11/08/2012

Maîtresse / Rani, T.3 / Van Hamme, Alcante, Vallès / Le Lombard

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Rani, c’est le parcours impitoyable d’une jeune femme injustement accusée de meurtre, marquée du sceau de l’infamie et envoyée sous une identité usurpée à l’autre bout du monde, en Inde, comme une vulgaire marchandise pour être vendue à la tenancière d’une maison de passe de Mahé, comptoir français en cette fin de dix-huitième siècle. Elle se fait appeler Jeanne Dubois. Mais elle est en réalité Jolanne de Valcourt. Ses origines de qualité et sa bonne éducation transpirent, attisant la curiosité. Jolanne ne peut pas révéler sa véritable identité, qui lui vaudrait la peine de mort plutôt que l’exil. Elle endure donc stoïquement les supplices que lui fait subir la tenancière du bordel. Le sort de Jolanne n’est pourtant pas aussi pénible que celui des autres filles de joie. Elle bénéficie d’un traitement de faveur. Elle n’a qu’un seul client et il se contente de lui caresser le dos. L’intelligence et la volonté de Jolanne lui permettent de devenir la maîtresse des lieux. N’en dévoilons pas plus. Le trait propre et d’une lisibilité remarquable de Francis Vallès porte cette histoire qui pêche par un manque d’originalité. Le scénario très conventionnel a pourtant toutes les qualités pour transporter le lecteur, s’il lui était insufflé un petit quelque chose qui épaissirait la sauce. Un peu de mystère peut-être, ou un soupçon de cruauté. « Maîtresse », troisième tome de « Rani », par Van Hamme, Alcante et Vallès, aux éditions Le Lombard.

 

 

M.Descornet

 

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10/08/2012

Le dernier rempart / Le Roi des singes, T.1 / Bonifay, Meddour / Vents d’Ouest

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Edgar Rice Burroughs a créé le personnage de Tarzan, un bébé recueilli par les singes dans la jungle. Le roman « Tarzan of the apes », traduit en français par « Tarzan des grands singes » ou « Tarzan seigneur de la jungle », a connu un tel succès que les adaptations se sont multipliées. Mais cette œuvre majeure semble s’inspirer d’autres écrits antérieurs. Il est étonnant de voir à quel point le contexte de Tarzan ressemble à celui développé par Albert Robida, romancier français prolifique, plus de trente ans avant le livre de Rice Burroughs. Dans « le roi de la jungle », Bonifay et Meddour, avouent s’inspirer des « Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul » de Robida, même si la référence au « seigneur de la jungle » est on ne peut plus évidente. Le héros, John Arthur Livingstone, a été abandonné tout bébé dans des circonstances dramatiques, puis élevé par des Orang Outangs sur l’île de Bornéo. A l’aube de l’adolescence, des hommes l’ont trouvé et ramené à la civilisation au prix d’une déchirure affective terrible pour cet enfant singe. Devenu adulte, John Arthur ne s’est pas départi du côté animal profondément enraciné en lui, une puissance qui à la fois séduit et inquiète. Captivant, ce récit est superbement dessiné, avec mention spéciale pour le coloriste Stéphane Paitreau. « Le dernier rempart », premier tome du « Roi des singes », par Philippe Bonifay et Fabrice Meddour, aux éditions Vents d’Ouest.


M.Descornet

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09/08/2012

Le dernier rempart / Super Patriote, T.1 / Kirkman, Walker / Delcourt / coll.Contrebande

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Pour ceux qui connaissent Captain America, Super Patriote en est une sorte d’équivalent, mais doté de membres bio-ioniques, là où Captain possède un bouclier. Super Patriote est le résultat d’une expérience menée par les scientifiques nazis pendant la seconde guerre mondiale. Ils voulaient créer un surhomme, ce qui a réussi sur Johnny Armstrong, un prisonnier américain. Evidemment, le cobaye n’a eu aucun mal à venir à bout de ses tortionnaires. Mais les nazis ont poursuivi leurs recherches et ont pu créer HakenCreuz, un autre homme à la force herculéenne. Les deux hommes s’affrontent, l’un pour le bien des Etats-Unis, l’autre pour la revanche de l’Allemagne nazie. La technologie sophistiquée des Allemands leur a aussi permis de sauver le cerveau d’Adolf Hitler et de le greffer sur le corps d’un grand singe, puis de l’intégrer à une armure électromécanique robuste. Une fois cette résurrection menée à bien, les nazis s’apprêtent à reconquérir le monde. Mais cette fois, ils ont bien l’intention de se débarrasser au préalable de leur pire menace, Super Patriote. Johnny n’est plus tout jeune, même si son corps possède encore des capacités étonnantes. Cette BD constitue un agréable divertissement sans grande prétention. « Le dernier rempart », premier tome de « Super Patriote », par Kirkman et Walker, aux éditions Delcourt, collection Contrebande.

 

 

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08/08/2012

La nuit Asraï / La légende du Changeling, T.5 / Dubois, Fourquemin / Le Lombard

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Cet album marque la conclusion d’une histoire fantastique à bien des égards. Il nous propose un bel équilibre entre les explications indispensables pour bien comprendre l’histoire et du mouvement qui entretient la dynamique de l’intrigue. Il serait dommage de dévoiler trop d’éléments de ce dernier tome, tant il donne envie de relire l’entièreté de la série, à la lumière des révélations qu’il contient. Scrubby a fait l’objet d’un échange contre un enfant oublié le temps de quelques instants contre un arbre. Il a été élevé par ses parents adoptifs comme leur propre enfant disparu. Mais Scrubby vient d’un autre monde, celui des fées. Et un jour il devra forcément renouer les fils avec son univers d’origine. Mais ce n’est pas tout. Scrubby a aussi un rôle important à jouer pour préserver l’équilibre entre les forces maléfiques et bienfaitrices. Une lutte décisive de pouvoirs se profile. Scrubby est entouré par quelques amis qui le préparent à l’affrontement. Sheela est une jeune femme aux ressources étonnantes. Confrontée à un être maléfique qui vient d’agresser une jeune fille, Sheela mobilise sa magie pour mettre le monstre en fuite. Mais les forces des ténèbres n’ont pas dit leur dernier mot. Un final resplendissant pour une série féérique attachante : « La nuit Asraï », cinquième tome de « La légende du Changeling », par Dubois et Fourquemin, aux éditions Le Lombard.

 

 

M.Descornet

 

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07/08/2012

Moi, en mieux / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

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Ce duo d’auteurs avait déjà réalisé ensemble l’étonnant « Roi banal », une histoire poétique et joyeusement décalée, socialement gentiment engagée et porteuse d’espoir. Ils remettent le couvert mais dans un autre registre. Cette fois, c’est une chronique socio-relationnelle empreinte de surnaturel qui met en scène Valentin, un boulanger raté mais sculpteur d’exception. Il est rigoureusement incapable de réussir la moindre recette, que ce soit des plats courants ou des desserts élaborés. Sa chance a été de rencontrer Maxime, qui lui, est plutôt doué pour marier les saveurs. Complémentaires, Valentin et Maxime se sont associés et leur commerce tourne vraiment bien, jusqu’au jour où Maxime lâche l’affaire pour d’autres horizons. Valentin s’en trouve tout dépité. Sa femme s’inquiète de voir son mari bredouille dans sa recherche d’un nouvel associé. Il faut dire que Valentin manque de motivation depuis qu’il a hérité de l’appartement d’un oncle perdu de vue un peu fantasque mais passionnant. Valentin tombe sur un ouvrage dans lequel son oncle explique la confection d’un golem. Valentin y voit la solution à son problème et façonne un être d’argile à son image qui va s’acquitter de tout ce qui le rebute ou qu’il ne sait pas faire. Il n’est pas sûr pourtant que sa vie aille vers un mieux. Une BD attachante à l’humour grinçant : « Moi, en mieux », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

 

M.Descornet

 

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06/08/2012

La conjuration de Bohème / Caroline Baldwin, T.16 / Taymans, Drèze, Schierer / Casterman

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André Taymans, fait partie de ces dessinateurs talentueux qui bouclent un album plus vite que leur ombre. Ca se ressent d’ailleurs aussi très fort dans le rythme du récit. L’efficacité prime, ce qui n’empêche nullement les séquences destinée à donner une empreinte, un style, une ambiance. Taymans s’inspire en cela des techniques utilisées dans les séries américaines depuis des décennies et qui font toujours leurs preuves. Il s’agit d’un focus de quelques images sur un geste apparemment anodin tel qu’allumer ou jeter une cigarette, se servir un verre, rêvasser… C’est un moment de respiration et aussi une manière de détourner l’attention, ou d’amener une transition. André Taymans, qui maîtrise à merveille tous ces codes, s’adjoint ici l’aide de deux acolytes, Erwin Drèze et Raphaël Schierer, qui se font tout aussi discrets qu’efficaces. Cet album est la conclusion d’un diptyque dans lequel l’enquêtrice Caroline Baldwin est aux prises avec un ennemi de l’ombre. Elle doit déjouer un complot dont elle ne connaît pas la cible. Il n’y a rien à redire sur cette BD calibrée avec précision, si ce n’est un minuscule bémol quant à la rapidité avec laquelle elle se dévore. Ce qui laisse bien entendu un sentiment de frustration, jusqu’au prochain épisode. « La conjuration de Bohème », seizième tome de « Caroline Baldwin », par Taymans, Drèze et Schierer, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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04/08/2012

L’éternel Shogun / Lefranc, T.23 / Régric, Robberecht, Martin / Casterman

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Il y a soixante ans naissait, sous la plume de Jacques Martin, le journaliste enquêteur Guy Lefranc, sorte d’Alix des temps modernes, flanqué, comme son alter-ego gallo-romain, d’un jeune compagnon, Jeanjean, le pendant d’Enak. Si Jacques Martin exploitait un schéma narratif qui avait fait ses preuves, il ne se trompait pas. Car cette recette lui a valu sa longévité, même si certains albums de la série font vraiment tache. A l’instar d’Arbaquès, le méchant récurrent dans « Alix », Axel Borg en fait voir des vertes et des pas mûres à Guy Lefranc. Mais à la différence du Grec, qui se profile comme une indécrottable crapule, Borg bénéficie d’une personnalité plus complexe, plus ambiguë, qui correspondrait davantage à cet autre personnage emblématique utilisé par Jacques Martin, Gilles de Rais, dans la série « Jhen ». Dans cet épisode anniversaire de Lefranc, situé il y a justement une soixantaine d’année, le Japon a capitulé et vit dans la honte du vaincu, une situation inconcevable pour une culture fortement orientée sur l’honneur. Un groupe d’activistes complote pour restaurer le shogunat, avec l’aide d’une arme mise au point par des Allemands dans la clandestinité. Axel Borg est bien sûr de la partie. Agréablement dessiné et adroitement construit, cet épisode se lit avec plaisir. « L’éternel Shogun », vingt-troisième « Lefranc », par Régric et Robberecht, d’après Martin, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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