22/10/2011

La horde des vivants / Reconquêtes, T1 / Miville-Deschênes, Runberg / Le Lombard

 

Avant d’ouvrir les pages de cette BD, il est utile de se replonger dans nos cours d’histoire et plus particulièrement en ce qui concerne le huitième siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, au cœur du continent indo-européen, plusieurs peuplades se livrent des guerres hégémoniques. Un ensemble de peuples nomades des steppes eurasiennes sont sur le point de se rassembler pour former la communauté des Scythes. Les Hittites, quant à eux, sont apparus en Asie Mineure de nombreux siècles auparavant. Ils ont une longue tradition guerrière. La civilisation hittite semble avoir été d'une grande tolérance, aussi bien religieuse que sociale, assimilant les dieux, mythes et rites des peuples conquis. C’est probablement cette ouverture d’esprit qui leur assura une belle longévité jusqu’à leur déclin au huitième siècle avant Jésus-Christ. Supposons que Scythes et Hittites se soient effectivement affrontés. Par contre, dans cette BD, le roi Hammurabi de Babylone s’en mêle, lui qui a vécu dix siècles plus tôt. Là, ce n’est plus crédible. C’est vrai que Hammurabi et son fameux code de lois est un personnage séduisant de l’Antiquité, réputé juste et inspiré. Abstraction faite de ces invraisemblances, l’intérêt du récit réside dans ces rites sanglants pratiqués en des temps obscurs. « La horde des vivants », premier tome de « Reconquêtes », par Miville-Deschênes et Runberg, chez Le Lombard.

 

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15/10/2011

Le montreur d’histoires / Zidrou, Beuchot / Le Lombard

 

Les contes africains constituent une littérature orale servant à transmettre les valeurs de la société dans laquelle ils sont contés. Le conteur doit avoir de l’éloquence, pour bien convaincre son public car tout conte est porteur de message. Cette tradition basée sur l’oralité reste encore très forte aujourd’hui dans certains villages africains mais tend à disparaître. Le conteur doit avoir de l’humour pour faire rire les personnes qui l’écoutent. Il doit savoir rendre son récit vivant, provoquer l’intérêt et de la motivation pour instruire en amusant. Les thèmes des contes africains sont extrêmement variés. Ils sont tous moralisateurs et peuvent aborder toutes sortes de sujets relatifs à la vie quotidienne. Même s'ils s'adressent à un public de tous âges, la plupart des contes comportent des situations difficiles pour permettre à l’enfant de prendre conscience des difficultés de la vie de tous les jours. Le conteur que nous suivons dans cette BD a été mutilé. Il anime des poupées au bout de ses moignons. Il retourne dans son village d’origine, bravant le grave péril qui l’y attend. La morale de ce conte africain qui n’en est pas vraiment un se veut porteuse d’espoir. Quat à l’histoire, elle a pour vocation de générer d’autres histoires, de susciter de nombreux débats. « Le montreur d’histoires », par Zidrou et Beuchot, aux éditions Le Lombard.

 

 

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12/10/2011

La douceur de l’enfer, T1 / Grenson / Le Lombard / coll.Signé

 

Olivier Grenson s’affirme en auteur complet pour aborder un thème rarement si pas jamais exploité en BD, les déserteurs américains lors de la guerre de Corée. Ce n’est pas un récit historique mais plutôt une quête des origines menée par Billy Summer, un jeune homme après le décès de sa grand-mère. Ses parents sont morts dans un incendie qui l’a terriblement traumatisé. Nous en apprendrons sûrement davantage dans le second tome de ce diptyque. Ses jeunes années ont une forte incidence sur sa façon d’appréhender le monde. Petit, il traçait des motifs qui l’emmenaient dans un imaginaire prolifique, une évasion onirique qu’il reproduit ensuite lorsque le spleen l’envahit. Billy vit des moments difficiles avec sa compagne Emily. Une grossesse interrompue, une communication défaillante, un zeste d’incompréhension jettent le trouble dans leur couple en construction. Billy honore la promesse faite à sa grand-mère d’assister à une cérémonie à Séoul suite à la découverte des restes de son mari disparu sur le front coréen soixante ans plus tôt. Ce voyage permet à Billy de faire le point. Il ne se doute pas des révélations déstabilisantes qui l’y attendent. Grenson se surpasse graphiquement et se révèle un scénariste de haut vol dans cet audacieux album. « La douceur de l’enfer », premier tome, par Olivier Grenson, aux éditions le Lombard, collection Signé.

 

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05/10/2011

Les lisières de l’ombre / La légende du Changeling, T4 / Dubois, Fourquemin / Le Lombard

 

Le Londres de l’époque victorienne inspire décidemment de nombreux raconteurs d’histoires. Quand on évoque ce lieu et cette période, c’est immédiatement l’image de Jack l’éventreur qui surgit à l’esprit. Ce terrible assassin incarne à lui seul toute la noirceur, le mystère, l’inquiétude, la rage meurtrière qui caractérise ce contexte si particulier. C’est d’ailleurs une série de meurtres de femmes qui tisse la toile de fond de cette BD. Scrubby est un gamin aux cheveux roux, un pauvre mioche orphelin qui tente de survivre dans cette épouvantable cloaque urbain. Scrubby n’a de cesse de retrouver le tueur pour lui faire payer le crime de sa bien-aimée. Mais de nouvelles épreuves attendent ce gamin attachant, apparemment né sous une mauvaise étoile. Scrubby serait un Changeling, c’est-à-dire un enfant non-humain qui aurait été placé par les êtres féériques en substitution d’un nouveau-né laissé un moment sans surveillance parentale. Cette croyance s’est surtout développée dans le folklore irlandais, écossais et des pays scandinaves. Cet épisode ne révèle rien des origines de Scrubby et ne constitue pas vraiment une étape dans son initiation à la vie. Il se contente de nous balader dans une chasse à l’homme et annonce par contre des développements inattendus pour la suite. « Les lisières de l’ombre », quatrième tome de « La légende du Changeling », par Dubois et Fourquemin, chez Le Lombard.

 

 

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02/10/2011

Pizza connection / Cosa Nostra, T4 / Clarke / Le Lombard

 

La mafia sicilienne n’aura plus aucun secret pour vous grâce à cette série didactico-humoristique. C’est du moins l’ambition de l’auteur qui nous avait déjà révélé tous les dessous de l’administration de George Bush Junior dans « Mister President ». Après l’élection de Barack Obama, il passé à la caricature d’un autre gros morceau de la corruption et de la violence, la Cosa Nostra, la mafia sicilienne pur jus. Le parrain ne pouvait qu’afficher les traits de Don Vito Corleone, tel qu’il était incarné au cinéma par Marlon Brando. Ce méchant typique est secondé par un fidèle homme de main judicieusement dénommé Abruto. Nous les suivons dans leurs occupations quotidiennes, du racket au règlement de compte sanglant. Et puis, le fondement de la mafia, c’est la famille. Il n’y a dès lors rien de plus important que d’assurer la succession en prodiguant de précieux conseils et une formation sérieuse à ses descendants. Ils doivent apprendre à mélanger correctement le ciment, que les cadavres ne remontent pas à la surface lorsqu’ils sont immergés. Ils doivent aussi maîtriser l’art du kidnapping sans bavure. Malgré la bonne tenue générale de cet album, la qualité baisse d’un cran (de sureté) par rapport aux précédents. Clarke semble nettement s’essouffler, peut-être suite à un séjour en eaux profondes, lesté d’un bon gros bloc de béton. « Pizza connection », quatrième tome de « Cosa Nostra », par Clarke, chez Le Lombard.

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30/09/2011

Le Bal / Carabosse, T1 / Minguez, Pona / Le Lombard

 

C’est dans les pages de quelques rares contes, dont le très célèbre « La Belle au bois-dormant », qu’apparaît la fée Carabosse. Contrairement aux autres fées, Carabosse se révèle animée de mauvaises intentions et jette une malédiction. Elle est représentée sous les traits d’une vieille femme méchante et laide, extrêmement bossue, d’où son nom de Carabosse, la fée aux trente-six carats, aux trente-six bosses. Dans la BD « Carabosse », les auteurs reprennent l’idée d’une fée et d’une malédiction mais ils détournent le personnage initiale pour la représenter jeune et jolie. De plus, si Carabosse jette, involontairement cette fois, des sorts maléfiques, c’est surtout elle qui est porteuse au premier chef d’une terrible malédiction. Carabosse est condamnée à mourir et à ressusciter éternellement. L’histoire commence dans les quartiers mal famés de Londres au milieu du dix-neuvième siècle et se poursuit de nos jours. Un scientifique au service d’un riche mécène parvient à faire surgir Carabosse du fond d’un puits. S’ensuivent une série de péripéties parfois téléguidées mais qui laissent heureusement une part de mystère à un récit qui semble vouloir décoller mais qui connaît certains balbutiements qui affaiblissent la dynamique de l’intrigue. L’esthétique sauve le tout avec un dessin agréable, joliment classique. « Le Bal », premier tome de « Carabosse », par Minguez et Pona, aux éditions Le Lombard.

 

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29/09/2011

Gargamel et les Schtroumpfs / Peyo / Le Lombard

 

Alors que sort sur les écrans le film des Schtroumpfs, avec une déferlante de produits labellisés, la série papier s’étoffe considérablement. Les albums se déclinent en diverses collections et en divers formats. Ces petits lutins bleus créés par Peyo sont au nombre de cent. Chacun d’eux possède sa spécificité, son rôle social au sein du groupe. Ils vivent dans un village perdu au fin fond d’une forêt touffue, au Pays Maudit. Les Schtroumpfs s’y sentent bien et vivent harmonieusement en communauté, vaquant à leurs occupations qui se résument à leurs marottes personnelles. Le Schtroumpf bricoleur bricole, le Schtroumpf grognon grogne, le Schtroumpf farceur fait des farces, et ainsi de suite. Et tous s’affairent à la réparation du barrage, leur seul véritable travail, au bénéfice de la collectivité. Leur ennemi mortel est un sorcier maladroit du nom de Gargamel. La plus grande menace qu’il leur ait occasionné consiste en la création de la Schtroumpfette, la seule femme du groupe, pour laquelle tous rivalisent et perdent la tête. Ce microcosme caricatural vit des aventures qui ont toutes pour objectif de rétablir l’harmonie en éradiquant la source du déséquilibre. Cette BD peut être lue avec autant d’intérêt par les enfants, public cible prioritaire, que par les adultes qui peuvent y déceler de remarquables analyses sociétales. « Gargamel et les Schtroumpfs », par Peyo, aux éditions Le Lombard.

 

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