24/07/2012

Le grand large / Shrimp, T1 / Donck, d'Aoust, Burniat / Dargaud

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Albert tient un petit resto dans un quartier modeste. Il s’est fait une spécialité des croquettes de fromage aux crevettes. Albert, de nature timorée, s’est entiché d’une jolie asiatique qui habite non loin de son resto. Un soir, alors que la belle lui fait le plaisir de pousser la porte de son établissement, Albert se décide à lui faire sa déclaration. Mais un élément perturbateur s’immisce entre eux, le copain officiel. Par un terrible concours de circonstances, Albert se retrouve pourtant embarqué à bord d’un navire de croisière en compagnie de l’élue de son cœur. Le seul souci, c’est que tous les passagers, et d’ailleurs aussi les membres de l’équipage, sont chinois. Albert fait un peu tache. Son expertise en matière de croquettes de fromage aux crevettes va lui sauver la mise. Joyeusement décalée, cette histoire pétulante et gouleyante nous emmène vers des horizons insoupçonnés. Les édinautes qui ont contribué au projet ne s’y sont pas trompés. Car cette BD a été financée grâce par son public via le site de participation My Major Company, associé à Dargaud et qui concurrence conceptuellement les éditions Sandawe. Ces trois auteurs, pour leur première BD, s’inscrivent dans le courant humoristico-social de la nouvelle génération d’auteurs dont le fer de lance est Manu Larcenet. Une attachante surprise : « Le grand large », premier tome de « Shrimp », par Donck, d'Aoust et Burniat, aux éditions Dargaud.

 

 


M.Descornet

 

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17/07/2012

Le cargo maudit / Tramp, T10 / Kraehn, Jusseaume / Dargaud

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Depuis l’invention du radeau de fortune, la circulation des personnes, des biens et des marchandises par voie maritime occupe une part essentielle dans la vie du monde et la marche du progrès. Les dockers l’ont bien compris. Leurs revendications associées à des arrêts de travail ont marqué l’histoire syndicale et ont engrangé des avancées sociales certaines. Dans ce dixième album de « Tramp », Yann Calec a racheté un cargo et s’apprête à devenir son propre commandant. C’est une étape importante de son évolution. Mais pour franchir ce pas décisif, il doit recruter un équipage et décrocher un contrat. Ce n’est pas une mince affaire. Les gros affréteurs n’apprécient pas qu’on marche sur leurs plates-bandes et se montrent prêts à tout pour conserver la mainmise sur le port. Yann rencontre de grosses difficultés pour composer son équipage, et ceux qu’il parvient à embaucher, bien qu’ils lui inspirent confiance, sont des gars pas faciles, qui tirent parfois des vieilles casseroles derrière eux. Pour ne rien arranger, un meurtre rituel a eu lieu à quai à bord du navire de Yann, et on n’a pas encore identifié le coupable. Cette série se recentre admirablement sur son univers de prédilection, le microcosme marin, et développe une intrigue palpitante de bout en bout. « Le cargo maudit », dixième tome de « Tramp », par Kraehn et Jusseaume, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

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16/07/2012

Le protocole Pélican, T.2 / Ponzio, Marazano / Dargaud

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Ce n’est que le deuxième album de cette série et on a l’impression d’en avoir déjà lu plusieurs. L’intrigue est particulièrement fouillée et dense. Une douzaine de personnes sont enlevées et séquestrées sur une plateforme isolée en haute mer. Leur environnement carcéral est rigoureusement pensé, de la cadence des moments de détentes ou d’interrogatoires à la terminologie qualifiant le moindre aspect de leur réalité imposée. Une équipe de chercheurs les surveille, les interroge et analyse leurs comportements. Il s’agit donc d’une expérience, d’autant plus que rien ne laisse deviner sur base de quels critères ces cobayes humains ont été sélectionnés. L’objectif de cette expérimentation reste obscur, hermétique. Peut-être que la référence au pélican peut nous donner des indications. Cet oiseau particulier au gosier réservoir symbolise l’amour paternel qui nourrirait soi-disant ses petits de son propre sang. En tant que blason, comme il figure sur l’écusson dans la BD, le pélican se perce le cœur avec le bec. Voilà qui ne nous éclaire pas davantage. Nul doute pourtant que Richard Marazano nous a concocté une révélation ébranlante dans les pas des expériences de Conrad Lorenz sur la soumission à l’autorité. C’est ce qui transparaît dans cette excellente série qui n’a pas fini de nous étonner. « Le protocole Pélican », tome deux, par Ponzio et Marazano, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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13/07/2012

Le lion de Nubie / L’expédition, T1 / Frusin, Marazano / Dargaud

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L’empire romain occupait l’Egypte et devait faire face à de nombreuses menaces, surtout les tentatives belliqueuses des sultans locaux pour reconquérir les terres perdues. C’est dans ce contexte historique tourmenté que le légionnaire Marcus Livius fait une découverte fascinante : un cadavre desséché à bord d’une embarcation qui s’échoue sur la berge du Nil. Ce cadavre porte de riches parures. A ses côtés, il y aussi des bijoux, de l’or et des statuettes sculptées avec raffinement. Leur origine n’est pas connue des Romains et attise leur intérêt. Cependant, il n’est pas possible de monter une expédition vers ces terres inconnues, prometteuses de richesses. Toutes les ressources sont mobilisées pour mater les révoltes. Le centurion Caïus Bracca décide alors de lancer officieusement dans l’aventure le légionnaire Marcus Livius et une dizaine d’hommes triés sur le volet. Ils seront néanmoins considérés comme déserteurs. Leur retour glorieux devrait ensuite les amnistier. Ce petit groupe se compose de têtes brûlées au foutu caractère mais qui n’ont pas froid aux yeux. Marcus Livius nourrit une fascination toute particulière pour une statuette qu’il dissimule dans sa tunique. Cette quête antique nous prédit d’enthousiasmants développements dans un superbe style graphique hyperréaliste. « Le lion de Nubie », premier tome de « L’expédition » par Frusin et Marazano, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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06/07/2012

Pied-de-fer / Asgard, T1 / Dorison, Meyer / Dargaud

 

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Les Vikings ont toujours suscité de l’intérêt auprès du public et des raconteurs d’histoires. L’une des plus belles réussites en BD est incontestablement « Thorgal ». Avant de parler des « Mondes de Thorgal », série dédiée à certains personnages secondaires, ouvrons les pages de « Asgard », une épatante immersion dans cet univers des brutes du Nord. « Asgard » est l’histoire d’un homme né avec une jambe atrophiée, mais que son père n’a pas pu éliminer à la naissance, comme c’était de coutume chez les Vikings, et a même prénommé Asgard, du nom du domaine des dieux qui lui est refusé. Une quarantaine d’années plus tard, Asgard est devenu chasseur de monstres. Il vit reclus, solitaire et bourru, à l’écart du village. Justement une créature marine coule tous les navires qui tentent de partir en mer. « Asgard », par ses qualités, pourrait s’inscrire dans les « Mondes de Thorgal », série qui clôture une rétrospective sur la vie de Kris de Valnor. On y apprend les circonstances qui ont fait d’elle une tueuse redoutable et pourtant complexe, attachante, fragile. Elle est morte et se trouve ici confrontée au jugement suprême. « La sentence des Walkyries », deuxième tome de « Kris de Valnor », par Sente et De Vita, aux éditions Le Lombard. Autre BD indispensable : « Pied-de-fer », premier tome de « Asgard », par Dorison et Meyer, chez Dargaud.

 


M.Descornet

 

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22/06/2012

Fraternity / Diaz Canales, Munuera / Dargaud

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Jose-Luis Munuera est assurément dans son élément avec cette BD qui attire le regard et convaincra les lecteurs qui veulent un dessin léché de haute qualité. Un bon dessin sans une bonne histoire, c’est comme du chocolat sans cacao. Juan Diaz Canales allie avec harmonie tous les ingrédients qui font justement une bonne histoire. Une dose de mystère, de la violence pas gratuite, des tensions au sein d’une communauté d’hommes et de femmes qui veulent réaliser un idéal mais ne s’en donnent pas vraiment tous les moyens, un climat social délétère, propice à la résurgence des individualismes, un modèle organisationnel en bout de souffle, quelques fortes têtes, le tout bien tassé entre une forêt habitée par un démon et un labyrinthe rocheux ; ajoutez-y un contexte bien flippant du style la guerre de sécession et vous obtenez un récit captivant à souhait, surtout quand c’est un alchimiste de talent qui donne vie à ce mélange. Les protagonistes sont subtilement travaillés et possèdent tous leur part d’ombre et de lumière. Cette BD fait mouche tant elle se structure sur un postulat tout simple qui est condamné à l’échec tel que chacun d’entre nous peut l’expérimenter. L’être humain tente de vivre en harmonie avec ses semblables mais le démon qui sommeille en nous prend inévitablement le dessus. « Fraternity », par Diaz Canales et Munuera, aux éditions Dargaud.

 


M.DESCORNET

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14/03/2012

Empire USA / Saison 2 / Desberg, Reculé, Queireix, Griffo, Mounier, Juszezak, Koller / Dargaud

 

A la façon d’une série télé, cette série BD boucle une histoire en six tomes et en trois mois. Le lecteur n’a pas le temps de souffler et il reçoit exactement ce qu’il attend. Le rythme de parution n’est pas le seul élément comparable. Le découpage du récit et la multiplication des personnages répondent aussi à une certaine logique télévisuelle. La différence la plus évidente est le style graphique. Pour arriver à un tel tir groupé, il a fallu confier le dessin à plusieurs auteurs, dont les univers se rapprochent certes, mais qui conservent bel et bien leurs particularités. Ceci donne un aspect un peu patchwork mais il ne nuit heureusement pas ni à la fluidité ni à la cohérence de l’ensemble. Jared Gail reprend du service après la première saison qui lui a laissé quelques cicatrices psychiques. Il reprend du service mais plus pour la CIA. C’est un oligarque russe qui l’a engagé comme garde du corps. Son ami Duane a aussi emprunté une voie similaire. Mais son parcours ne lui porte pas chance. Duane est tué alors qu’il semble sur le point de faire une découverte capitale. Avant de trépasser pour de bon, Duane a le temps d’envoyer un début de SMS à Jared. Celui-ci demande alors à son patron quelques jours pour démasquer l’assassin de son ami et les raisons de cet assassinat. Reculé, Queireix, Griffo, Mounier, Juszezak et Koller se succèdent pour mettre en image ce récit de Desberg, la deuxième saison de « Empire USA », chez Dargaud.


M.Descornet

 

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