27/01/2011

Mia Maï / All Watcher, T.5 / Desberg, Bourgne / Le Lombard

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Le gigantesque volume des flux financiers à l’échelle planétaire génère un colossal bénéfice pour ceux qui trouvent le moyen d’en tirer profit. Imaginez qu’un seul homme, ou qu’une entité multi-céphale, détienne une sorte de monopole de fait sur ces revenus occultes. C’est ce que font les auteurs de cette BD où la fiction pourrait bien se situer largement en-deçà de la réalité. Car pour capter l’attention d’un public composé de naïfs comme la plupart des citoyens lambdas que nous sommes, il ne faut pas faire compliqué. Or, les montages financiers peuvent atteindre un niveau de complexité vertigineux. « All watcher » n’en reste pas moins une belle entrée en matière pour qui se voue à l’éveil. L’intrigue s’intensifie alors que le déroulement des événements emprunte des détours inattendus. Les incorruptibles agents de l’IRS chargés de traquer l’hypothétique All Watcher ne peuvent pas se défaire de leur passé ni de leur vie privée, avec toutes les faiblesses que cela peut renfermer. All Watcher et ses sbires ont accès à des sources d’information rudement sophistiquées. Larry Max offre peu de prise mais la part sombre de sa collègue Mia Maï offre un intérêt sensible. Très respectueux de la charte graphique de Vrancken, qui a créé le personnage principal avec Desberg, Bourgne illustre à merveille ce cinquième tome de « All Watcher », chez Le Lombard.

 

BD commentée par Marc Descornet

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26/01/2011

A la poursuite du Griffon d’or / Ric Hochet, T.78 / Tibet, Duchâteau / Le Lombard

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Tibet nous a quitté il y a peu. Le septante-huitième tome des aventures de Ric Hochet est resté inachevé sur sa table à dessin. Les éditions du Lombard ont choisi de le publier tel quel, même si Tibet avait exprimé son souhait de voir les aventures du reporter détective se poursuivre après sa disparition. Cet album fait donc figure d’exception. C’est un hommage aussi à ce dessinateur talentueux, d’une régularité et d’une constance remarquables. Le premier jet des planches est publié en vis-à-vis de leur version définitive, encrée mais pas mise en couleurs. Au fil des pages et de la progression dans l’album, les finitions se font plus rares. Les décors n’apparaissent plus. Puis ce ne sont que des masses disposées dans l’espace, avec quelques traits et l’ébauche plus poussée de l’un ou l’autre personnage, d’une expression, d’une situation. Enfin, la conclusion de l’enquête est résumée en quelques lignes pas le scénariste. Cette occasion rare de découvrir le travail de recherche graphique et les étapes de la réalisation d’une BD se déguste ici avec délectation. Le lecteur ne perd pour autant rien de l’intensité de l’intrigue. Le plaisir est donc double, sans effacer l’omniprésent sentiment de regret lié à la disparition soudaine de Tibet. Il avait un sacré coup de crayon. « A la poursuite du Griffon d’or », septante-huitième tome de « Ric Hochet », par Tibet et Duchâteau, aux éditions Le Lombard.

 

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20/01/2011

20 ans de guerre / Blary, Loiselet / Le Lombard / coll.Signé

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La guerre existe depuis que le conflit armé est apparu sur terre. Autant dire qu’elle est apparue dès l’aube de l’humanité, quand l’homme a découvert l’usage du bois, de la pierre puis du fer. Ce n’était qu’un début. Le vingtième siècle fait figure de point culminent, avec au moins deux guerres d’envergure mondiale et quantité d’affrontements localisés en une multitude de points chauds. La violence se déchaîne un peu partout. Les hommes portent l’uniforme par patriotisme parfois, par obligation souvent, jamais par plaisir. La guerre est un enfer dont personne ne sort indemne. Et puis, au siècle passé, alors que les moyens de communications étaient plus limités, les guerres pouvaient parfois permettre les rencontres improbables, rarement pacifiques mais les exceptions existent. C’est le cas pour ce petit groupe d’hommes et d’une femme qui font connaissance sur un champs de bataille et se retrouvent ensuite sur d’autres fronts, traversant l’histoire dans ses balbutiements sanglants, vivant leur propre histoire, tissant des liens de camaraderie, d’amitié, d’amour. Le propos des auteurs de n’apparaît pas clairement, même s’il se veut fondamentalement antimilitariste. Au-delà de l’idéal pacifiste, le message reste hermétique. Le graphisme approximatif et le découpage haché n’aident pas à dissiper ces brumes. « 20 ans de guerre », par Blary et Loiselet aux éditions Le Lombard, collection Signé.

 

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11/01/2011

Kriss de Valnor, T.1 (Les Mondes de Thorgal) : Je n’oublie rien / Sente, De Vita / Thorgal, T.32 : La Bataille d’Asgard / Sente, Rosinski / Le Lombard

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Depuis le renoncement de Jean Van Hamme au scénario de « Thorgal » et la reprise par Yves Sentes, toujours avec Rosinski au dessin, la série avait pris un tour nouveau, se focalisant sur le parcours de Jolan, le fils de Thorgal. Et c’est encore le cas avec ce nouvel album qui est la fin d’un cycle. La suite annonce le retour de l’enfant des étoiles à l’avant-scène. Ce chapitre de clôture des aventures de Jolan au pays des dieux nous réserve pas mal de chouettes moments. Nous y assistons aux querelles entre les dieux de l’Asgard, le royaume d’Odin, pour nous rendre compte qu’ils ne sont finalement pas si éloignés des hommes, que leurs motivations sont parfois tout aussi veules et qu’outre leurs pouvoirs c’est l’immortalité qui les différencie des humains. La droiture et le courage d’un petit homme viendront donc bien à bout de cette épreuve divine. D’autres ennemis sont bien plus dangereux. Kriss de Valnor compte parmi eux, bien que ce personnage recèle une forte ambiguïté. Une nouvelle série « séquelle » lui est consacrée. Kriss se retrouve dans l’au-delà, devant ses juges, et doit répondre de ses crimes, l’occasion de découvrir son enfance, la construction de son être, une femme torturée, volontaire, ténébreuse. « Je n’oublie rien », premier tome de « Kriss de Valnor », par Sente et De Vita ; « La Bataille d’Asgard », trente-deuxième tome de « Thorgal », par Sente et Rosinski, aux éditions Le Lombard.

 

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28/12/2010

Le Don, T.1 / Carnevale, Bartoli / Le Lombard

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Lorsque l’on évoque un don, on pense souvent aux contes de fées ou aux pouvoirs des super-héros. Il s’agit alors d’une faculté extraordinaire, bénéfique pour celui qui le possède. Rarement, le don est perçu comme une tare dont quelque pauvre malheureux serait affublé, qu’il serait forcé de porter comme un boulet, une encombrante propriété qui pourrait lui nuire jusqu’à le rendre fou. C’est cette conception à contre-pieds que X et Y ont choisi de privilégier. Leur héros souffre de percevoir les catastrophes qui vont arriver aux gens dont il croise le chemin et qui leur sont la plupart du temps fatales. Ce don horriblement traumatisant, il ne l’a pas pour lui-même. Il ne peut donc prédire l’heure de sa propre mort. Il n’empêche que cette particularité ruine ses relations sociales au plus haut point. Impossible pour lui de côtoyer quelqu’un sans être victime d’un flash de voyance. Ce don n’est pas franchement original à proprement parler mais le traitement qui en fait sort des sentiers battus. Ce premier tome installe le contexte, et essentiellement le personnage principal, mais ne révèle pas grand-chose encore de l’intention finale. Le châpitrage confère même à l’album un côté décousu un tantinet dérangeant. Heureusement, une fois passée cette impression, on accroche résolument. La suite est attendue avec intérêt : « Le Don », premier tome, par Carnevale et Bartoli, aux éditions Le Lombard.

 

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25/11/2010

Gauthier de Flandres / Nomade, T.1 / Dufaux, Xavier / Le Lombard

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Derrière une superbe couverture charpentée comme celle de la série « Croisades », un récit rudement attrayant nous dévoile certains faits liés à l’un des personnages de la série mère. On appelle ça un « sequel » et, bien souvent, ce genre de produit dérivé répond à un but mercantile. Rare sont les véritables sequels qui apportent un supplément d’âme à l’œuvre originelle. « Nomade » réussit à relever ce défi. Jean Dufaux y précise même dans sa préface que si l’imagination vient à manquer, si l’intérêt n’y est plus, et même si quatre tomes sont d’ores et déjà annoncés, il n’allongera pas la sauce inutilement. Ce premier tome se révèle savoureux à souhait. Nous y suivons d’abord Renaud de Châtillon et sa sœur qui escortent une charrette blindée renfermant une créature mystérieuse. Capturés par la secte des Assassins, le frère et la sœur sont secourus par le chevalier Gauthier de Flandres qui propose de les racheter. De périlleuses épreuves attendent cet homme au cœur noble mais tourmenté. Il ignore encore que sa route croisera celle d’une terrible guerrière qui scellera son destin. Excellente mise en lumière d’un des protagonistes de « Croisades », cet album nous offre une nouvelle occasion de nous extasier devant la maestria graphique de Xavier. En bonus : la genèse d’une page. « Gauthier de Flandres », premier tome de « Nomade », par Dufaux et Xavier, aux éditions Le Lombard.

 

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26/10/2010

Menace sur le fleuve / Bernard Prince, T.18 / Yves H., Hermann / Le Lombard

 

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Cette série a connu ses heures de gloire dans les années septante, puis les albums se sont espacés. Le dernier date de la toute fin des années nonante. Et aujourd’hui sort un nouvel épisode. C’est un peu comme si l’on soufflait sur des cendres pour en faire jaillir des flammèches et raviver un feu qu’on n’aurait pas vraiment envie de voir s’éteindre. Reste à savoir qui est ce « on ». Que l’éditeur souhaite exploiter une série au fort potentiel, c’est compréhensible. D’autant plus qu’Hermann fait partie des auteurs les plus appréciés dans la longévité. Quant à Hermann lui-même, il doit sûrement entretenir un sentimentalisme bien compréhensible pour ces personnages intègres, fonceurs et attachants. Le groupe est bâti sur un modèle qui a fait ses preuves : un héros beau gosse, Bernard Prince, un faire-valoir bourré de défauts vecteur d’humour, Barney Jordan, et un jeune protégé, un enfant indien nommé Djinn. Impossible de ne pas penser à Tintin, au capitaine Haddock et au jeune Tchang. Il n’y a aucune raison de bouder une recette qui marche. Autre recette éternelle : l’aventure dans toute sa pureté, avec des méchants pas beaux et sans ambiguïté. Et puis, l’exotisme, le dépaysement. L’ultime bonne raison de s’exalter, c’est bien sûr un dessin superbe. Voilà, vous êtes prêts à déguster et à décoder ce dix-huitième tome de « Bernard Prince », « Menace sur le fleuve », par Yves H. et Hermann, aux éditions Le Lombard.

 

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