12/05/2011

L’Arche de Noé a flashé sur vous / von Arx, Masson / Futuropolis

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Meetic® est devenu l’un des sites les plus consultés pour trouver l’âme sœur sur Internet. Léa, une jeune célibataire, compte parmi les plus ferventes visiteuses du site. Elle multiplie les contacts foireux, les frustrés à la libido animale, aux réparties navrantes, les dragueurs minables, les cas sociaux en tous genres qui plongent Léa dans un marasme affectif de plus en plus profond. Pour ne rien arranger, les copines de Léa vivent le parfait amour, accentuant sa détresse. Pour autant, Léa ne perd pas espoir. Sa persévérance se trouve peut-être récompensée lorsqu’un certain Noé flashe sur elle et se montre très entreprenant, au point de brûler les étapes. D’abord séduite, Léa se sent mal à l’aise avec le comportement à la fois avenant et intransigeant de son prince charmant numérique devenu amant en chair et en os. La réalité semblait de prime abord correspondre au profil virtuel du prétendant. Par contre, son entourage, fort envahissant, interpelle, inquiète, effraie. Sur un ton léger, ce récit nous immerge au cœur de l’univers des amours virtuelles. L’humour, présent par touches discrètes, donne le contrepoint à une insidieuse oppression qui va grandissant au fil des pages. Le dessin naïf traduit cahin-caha les ambiances hétéroclites de cette BD tant attachante que dérangeante. C’est pas un hymne à l’amour, plutôt un appel au calme. « L’Arche de Noé a flashé sur vous », par von Arx et Masson, aux éditions Futuropolis.

 

M.DESCORNET

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09/04/2011

Ciudad perdida / Au nom du fils, T.1 / Belin, Perrotin / Futuropolis

Ciudad perdida, Au nom du fils, Belin, Perrotin, Futuropolis

 La longue détention d’Ingrid Bétancourt a contribué à la prise de conscience d’une réalité quotidienne qui accable les Colombiens. Les enlèvements sont monnaie courante dans certains pays d’Amérique latine, avec la Colombie en tête. Les FARC se sont taillé une réputation non galvaudée de redoutables guérilleros. D’autres groupes se livrent aux prises d’otages. Ils les échangent contre rançon ou contre libération de leurs camarades, s’ils ne décident pas de les exécuter sommairement. La détention peut durer des jours, des semaines ou des années. Michel Garandeau est ouvrier et syndicaliste aux chantiers navals en France. Le jour où son fils Etienne se fait enlever par les FARC à l’autre bout du monde, son quotidien fait de sobriété et de routine s’en trouve brutalement bouleversé. Les premiers échanges avec les diplomates du gouvernement ne le rassurent pas et le décident à partir lui-même à la recherche de son fils. Michel prend conscience de la relation trop pauvre qu’il entretenait avec Etienne. Il se sentait assailli par l’incompréhension, et même la désapprobation, lorsque son fils était parti en année sabbatique au terme de ses études, investissant là cinq années de jobs d’été. C’est dans cette situation extrême que ce père adopte un autre point de vue sur la vie et ses priorités, ses valeurs essentielles. « Ciudad perdida », premier tome de « Au nom du fils », par Belin et Perrotin, chez Futuropolis.

 

M.DESCORNET

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14/02/2011

Tombé du ciel / Gaultier, Berberian / Futuropolis

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Certains moments dans notre existence revêtent une importance tout à fait particulière, tout simplement cruciale. Il ne suffit parfois pas d’être au bon moment au bon endroit, encore faut-il assurer et livrer le meilleur de soi-même, se lâcher et laisser parler son talent. Et quand la conscience ou la confiance en soi fait défaut, et que le clash s’invite au rendez-vous, notre vie s’en trouve irrémédiablement altérée. C’est ce qui arrive à Emile, un agent immobilier minable menant une vie médiocre. A quarante-cinq ans, il habite avec son fils chez ses beaux-parents, alors qu’il est séparé de sa femme. Emile ne vend pas beaucoup de maisons. Par contre, il y invite ses conquêtes féminines. Une nuit, il se fait surprendre par son patron qui flairait l’embrouille. Il va se faire virer quand un événement improbable se produit. Un intrus pénètre dans la maison. Le patron d’Emile s’apprête à tirer sur l’étrange créature tentaculaire qui dévalise le bar. C’est à ce moment qu’un éclair surgit et que de vrais ennuis vont déferler sur Emile, en même temps que de vrais changements, potentiellement bénéfiques. Un regard acéré sur les relations intrafamiliales, une réflexion douce-amère sur la marche du temps, un humour délicieusement noir, une narration fluide servie par un dessin attachant : le premier tome de « Tombé du ciel », signé Gaultier et Berberian est paru aux éditions Futuropolis.

 

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25/01/2011

La Guerre des Sambre / Automne 1768 / Werner et Charlotte, T.1 / Yslaire, Boidin / Glénat / Futuropolis

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Le premier album de « Sambre » a révolutionné le paysage graphique de toute une époque et a inspiré de nombreux jeunes auteurs. Le scénario original de Balac, repris ensuite par Yslaire en auteur complet, n’est pas en reste. Afin d’en exploiter toute la richesse, Yslaire dresse l’arbre généalogique de la famille Sambre, sur plusieurs générations. La légende dit que les origines des Sambre remonterait jusqu’à l’aube de l’humanité et qu’une guerre immémoriale les poursuit depuis lors. Werner et Charlotte en constituent l’un des jalons. Nous sommes au dix-huitième siècle. Un orphelin aux yeux rouges est introduit dans la bonne société par son bienfaiteur. C’est lors d’une réception que Werner fait la connaissance de Charlotte et de sa mère, une lignée caractérisée par des cheveux roux. L’attirance est quasiment immédiate, comme si le destin avait décidé de les unir malgré les arrangements de mariage prévu pour Charlotte. Il est inimaginable qu’elle fréquente un orphelin désargenté alors que son avenir, et particulièrement celui de sa mère, dépendent de son futur époux, un homme bien placé qui leur permettra de revenir dans les bonnes grâces de Versailles. Un graphisme soigné, irréprochable, une narration fluide et passionnante : « Werner et Charlotte », premier tome, par Yslaire et Boidin, aux éditions Glénat et Futuropolis.

 

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21/01/2011

La position du tireur couché / Tardi, Manchette / Futuropolis

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Jacques Tardi atteint un niveau d’excellence inouï dans le difficile exercice de la transposition du roman en BD. Il entretient une relation privilégiée avec Jean-Patrick Manchette, avec qui il avait déjà collaboré pour l’album « Griffu ». Ici, il s’agit d’une adaptation posthume puisque l’écrivain nous a quitté. Tardi donne corps de manière éblouissante à une histoire de tueur professionnel qui décide de raccrocher. En réalité, c’est un pauvre type pas très malin, même s’il connaît les ficelles du métier. Sitôt sa décision signifiée à son employeur, il rentre naïvement chez lui et s’apprête à se mettre au vert. Il se berce évidemment de douces illusions. On ne quitte pas ainsi une profession aussi lourde de responsabilités. Les truands n’aiment pas la désertion de leurs petits soldats, des reconvertis potentiellement menaçants, de mauvais exemple pour la relève. Il ne faut dès lors pas s’étonner de voir sa démission purement rejetée avec pour conséquence un contrat sur sa propre tête. Dans son style admirablement polar, Tardi nous emmène dans les pas de ce mort en sursis, à la recherche de son passé et des promesses d’un riant avenir qu’il y avait abandonnées. Désillusions, trahisons et bastons émaillent son chemin de loser qui abat ses dernières cartes sans stratégie. L’irrémédiable chute d’un homme qui avait tout misé sur des choix illusoires. « La position du tireur couché », par Tardi et Manchette, aux éditions Futuropolis.

 

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08/12/2010

Page noire / Giroud, Lapière, Meyer / Futuropolis

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Carson Mc Neal figure parmi les écrivains à succès promis à une longue vie dans la mémoire collective, contrairement à bien des succès éphémères qui inondent les rayons des libraires le temps d’une gloire aussi scintillante qu’illusoire, puis disparaissent aussitôt dans les limbes de l’inconnu. Carson Mc Neal se profile comme un écrivain à l’étoffe d’un Hemingway, un homme qui puise dans son vécu que l’on devine tourmenté une inspiration inépuisable, complexe et attrayante. Cet attrait, Kerry Stevens, une jeune critique littéraire, le ressent plus profondément que le commun de lecteur. Bien sûr, son métier et un regard entraîné lui laissent entrevoir tout le potentiel de Mc Neal, mais il y a là aussi une fascination déraisonnée qui va la pousser à dépasser certaines limites. Carson Mc Neal se retranche derrière un anonymat bien gardé. Rare sont ceux qui connaissent sa véritable identité et encore moins sa résidence. Kerry mène une enquête minutieuse et, à force d’audace, parvient à localiser l’écrivain ermite. Elle n’est pas déçue. L’homme se révèle d’agréable compagnie, même s’il dissimule une part d’ombre que l’on devine terrifiante. Cette très belle BD évoque avec beaucoup d’intelligence les dessous du processus de création littéraire, tout en nous proposant un polar surprenant et des personnages taillés au scalpel. « Page noire », par Giroud, Lapière et Meyer, aux éditions Futuropolis.

 

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15/11/2010

Notre mère la guerre / Deuxième complainte / Maël, Kris / Futuropolis

 

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La guerre des tranchées fait figure de farce sordide, immonde. Le première guerre mondiale, de quatorze dix-huit, fut une boucherie inqualifiable. Et une farce amorale. Les soldats envoyés au front dans des costumes bleu et rouge offraient des cibles parfaites aux Allemands tandis que les officiers menaient leurs petits soldats de plomb dans des opérations dénuées de sens, à l’encontre de toute stratégie. Le carnage a englouti une jeunesse entière. Près d’une siècle s’est écoulé depuis et il ne reste probablement aucun témoin direct vivant capable de transmettre la mémoire. Car la mémoire ne se lit pas seulement dans les livres d’histoire. Le tableau ne serait pas complet sans la parole de ceux qui ont vécu l’enfer. C’est à ces hommes réduits à l’état de chair à canon que rend hommage cette BD tout au long de pages d’une rare dureté et d’une terrible justesse. Et comme si le sang ne coulait pas déjà suffisamment, un assassin sévit. C’est ce meurtrier qu’est chargé de démasquer le héros de ce récit. Mais héros serait alors un terme galvaudé. Est-on un héros quand on exécute les ordres, même absurdes et crapuleux, ou plutôt quand on refuse un combat insensé et que l’on finit avec douze balles dans une peau de prétendu traître déserteur ? Une bouleversante BD servie par un dessin étonnant, parfaitement au diapason du scénario : « Notre mère la guerre. Deuxième complainte », par Maël et Kris aux éditions Futuropolis.

 

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