05/09/2012

1942, à l’ouest, rien de nouveau / Les Brigades du temps, T.1 / Kris, Duhamel / Dupuis

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Les uchronies s’inscrivent fortement dans l’air du temps. Elles sont le prolongement thématique des fictions spatiotemporelles et enrichissent le genre science-fiction, détrôné par le succès de l’heroic fantasy. La science fiction a cependant toujours su rester vivace, alimentée par les découvertes scientifiques, telles que la distorsion spatiale, un phénomène observable qui entraîne une modification du continuum espace temps dans une région de l'espace déterminée. En l’occurrence, il pourrait s’agir de la non-survenance d’un évènement majeur qui aurait pour conséquence un déroulé historique radicalement différent. Mais cette hypothèse empiète sur un terrain plus paradoxal. C’est pourtant le terrain choisi par Kris et Duhamel pour développer une série très prometteuse. L’agence Ukronia veille à la bonne marche de l’Histoire telle que nous la connaissons. Dès qu’un événement susceptible de la modifier survient, elle envoie des agents spécialisés rétablir l’ordre des choses. Pour pimenter l’intrigue, les anomalies sont parfois, souvent, le fait d’actes intentionnels. Ce canevas de départ ouvre largement les possibles et nous prédit de séduisantes chroniques, d’autant plus que les personnages bien campés donnent vie à cette BD au dessin épatant. « 1942, à l’ouest, rien de nouveau », premier tome des « Brigades du temps », par Kris et Duhamel, aux éditions Dupuis.

 

 

M.Descornet

 

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04/09/2012

Martha Jane Cannary / Perrissin, Blanchin / Futuropolis

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Martha Jane Cannary était le vrai nom de cette légende de l’Ouest américain mieux connue sous le nom de Calamity Jane. Christian Perrissin et Mathieu Blanchin se sont attachés à reconstituer le plus fidèlement possible le parcours exceptionnel et fascinant de cette femme farouchement éprise de liberté. A l’époque de la conquête de l’Ouest américain, Martha Jane Cannary s’est construit sa légende sur celle non moins fameuse que l’épopée du Pony Express. Après s’y être bâtit une réputation de femme qui n’a rien à envier aux hommes, Martha Jane s’est tournée vers d’autres activités, dont celle de conteuse de ses propres exploits, à la véracité douteuse et dont la presse a fait ses choux gras, ce qui a permit d’asseoir la popularité de Jane. Elle a ensuite ouvert une blanchisserie, un job un peu trop sage et sédentaire pour cette bouillante aventurière. Et en fait d’aventures, Jane a aussi multiplié les aventures masculines, trouvant difficilement l’homme idéal qui correspondrait à son tempérament indomptable. Derrière cette rudesse affichée, Jane recherchait le bonheur, la paix, l’amour. L’amour d’un homme, celui qu’elle avait déjà connu avec le défunt Wild Bill Hickock. Mais aussi l’amour de sa fille Janey qui ignore tout de ses origines et vit dans un monde plus guindé. Une superbe évocation historique et humaine en trois tomes : « Martha Jane Cannary », par Perrissin et Blanchin, aux éditions Futuropolis.

 

 

M.Descornet

 

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03/09/2012

Les déserteurs / Nouveau monde, T.3 / Filippi, Mezzomo / Glénat / coll.Grafica

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A la fin du dix-huitième siècle, les colons d’Amérique du Nord ont mené une guerre pour leur indépendance à l’égard du l’Empire britannique. Les tribus indiennes se sont faites les alliées des uns ou des autres belligérants. Voilà le décor des aventures d’une jeune britannique qui fuit son mari, accompagnée de ses deux jeunes enfants. Emie a un caractère bien trempé. Elle mène un petit groupe de fugitifs poursuivis par un détachement de soldats à la tête duquel se trouve Andrew, le père de ses enfants. Leur progression les a conduits dans un village tenu d’une main de fer par un pasteur tyrannique. Une confrontation féroce oppose Emie et le pasteur. La jeune femme, grâce à sa force de conviction, parvient à gagner l’adhésion des villageois. Tout danger est loin d’être écarté. L’armée avance inexorablement vers eux. Le contexte et la nature des relations tendues entre les protagonistes rappelle inévitablement la série « les Pionniers du Nouveau monde », une influence probablement assumée et même revendiquée vu le titre. La qualité du récit permet d’ailleurs la comparaison. Graphiquement, Mezzomo explore des pistes intéressantes qui élargissent sa palette. « Les déserteurs », troisième tome de « Nouveau monde » par Filippi et Mezzomo, aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

 

M.Descornet

 

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01/09/2012

Déserteur / Brit, T.2 / Kirkman, Rathburn, Brown / Delcourt / coll.Contrebande

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Robert Kirkman est un des scénaristes américains les plus courtisés du moment. La série « Walking dead », adaptée en série télévisée, connaît un beau succès. Parmi ses autres séries comics, « Invincible » revisite l’univers des super-héros, incontournable de la culture US. Et comme sa manière de voir plaît à un lectorat de plus en plus étoffé, Kirkman se fait plaisir en offrant leur propre série à plusieurs personnages clés de « Invincible ». Brit en fait partie. Cet homme est incassable ; c’est son pouvoir, couplé à une force phénoménale mais pas exceptionnelle. Son apparente invincibilité ne l’empêche pas de vieillir. Alors que son âge avancé lui vaudrait une retraite bien méritée, Brit continue à rempiler et à servir son pays dans la lutte contre les super-méchants. Seulement, voilà, son moral va en prendre un coup lors d’un événement particulièrement éprouvant. Et là, il raccroche. C’est sans compter sur les ambitions d’un scientifique qui a la ferme intention d’exploiter Brit jusqu’au bout, quitte à le sacrifier pour procéder à des expériences de clonage. Les choses se compliquent d’autant plus que la sœur un peu déjantée de Brit s’affirme de plus en plus. Et Brit, devenu papa, s’inquiète du devenir de sa petite famille. « Déserteur », deuxième tome de « Brit », par Kirkman, Rathburn et Brown, aux éditions Delcourt, collection Contrebande.

 

 

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31/08/2012

Vêtue par le ciel / Muraqqa, T.1 / Ruiz, Miralles / 12 bis

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 « Muraqqa » est un mot persan qui désigne littéralement une œuvre composée d’éléments mis ensemble, un pourrait dire un « patchwork ». La signification de Muraqqa est pourtant plus large et s’applique à des recueils de peintures de petit format ou de calligraphies islamiques de diverses natures et origines. Très populaire au seizième siècle, les muraqqa ont progressivement relégué au second plan les recueils de poésies illustrés qui présentaient une plus grande cohérence et une unité plus vaste dans leur conception. Créer un muraqqa demandait énormément de temps et de talent. Les commanditaires étaient généralement à la fois esthètes et fortunés. L’empereur perse Jahangir désire faire réaliser un muraqqa représentant les différentes facettes de son harem. Pour effectuer ce travail qu’il ne peut évidemment pas confier à un homme, il recrute Priti, une jeune hindoue orpheline originaire de la communauté jaïn. Le fait qu’elle ne soit pas musulmane va lui valoir quelques chocs culturels, tels que la consommation de viande. Et puis, il y a un protocole très strict à respecter dans le harem. Priti va néanmoins rapidement s’adapter et nouer des relations enrichissantes. Une mission artistique en immersion complète au sein d’un des lieux les plus inaccessibles :  « Vêtue par le ciel », premier tome de « Muraqqa », par Ruiz et Miralles, aux éditions 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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30/08/2012

Variable d’ajustement / Dans mon open space, T.4 / Larcenet, James / Dargaud

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Que signifie au juste une « variable d’ajustement » ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez aucune définition de cette expression pourtant de plus en plus usitée, d’origine statistique et qui a trouvé un terrain d’application dans le monde de la gestion des ressources humaines. Voilà encore une belle expression déshumanisante, « ressources humaines ». Nous ne sommes plus des personnes, des travailleurs mais des ressources au même titre que le matériel de bureau, les logiciels informatiques ou les machines de chantier. Et donc, les ressources humaines sont devenues des variables d’ajustement. En clair, cela veut dire que les personnes qui offrent, contre rémunération, donc qui vendent leur temps et leurs compétences, sont susceptibles de se faire licencier à tout moment en fonction des besoins de l’entreprise. En fait, il n’est même plus question de besoins mais, puisque nous sommes des variables statistiques, de répondre aux fluctuations du chiffre d’affaire et des dividendes. N’empêche que, au quotidien, l’endroit où, après notre lit, nous passons le plus de temps dans notre existence humaine, c’est l’entreprise, cet univers qui nous chosifie et qui a la perverse prétention de nous faire croire que nous sommes des humains de valeur, pas du mérite, non, mais une valeur quantifiable, ajustable. « Variable d’ajustement », quatrième tome de « Dans mon open space », par Larcenet et James, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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29/08/2012

Gettysburg / La Jeunesse de Blueberry, T.20 / Blanc-Dumont, Corteggiani / Dargaud

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La couverture de cet album rend hommage à Jean Giraud, récemment décédé, créateur de Blueberry, avec Jean-Michel Charlier. Le récit semble par contre peiner à inclure le héros dans le fil de cet épisode de l’Histoire, avec un grand H, qui est ici conté. Entre le premier et le trois juillet mille huit cent soixante trois, la bourgade de Gettysburg fut le théâtre d’une des plus effroyables boucheries sanguinaires de la guerre de sécession aux Etats-Unis, avec cinquante et un mille morts. Les historiens s’accordent pour dire que la bataille de Gettysburg représente le moment décisif vers la victoire de l’Union. Le Président Abraham Lincoln y prononça un discours resté dans les annales et dont voici un extrait : « Nos pères ont donné naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux. Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation, ainsi conçue et vouée au même idéal, peut résister au temps ». Un texte qui reste furieusement d’actualité en bien des endroits de notre planète, dont plusieurs semblent pourtant bien paisibles, tant les libertés fondamentales se trouvent insidieusement menacées. Une leçon d’histoire : « Gettysburg », vingtième tome de « La Jeunesse de Blueberry », par Blanc-Dumont et Corteggiani, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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