06/11/2011

Amina / La Rage, T1 / Boisserie, Kerfriden / 12bis

 

L’humanité a été submergée par un virus destructeur qui a transformé tous les enfants atteints en dévoreurs de chair humaine enragés. Pour se préserver, les adultes ont exterminé leur progéniture, hypothéquant ainsi leur propre avenir. Néanmoins, passée la première réaction face au phénomène, les autorités ont décidé de regrouper les enfants et de les placer dans des lieux sécurisés, en attendant de trouver un remède au fléau. D’autant plus que l’apparition de la puberté constitue un remède naturel à explorer. Des milices armées ne l’entendent pourtant pas de cette oreille et se livrent à des raids meurtriers dans ces réserves protégées. L’armée se rend elle aussi dans ces endroits pour des missions de maintenance et de sauvetage. Les militaires disposent d’un dispositif sonore qui repousse les enfants. Ce répulsif sélectif existe réellement et est parfois utilisé illégalement par des riverains d’écoles excédés par la présence des jeunes devant chez eux. Il a probablement inspiré le scénariste, de même que les histoires de zombies très en vogue depuis le succès de « Walking dead ». A cette trame d’épouvante se greffe le combat d’une mère pour retrouver son enfant. Pour y arriver, Amina se fait enrôler dans une unité spéciale de l’armée. Un récit emballant servi par un dessin énergique quoiqu’un rien maladroit. « Amina », premier tome de « La Rage », par Boisserie et Kerfriden, aux éditions 12 bis.

 

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05/11/2011

Malicorne, T1 / Legris, Bezançon, Montaigne / 12bis

 

Nous sommes en France en mille huit cent quatorze. Après la chute de l’Empire et l’abdication de Napoléon Premier, pendant une courte année ce fut ce que l’on appelle la Première Restauration. C’est dans ce contexte que Malicorne, un ancien militaire, devient tueur professionnel, dépité par la débâcle sur le front russe. Il dépense tous ses gains dans les bordels de Paris. Malicorne tue sans états d’âme jusqu’au jour où il se voit contraint de tuer la fille d’une de ses cibles. Il abandonne alors ce métier pour se lancer dans une activité comparable et tout aussi rémunératrice, remplacer des duellistes, braver la mort à leur place. Malicorne a l’expertise du maniement des armes et le sang froid nécessaire. Il poursuit donc dans cette voie lorsque son ancien commanditaire lui propose un nouveau contrat. Malicorne va se laisser convaincre par amour pour une femme en danger. Sa mission est d’infiltrer une société secrète, un groupe d’aristocrates en mal de sensations fortes qui se lance des défis dangereux, parfois futiles, souvent mortels. Ce récit en deux tomes entraîne très vite le lecteur dans le vif du sujet, à la suite de protagonistes aux profils admirablement riches et cohérents, dans un contexte historique qui se prête parfaitement au propos. A cette belle congruence s’ajoute un atout graphique indéniable. « Malicorne », premier tome, par Legris, Bezançon et Montaigne, aux éditions 12 bis.

 

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01/11/2011

Docteur mengel / U-boot, T1 / Delitte / 12bis

 

Cet album laisse dubitatif. Jean-Yves Delitte multiplie les nouveaux projets et mène plusieurs séries de front. Sa rapidité le lui permet, d’autant que la qualité de son dessin n’en pâtit pas. Ces décors et surtout la précision de ses représentations d’engins maritimes sont de toute beauté. Par contre, l’anatomie humaine laisse à désirer. Cette faiblesse peut encore passer pour un choix stylistique et nous nous en accommodons avec satisfaction. Là où le lecteur s’y perd un peu, c’est dans la physionomie des personnages qui se ressemblent un peu trop jusqu’à ne plus se distinguer clairement les uns des autres que par des éléments vestimentaires. D’une série à une autre, on a aussi l’impression d’une redondance à ce niveau. Quant au récit que Delitte nous propose ici en solo, il se décompose littéralement. D’abord, nous suivons la progression d’un sous-marin allemand à la fin de la seconde guerre mondiale, puis quelques années plus tard une expédition en Amazonie qui tombe sur ledit sous-marin échoué, et enfin un siècle plus tard, une série de meurtres commis dans une Venise sauvée des eaux. Si le lien se clarifie entre les deux premières périodes, le mystère reste entier en ce qui concerne Venise. Un léger sentiment de déjà-vu envahira le lecteur qui a frissonné avec le claustrophobique « Sanctuaire » de Bec et Dorisson. « Docteur mengel », premier tome de « U-boot », par Delitte, aux éditions 12bis.

 

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07/04/2010

Novgora / Ils étaient dix, T.2 / Stalner / 12bis

ilsetaientdix2
Au terme de la campagne de Russie, les armées Napoléoniennes sont contraintes de retourner sur leurs pas. C’est la débâcle. Les soldats n’étaient pas préparés à la rudesse de cet hiver-la. Parmi les retardataires, un petit groupe hétéroclite tente vaille que vaille de rejoindre le gros de la troupe. Mais les embûches sont nombreuses et mortelles. Au départ, ils étaient dix, ils ne sont déjà plus que six. Et ce deuxième opus commence par un suicide. Les cosaques leur tendent un guet-apens. Parmi les rescapés, une jeune comtesse russe est libérée. Mais ses compagnons français sont faits prisonniers et emmenés. Malgré la promesse faite à la comtesse de bien les traiter, les cosaques les réduisent en esclavage. Ils ne sont plus que trois, dont un sérieusement affaibli et qui donne des signes d’une mort prochaine. Nous assistons alors à une belle démonstration du processus d’asservissement humain. Une pratique qui se répète à travers les âges et les civilisations. Le récit avance à un rythme soutenu jusqu’à accuser un relâchement net. Vers la fin, l’auteur raccourcit quelques années de souffrance en deux pages. Le lecteur ne s’en plaindra pas, car le troisième tome devrait conclure la série. Nul doute que nous aurons droit à un bel épilogue cohérent, porteur de sens, comme semble nous le promettre la scène finale de « Novgora », deuxième tome de « Ils étaient dix », par Eric Stalner, aux éditions 12bis.

 

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24/03/2010

La Petite fille Bois-Caïman, 2e partie / Les Passagers du vent / Bourgeon / 12bis

En Amérique du Nord, en pleine guerre de sécession, Zabo Murrait voit toute sa famille décimée et la propriété familiale de Nouvelle-Orléans complètement détruite. Elle prend la fuite en compagnie d’un Français afin de se réfugier dans une autre propriété, perdue dans le bayou de Louisianne. Dans cette demeure un peu à l’abri de la furie des hommes, elle retrouve son aïeule Isabeau, une centenaire qui lui raconte sa vie tumultueuse. Nous avons déjà suivi une partie de cette vie dans les épisodes précédents. Cette fois, nous allons découvrir l’un des chapitres les plus douloureux de son cheminement. Lors d’une révolte d’esclaves noirs, Isabeau a subi un viol de groupe au pied d’un arbre que les locaux appellent Bois-Caïman. De cette épreuve est née une petite fille métisse. Isabeau a du cacher l’origine de son enfant, pour pouvoir la faire accepter et pour pouvoir lui procurer une éducation correcte. Elle a du se battre pour cela comme à chaque étape de son existence. Isabeau a vécu la pire des épreuves qu’une vie peut réserver, un effroyable événement dont elle se livre enfin. François Bourgeon nous bouleverse avec un récit impeccablement construit et un dessin au perfectionnisme rare. Un conseil : blindez-vous le moral avant d’entamer cette lecture. C’est superbe, mais tellement dur ! « La Petite fille Bois-Caïman » deuxième partie, dernier épisode de la série « Les Passagers du vent », par Bourgeon, aux éditions 12bis.

 

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06/03/2010

Octobre 1812 / Ils étaient dix, T.1 / Stalner / 12bis

C’est la débâcle de la campagne de Russie. Les troupes napoléoniennes fuient précipitamment après avoir perdu près de cinq cent mille hommes. Ils laissent derrière eux les soldats blessés intransportables, les condamnant à périr. Une poignée de ces laissés-pour-compte décide de tenter sa chance avant l’arrivée des troupes russes. L’hiver est particulièrement rude et leurs moyens très réduits. Ils vont heureusement croiser la route d’un attelage et se joindre à ces autres fugitifs. Mais cette rencontre va rendre leur traversée de l’enfer blanc encore plus pénible. Le titre « Ils étaient dix » annonce bien la couleur. Ils étaient dix au départ, ils ne le seront plus à l’arrivée. Eric Stalner signe seul cette série prévue en trois tomes qui s’inscrit dans un contexte historique et géographique bien précis, campé par quelques éléments avec une économie de moyens, allant à l’essentiel. Quelques repères, et le tour est joué. Sinon, ce sont des arbres et de la neige. Le récit ne s’en trouve nullement déforcé car tout son attrait réside dans l’intrigue fouillée qui pourrait même être transposée dans un autre contexte. Là où le bât blesse, c’est dans les faciès des protagonistes, un peu trop similaires. Et comme ils sont nombreux, c’est gênant. Hormis ce petit défaut typique de Stalner, cette BD reste un divertissement captivant. « Octobre 1812 », premier tome de « Ils étaient dix », par Stalner, aux éditions 12 bis.

 

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25/09/2009

Orang-Utan / Eco warriors, T.1 / Marazano, Lamquet / 12bis

Notre planète est en danger. On nous le serinne quasiment à longueur de journée. Nous ne connaissons pourtantb pas toutes les implications des dérèglements écologiques dont l’activité humaine est responsable. Il ne nous apparaît pas clairement pourquoi la disparition des abeilles mobilise dix-mille personne en congrès pour essayer de les sauver. Nous ne comprennons pas pourquoi la disparition des abeilles entraînera la disparition de l’espèce humaine dans les trois semaines. C’est dire l’importance de l’enjeu. C’est un double enjeu. D’abord bien sûr celui de suaver ce qui peut encore l’être en inversant le processus de destruction de notre environnement. Mais c’est aussi celui de l’éducation. Comprendre le pourquoi des choses permet de s’impliquer, de se sentir pleinement concerné. Cette nouvelle série n’a pas cette ambition suprême mais elle y contribue. Ce sont les petites pierres qui font l’édifice. Les guerriers écologistes interviennent pacifiquement pour tenter de préserver, dans ce cas-ci, une dizaine d’orang-outans. Ils sont confrontés à des rebelles dont les motivations sont à mille lieues des leurs. Une autre menace, plus dangereuse encore, est celle qui ne se montre pas au grand jour et qui met en jeu des intérêts économiques liés à la chimie. « Orang-Utan » est le premier tome très réussi de « Eco warriors » par Richard Marazano et Chris Lamquet, aux éditions 12bis.

 

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