31/08/2012

Vêtue par le ciel / Muraqqa, T.1 / Ruiz, Miralles / 12 bis

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 « Muraqqa » est un mot persan qui désigne littéralement une œuvre composée d’éléments mis ensemble, un pourrait dire un « patchwork ». La signification de Muraqqa est pourtant plus large et s’applique à des recueils de peintures de petit format ou de calligraphies islamiques de diverses natures et origines. Très populaire au seizième siècle, les muraqqa ont progressivement relégué au second plan les recueils de poésies illustrés qui présentaient une plus grande cohérence et une unité plus vaste dans leur conception. Créer un muraqqa demandait énormément de temps et de talent. Les commanditaires étaient généralement à la fois esthètes et fortunés. L’empereur perse Jahangir désire faire réaliser un muraqqa représentant les différentes facettes de son harem. Pour effectuer ce travail qu’il ne peut évidemment pas confier à un homme, il recrute Priti, une jeune hindoue orpheline originaire de la communauté jaïn. Le fait qu’elle ne soit pas musulmane va lui valoir quelques chocs culturels, tels que la consommation de viande. Et puis, il y a un protocole très strict à respecter dans le harem. Priti va néanmoins rapidement s’adapter et nouer des relations enrichissantes. Une mission artistique en immersion complète au sein d’un des lieux les plus inaccessibles :  « Vêtue par le ciel », premier tome de « Muraqqa », par Ruiz et Miralles, aux éditions 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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21/08/2012

Georges et la mort / Guinin / 12 bis

Georges et la mort ,Guinin, 12 bis

 

 

Georges Brassens est un des plus grands chansonniers et chanteurs français. Cette BD hommage nous propose une évocation d’une partie de sa vie. Pendant la seconde guerre mondiale, Georges est soumis au travail obligatoire et envoyé en Allemagne. Lors d’une permission, de retour en France, il décide de ne pas repartir. Devenu réfractaire, il se cache chez Jeanne, une amie de trente ans son ainée qui admire son talent encore méconnu. Il reste dans cette masure dépourvue de tout pendant plus de vingt ans. C’est là que commence cette histoire. Georges est au bout du rouleau. Et son heure est arrivée. Mais au moment où la mort va le frapper de sa grande faux, elle retient son geste, séduite par la chanson que Georges est en train de fredonner. La mort décide de lui accorder un sursis pour que son talent puisse éclore et se propager. Et de fait, Georges va connaître succès après succès, grâce au contenu controversé de ses chansons qui ne laissent personne indifférent. Parmi ses thèmes de prédilection figure la mort, dont il se moque allègrement. Mais ce sera elle qui aura le dernier mot. Georges Brassens meurt à l’âge de soixante ans après avoir vu bon nombre de ses proches emportés par la Camarde, expression allégorique de la mort. Une BD poétique pour les fans de Brassens. « Georges et la mort », par Blaise Guinin, aux éditions 12 bis.

 

 

 

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16/08/2012

No life / OPK, T.1 / Matz, Bedouel / 12 bis

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Cette enquête en trois tomes nous immerge dans l’univers très particulier des accros aux jeux vidéos d’un genre particulier, ceux dans lesquels les joueurs s’incarnent dans un personnage virtuel qui prend le dessus sur leur vie réelle. Leur réalité devient dès lors virtuelle et leur vie peut être qualifiée de non-vie. L’inspecteur Mark travaille pour Interpol. Sa spécialité, c’est le blanchiment d’argent. Il vit à Berlin. Son supérieur hiérarchique lui annonce une promotion assortie d’une délocalisation à Shanghai. C’est évidemment une manière de l’écarter, car Mark dérange, et pas seulement pour des raisons professionnelles. Il est chargé d’enquêter sur une série de meurtres liés au monde du no-life. Les victimes sont toutes des adeptes du même jeu en ligne. Pour l’aider dans cette affaire dont il ne voit pas le lien avec son expertise, un jeune frais émoulu de l’école de police et une jolie autochtone chargée d’assurer la liaison avec els autorités chinoises. Matz, scénariste de la série « Le Tueur » et aussi de l’excellente trilogie « Du plomb dans la tête », réussit à donner corps à un nouveau personnage, un flic bourru, costaud, pragmatique, évoluant dans un environnement qui ne lui est en rien familier. Il porte l’intrigue, soutenu par des seconds rôles typés, tout au long de cet album graphiquement tout aussi réussi. Vivement la suite ! « No life », premier tome de « OPK », par Matz et Bedouel, aux éditions 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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13/08/2012

Herr Himmel / U-boot, T.2 / Delitte / 12 bis

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Peu après la fin de la seconde guerre mondiale, un sous-marin du troisième Reich échoué en Amazonie est découvert. A son bord, tout l’équipage a succombé à un mal étrange, une crise de folie meurtrière. Seul un homme a survécu, un certain Heinrich Himmel, qui est en réalité le sinistre docteur Mengel, un médecin tortionnaire nazi qui a procédé à des expériences sur les prisonniers des camps de concentration. Ses recherches l’ont conduit à l’élaboration d’une nanotechnologie qui a causé la folie de l’équipage du sous-marin et qui, après les mises au point adéquates, a permis à Mengel alias Himmel de se garantir l’immortalité. Plus d’un siècle plus tard, nous retrouvons Heinrich Himmel, soi disant troisième du nom, à la tête d’une multinationale dont le siège est implanté à Venise. Les curieux qui s’intéressent d’un peu trop près aux activités de ce groupe subissent un traitement radical, l’élimination pure et simple, infligé par une tueuse professionnelle redoutable. Le premier tome laissait augurer d’intéressants et multiples développements. Ce second opus clôt déjà le récit, laissant le lecteur un peu pantois. La structure de cet album secoue. Les allers et retours chronologiques déstabilisent. Le récit s’emballe, se densifie et finit abruptement. Vingt pages de plus, c’aurait été mieux mais hors des normes éditoriales. « Herr Himmel », second tome de « U-boot », par Delitte, chez 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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09/12/2011

Rue Saint-Honorez / Ils étaient dix, T.4 / Stalner / 12 bis

 

Jean-Baptiste Grassien est médecin de la grande armée napoléonienne, ou plutôt, il l’était. Car Napoléon s’est heurté aux rigueurs de l’hiver russe qui a décimé son armée et causé l’une des plus terrible débâcles de l’histoire militaire. Grassien a été pris dans cette tourmente. Lors de sa fuite et celle de ses compagnons, il a croisé la route de Morlaix, qui, loin de leur venir en aide, les a abandonnés, attachés à des arbres, en proie aux loups et aux soldats russes. Ils étaient dix. Huit ans plus tard, Grassien a survécu dans des conditions effroyables. Il a néanmoins rencontré l’amour en la personne d’une ravissante comtesse aveugle. Il est à présent à paris, à la recherche de Morlaix, qui vit sous un faux nom. L’heure de la vengeance a sonné. Pendant ce temps, Vidocq, le chef de la brigade de sureté, traque les bonapartistes, les amis de Grassien. La comtesse Maryana Gorlanov est aussi à Paris. Elle recherche Grassien. Bref, tout le monde cherche quelqu’un. Certains cherchent la vengeance ou la justice, ou la tranquillité, ou encore l’amour. Et c’est le lecteur qui trouvera de quoi vibrer sur les traces de Grassien, au gré de ses déboires. C’est de la grande aventure, mais aussi une histoire toute simple qui trouve un épilogue attendu, sans fausse sortie. « Ils étaient dix », voilà une histoire prenante, de facture classique, bouclée avec ce quatrième tome : « Rue Saint-Honorez » par Eric Stalner, aux éditions 12 bis.

 

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08/11/2011

Un long destin de sang / acte deux / Bollée, Bedouel / 12 bis

 

La première guerre mondiale a été une épouvantable boucherie. C’est aussi le plus abominable terrain d’expérimentation chimique qui soit. Un produit destiné à décupler l’agressivité des soldats et à diminuer leurs besoins en sommeil et en nourriture a été inoculé à toute une unité sur la ligne de front. Officiellement, ce bataillon a été décimé par une attaque au gaz des Allemands. Mais des photos ont été prises avant le gazage, on ne sait par qui. Et ces photos montrent que ces hommes étaient déjà tous morts, atrocement mutilés, comme s’ils s’étaient entre-tués. Et c’est ce qui s’est effectivement passé. Les commanditaires de cette expérience se comptent parmi les gradés, des gens haut placés, des médecins renommés. Ce fiasco a été étouffé mais les photos tombent entre les mains d’un journaliste engagé qui a mené son enquête et s’apprête à tout révéler. Et puis, il y a un survivant au bataillon, un trouffion blessé peu avant le massacre et qui avait été hospitalisé, ce qui l’a sauvé. Il en garde cependant une agressivité incontrôlable qui inquiète sa marraine de guerre, une institutrice pacifiste. Le pacifisme est réprimé car considéré comme acte de rébellion en temps de guerre. La tension entre ces divers acteurs va crescendo vers un dénouement qui s’annonce sanglant en même temps qu’il soulève quelques questions bien senties. « Un long destin de sang » acte deux, par Bollée et Bedouel, aux éditions 12 bis.

 

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13/12/2010

Camille / Pulsions, T.4 / Corbeyran, Malka, Defali / 12 bis

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La pulsion est définie par Freud comme une poussée ponctuelle et motrice qui vise à une satisfaction et est le moyen initial de cette satisfaction. Les pulsions dans la théorie freudienne se situent à l'articulation des relations entre le corporel et le psychique ce qui constitue un sujet particulièrement complexe, mais aussi un sujet extraordinairement captivant. Parmi les pulsions les plus remarquables, le sadisme fait bonne figure. Le sadisme fut essentiellement rattaché par Freud à l'activité sexuelle à proprement parler. Mais le sadisme désigne plus largement la volonté d'infliger de la souffrance au-delà de la sexologie. Le sadisme se comprend alors comme manifestation d'une pulsion de mort, mêlée à une pulsion sexuelle, mais renvoyant à la sexualité psychique plus qu'à un acte à proprement parler. Nous avons tous des penchants sadiques, de même que névrotiques de toutes sortes mais dans des proportions dérisoires qui forment en réalité notre équilibre d’être humain normal. Le passage à l’acte reste l’exception, surtout dans ses formes les plus extrêmes. Dans cette BD perturbante se côtoient plusieurs personnages qui cèdent justement à des pulsions de diverses natures, suite à des traumatismes ou pour d’autres raisons obscures. Une BD fascinante : « Camille », quatrième tome de « Pulsions », par Corbeyran, Malka et Defali, aux éditions 12 bis.

 

BD commentée par Marc Descornet

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