31/01/2011

La Malédiction des trente deniers, 2e partie / Blake et Mortimer, T.20 / Van Hamme, Aubin, Schréder / Blake et Mortimer

la-malediction-des-trentes-deniers2.jpg

Cette aventure de Blake et Mortimer aura connu un parcours chaotique. Scénarisée par Jean Van Hamme et initialement dessinée par René Sterne, le décès de ce dernier a entraîné la succession de plusieurs dessinateurs. C’est d’abord Chantal De Spiegeleer, l’épouse de René Sterne, qui termine l’album entamé par son défunt mari. Puis, pour cette deuxième partie, c’est à Antoine Aubin qu’est confiée la mise en images, avec le soutien d’Etienne Schréder. Malgré ces bouleversements, l’ensemble conserve une certaine unité de style, répondant en grande partie à la charte graphique du créateur de la série, Edgar Pierre Jacobs. Ce dernier volume accuse pourtant un changement de taille, c’est la place consacrée aux zones de textes, si chères à Jacobs et qui décrivent ce qui se passe dans l’image. Les puristes trouveront ceci regrettable. Car au-delà de l’apparente redondance, c’est surtout un style plus littéraire qui se dégage des pages signées Jacobs, une ambiance plus théâtrale, accentuée par un vocabulaire plein d’emphase. C’est un peu de l’âme de Blake et Mortimer qui disparaît. Heureusement, l’aventure reste de qualité et les personnages évoluent dans un environnement codifié qui respecte l’esprit global tout en apportant des innovations. « La Malédiction de trente deniers, 2e partie », vingtième tome de « Blake et Mortimer », par Van Hamme et Aubin, avec l’aide de Schréder.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la malédiction des trente deniers, blake et mortimer, van hamme, aubin, schréder |  Facebook |

25/11/2009

La Malédiction des trente deniers / Blake et Mortimer, T.19 / Van Hamme, Sterne, De Spiegeleer / Dargaud

Jean Van Hamme a le chic pour pondre des scénarios qui plaisent au grand public. Cet album ne déroge pas à cette règle, à coup sûr. Et c’est là que réside la déception du lecteur averti. Il est désolant de voir un auteur de talent emboîter le pas à la mode du récit ésotérico-aventureux comme tant d’autres BD depuis le succès du Décalogue, comme tant de romans aussi. Car les trente deniers dont il est question ici sont bien évidemment le salaire de l’infâmie de Judas. Là dessus vient se greffer une malédiction à la « Pirates des Caraïbes » du style des vieilles pièces de monnaie qui portent malheur à qui se les approprie. C’est de l’archi-ressassé. C’est dommage, même si l’on reste admiratif devant la construction impeccable du récit. Une malédiction se serait-elle abattue sur le scénariste lorsqu’il cherchait l’inspiration ? Côté dessin, Ted Benoît s’est désisté. C’était pourtant lui qui avait su s’approprier le style de Jacobs avec le plus de justesse. C’est alors René Sterne qui a relevé le défi. Sterne était l’auteur de « Adler ». Il a travaillé avec acharnement pour maîtriser le trait jacobsien avec pour résultat un élégant compromis entre son style et celui du maître. Mais, tragique fatalité, René Sterne est brutalement décédé et c’est sa compagne Chantal De Spiegeleer qui a achevé avec un talent indéniable cette véritable  « Malédiction des trente deniers », dix-neuvième tome de « Blake et Mortimer », aux éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet