16/01/2012

Colonel Amos / XIII Mystery / Alcante, Boucq / Le Jour du Mayflower / XIII, T.20 / Sente, Jigounov / Dargaud

 

On nous avait dit que la série « XIII » était finie. Puis il y a eu « XIII Mystery », qui se focalise sur des personnages clés. Et voilà que la série originale reprend du service. Cette fois, le dénommé « XIII » est en quête de son identité et explore une piste intéressante, très prometteuse puisqu’un flashback fait ressurgir un ami d’enfance dans sa mémoire occultée. Il se met aussitôt à sa recherche. Mais des tueurs le devancent. XIII arrive juste à temps pour recueillir les dernières paroles de son ami, quelques mots qui évoquent un danger et la fleur de mai, une référence au Mayflower. Ces nouvelles aventures de XIII risquent fort paradoxalement de lui faire perdre son identité, celle d’un amnésique qui se fourre malgré lui dans des guêpiers aussi nombreux que variés. Par contre, le colonel Amos ne perd rien de son caractère ambigu. Il gagne même en épaisseur psychologique. Nous le suivons dans une enquête à haut risque dans laquelle il saura tirer le meilleur parti de son sens inné de la manipulation et du coup fourré. L’impitoyable Amos ne fait pas mentir sa réputation. Ce quatrième tome de « XIII Mystery » est une très belle mise en lumière de Alcante et Boucq. Quant au « Jour du Mayflower » vingtième tome de « XIII », Yves Sente reste malheureusement dans le conventionnel alors que Jigounov se surpasse. Deux albums aux éditions Dargaud.

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colonel amos, xiii mystery, alcante, boucq, le jour du mayflower, xiii, sente, jigounov, dargaud |  Facebook |

06/04/2011

Les morsures du passé / Le Janitor, T.4 / Sente, Boucq / Dargaud

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La qualité du scénario de cette série se confirme d’album en album et ne fléchit pas. Ici, François Boucq a pris une part plus consistante dans la phase d’écriture. Le Janitor est un agent secret du Vatican. Le Vatican est un état particulier, enchâssé au cœur de Rome, disposant d’une armée un tantinet folklorique de gardes suisses. Pourtant, son emprise dans le monde est considérable. Les compagnies de Jésuites ont constitué depuis des siècles un réseau mondial de renseignement, au fil des missions dans les coins les plus reculés. L’ordre secret des Janitores reste très actif. Le rôle du Vatican pendant la seconde guerre mondiale n’élève pas l’âme des représentants de dieu. La collaboration entache la respectabilité de nombreux ecclésiastiques qui ont participé à la fuite des dignitaires nazis et à la dissimulation de leur trésor. Le Janitor mène une enquête mouvementée sur ce lourd passé de l’Eglise. Le traitement narratif convainc pleinement en évitant habilement les cassures de rythme souvent associées à ce type de récit naviguant entre passé et présent. Le graphisme superbe de Boucq insuffle parfaitement aux personnages leurs contours psychologiques complexes, de même que les tumultueuses péripéties et les menaçants dilemmes qui les accablent. Une éprouvante plongée dans l’enfance de ce prêtre de choc : « Les morsures du passé », quatrième tome du « Janitor », par Sente et Boucq, aux éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet

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13/01/2010

L’irrésistible besoin d’exister / Les Aventures de la Mort et de Lao Tseu, T.4 / Boucq / Casterman

La mort est un des sujets les plus difficiles à appréhender dans nos sociétés. Malgré qu’elle fasse partie du déroulement de la vie et qu’elle en soit le dénouement inéluctable, elle continue à générer en nous les pires angoisses. Pour exorciser ces peurs viscérales, l’humour peut se révéler un bon remède. Mais le praticien doit savoir doser la médication. François Boucq s’essaye depuis plusieurs albums au périlleux exercice de la thérapie morbide. Il met en scène la Mort, flanquée de sa grande faux qui fait froid dans le dos et aussi d’un cochon bien dodu nommé Lao Tseu, muet mais orné d’un splendide symbole de l’harmonie entre le yin et le yang. Pour les ignares, Lao Tseu est un philosophe chinois du sixième siècle avant notre ère, fondateur du taoïsme, doctrine qui prône l’inaction qui doit inciter l'humain à ne pas dépenser d'énergie inutilement, et à se détacher des désirs encombrants. Les situations sont cocasses et atteignent globalement l’équilibre entre dérision et profondeur. Mais l’auteur évite les sujets vraiment sensibles tels que la mort d’un enfant, l’euthanasie, le mal de vivre. Il se focalise sur la louable fonction de la mort de faire de la place pour les jeunes en incitant les personnes âgées à accepter leur destin. « L’irrésistible besoin d’exister », quatrième tome des « Aventures de la Mort et de Lao Tseu », par Boucq, aux éditions Casterman.

 

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07/12/2009

Cœur double / Bouncer, T.7 / Jodorowsky, Boucq / Les Humanoïdes associés

Le Bouncer est videur dans un saloon. Ce saloon, c’est d’ailleurs devenu le sien. Il n’a qu’un bras mais il est loin d’être manchot dès qu’il s’agit de faire parler la poudre. Sa virtuosité en fait une fine gâchette. Le Bouncer est aussi, l’air de rien, une force de la nature. Plus d’un mastodonte balaise en a fait les frais en croyant défier un handicapé. Le Bouncer n’est pas moins vulnérable. C’est du côté du cœur qu’il accuse quelques faiblesses. Il nourrissait des sentiments pour une ravissante chinoise éprise de lui mais que la mère a destinée à un mariage arrangé avec un chinois pure souche. Et puis le voilà embarqué dans une histoire d’amour platonnique avec l’institutrice. Cette relation vécue dans le non-dit a dequoi miner son moral. Mais il a d’autres chats à fouetter. Les propriétaires d terrains regroupés sur une même zone semblent victimes de catastrophes et malheurs à répétition. Certains vendent, certains disparaissent, certains meurent. Et puis d’autres résistent et persistent. Le Bouncer s’en mêle pour mettre fin aux agissements d’une bande organisée qui terrorise les fermiers. A leur tête, une dame habillée de noir, au visage tourmenté malgré un physique de rêve les dirige d’une main de fer. Ce western, humainement chargé, est un exemple de maîtrise graphique et narrative. « Cœur double », septième tome de « Bouncer », par Jodorowsky et Boucq, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

BD commentée par Marc Descornet

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