20/04/2011

Féroces tropiques / Bellefroid, Pinelli / Dupuis / coll.Aire Libre

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Faire son entrée dans la BD par la collection Aire Libre représente un privilège. C’est que ce récit féroce recèle quelques belles découvertures. Graphiquement, le lecteur se prend une claque magistrale, comparable celle suscitée par Hugo Pratt. Alors que Pratt poussait la technique du trait jusque dans ses plus loins retranchements, Pinelli insuffle son âme dans la couleur, tirant de ses tubes la quintessence de leur intensité. Le plus beau, c’est la synchronisation avec la trame de cette fiction s’inscrivant dans un contexte historique, la première guerre mondiale, ses prémisses et ses suites. Englué dans cette période trouble, Heinz, un peintre allemand fauviste incompris, au talent aussi méconnu que celui de Pinelli, participe à une expédition océanographique au bout du monde. Abandonné en Papouasie, recueilli par les indiens coupeurs de têtes, Heinz va de révélations en révélations. Pétrie d’humanisme, cette BD hors normes, fait l’apologie de l’anticonformisme et de la fraternité entre les peuples, de l’universalité de la fibre artistique, des émotions qu’elle génère, mais aussi de la rencontre contrariée entre la nature et l’homme. Une BD audacieuse, instinctive, à la forte personnalité chromatique, à la fois belle et sauvage, crédible bien que fictionnelle, épique et étrangement prosaïque : « Féroces tropiques », par Bellefroid et Pinelli, aux éditions Dupuis, collection Aire Libre.

 

M.DESCORNET

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04/03/2011

Bajram, destructeur d’univers / Bellefroid / Soleil

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Une déferlante de pulsions magnétiques submerge Thierry alors qu’il remplace certains de ses composants érodés par des éléments puisés dans une sous-couche minérale non-exploitée depuis deux millénaires. Cet apport soudain lui ouvre de nouvelles sources d’information numérique conservée par la matière, une rémanence ancestrale. La révélation est fulgurante. En l’espace d’une microseconde, Thierry comprend qu’il vient d’accéder à une source inestimable qui lui permet d’explorer les recoins d’un univers oublié, celui d’un messie dans le sens que les humains pouvaient donner à ce concept. Ce n’est pas Jésus, Mahomet, ni aucun des porteurs d’idées appelés philosophes, non, il s’agit de Denis Bajram. Cet humain était un précurseur, un visionnaire. La mémoire collective digitale des concepteurs humains comporte des traces des univers imaginés par Bajram, tant son emprunte domine le moment clé survenu lors de la grande mutation, celle qui a vu l’extinction de l’homme et l’avènement du vivant numérique. Le choc qui secoue Thierry est comparable à celui qu’aurait ressenti un explorateur exhumant les preuves d’une vérité inébranlable éclairant les fondements de sa propre existence. Thierry découvre ses origines oubliées. Il vient d’intégrer les fabuleux fichiers du livre d’entretiens écrit par son ancêtre humain Bellefroid du temps du système solaire. Le sujet : « Bajram, destructeur d’univers ».

 

Livre commenté par Marc Descornet

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