20/08/2012

L’ombre du corbeau / Comès / Casterman

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Cette BD avait été initialement publiée au milieu des années septante, en noir et blanc aux éditions Jonas et en couleurs dans la collection « histoires et légendes » des éditions du Lombard. C’est Casterman qui nous donne l’occasion de redécouvrir cet album curieux, représentant typique de l’univers à la fois ésotérique, fantastique, nostalgique, cruel et engagé de Didier Comès. La guerre occupe une place de choix dans l’œuvre de cet auteur né en plein conflit mondial dans une région, à l’origine allemande, qui a fait l’objet d’une tractation à la fin de la seconde guerre en compensation des dommages subis et fait désormais partie de la Belgique. La personnalité de Comès s’est construite sur une mixité culturelle, son papa était germanophone et sa maman francophone. De cette « bâtardise biculturelle », pour reprendre sa propre qualification, Comès en a tiré une magnifique richesse qui transpire allègrement dans ses albums. « L’ombre du corbeau » était à l’origine conçu pour la couleur. Le succès de l’album « Silence » véritable pépite fabuleuse en noir et blanc a déterminé Comès à abandonner la couleur. « L’ombre du corbeau » y gagne en qualité avec cette réédition en noir et blanc. Cette BD est préfacée avec bienveillance par Thierry Bellefroid, qui lui apporte un éclairage ensorceleur. « L’ombre du corbeau », par Comès, chez Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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18/08/2012

Le pardon, Jeannie / Sherman, T.6 / Desberg, Griffo / Le Lombard

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Sherman est un homme d’affaire américain influent. L’assassinat de son fils promis à un avenir flamboyant jusqu’aux plus hautes sphères de l’état a été l’élément déclencheur d’une résurgence de son passé et une mise en lumière de ses zones d’ombres. Car Sherman a activement contribué au transfert de fonds nazis. Les circonstances peuvent certainement atténuer sa faute, mais il est une amnistie qu’il a du mal à obtenir, celle de sa propre fille qui a rompu tous les ponts avec lui. Jeannie a subi les conséquences des actes de son père avant et pendant la seconde guerre mondiale. Son amoureux a été déporté. Elle a été recrutée par les services secrets américains. Jeannie s’est donnée corps et âme dans les missions de son employeur. Ses activités et son statut n’ont pas facilité un hypothétique rapprochement avec son père. Et ça l’arrangeait. Sherman, lui, aurait bien voulu renouer avec Jeannie, pouvoir lui expliquer, et implorer son pardon. Il n’en aura peut-être jamais l’occasion, car son insaisissable ennemi qui a tué son fils a menacé de s’en prendre à Jeannie avant d’en finir avec lui. La conclusion de ce passionnant récit réserve une redoutable surprise, intense autant qu’inattendue. Cette BD se termine en beauté, pas sur un miracle, mais au moins sur une note de sincère de réconciliation. « Le pardon, Jeannie », sixième tome de « Sherman », par Desberg et Griffo, aux éditions Le Lombard.


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17/08/2012

Villa Ipatiev / Nous, Anastasia R., T.1 / Cothias, Ordas, Berr / Bamboo / coll.Grand Angle

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Lors de la victoire des révolutionnaires russes en mille neuf cent dix-sept, le Tsar et sa famille ont été capturés, puis tous assassinés. Leurs corps ont été précipitamment enterrés dans un bois. Ces circonstances hâtives, et le choc de voir ainsi complètement décimée toute la descendance directe du Tsar, ont alimenté la rumeur de la survie de la jeune Anastasia. Cette rumeur a trouvé un écho auprès de plusieurs fabulatrices dont Anna Anderson fut certainement la plus bluffante. Il y a quatre ans, des analyses génétiques ont mis un terme définitif à toute spéculation. Il n’y a eu aucun survivant au massacre. La BD qui nous est proposée par Cothias, Ordas et Berr, part pourtant du postulat qu’il y a bien eu substitution de la jeune Anastasia. Les événements historiques nous sont contés avec moult détails, qui reposent assurément sur une documentation solide, mais prennent aussi quelques libertés, dont la plus énorme est bien sûr la supposition qu’Anastasia a survécu. En soi, le récit est bien construit et bénéficie d’une traitement graphique honorable, même très séduisant. Mais cette histoire, présentée sur le ton du semi-documentaire, arrive avec quelques années de retard pour vraiment passionner, par son manque de crédibilité. « Villa Ipatiev », premier tome de  « Nous, Anastasia R. », par Cothias, Ordas et Berr, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.

 

 

M.Descornet

 

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16/08/2012

No life / OPK, T.1 / Matz, Bedouel / 12 bis

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Cette enquête en trois tomes nous immerge dans l’univers très particulier des accros aux jeux vidéos d’un genre particulier, ceux dans lesquels les joueurs s’incarnent dans un personnage virtuel qui prend le dessus sur leur vie réelle. Leur réalité devient dès lors virtuelle et leur vie peut être qualifiée de non-vie. L’inspecteur Mark travaille pour Interpol. Sa spécialité, c’est le blanchiment d’argent. Il vit à Berlin. Son supérieur hiérarchique lui annonce une promotion assortie d’une délocalisation à Shanghai. C’est évidemment une manière de l’écarter, car Mark dérange, et pas seulement pour des raisons professionnelles. Il est chargé d’enquêter sur une série de meurtres liés au monde du no-life. Les victimes sont toutes des adeptes du même jeu en ligne. Pour l’aider dans cette affaire dont il ne voit pas le lien avec son expertise, un jeune frais émoulu de l’école de police et une jolie autochtone chargée d’assurer la liaison avec els autorités chinoises. Matz, scénariste de la série « Le Tueur » et aussi de l’excellente trilogie « Du plomb dans la tête », réussit à donner corps à un nouveau personnage, un flic bourru, costaud, pragmatique, évoluant dans un environnement qui ne lui est en rien familier. Il porte l’intrigue, soutenu par des seconds rôles typés, tout au long de cet album graphiquement tout aussi réussi. Vivement la suite ! « No life », premier tome de « OPK », par Matz et Bedouel, aux éditions 12 bis.

 

 

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15/08/2012

Le monastère de la vieille forêt / Chinn, T.2 / Escaich, Vervisch / Bamboo

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Les connaisseurs en arts martiaux auront immédiatement identifié ce fameux monastère, et auront été interpellés par ce qualificatif de vieille forêt. Le décor de cette histoire est un lieu de légende. Ce monastère abrite une communauté de moines dont il se dit que leur technique surpasse en puissance toute les armées. Fort de cette réputation, les moines ne sont jamais inquiétés. Mais un espion mongol se présente un jour aux portes du monastère et, par ruse, parvient à recueillir une information capitale, les moines se sont installés dans une douce oisiveté et ont perdu leur savoir-faire. Ils ne savent plus se battre. Aussitôt informé de cette aubaine, l’armée mongole fait route vers la Chine pour l’envahir. De son côté, l’empereur a lui aussi été informé de la faiblesse des moines et lance son armée à l’assaut du monastère dissident. C’est alors qu’entre en scène un trio de maîtres de kung fu qui passaient justement dans les environs. Ils sont sollicités par les moines pour leur enseigner l’art martial. Cette plaisante série d’aventure ne montre aucune prétention. Cette humilité affichée s’accorde parfaitement avec le sujet traité. L’humour agrémente parcimonieusement les pages de cette BD tout public, gentiment instructive, agréablement dessinée. « Le monastère de la vieille forêt », deuxième tome de « Chinn », par Escaich et Vervisch, aux éditions Bamboo.

 

 

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14/08/2012

Le chemin de Rome / Cassio, T.5 / Reculé, Desberg / Le Lombard

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Après avoir identifié les quatre assassins de Cassio, ce jeune avocat romain, il était logique de s’intéresser à leurs motivations, le ou les mobile(s) du crime. Prévue en deux tomes, cette suite apporte un éclairage passionnant sur le déroulement de cette tragédie antique. Cassio était avocat mais aussi un guérisseur hors pair. Il disposait d’un savoir phénoménal et de potions aux vertus étonnantes. Mais le plus extraordinaire était sa faculté d’identifier l’origine des maux par apposition des mains. Il était alors capable de s’introduire mentalement dans le corps pour soigner. Ce don incroyable, Cassio pouvait aussi le mobiliser pour terrasser ses ennemis en leur infligeant des souffrances internes insupportable, voire mortelles. Ce personnage ne peut pas laisser indifférent. Il séduit ou inquiète. Il attire l’amour et la haine et leur corollaire commun, la jalousie. Outre ces événements survenus il y a deux mille ans, cette BD suit les pas d’Ornella, une jeune archéologue tombée sous le charme mystérieux de Cassio. Elle a découvert des fragments de son histoire en même temps que des poudres de sa confection. Un inconnu le lui a volées et Ornella se mue en enquêtrice pour les retrouver. Une dangereuse entreprise qui prend encore plus d’ampleur lorsque le Vatican entre dans la danse. « Le chemin de Rome », cinquième tome de « Cassio », par Reculé et Desberg, aux éditions Le Lombard.

 

 

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13/08/2012

Herr Himmel / U-boot, T.2 / Delitte / 12 bis

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Peu après la fin de la seconde guerre mondiale, un sous-marin du troisième Reich échoué en Amazonie est découvert. A son bord, tout l’équipage a succombé à un mal étrange, une crise de folie meurtrière. Seul un homme a survécu, un certain Heinrich Himmel, qui est en réalité le sinistre docteur Mengel, un médecin tortionnaire nazi qui a procédé à des expériences sur les prisonniers des camps de concentration. Ses recherches l’ont conduit à l’élaboration d’une nanotechnologie qui a causé la folie de l’équipage du sous-marin et qui, après les mises au point adéquates, a permis à Mengel alias Himmel de se garantir l’immortalité. Plus d’un siècle plus tard, nous retrouvons Heinrich Himmel, soi disant troisième du nom, à la tête d’une multinationale dont le siège est implanté à Venise. Les curieux qui s’intéressent d’un peu trop près aux activités de ce groupe subissent un traitement radical, l’élimination pure et simple, infligé par une tueuse professionnelle redoutable. Le premier tome laissait augurer d’intéressants et multiples développements. Ce second opus clôt déjà le récit, laissant le lecteur un peu pantois. La structure de cet album secoue. Les allers et retours chronologiques déstabilisent. Le récit s’emballe, se densifie et finit abruptement. Vingt pages de plus, c’aurait été mieux mais hors des normes éditoriales. « Herr Himmel », second tome de « U-boot », par Delitte, chez 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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