11/10/2011

Julia et Roem / Bilal / Casterman

 

Le titre indique immédiatement une référence à « Romeo et Juliette ». Le lecteur s’attend donc à une tragédie shakespearienne. Le décor se dévoile. Le monde est ravagé, englouti dans un brouillard perpétuel. Un cataclysme a décimé l’humanité à l’exception de groupes de survivants épars, à la merci de maladies, du manque d’eau et de pétrole. Malmenée par nos agissements, notre planète s’est rebellée. En un gros coup de sang, elle nous a exprimé sa colère, détruisant la menace, nous laissant face à notre propre misère, face à nos responsabilités. Dans ce paysage post-apocalyptique, un ancien aumônier militaire dénommé Lawrence parcourt ce monde, prêt à venir en aide aux âmes égarées, de quelque confession que ce soit. Ils dispose également de ressources plus matérielles. La succession des événements lui réserve une incroyable surprise. Tout se met en place presque comme une fatalité pour reproduire un scénario écrit depuis longtemps. En tant qu’acteurs de notre propre destinée, si nous voulons que nos actions influent sur le chemin tracé, nous devons montrer une volonté sans faille assortie à un espoir constant. Pétrit d’écologie et d’humanisme, Enki Bilal s’approprie un des joyaux du romantisme, le détourne, le réactualise et nous en inflige un enseignement inattendu, dans son style narratif si particulier. Une superbe évocation : « Julia et Roem », par Bilal, aux éditions Casterman.

 

19:25 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : julia et roem, bilal, casterman |  Facebook |

14/04/2009

Animal’z / Bilal / Casterman / coll.Auteurs

Bilal s’est taillé une place à part dans le monde de la BD avec ses ambiances froides et ses univers en proie à une profonde désillusion. C’est une constante chez lui et ce nouvel album n’y déroge pas. Il nous projette dans notre monde futur suite à un bouleversement global du à une catastrophe climatique. Les humains survivants ont puisé dans la force du règne animal les ressources qui leur permettent de subsister. Mais la déshérence est le lot quotidien, permanent, de ces êtres hybrides. L’égoïsme et le chacun pour soi prédominent, même si la raison pousse au rapprochement. Ce récit d’anticipation a du mal à décoller. L’absence de réelle intrigue déstabilise le lecteur même si les dialogues montrent une recherche certaine. On a l’impression que les protagonistes font du sur-place tout en cultivant des tensions relationnelles, comme pour se prouver que leur existence a encore un sens. Cette stagnation narrative peut être ressentie comme une belle illustration du marasme dans lequel évoluent les personnages. Le travail graphique quasiment monochrome vient renforcer le message. Cet album one-shot se présente comme un bel objet admirablement mis en page et au dessin somptueux. Il véhicule cependant un message ambigu, à la fois pessimiste sur l’avenir de l’homme et optimiste sur la capacité d’adaptation de la nature et de la vie. « Animal’z », par Bilal, chez Casterman, collection Auteurs.


BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casterman, auteurs, bilal, animal z |  Facebook |