03/08/2012

Sacrilèges / Les Boucliers de Mars, T.2 / Glénat / coll.Grafica

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Trajan est considéré comme l’un des meilleurs empereurs romains. Trajan avait pour ambition d’étendre les territoires de l’Empire. Il voulait égaler Alexandre le Grand. Il a réussi à conquérir l’Arménie, la Mésopotamie, qui correspond à l’Irak actuel, et la Dacie, un territoire situé à cheval entre les Carpates et le Danube, à l’ouest de la mer Noire. Le récit imaginé par le regretté Gilles Chaillet se situe au tout début du deuxième siècle dans la cité de Zeugma, située sur l’Euphrate, près de la frontière syrienne actuelle au sud de la Turquie. Les Parthes menacent Rome qui songe de plus en plus à mener une guerre décisive. Il suffirait d’un élément déclencheur pour engager les hostilités. Justement, lors d’une cérémonie officielle, l’un des boucliers du dieu Mars s’est détaché de la tribune. Les divinologues patentés en concluent qu’il s’agit d’un signe néfaste. L’agressivité de l’ambassadeur de Parthe vient les conforter dans la nécessité de défendre Rome contre l’ennemi qui se profile. Gilles Chaillet nous a récemment quitté. Il nous laisse ses personnages, dont le plus connu est Vasco, et puis cette série brillante prévue en trois tomes, dessinée par Christian Gine avec une précision étonnante, en parfaite adéquation avec le scénario hyper documenté. « Sacrilèges », deuxième tome des « Boucliers de Mars », aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

 

M.Descornet

 

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02/08/2012

Enigmes / Ars Magna, T.1 / Alcante, Jovanovic / Glénat / coll.Grafica

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Le titre du premier tome de cette nouvelle série éveille une certaine méfiance. « Enigmes », c’est pas très original. On sent juste une volonté racoleuse. Ce qui est dommage, c’est que la lecture de la BD vient confirmer cette impression. Le thème déjà recassé à maintes reprises, met une fois de plus en scène des nazis en quête de pouvoirs surnaturels. C’est d’un banal affligeant. Quant au traitement narratif et graphique, qui aurait pu sauver l’honneur et peut-être même rattraper la sauce, il fait malheureusement la part belle aux cadrages convenus et au réalisme grand public. On a connu le scénariste Alcante plus inspiré. Quant à Milan Jovanovic, il se positionne en bon exécutant mais ne se surpasse en rien. Reste le profil des personnages, dernier espoir pour relever le niveau de cette BD qui pue le coup commercial à plein nez. Et là encore, pas de miracle, mais une désolation totale. Leur manque d’épaisseur et de crédibilité contribue à rendre le récit plus lisse et insipide que jamais. S’il fallait retenir un élément positif, malgré tout, ce serait les décors. Jovanovic s’est appliqué à reproduire les rues et bâtiments de Bruxelles, dont la grand place. Et là, oui, c’est bien foutu. Si vous aimez bien les redites sur fond de lutte ambivalente du bien contre le mal, lisez donc « Enigmes », premier tome de « Ars Magna », par Alcante et Jovanovic, aux éditions Glénat, collection Grafica. Sinon, passez à autre chose.

 

 

M.Descornet

 

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01/08/2012

La révolte de Ramat Gan / Diamants, T.4 / Bartoll, Kölle / Glénat / coll.Investigations

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L’empire industriel de Charles Van Berg s’étend dans le monde entier et assure sa mainmise sur le marché global du diamant. Une telle puissance attire inévitablement les détracteurs, qui peuvent se montrer des ennemis féroces. Cette trame narrative rappelle celle d’un immense succès de librairie, celui d’un milliardaire en blue jeans, Largo Winch. La première initiale de la World Diamond Co, le « W », n’est pas sans susciter la comparaison avec la Winch Co. Et puis, cette saga familiale ne peut qu’évoquer « les Maîtres de l’orge ». Mais la rugosité toute particulière de cette série lui assure une personnalité forte qui surpasse toute similitude éventuelle. L’héritier de la Diamond Co, Charles Van Berg Junior, peut compter sur un allié inattendu, Gunther, son demi frère aventurier. Ce n’est pas une aide superflue vu la carrure des adversaires parmi lesquels un maffieux russe, des Israéliens teigneux et le FBI qui en a au passé collaborationniste des Van Berg. Cette liste noire s’allonge encore de dangereux rebelles congolais qui convoitent un diamant exceptionnel nommé l’étoile du Katanga. La lutte se déploie sur plusieurs fronts pour Charles et Gunther, chacun sur son terrain de prédilection, l’administration pour l’un, l’action pour l’autre. « La révolte de Ramat Gan », quatrième tome de « Diamants » par Bartoll et Kölle, aux éditions Glénat, collection Investigations.

 

 

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31/07/2012

La couleur des dieux / Ella Mahé, T.4 / Glénat / coll.Caractère

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Un cycle se termine avec cet album où l’on retrouve la restauratrice de manuscrits anciens Ella Mahé, une jeune femme qui les yeux vairons, un bleu, un noir, une particularité qui sème le trouble en Egypte car une princesse oubliée partageait cette singularité avec Ella Mahé. Cette princesse sans nom a connu l’exil. Mais les populations qui l’ont recueillie lui ont voué un culte éternel, perpétué par leur descendance. Thomas Reilly, un aventurier charmeur, part avec Ella Mahé à la recherche du tombeau de la princesse. On dit qu’il recèle de fabuleuses richesses. C’est en traversant le désert que la vraie nature de Thomas resurgit. Loin de lui les belles ambitions affichées sur le patrimoine historique. Ses motivations sont purement mercantiles, à la grande déception d’Ella. La légende de la princesse sans nom est associée à une couleur qui n’existe nulle part sur terre, et que les indigènes appellent la couleur des dieux. Thomas Reilly, qui n’est donc pas l’égyptologue érudit qu’il prétendait être, s’imagine tout le profit qu’il pourra tirer d’une telle découverte. Maryse et Jean-François Charles réussissent une nouvelle fois à réaliser une BD sensible et humaine, teintée de mystère. Christophe Simon y assure la partie historique. « La couleur des dieux », quatrième tome de « Ella Mahé », aux éditions Glénat, collection Caractère.

 

 

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30/07/2012

Les otages / Floc’h, Germain, Dubois / Futuropolis

 

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Nombreux sont ceux d’entre nous qui sommes attirés, voire fascinés par l’Afrique, probablement en partie parce que nous y avons un passé colonial. Il est facile de trouver un cours de Djembé et de se laisser envahir par le tambourinement envoûtant. Sophie suit les cours de Pete, un Togolais charismatique, qui propose à ses élèves un voyage dans son pays hors des circuits touristiques, une sorte d’immersion dans la vraie vie. Séduite par cette promesse d’authenticité, Sophie convainc son compagnon Antoine, qui y voit la réalisation d’un vieux rêve. Aveuglés par les belles paroles de Pete, le couple ne sent pas venir l’arnaque qui les attend au Togo. Arrivés sur place, le rêve se transforme en cauchemar. Pete se révèle être un gourou bonimenteur dangereux. Sophie et Antoine sont séquestrés, leurs moindres mouvements sont épiés. Ils ne peuvent pas quitter la communauté qui les héberge dans des conditions d’hygiènes exécrables. Leur naïveté se paye cher. Ils sont coincés. Leur calvaire va s’empirant. La maladie et la violence imprègnent de plus en plus leur morne quotidien d’otages. On se dit que tout cela doit avoir un sens, comme de faire prendre conscience de la réalité togolaise. Hors des clichés convenus cette BD dénonce les prêcheurs africains qui abusent de la crédulité des gens, les escrocs qui leur tendent des pièges criminels. « Les otages », par Floc’h, Germain et Dubois, aux éditions Futuropolis.


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29/07/2012

Midnight crossroad / O’Boys, T.3 / Cuzor, Colman / Dargaud

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Cette BD est directement inspirée du roman de Mark Twain « Les aventures de Huckleberry Finn ». Un jeune garçon fuit son père alcoolique et violent. Il croise le chemin d’un esclave noir en fuite accusé du meurtre de ce même garçon. Les deux fuyards décident de partir vers le Sud. Huck Finn et Charley William parcourent les contrées qui bordent les rives du Mississipi et qui vivent au rythme du blues. Le blues va d’ailleurs être une révélation pour Charley qui va se mettre à en jouer avec une belle virtuosité et acquérir le surnom de Lucius No Fingers. Sous couvert de cet anonymat, Charley, alias Lucius, tente sa chance pour devenir un grand bluesman. Il en a l’étoffe. Huck retourne alors chez lui mais apprend que son ami Charley est recherché pour meurtre. Il se lance alors sur la piste de Lucius No Fingers pour le prévenir, accompagné par Suzy, une vagabonde délurée. La BD, superbement mise en images, s’écarte intelligemment du roman mais reprend les thèmes chers à Mark Twain, le caractère social, la relation entre la réalité et l'illusion, les régionalismes, les travailleurs des classes inférieures et l'exagération, la liberté par la fuite. Stefan Colman reprend le scénario à la suite de Philippe Thirault sans aucune rupture, ni de rythme, ni d’ambiance. Une série attachante « O’Boys », dont le troisième tome,« Midnight crossroad », est signé Cuzor et Colman, aux éditions Dargaud.

 

 

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25/07/2012

Deuxième génération / Kichka / Dargaud

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Michel Kichka est le fils de Henri Kichka, auteur d’un livre autobiographique sur l’holocauste et sur les camps de concentrations dont il est un rescapé. Henri Kichka a vu sa maman, son papa, ses frères et sa petite sœur mourir à Auschwitz. Il a survécu. Ce n’est pas un miracle car s’il existe un dieu il n’aurait pas permis les camps. Après avoir vécu l’enfer et perdu toutes les personnes qu’il aimait, Henri n’a plus jamais pleuré, même quand son fils cadet s’est suicidé. Par contre, ce drame a provoqué en lui un déclic. Lui qui ne parlait jamais de ce qu’il avait vécu à Auschwitz s’est mis à tout raconter dans le détail. Il a écrit un livre et organisé d’innombrables visites sur place, pour que jamais l’humanité n’oublie ce dont elle est capable. Son fils aîné Michel a toujours vécu dans cette ombre macabre. Il s’est mis, lui aussi, à raconter son vécu, pas celui des camps de la mort, mais celui de fils de rescapé, ayant grandi dans une famille profondément marquée, coupée de ses racines, meurtrie par une douleur sourde et pesante. Ce témoignage de la deuxième génération a lui aussi une dimension extrêmement poignante et montre combien le traumatisme subi s’inscrit dans la durée, ce qui n’empêche pas l’humour et la joie de vivre de triompher. Michel Kichka ne cache pas l’inspiration qu’il a trouvée chez Art Spiegelman et il l’assume pleinement avec cette BD « Deuxième génération », chez Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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