07/04/2014

Last man T3 / Balak, Sanlaville, Vivès / Casterman / Coll. KSTR

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Les éditions Casterman développent leur catalogue KSTR en explorant des directions inattendues. La série « Last man » a tout du manga, sauf que ce n'en est pas un. Un trio d'auteurs français s'approprie tous les codes de lecture des BD japonaises et nous proposent un récit au climat très particulier. C'est l'histoire d'un combat d'arts martiaux auquel décide de concourir un enfant plutôt chétif. Personne ne voulait former une équipe avec lui. Or, le règlement oblige les concourants à se présenter par paires. Un étranger se présente façon providentielle. Au terme d'extraordinaires péripéties, de combats acharnés mêlés de magie, ils remportent la coupe. Mais l'étranger disparaît avec la coupe. La maman du gamin s'était amourachée de lui. Elle enfourche une moto et emmène son fils vers l'inconnu, à la recherche du fuyard. En chemin, elle surmonte des épreuves, que ce soit des éléments naturels hostiles ou une horde de faux policiers aux mains baladeuses. Les ennuis se multiplient au gré de leur progression. Ils vont aussi trouver des âmes secourables. Les variations de plan et le soin apporté aux expressions faciales, de même que le rythme soutenu, plairont aux amateurs de manga. Quant à l'histoire en elle-même, elle ne manque pas d'attrait. « Last man », troisième tome, par Balak, Sanlaville et Vivès, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

M.Descornet

 

 

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20/08/2012

L’ombre du corbeau / Comès / Casterman

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Cette BD avait été initialement publiée au milieu des années septante, en noir et blanc aux éditions Jonas et en couleurs dans la collection « histoires et légendes » des éditions du Lombard. C’est Casterman qui nous donne l’occasion de redécouvrir cet album curieux, représentant typique de l’univers à la fois ésotérique, fantastique, nostalgique, cruel et engagé de Didier Comès. La guerre occupe une place de choix dans l’œuvre de cet auteur né en plein conflit mondial dans une région, à l’origine allemande, qui a fait l’objet d’une tractation à la fin de la seconde guerre en compensation des dommages subis et fait désormais partie de la Belgique. La personnalité de Comès s’est construite sur une mixité culturelle, son papa était germanophone et sa maman francophone. De cette « bâtardise biculturelle », pour reprendre sa propre qualification, Comès en a tiré une magnifique richesse qui transpire allègrement dans ses albums. « L’ombre du corbeau » était à l’origine conçu pour la couleur. Le succès de l’album « Silence » véritable pépite fabuleuse en noir et blanc a déterminé Comès à abandonner la couleur. « L’ombre du corbeau » y gagne en qualité avec cette réédition en noir et blanc. Cette BD est préfacée avec bienveillance par Thierry Bellefroid, qui lui apporte un éclairage ensorceleur. « L’ombre du corbeau », par Comès, chez Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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07/08/2012

Moi, en mieux / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

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Ce duo d’auteurs avait déjà réalisé ensemble l’étonnant « Roi banal », une histoire poétique et joyeusement décalée, socialement gentiment engagée et porteuse d’espoir. Ils remettent le couvert mais dans un autre registre. Cette fois, c’est une chronique socio-relationnelle empreinte de surnaturel qui met en scène Valentin, un boulanger raté mais sculpteur d’exception. Il est rigoureusement incapable de réussir la moindre recette, que ce soit des plats courants ou des desserts élaborés. Sa chance a été de rencontrer Maxime, qui lui, est plutôt doué pour marier les saveurs. Complémentaires, Valentin et Maxime se sont associés et leur commerce tourne vraiment bien, jusqu’au jour où Maxime lâche l’affaire pour d’autres horizons. Valentin s’en trouve tout dépité. Sa femme s’inquiète de voir son mari bredouille dans sa recherche d’un nouvel associé. Il faut dire que Valentin manque de motivation depuis qu’il a hérité de l’appartement d’un oncle perdu de vue un peu fantasque mais passionnant. Valentin tombe sur un ouvrage dans lequel son oncle explique la confection d’un golem. Valentin y voit la solution à son problème et façonne un être d’argile à son image qui va s’acquitter de tout ce qui le rebute ou qu’il ne sait pas faire. Il n’est pas sûr pourtant que sa vie aille vers un mieux. Une BD attachante à l’humour grinçant : « Moi, en mieux », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

 

M.Descornet

 

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06/08/2012

La conjuration de Bohème / Caroline Baldwin, T.16 / Taymans, Drèze, Schierer / Casterman

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André Taymans, fait partie de ces dessinateurs talentueux qui bouclent un album plus vite que leur ombre. Ca se ressent d’ailleurs aussi très fort dans le rythme du récit. L’efficacité prime, ce qui n’empêche nullement les séquences destinée à donner une empreinte, un style, une ambiance. Taymans s’inspire en cela des techniques utilisées dans les séries américaines depuis des décennies et qui font toujours leurs preuves. Il s’agit d’un focus de quelques images sur un geste apparemment anodin tel qu’allumer ou jeter une cigarette, se servir un verre, rêvasser… C’est un moment de respiration et aussi une manière de détourner l’attention, ou d’amener une transition. André Taymans, qui maîtrise à merveille tous ces codes, s’adjoint ici l’aide de deux acolytes, Erwin Drèze et Raphaël Schierer, qui se font tout aussi discrets qu’efficaces. Cet album est la conclusion d’un diptyque dans lequel l’enquêtrice Caroline Baldwin est aux prises avec un ennemi de l’ombre. Elle doit déjouer un complot dont elle ne connaît pas la cible. Il n’y a rien à redire sur cette BD calibrée avec précision, si ce n’est un minuscule bémol quant à la rapidité avec laquelle elle se dévore. Ce qui laisse bien entendu un sentiment de frustration, jusqu’au prochain épisode. « La conjuration de Bohème », seizième tome de « Caroline Baldwin », par Taymans, Drèze et Schierer, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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04/08/2012

L’éternel Shogun / Lefranc, T.23 / Régric, Robberecht, Martin / Casterman

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Il y a soixante ans naissait, sous la plume de Jacques Martin, le journaliste enquêteur Guy Lefranc, sorte d’Alix des temps modernes, flanqué, comme son alter-ego gallo-romain, d’un jeune compagnon, Jeanjean, le pendant d’Enak. Si Jacques Martin exploitait un schéma narratif qui avait fait ses preuves, il ne se trompait pas. Car cette recette lui a valu sa longévité, même si certains albums de la série font vraiment tache. A l’instar d’Arbaquès, le méchant récurrent dans « Alix », Axel Borg en fait voir des vertes et des pas mûres à Guy Lefranc. Mais à la différence du Grec, qui se profile comme une indécrottable crapule, Borg bénéficie d’une personnalité plus complexe, plus ambiguë, qui correspondrait davantage à cet autre personnage emblématique utilisé par Jacques Martin, Gilles de Rais, dans la série « Jhen ». Dans cet épisode anniversaire de Lefranc, situé il y a justement une soixantaine d’année, le Japon a capitulé et vit dans la honte du vaincu, une situation inconcevable pour une culture fortement orientée sur l’honneur. Un groupe d’activistes complote pour restaurer le shogunat, avec l’aide d’une arme mise au point par des Allemands dans la clandestinité. Axel Borg est bien sûr de la partie. Agréablement dessiné et adroitement construit, cet épisode se lit avec plaisir. « L’éternel Shogun », vingt-troisième « Lefranc », par Régric et Robberecht, d’après Martin, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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26/06/2012

Destins croisés / Airborne 44, T.4 / Jarbinet / Casterman / coll.Ligne d’horizon

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Galvin, un soldat américain, participe au débarquement de Normandie, un des événements majeurs de la seconde guerre mondiale. Galvin connaît bien cette plage de Normandie. C’est là qu’il a vécu quelques uns des moments les plus intenses avec Joanne, sa bien aimée française quelques années auparavant. Cet endroit jadis idyllique devient le théâtre d’une boucherie sans nom. Gavin voit ses camarades tomber sous les balles et les explosions. L’horreur ne fait que commencer. La suite de la progression sur le terrain leur réserve d’autres terribles moments. Bientôt, ces jeunes gens devront mettre en sourdine leurs valeurs morales pour devenir des machines à tuer s’ils ne veulent pas simplement servir de vulgaire chair à canon. Philippe Jarbinet contribue de magistrale manière à l’entretien de la mémoire collective sur ces heures sombres de notre histoire dont les témoins directs se font de plus en plus rares. Il réussit à brosser le portrait densément humain de protagonistes et de situations très plausibles. En fait, Jarbinet nous raconte une romance profondément touchante en temps de guerre sans verser dans le trémolo. Et il le fait avec une justesse qui force le respect. Quant au graphisme, il atteint un niveau de maturité exemplaire. « Destins croisés », quatrième tome de « Airborne 44 », par Jarbinet, chez Casterman, collection Ligne d’horizon.


M.DESCORNET

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25/06/2012

L'apollon de sang / Loïs, T.5 / Pâques / L’ombre des Cathares / Jhen, T.13 / Pleyers, Payen / Casterman

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Ces deux albums contribuent à perpétuer l’œuvre de Jacques Martin avec une énorme disparité au niveau de la qualité. Le cinquième tome de Loïs se défend bien avec un récit qui tient la route, agréablement construit, et conclut par un final surprenant, le tout dessiné avec soin. Olivier Pâques s’inscrit dans la veine réaliste instaurée par Martin, tout en démontrant sa maestria avec un style méticuleux et dynamique à la fois. Loïs est le dernier né des personnages de l’univers Martin. Loïs Lorcey est un artisan apprécié du roi Louis quatorze. Le souverain lui confie ici une mission à Rome en vue d’acquérir une sculpture exceptionnelle, un Apollon taillé dans du marbre rouge et découvert en parfait état lors de fouilles archéologiques. Les tractations se révèlent compliquées, parasitées par des considérations politico-stratégiques. Il est questions de montants pharamineux mais aussi de jeux d’influences impitoyables. Un superbe album : « L’Apollon de sang », cinquième tome de « Loïs ». Le treizième tome de « Jhen » déçoit profondément. Le dessin catastrophique ignore royalement les principes de perspectives et de proportions. Le scénario accuse lui aussi de sérieuses incohérences. Un album bâclé à éviter à tout prix : « L’ombre des Cathares », treizième tome de « Jhen », par Pleyers et Payen, aux éditions Casterman.

 


M.DESCORNET

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