02/01/2012

Les meilleurs ennemis / Première partie :1783 – 1953 / David B., Filiu / Futuropolis

 

Les attentats du onze septembre ont soulevé beaucoup de poussières mais également de doutes et de suspicions. Les théories du complot ont vite émergé des décombres. Les liens étroits qu’entretient la famille Bush avec les Ben Laden ont alimenté les spéculations les plus audacieuses. Les relations entre les Etats-Unis et les pays arabes ont de tous temps été ambiguës. L’un des plus gros consommateurs de pétrole ne peut que s’entendre avec les principaux pays producteurs, même si l’amour et la haine se côtoient parfois de manière très tumultueuse. Jean-Pierre Filiu et David B. nous retracent l’histoire chaotique des échanges entre les Etats-Unis depuis qu’ils existent avec les pays arabes. Le premier opus de cette œuvre ambitieuse s’attarde à la période qui s’étend de la première intervention américaine en Lybie au coup d’état orchestré par les Américains en Iran. D’un ton sarcastique mais néanmoins fort pertinent et rudement bien documenté, les auteurs expliquent comment les premiers accords de paix se sont conclus, favorisant l’expansion du commerce. Ils focalisent particulièrement leur attention sur l’Arabie saoudite. Un épais ouvrage hautement recommandé si vous voulez comprendre un peu mieux le dessous des cartes de la diplomatie américaine au Moyen-Orient. Superbement illustré : « Les meilleurs ennemis », Première partie :1783 – 1953, par David B. et Filiu, aux éditions Futuropolis.

 

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28/11/2011

Tombé du ciel, T.2 / Berberian, Gaultier / Futuropolis

 

Il y a trois personnages principaux dans cette BD atypique. Il ya d’abord Emile, le quadragénaire médiocre, puis il y a Boris, l’extra-terrestre, et enfin il y a Emile, jeune musicien plein d’ambition. Entre les deux Emile, vingt-huit ans se sont passés, vingt-huit années qui ont vu les rêves se transformer en regrets et les belles ambitions devenir de vagues souvenirs. Même le coup de foudre amoureux du jeune Emile du passé s’est transformé en fiasco sentimental. Boris l’extra-terrestre fait irruption dans la vie d’Emile du présent. Evidemment, les embrouilles vont commencer. Emile assiste à la désintégration de son patron par son nouvel ami venu d’une autre planète. Il ne peut l’accepter même si son boss, un type abject, l’a bien mérité. Boris ramène donc la victime à la vie, mais avec une petite erreur de montage. Il a désormais la tête à l’envers. Cette situation, quoique cocasse, va ameuter les forces de l’ordre qui vont serrer de près les allées et venues d’Emile. Justement celui-ci s’apprête à effectuer un retour dans le passé grâce à Boris. Il va y découvrir ce moment clé qui a fait basculer sa vie vingt-huit ans plus tôt. Il y a eu un braquage et Emile a été tué. Cette intrigante histoire a des allures d’enquête policière sociologique abracadabrante mâtinée de science fiction. Le plus remarquable, c’est que la sauce prend. « Tombé du ciel », tome deux, par Berberian et Gaultier, aux éditions Futuropolis.

 

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23/10/2011

La faute aux Chinois / Ravard, Decoudray / Futuropolis

 

Louis est un ouvrier peu qualifié. Il décapite les poulets à la chaine. Sa petite existence tranquillement banale va prendre un tour nouveau à partir du jour où il défend Suzanne, la secrétaire du patron et sœur du contremaître, Jean-Claude. Sous le charme, Suzanne répond aux avances de Louis. Leur idylle se raffermit sous la surveillance étroite et très rapprochée de Jean-Claude. Les temps sont durs alors que parallèlement les besoins se font plus présents et plus nombreux. Pour augmenter son pouvoir d’achat, Louis accepte une proposition lucrative de Jean-Claude. Il s’agit ni plus ni moins que de pratiquer ce en quoi il excelle mais à une autre échelle. Au lieu de trucider des poulets, ce sont des humains qui passent sous sa lame. Louis se montre vraiment doué dans ce boulot. Il n’y place aucun sentiment, seulement l’amour du travail consciencieusement exécuté. Il s’initie à d’autres outils destinés à des situations variées, qui nécessitent soit une mort rapide soit l’obtention de renseignements, soit de manière plus basique le simple choix de faire durer le plaisir. Sa petite entreprise ne connaît pas la crise ni le péril jaune, les délocalisations en Chine. Cette BD interpelle mais il est malaisé de cerner l’intention des auteurs au-delà d’un captivant moment de lecture. « La faute aux Chinois », par Ravard et Decoudray, aux éditions Futuropolis.

 

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22/10/2011

La belle image / Bonin / Futuropolis

 

C’est un vrai bonheur de lire une histoire servie par le trait sensible et élégant de Cyril Bonin. Il crée des ambiances très personnelles, riches en expression et en même temps d’une légèreté subtile en un bel équilibre semi-réalisme. Les superbes couleurs aux tons chaleureux viennent compléter et consolider la belle harmonie qui se dégage de son travail. Après « Chambre obscure », un diptyque original et réussi, il adapte « La Belle image », un roman fantastique et ironique de Marcel Aymé. C’est l’histoire peu ordinaire de Raoul Cérusier, un homme a priori on ne peut plus ordinaire, un bourgeois vivant d’habitudes et de petits succès professionnels juste suffisants pour lui donner l’illusion de vivre intensément. Un jour, son visage s’est subitement métamorphosé. Raoul, qui avait un physique anodin, est devenu redoutablement séduisant. Le regard des femmes sur lui a radicalement changé. Les occasions de tromper sa femme se multiplient mais Raoul résiste tant bien que mal à la tentation. Dans son esprit va pourtant germer une idée saugrenue. Méconnaissable, il envoie son ancien moi en voyage d’affaire précipité et endosse un nouveau moi. Il élabore un plan destiné à conquérir le coeur de sa femme et de reprendre sa place au sein de sa famille, de ses enfants. Un récit qui pointe les faiblesses humaines tout en montrant une grande indulgence. « La belle image », par Bonin, aux éditions Futuropolis.

 

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21/10/2011

L’histoire secrète du géant / Kindt / Futuropolis

 

Craig Pressgang est un géant, un de ces humains hors normes qui ne peuvent en aucun cas vivre une existence banale, ou alors au prix d'énormes efforts. Car le gigantisme est un handicap du, dans le cas de Craig, à une sécrétion excessive de l'hypophyse, une glande située dans la partie inférieure et antérieure du cerveau. L'hypophyse produit des hormones de croissance. Au quotidien, outre la difficulté de se vêtir, Craig se heurte à de nombreux écueils, à la raillerie de ses camarades de classe ou le regard appuyé de monsieur et madame tout-le-monde. Et puis, impossible de trouver un logement adapté. Et pour se nourrir, ses besoins énergétiques dépassent de loin la moyenne. Pour lui, vivre exige d'importantes ressources. Heureusement, Craig fait la rencontre de Jo, une jeune fille qui l'accepte tel qu'il est et qui devient son épouse. Ils ont un enfant, une fille. Mais la famille connaît au fil du temps de grave problèmes de communication, car Craig continue de grandir. Il atteindra une hauteur de trois étages. Son système nerveux ne transmettra plus les influx qu'avec retard, le mettant en perpétuel danger, à la merci des blessures infectées et de la nécrose. Ses tympans ne perçoivent plus les vibrations des voix de ses proches, et il doit chuchoter pour ne pas les rendre sourds. Une histoire touchante, hymne à la vie et à la différence. Superbe. « L’histoire secrète du géant » par Matt Kindt, chez Futuropolis.

 

 

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12/10/2011

Un sac de bille / Kris, Bailly, Joffo / Futuropolis

 

Il s’agit là de l’adaptation en BD d’un best seller de la littérature qui s’est vendu à plus de vingt cinq millions d’exemplaires. En 1941, Paris est occupé par les nazis. Les juifs sont forcés de coudre une étoile jaune sur leurs vêtements. La pression monte. L’étau se resserre. La plupart des Juifs espèrent encore. De plus en plus sentent qu’il est temps de se protéger, de tenter de se mettre à l’abri. Les parents de Maurice et Joseph Joffo décident d’envoyer seuls leur deux jeunes adolescents rejoindre leurs grands frères en zone libre. Les deux gamins doivent franchir la ligne de démarcation sans papiers, en proie à de multiples dangers. Ils vont devoir faire preuve de débrouillardise. Dans ce récit autobiographique, l'auteur raconte sa propre enfance de façon captivante, donnant à ce périple une résonnance particulière, comme un hymne à la liberté, à l’amour et à la paix. C’est évidemment le subtil point de vue pris par l’auteur qui rend cette œuvre si attachante. Le regard d’enfant, candide mais pas naïf, épargné par la haine, tout entier dévolu à la survie, intuitive, instinctive. Elle s’exprime avec splendeur et simplicité. Parler d’adaptation en BD est réducteur. Cette BD s’affirme résolument comme une interprétation, fidèle et respectueuse, qui conserve toute l’intensité du roman. « Un sac de bille », par Kris et Bailly, d’après Joffo, aux éditions Futuropolis.

 

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14/05/2011

Voyage aux îles de la désolation / Lepage / Futuropolis

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Les îles Kerguelen sous administration française forment un archipel perdu au sud de l’océan Indien, à plus de trois mille trois cent kilomètres de toute terre habitée. Elles n’ont été découvertes qu’au dix-huitième siècle. Inhabitées, elles constituent une des plus importantes réserves naturelles au monde. Balayées en permanence par des vents violents et froids, aucune communauté humaine ne les peuple si ce n’est une armada de scientifiques et les techniciens et logisticiens qui les accompagnent. Ces conditions climatiques extrêmes leur ont valu le surnom d’îles de la désolation. Ravitailler ces îles représente une expédition périlleuse, un voyage éprouvant pour des marins aguerris. Rare sont les voyageurs qui les accompagnent pour d’autres motifs. Rare sont aussi les possibilités d’embarquer à bord du Marion Dufresne, un paquebot ravitailleur de taille imposante. Emmanuel Lepage, à force de patience, a eu cette opportunité. Pendant plusieurs semaines, sont carnet de croquis s’est rempli des innombrables images qui se sont offertes à lui. Le résultat est un objet de toute beauté, à la fois plaidoyer humaniste et ôde à la nature sauvage. C’est aussi un magnifique carnet de voyage en BD, superbement illustré, qui, loin de nous laisser un sentiment d’affliction, nous laisse béat. Un monde certes rude, mais authentiquement enchanteur. « Voyage aux îles de la désolation », par Lepage, aux éditions Futuropolis.

 

M.DESCORNET

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