23/12/2011

Une bavure bien baveuse / Canardo, T.20 / Sokal / Casterman

 

Ce vingtième tome témoigne d’une légère baisse de régime de la part de Benoît Sokal. Il n’y a rien à redire sur la structure du récit, ni sur le développement de l’intrigue. C’est dans la final de cet album que le bât blesse. On ne peut bien sûr pas en dévoiler la teneur. Attardons-nous donc sur la bonne quarantaine de pages bien ficelées qui précèdent. Nous retrouvons l’inspecteur Canardo, détective de son état, lancé dans une affaire qui le touche de près. Il vient en aide à un de ses amis, un policier dans le pétrin, accusé d’homicide. Le commissaire Garenni aurait malencontreusement tiré dans le dos d’un collègue, touché mortellement. Cette bavure survenue lors d’une intervention à laquelle il ne devait pas participer lui vaut une mise à pied. Garenni est ivrogne invétéré mais il n’est pas coupable du coup de feu fatal. Victime d’un piège, il ne peut pas prouver son innocence. C’est là que Canardo fait son entrée en scène. Il plonge dans les milieux du jeu clandestin contrôlés par la mafia, dans l’arrière salle d’un troquet miteux. Mais on n’entre pas avec ses grands pieds palmés dans ce genre d’endroit. Trahison, double-jeu, ripoux et sincère camaraderie se bousculent dans cette BD emballante, qui termine malheureusement de manière un peu décevante. « Une bavure bien baveuse », vingtième tome de « Canardo », par Sokal, aux éditions Casterman.

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : une bavure bien baveuse, canardo, sokal, casterman |  Facebook |

09/06/2010

Le Voyage des cendres / Canardo, T.19 / Sokal / Casterman

canardo19

Les enfants d’un milliardaire défunt héritent d’une petite fortune à condition d’accéder aux derniers souhaits de leur paternel. Hector Van Bollewski veut que ses cendres soient dispersées dans son pays natal, la Belgique. Sinon, le pactole ira aux autres membres de la famille. Jusque là, l’histoire semble assez classique. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est que Van Bollewski est un fameux maffieux et que son entourage n’est pas exactement constitué d’enfants de chœur. Ses enfants jumeaux, Harry et Monica, sont d’exécrables rejetons, habitués au luxe, à l’oisiveté et à la violence gratuite. Sorti de chez le notaire pour préparer la voiture, leur chauffeur explose avec le véhicule. La veuve de Van Bollewski fait alors appel à son cousin Canardo pour escorter les deux adolescents. Canardo ne mène pas vraiment d’enquête ici. Il trimbale simplement les héritiers au travers d’une Belgique certes caricaturale mais rudement bien cernée, avec quelques clichés qui ont la vie dure car un fond de vérité les alimente. Ce road movie rythmé se révèle succulent, farci de références, de situations surréalistes et de retournements de situation, cent pour cent belges, avec quelques accents multiculturels qui font partie de notre paysage. C’est du tout bon divertissement : « Le Voyage des cendres » dix-neuvième tome de « Canardo », par Sokal, aux éditions Casterman.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casterman, canardo, sokal, le voyage des cendres |  Facebook |

09/03/2009

La fille sans visage / Canardo, T.18 / Sokal / Casterman / coll.Ligne Rouge

L’inspecteur Canardo est l’exemple type du policier désabusé, alcoolique et fumeur. Physiquement, il ressemble à un canard, normal, perpétuellement vêtu d’un imperméable à la Colombo, normal aussi. Il passe le plus clair de son temps à traîner dans les bars et les tavernes mal famées, parmi la populasse la plus crasse. C’est forcément là que commence cette nouvelle enquête. Canardo fait la connaissance d’une prostituée qu’il emmène dans sa vieille Cadillac pourrie. Un chauffard les envoie dans le canal. Canardo s’en sort assez bien mais la jeune femme qui l’accompagne est salement amochée. Son visage doit être entièrement refait. Le chauffard n’est autre que le fils héritier du Duché de Belgambourg. Il a pris en charge les soins de ses victimes et se montre très intéressé par les formes voluptueuses de la belle défigurée. Il procure au chirurgien une photo péchée dans un magazine fripon et s’amourache définitivement avec elle. Le Duchesse mère bénit cette union et le mariage est vite conclu. Ce qu’elle omet de dire, c’est que son fils est un dangereux pervers sexuel. Ce nouvel album recèle quelques délectables moments polars mâtinés d’humour mais la profondeur et la construction du scénario n’atteignent pas la qualité de précédents tomes. Une faiblesse pour ce qui reste un excellent divertissement : « La fille sans visage », dix-huitième tome de « Canardo », par Sokal, aux éditions Casterman.


BD commentée par Marc Descornet

07:30 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casterman, canardo, sokal, ligne rouge, la fille sans visage |  Facebook |