rythme, ni d’ambiance. Une série attachante « O’Boys », dont le troisième tome,« Midnight crossroad », est signé Cuzor et Colman, aux éditions Dargaud.

 

 

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25/07/2012

Deuxième génération / Kichka / Dargaud

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Michel Kichka est le fils de Henri Kichka, auteur d’un livre autobiographique sur l’holocauste et sur les camps de concentrations dont il est un rescapé. Henri Kichka a vu sa maman, son papa, ses frères et sa petite sœur mourir à Auschwitz. Il a survécu. Ce n’est pas un miracle car s’il existe un dieu il n’aurait pas permis les camps. Après avoir vécu l’enfer et perdu toutes les personnes qu’il aimait, Henri n’a plus jamais pleuré, même quand son fils cadet s’est suicidé. Par contre, ce drame a provoqué en lui un déclic. Lui qui ne parlait jamais de ce qu’il avait vécu à Auschwitz s’est mis à tout raconter dans le détail. Il a écrit un livre et organisé d’innombrables visites sur place, pour que jamais l’humanité n’oublie ce dont elle est capable. Son fils aîné Michel a toujours vécu dans cette ombre macabre. Il s’est mis, lui aussi, à raconter son vécu, pas celui des camps de la mort, mais celui de fils de rescapé, ayant grandi dans une famille profondément marquée, coupée de ses racines, meurtrie par une douleur sourde et pesante. Ce témoignage de la deuxième génération a lui aussi une dimension extrêmement poignante et montre combien le traumatisme subi s’inscrit dans la durée, ce qui n’empêche pas l’humour et la joie de vivre de triompher. Michel Kichka ne cache pas l’inspiration qu’il a trouvée chez Art Spiegelman et il l’assume pleinement avec cette BD « Deuxième génération », chez Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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