08/07/2012

L’élève Ducobu révise un max / L'élève Ducobu, T.18 / Godi, Zidrou / Le Lombard

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L’élève Ducobu sort invariablement un album chaque année, stratégiquement aux alentours de la rentrée scolaire. Cette fois, c’est juste avant les vacances d’été. C’est que le thème affiché en dessin de couverture promet du dépaysement, ou à tout le moins une évasion hors de l’univers clos de la classe. Ca n’empêchera pas cet âne de Ducobu de briller pas sa sottise insondable. Mais avant de le voir exercer son art sur la plage, il nous faut encore subir ses frasques de tricheur compulsif tout au long d’un bon trois quarts de l’album. La qualité reste au même niveau, mais c’est justement cette stagnation qui commence à peser un peu sur le plaisir de lecture. Les auteurs semblent miser sur la sécurité, exploitant le filon avec parcimonie et vision au long terme, ce qui n’est pas critiquable en soi, mais au détriment manifeste de la surprise véritable. Leur andouille d’antihéros ne se renouvelle pas non plus dans ses astuces de fraudeur patenté, ce qui, en définitive, correspond bien au personnage. Son illustre prédécesseur Génial Olivier faisait preuve d’une inventivité et d’une maîtrise de la technologie de pointe qui force le respect tout en le discréditant dans son rôle de cancre. Car un cancre est par nature un abruti, un crétin congénital, ou presque, qui est intrinsèquement incapable d’apprendre, d’étudier, d’emmagasiner des connaissances. « L’élève Ducobu révise un max », par Godi et Zidrou, au Lombard.


M.Descornet

 

 

 

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07/07/2012

La douceur de l’enfer, T.2 / Grenson / Le Lombard / coll.Signé

 

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Billy Summer est un jeune homme perturbé par une histoire familiale tumultueuse. Sa grand-mère paternelle apprend, plus de cinquante ans après sa disparition, que les restes de son mari ont été découverts en Corée. Billy est invité à témoigner sur une chaîne de télévision comment son grand-père est mort en héros pendant la guerre de Corée. Un homme le contacte ensuite pour lui apprendre que son grand-père vit toujours, en Corée du Nord. Commence alors pour Billy un périple qui le mènera à une rencontre sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. D’abord revêche, l’homme qui se tient devant lui se confie petit-à-petit sur les événements et les motivations qui l’ont amenés à trahir l’Amérique et à abandonner sa femme enceinte, sans plus jamais donner de nouvelles. Cette histoire extrêmement travaillée adopte un point de vue narratif osé qui fait mouche de magistrale manière. Malgré un effroyable chemin de vie pour les protagonistes principaux, Olivier Grenson réussit a nous le raconter avec délicatesse, compassion et humanité, sans tomber dans le piège de l’émotif. La progression dépeint avec une grande justesse un vécu traumatisant, des blessures profondes, cruelles. « La douceur de l’enfer », deuxième tome, par Grenson, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

 

 

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05/07/2012

Double nature / Les Carnets de Darwin, T.3 / Runberg, Ocaña / Le Lombard

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Charles Darwin est un des plus grands naturalistes de notre temps. C’est lui qui a construit la théorie de l’évolution des espèces, ainsi que celle de la sélection naturelle. Depuis leur publication, ces théories n’ont cessé de subir les assauts de détracteurs, il faut bien le dire, un peu détraqués. Les plus farouches sont les créationnistes qui dépensent des fortunes pour diffuser aujourd’hui dans les écoles et centres culturels des ouvrages luxueux démontrant à coups d’arguments farfelus que l’homme est apparu sur terre tel qu’il est actuellement. Chez ces gens-là, on ne pense pas, on prie. Charles Darwin est le personnage principal de cette BD de fiction. Des attaques horribles sont commises dans une contrée éloignée d’Angleterre. Les victimes sont sauvagement lacérées et démembrées. Darwin est chargé de déterminer quel type d’animal peut ainsi semer la terreur. Cette tâche n’est pas aisée, tant les témoins sont rares ou affirment ne pas avoir pu distinguer la bête. De fait, le monstre tue à une vitesse vertigineuse et semble doté d’une intelligence tactique imparable.  Darwin fait également une découverte déstabilisante le concernant de près. Admirablement dessinée, cette série se conclut ici de fort plaisante manière, au terme d’un récit palpitant qui soulève quelques questions en demi-teinte. « Double nature », troisième tome des « Carnets de Darwin », par Runberg et Ocaña, aux éditions Le Lombard.

 


M.Descornet

 

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13/03/2012

Entre chien et loup / Les Temps nouveaux, T.2 / Warnauts, Raives / Le Lombard / coll.Signé

 

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La seconde guerre mondiale s’enfonce de plus en plus dans les anales de l’Histoire. Avec la disparition de la génération qui l’a vécue, elle fait de moins en moins partie de notre quotidien, si ce n’est à titre anecdotique ou dans un but de soutien narratif, où elle fait office de décor comme un autre. Plus inquiétant encore, elle fait office d’épouvantail à peu de frais, agité par des politiciens qui n’osent pas prendre leurs responsabilités. Car la guerre est permanente. Les armes tuent tous les jours dans le monde. La haine se déverse à flots perpétuels. Mais évoquer cette réalité d’ici et maintenant, c’est bien plus risqué évidemment. Revenons-en à la BD de Warnauts et Raives. Rare sont les ouvrages qui s’attachent à décortiquer ces événements pour ce qu’ils sont et à analyser leur impact sur la vie des gens qui les ont vécus. Là se situe le véritable acte de témoignage, honnête et franc. Ce diptyque installe d’abord les personnages et le contexte, alors que la guerre en est à son commencement. Puis, dans ce deuxième opus, la guerre s’achève. Les frustrations émergent au grand jour. Chacun tente de faire son examen de conscience. D’autres jugent et punissent. Tous doivent réapprendre à vivre et plus seulement à survivre. « Entre chien et loup », deuxième tome des « Temps nouveaux », par Warnauts et Raives, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

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08/03/2012

Nocturnes / Clarke / Le Lombard / coll.Signé

 

Nocturnes , Clarke , Le Lombard ,Signé

Clarke s’immerge de plus en plus dans le registre réaliste. Cet auteur s’était fait connaître avec des séries humoristiques telles que « Mélusine » et les « Histoires à lunettes », puis avec « Mister President » et « Cosa Nostra ». Il nous avait surpris avec le troublant « Luna Almaden », et plus récemment « Urielle », un récit très dur, empreint de spiritualité. Ici, dans « Nocturnes », Clarke déstabilise rapidement le lecteur en el plongeant dans un contexte réaliste. Nous découvrons les protagonistes et commençons à tenter d’identifier les liens entre eux, les tensions qui vont soutenir le récit. Mais nous n’en avons pas le temps car des éléments déstabilisants donnent une tournures étrange au déroulement de l’histoire. Alors que le décor promettait de vastes déplacements, les personnages se rapprochent inexorablement comme pour entamer un huis-clos à la Jean-Paul Sartre. C’est encore une fausse piste. L’enfer n’est pas nécessairement les autres dans le cas présent. Et c’est là que le lecteur se met à penser à une entité supérieure qui dicterait leur destin aux gens. Certains croient pouvoir endosser un costume de dieu tout puissant, créateur d’univers ; ce sont les écrivains. Il est bien connu que leurs personnages, une fois créés, existent par eux-mêmes. Leur créateur dispose pourtant toujours d’un pouvoir de vie et de mort. « Nocturnes », par Clarke, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


M.Descornet

 

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02/03/2012

Le piège de Bayreuth / Sherman, T.4 / Desberg, Griffo / Le Lombard

 

Jay Sherman est un homme d’affaires américain très en vue. Son fils se présentait aux élections mais a été victime d’un attentat meurtrier. Celui ou ceux qui l’ont tué menacent Sherman de détruire tout ce qui lui est cher, de tuer sa fille et de terminer par lui. Ils lui reprochent son passé et son implication dans le régime nazi. Il est vrai que de nombreuses zones d’ombre entachent sa vie et son parcours, sa montée sociale. A l’époque du Troisième Reich, à la veille de la seconde guerre mondiale, Jay Sherman était un jeune industriel ambitieux. Ils saisissait les opportunités et appliquait fort à propos l’adage qui dit que l’argent n’a pas d’odeur. On l’a ainsi vu prendre part à des manifestations culturelles aux côtés de la fine fleur du régime nazi. Il s’est également compromis avec un industriel allemand qui avait en vue de marier son fils à la fille de Jay Sherman. Mais celle-ci s’est amourachée d’un chanteur d’opéra, une romance qui finira mal. Cette description peut paraître un peu abrupte. Elle est à l’image de la BD elle-même. Stephen Desberg ne s’embarrasse pas d’interminables développements psychologiques. Il va à l’essentiel et se concentre sur l’efficacité de l’intrigue. Griffo a adopté une démarche similaire pour le graphisme. Admirablement construite, cette série constitue un honnête divertissement. « Le piège de Bayreuth », quatrième tome de « Sherman », par Desberg et Griffo, aux éditions Le Lombard.

 

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09/01/2012

Sybille, jadis / Croisade, T.6 / Dufaux, Xavier / Le Lombard

 

Il y a un démon en terre sainte. Les soldats chrétiens sont victimes de tueries en plein cœur de la cité. Une petite musique se fait entendre et se sont des dizaines de passants qui affluent et convergent vers le petit groupe de croisés qui fait son shopping. Très vite, c’est le massacre. Puis les assassins reprennent tranquillement leurs occupations. Cette scène se reproduit à plusieurs reprises. Le chef d’orchestre est un personnage hirsute qui se fait appeler Hakim le Noir. Il voue une haine indéfectible envers les envahisseurs venu d’Europe. Si cette histoire résonne étrangement à nos oreilles, près de dix siècles plus tard, c’est que nous ne pouvons pas nous empêcher de faire un parallèle avec les événements qui secouent le monde actuellement et plus particulièrement le terrorisme islamiste. George Bush évoquait d’ailleurs le terme de croisade dans sa rhétorique belliqueuse du bien contre le mal. Ici, le démon ne se nomme pas Ossama ben Laden mais le Quad’J. C’est une entité maléfique qui prend possession d’un corps et dispose de pouvoirs destructeurs effroyables. Un pouvoir destructeur d’une autre nature est incontestablement la séduction. Gauthier de Flandres attend justement sa séduisante sœur Sybille qui vient le rejoindre à Jérusalem. « Sybille, jadis », sixième tome de « Croisade », par Dufaux et Xavier, aux éditions Le Lombard.

 

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