12/01/2011

Tout est vanité / Borgia, T.4 / Jodorowsky, Manara / Drugstore

 

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Fin de cette saga familiale, cet album ressemble à une apothéose mettant en scène la déchéance d’une famille sans honneur qui recherchait la gloire par tous les moyens et qui aura poussé l’indécence et la crapulerie jusque dans ses derniers retranchements. Leur disparition était inéluctable. Les Borgia ont couru après le pouvoir, la gloire et l’immortalité pendant plusieurs générations. Ils seront d’une certaine manière parvenus à leur fin. Leur nom résonne encore aujourd’hui et pour longtemps dans la mémoire collective, tant ils auront marqué l’histoire de l’Italie et de l’Europe. La famille Borgia était minée par des tensions internes, des rancœurs menant inexorablement à des petits meurtres entre parents, des fratricides, des parricides, des infanticides… qui les ont conduits au suicide. Le témoin privilégié de ces événements a lui aussi mis fin à ses jours d’une atroce manière et ce sera l’épilogue de cette histoire dont il était le narrateur atterré. Jodorowsky nous a livré son interprétation de la vie dissolue des Borgia. Et, à travers cette terrifiante dynastie, il nous met en garde contre l’orgueil, la défiance, la précipitation, la manipulation dont les puissants usent pour assouvir leurs passions. Milo Manara était le traducteur graphique tout désigné pour exprimer au mieux ce déchaînement de passions. Superbe ! « Tout est vanité », quatrième et dernier tome de « Borgia », par Jodorowsky et Manara, chez Drugstore.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

 

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12/02/2009

Borgia / Jodorowsky, Manara / Drugstore

Les amateurs de croustillantes parties de jambes en l’aire coutumière des albums de Manara ne seront pas pleinement rassasiés, même si le trait voluptueux de cet expert en sensualité reste égal à lui-même. Par contre, ceux qui attendent de Jodorowsky un scénario montrant la noirceur de l’âme humaine, ils seront comblés. Les Borgia se sont illustrés pour leur cruauté sans limite et leur sens de la manigance outrancière. La débauche et la corruption ont rarement atteint de tels sommets dans le cynisme. Un sentiment de dégoût prend le lecteur aux tripes. Cette Bd expose et dénonce les crapuleuses manœuvres qui ont permis l’intronisation du papa Alexandre Six Borgia. Cet homme ambitieux et calculateur aura usé de tous les ressorts les plus infâmes pour arriver à ses fins. Il a placé ses enfants aux postes clés qui lui permettent de contrôler ses ennemis. La morale n’a pas sa place dans ses décisions. La famille Borgia aura marqué son temps de bien sanglante manière. Seul le moine Savonarole se sera opposé avec ferveur cette domination. Les couvertures soignées de Manara laissent à penser que la fresque historique qui nous est contée sera entourée de lustre. Mais il s’agit plutôt de stupre. Il est d’ailleurs clairement précisé que seul un public averti pourra apprécier cette œuvre à sa juste mesure. « Borgia », trois tomes sont parus à ce jour, par Jodorowsky et Manara, aux éditions Drugstore.


BD commentée par Marc Descornet

 

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