24/08/2010

La Pierre du matin blanc / Valentine Pitié, T.1 / Benn / Dargaud

 

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André Benn, dessinateur notamment de Mic Mac Adam et de Woogee, se lance en auteur complet dans la réalisation d’un diptyque et Arctique. C’est l’histoire particulière de Valentine Pitié, une jeune femme partie dans le grand nord en compagnie de ses parents. C’est une sorte de pèlerinage que le papa voulait effectuer sur les terres qui ont vu le début de leur fortune. La maman n’y était pas favorable, probablement à cause de cette légendaire intuition féminine. Car les événements étayent ses craintes. Valentine se retrouve seule, à la merci de la faim et du froid. Un Inuit du nom de Yakupi la recueille au seuil de la mort. Elle devient sa deuxième compagne. Commence dès lors pour elle un parcours initiatique complet, allant des mœurs sexuelles aux techniques de chasse en passant par les codes relationnels en communauté. André Benn s’attarde parfois longuement sur certains aspects, prenant le contre-pied des récits au rythme effréné. Il est vrai que les vastes étendues glacées incitent à la quiétude. Pourtant la violence est bien présente. Il y a l’environnement, rude, et puis les hommes, endurcis. Certains comportements nous semblent choquants, selon nos codes de référence à nous. Le second tome nous permettra certainement une instructive comparaison avec la soi-disant civilisation. « La Pierre du matin blanc », premier tome de « Valentine Pitié », par Benn, aux éditions Dargaud.

 

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20/08/2010

Le Masque de la vérité / Le Scorpion, T.9 / Desberg, Marini / Dargaud

 

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Cette série fête ses dix ans d’existence avec un album d’assez bonne qualité qui vient confirmer la remise en forme salvatrice intervenue au niveau du scénario depuis deux ou trois albums. La série avait en effet connu un passage à vide, quelques albums moins bien construits, signes d’essoufflement après les tout premiers épisodes. Le dessin de Marini reste pareil à lui-même, toujours magnifique, sensuel et puissant à la fois. Nous retrouvons le cardinal Trebaldi dans sa chasse à l’homme acharnée pour tuer le Scorpion. Nous savons que le Scorpion n’est autre que son propre fils, fruit du péché qu’il tente par tous les moyens d’effacer. Mais l’animal ne se laisse pas écraser si facilement. Son dard mortel frappe sans faillir. Le théâtre de cette lutte impitoyable, c’est Rome, la majestueuse cité aux décors de rêve pour cette fresque haut en couleurs. L’action est omniprésente. Les scènes de combats ou d’intrigues se succèdent à un rythme d’enfer et se disputent la vedette avec des dialogues cousus main, on serait même tenté de dire brodés. Le récit en devient vraiment attractif. Les auteurs semblent se libérer d’un lourd fardeau, de trop de non-dits. Mais ici les masques tombent pour dévoiler toute la vérité. Visiblement, beaucoup de soin a été apporté et le résultat s’en fait sentir. « Le Masque de la vérité », neuvième tome du « Scorpion », par Desberg et Marini, aux éditions Dargaud.

 

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04/08/2010

Luck / Falardeau / Dargaud

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Luck, c’est le diminutif de Jean-Luc, un graffeur sachant graffer, mais que des crânes. Luck n’arrive pas à se les sortir de la tête. Les crânes sont le seul motif qu’il parvienne à dessiner, comme un leitmotiv obsédant. L’obsession de Luck, c’est pourtant Julie. Mais Julie est inaccessible. Luck n’a jamais réussi à lui adresser la parole. Un jour, il trouve l’occasion de s’approcher d’elle, juste de s’approcher, pas encore de lui parler. Luck reluque des annonces pour des chatons à vendre, histoire d’occuper une place stratégique à quelques pas de Julie. Mais alors qu’il se concentre sur les chats, Julie l’interpelle. Décontenancé, Luck perd ses moyens et broubele quelques mots. Ridicule le Luck ! EN se retournant avec maladresse, il bouscule Gabrielle, une membre du club de basket, dont il renverse le café. De là va naître un certain bouleversement dans sa vie d’adolescent immature. Cette BD dessinée dans un style graphique très épuré s’annonce comme un one-shot alors que la fin reste ouverte et nous laisse donc sur notre faim. Le style, tant graphique que narratif, s’apparente au genre Shôjo manga pour jeunes filles pré pubères. Un format de poche, comme les mangas, aurait dès lors été pleinement justifié, d’autant plus que le graphisme s’y prête admirablement. « Luck », une BD gentillette, sans prétention aucune, signée Michel Falardeau, aux éditions Dargaud.

 

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28/07/2010

Avant minuit / Belleville story, T.1 / Malherbe, Perriot / Dargaud

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Belleville, c’est le quartier chinois de Paris. Dans ce microcosme règne la loi des triades, les maffias de Chine et de Hong Kong, aux méthodes plus cruelles et radicales que les siciliennes ou napolitaines. C’est là que Freddy travaille. Freddy est une ordure, un sale type qui rackette quelques commerçants et pauvres désoeuvrés pour le profit d’un proxénète polonais. Freddy trempe dans pas mal de magouilles bien crades. Une nuit, il doit procéder à un deal très dangereux. Il s’agit de refourguer des équipements électroniques à une bande rivale, des caïds qui ne plaisantent pas. La livraison va vite tourner mal. Le sang va couler. Car la marchandise que renferme la camionnette n’est pas celle qui était prévue. Une vingtaine de clandestins chinois s’y entassent. Freddy et son boss prennent la fuite avec la cargaison qu’ils vont livrer à un maffieux chinois. C’est alors que débarque un certain Monsieur Zhu qui est là pour trouver quelqu’un. Freddy va se retrouver au cœur d’une histoire bien complexe, coincé entre des caïds tous plus méchants les uns que les autres, chargé d’éliminer Monsieur Zhu. Mais Freddy joue de malchance et le temps passe. Ses relations avec Monsieur Zhu s’intensifient, jusqu’à en devenir presque amicales. Freddy risque gros s’il n’honore pas le contrat. Un polar rythmé, intense et réaliste : « Avant minuit », premier tome de « Belleville story », par Malherbe et Perriot, aux éditions Dargaud.

 

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28/06/2010

Renaissance / Grand Prix, T.1 / Marvano / Dargaud

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Rudolf Caracciola et Bernd Rosemeyer sont deux pilotes de courses qui ont écrit quelques unes des plus belles pages du sport automobile. Mais ce sont des pages très polémiques, car elles émanent des relents nauséabonds, ceux du nazisme. Au début des années trente, l’Allemagne connaît une poussée de fièvre fasciste. Le parti nazi s’impose. Adolf Hitler nourrit de noirs desseins. Il veut asseoir la suprématie nazie dans tous les domaines. L’un des plus spectaculaires est bien entendu celui des monstres rugissants, les bolides au volant desquels des homes défient la mort à chaque tournant. Les circuits sont hautement mortels. Les normes de sécurités importent peu. Seul compte l’exploit. Il faut aller toujours plus vite, quel qu’en soit le prix. Les compétitions attirent les foules qui se pressent par milliers pour assister aux courses. Hitler compte utiliser cet engouement à des fins de propagande. Ses instruments seront les pilotes. Rudy et Bernd, s’ils veulent continuer à rouler sous couleur allemande, devront se plier au dictat nazi. Leur engagement forcé ne présume en rien de leurs convictions idéologiques. Il y a là matière à une réflexion comparable à celle sur la participation d’Hergé au Soir volé pendant l’occupation. Le dessin épuré et fluide se marie superbement à une narration docu-fiction historique. Une BD bien dosée : « Renaissance », premier tome de « Grand Prix », par Marvano, aux éditions Dargaud.

 

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22/06/2010

Le Labyrinthe d’émeraude / Long John Silver, T.3 / Lauffray, Dorison / Dargaud

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Cet album, comme les précédents de la série, est tout bonnement sublime. Le dessin, les couleurs, la mise en page, la progression de l’intrigue, la profondeur et l’authenticité des personnages, le rendu fidèle des lieux et des situations… sont autant d’éléments qui nous entraînent dans ce récit haletant, inspiré par le diable en personne dans une narration fluide et prenante, d’une maîtrise démoniaque. Le personnage central est Long John Silver, un pirate créé par Robert Louis Stevenson dans son roman « L’Île au trésor », un pilier du récit de piraterie et que l’auteur décrit comme un grand gars, brillant, aux épaules massives avec une béquille, incroyablement intelligent, et avec un rire qui roulait comme de la musique et une vitalité inimaginables. Long John Silver paraît sympathique de prime abord, mais la noirceur de son âme se révèle lorsque les événements basculent. Il devient alors un impitoyable assassin sanguinaire. Parti à la recherche du mari de Vivian Hastings et d’un fabuleux trésor au fin fond de l’Amazonie, Silver et ses acolytes s’enfoncent dans l’enfer vert, dont personne n’est jamais ressorti. Les auteurs s’approprient une figure emblématique de la piraterie avec un grand respect et lui donne même une épaisseur supplémentaire. Une superbe fresque : « Le Labyrinthe d’émeraude », troisième tome de « Long John Silver », par Lauffray et Dorison, aux éditions Dargaud.

 

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16/06/2010

Chroniques diplomatiques / Quai d’Orsay, T.1 / Blain, Lanzac / Dargaud

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Alexandre Taillard de Worms est Ministre des affaires étrangères au Quai d’Orsay. Il vient d’engager Arthur Vlaminck, un nouveau conseiller qu’il charge de rédiger ses discours et de participer activement aux réunions de Cabinet. Pour ce jeune inexpérimenté, c’est la douche froide. Il entre de plain pieds dans un monde à la fois fascinant, porteur de projets et d’avenir, dans les coulisses du pouvoir, là où le destin d’un grand pays se construit en temps réel. Mais c’est aussi le royaume des contrariétés, du petit esprit, des mesquineries et des bassesses les plus exécrables. Chacun tente de se mettre en avant, au détriment des autres, jusqu’au ministre qui bouscule ses collaborateurs et les pousse jusque dans leurs derniers retranchements, peu importe le prix à payer pour eux. Car la politique exige une réactivité de chaque instant. Les discours sont sans cesse retravaillés, en fonction des événements ou des influences exercées sur le ministre. La vie au Cabinet ressemble à une opération de survie en plein ouragan, une interminable lutte contre de perpétuelles bourrasques. Et pourtant, malgré ses allures d’illuminé fantasque, le ministre sait parfaitement où il va. Il garde son cap. C’est ce qui fait le talent des grands hommes. Cette BD, bien qu’ostensiblement caricaturale, sonne juste. Le dessin de Blain, d’une époustouflante vitalité, magnifie les dialogues inspirés de Lanzac. « 
Quai d’Orsay », aux éditions Dargaud.

 

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