25/08/2012

Naja / Bengal, Morvan / Dargaud

naja-int.jpg

 

Le naja est un serpent tueur. On ne pouvait pas choisir meilleur totem pour cette histoire de tueurs qui s’entretuent. Une organisation de tueurs mandate son numéro un pour éliminer son numéro trois. Le numéro deux se pose quelques questions. Il y a du rififi chez les méchants. Ca va faire du grabuge et c’est peu de le dire. L’apparente simplicité du récit permet au dessinateur de se déchaîner. Les variations de cadrage sont sidérantes. L’action est sublimée par le style graphique nerveux de Bengal. C’est un plaisir de lecture pour qui aime les bonnes histoires de tueurs professionnels de haut niveau. Et puis, au fil des pages très rythmées, les commentaires du personnage principal, une jeune fille aussi venimeuse que sexy, ses commentaires donc vont vous faire découvrir une autre dimension au récit. Sans vous en rendre compte, vous serez séduit par la profondeur du propos. Vous découvrirez un monde sous la surface de cette violence affichée. La froideur des tueurs cache forcément une humanité fragile, émouvante. Ces gens-là ne sont pas fait autrement que le citoyen lambda. C’est juste que leur parcours a pris une voie inhabituelle et que leurs sentiments ont trouvé un moyen d’expression très direct, sans concession. Cette intégrale  de « Naja », par Bengal et Morvan, est parue aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naja, bengal, morvan, dargaud |  Facebook |

03/03/2011

Naja, T.5 / Morvan, Bengal / Dargaud

naja5.jpg

Le rythme échevelé des quatre premiers tomes laisse place à un cinquième opus à la fois décoiffant et interpellant. Les lecteurs qui croyaient pouvoir se laisser emmener par un récit violent à la manière d’un film de Tarantino se retrouvent un peu interloqués par cette conclusion qui livre toutes les clés de compréhension et donne corps à la série dans son entièreté. L’apparente trame basique se mue en une succession soudaine de révélations déstabilisantes. Naja est une tueuse professionnelle d’une froideur inégalée. Elle se livre à une épopée sanglante et fratricide puisqu’elle tente d’éliminer les autres tueurs du top trois de l’organisation dont elle fait partie. En réalité tous trois se traquent mutuellement. Ca n’a apparemment pas de sens. Naja montre non seulement une insensibilité morale à l’égard de ses victimes, mais aussi une incroyable résistance à la douleur. En réalité, elle ne ressent absolument aucune émotion ni sensation physique. Nous découvrons enfin les raisons de cet état. Il nous faut pour cela remuer le passé de la jeune femme, explorer ses origines familiales. A contre-pieds du schéma classique du citoyen paisible qui devient un impitoyable vengeur, Naja opère une mutation inverse à nos yeux, une belle pirouette scénaristique. Le cinquième tome de « Naja » clôt remarquablement cette série signée Morvan et Bengal aux éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naja, morvan, bengal, dargaud |  Facebook |

22/05/2009

Naja, T.3 / Bengal, Morvan / Dargaud

Naja est la tueuse numéro trois d’une organisation criminelle de top niveau. Le souci, c’est que Max, le tueur numéro un, a un contrat sur elle. Le numéro deux va ici faire parler de lui. Après le combat entre Naja et Max dont aucun n’est vraiment sorti indemne, Max doit faire face au numéro deux. Naja, quant à elle, se remet de ses blessures en Suisse, dans un lieu paisible. Nous découvrons un peu plus sa personnalité grâce à l’assassinat sauvage de son compagnon par le numéro deux. Elle a en effet la lourde tâche d’annoncer son décès à sa mère, ce qui donne lieu à une petite incursion dans le passé de Naja. Mais Naja a changé. Elle est devenue insensible à la douleur morale. Il faut préciser qu’elle est également insensible à la douleur physique et que, seul un homme mystérieux est capable de lui procurer des sensations. Naja l’appelle tout simplement « il ». Nous n’en saurons pour l’instant pas beaucoup plus. L’intrigue se développe avec retenue, à l’inverse de l’action qui éclate littéralement les cases à un rythme insoutenable. Le style graphique très dépouillé et un peu manga participe à cette rapidité. Les éléments se mettent en place au compte goutte pour nous promettre un final percutant. La voix off, véritable personnage à part entière de ce récit, montrera peut-être enfin son visage. Le troisième tome de « Naja » est paru aux éditions Dargaud. Il est signé Bengal et Morvan.


BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dargaud, morvan, bengal, naja |  Facebook |