01/02/2010

Le Téléscope / Van Hamme, Teng / Casterman / coll.Univers d’Auteur

C’est un one-shot et une adaptation d’un de ses romans que nous propose Jean Van Hamme avec Paul Teng à la réalisation graphique. L’histoire est celle de cinq sexagénaires qui n’ont pas vraiment réussi dans leur vie, ni professionnelle, ni privée. Il y a Julien, un écrivain qui tente vainement de faire publier ses œuvres mais qui en est réduit à être le nègre pour des « people » qui signent leur biographie. Il y a Louis, un acteur de seconde zone, cantonné à la figuration. Il y a Charles, le directeur d’une petite agence d’une petite banque. Il y a Marcel, un cuisinier alcoolique d’un bistrot minable appartenant à sa femme acariâtre. Et il y a René, un flic seulement promu inspecteur à quelques années de la retraite. Le tableau n’est pas brillant. Julien, l’écrivain, a installé un téléscope à sa fenêtre. Les cinq amis se rincent l’œil à reluquer une ravissante jeune voisine qui voit très régulièrement un homme dans sa chambre. Ils en sont tout émoustillés. Un jour, ils vont rencontrer la jeune femme et ce sera le début d’un incroyable aventure. Ce récit bien amené traite d’un sujet à la fois léger et grave. Il n’est jamais trop tard pour se prendre en main, construire un rêve et le mettre en œuvre. Ne nous lamentons pas sur notre sort. Ne nous résignons pas. Regardons la vie dans un téléscope, pour voir plus loin. « Le Téléscope », par Van Hamme et Teng, aux éditions Casterman, collection Univers d’Auteur.

 

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18/01/2010

L’Envahissant cadavre de la Plaine Monceau / Nestor Burma, T.7 / Malet, Moynot / Casterman

Emmanuel Moynot s’approprie décidément davantage le personnage de Nestor Burma, créé par Léo Malet. Il respecte également l’imagerie installée par Jacques Tardi qui a adapté les premiers romans, tout en imposant sa personnalité de manière plus prononcée. Côté construction de l’intrigue et mise en page, Moynot s’en sort très bien, alors que l’enquête est complexe. La narration reste fluide. Cette fois, le détective Nestor Burma, de l’agence Fiat Lux, arpente les beaux quartiers du dix-septième arrondissement parisien. Le rendu graphique des lieux bénéficie d’un soin particulier. Les ambiances sont fidèles à la fin des années cinquante et à l’esprit du roman. Burma a rendez-vous avec une potentielle cliente. Mais arrivé sur les lieux, c’est un cadavre qui l’attend, et même un deuxième cadavre en prime, apparemment un double suicide. L’affaire s’arrêté là. Mais quelques mois plus tard, une autre affaire présente des éléments troublants, qui font étrangement écho au double suicide. L’enquête s’emballe brusquement. Les éléments s’entrechoquent. La confusion s’installe. Nestor Burma a fort à faire pour démêler cet imbroglio de pistes divergentes. C’est de l’excellent polar qui vous tient en haleine jusqu’à son dénouement. « L’Envahissant cadavre de la Plaine Monceau », septième tome de « Nestor Burma » par Léo Malet et Emmanuel Moynot, aux éditions Casterman.

 

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15/01/2010

Le Roi Banal / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

Ce récit commence comme une chronique sociale un peu décalée. C’est l’histoire de Louis, un vieux monsieur qui vit avec son chien dans son petit pavillon de banlieue. Pour combler sa solitude, il se réfugie dans ses souvenirs et plus particulièrement celui de sa défunte épouse Georgette. Un beau jour, Louis décide de fonder le Royaume de Georgetta dont il est le souverain et son chien le seul sujet. Il rédige une lettre à l’ONU pour demander la reconnaissance de ce nouvel état. Louis a remarqué une dame qui arrose plus que de raison les plantes de son balcon. Il l’a surnomme la comtesse rouge. Gilles, le gendre de Louis, est postier. Il rêve d’être un homme de lettres, mais à un autre niveau, plus substantiel. Mais son épouse Florence ne voit pas d’un bon œil ses velléités d’écrivain. Elle a un caractère plutôt rigide. Leurs enfants sont, quant à eux, sur la planète football. Florence ne voit son papa Louis que rarement, et ça ne se passe jamais bien. Il y a un vrai blocage relationnel entre les générations. Il y a aussi une incompréhension entre les uns et les autres, des aspirations non-assouvies, des non-dits, de l’intolérance. Une heureuse coïncidence va créer une réaction en chaîne et des tensions salutaires. Cette BD aborde des thèmes complexes avec une fluidité remarquable. Elle prône l’écoute de l’autre, la confiance, l’empathie. « Le Roi Banal », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

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13/01/2010

L’irrésistible besoin d’exister / Les Aventures de la Mort et de Lao Tseu, T.4 / Boucq / Casterman

La mort est un des sujets les plus difficiles à appréhender dans nos sociétés. Malgré qu’elle fasse partie du déroulement de la vie et qu’elle en soit le dénouement inéluctable, elle continue à générer en nous les pires angoisses. Pour exorciser ces peurs viscérales, l’humour peut se révéler un bon remède. Mais le praticien doit savoir doser la médication. François Boucq s’essaye depuis plusieurs albums au périlleux exercice de la thérapie morbide. Il met en scène la Mort, flanquée de sa grande faux qui fait froid dans le dos et aussi d’un cochon bien dodu nommé Lao Tseu, muet mais orné d’un splendide symbole de l’harmonie entre le yin et le yang. Pour les ignares, Lao Tseu est un philosophe chinois du sixième siècle avant notre ère, fondateur du taoïsme, doctrine qui prône l’inaction qui doit inciter l'humain à ne pas dépenser d'énergie inutilement, et à se détacher des désirs encombrants. Les situations sont cocasses et atteignent globalement l’équilibre entre dérision et profondeur. Mais l’auteur évite les sujets vraiment sensibles tels que la mort d’un enfant, l’euthanasie, le mal de vivre. Il se focalise sur la louable fonction de la mort de faire de la place pour les jeunes en incitant les personnes âgées à accepter leur destin. « L’irrésistible besoin d’exister », quatrième tome des « Aventures de la Mort et de Lao Tseu », par Boucq, aux éditions Casterman.

 

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08/01/2010

Souvenirs de l’Eternel Present / Schuiten, Peeters / Casterman / coll.Les Cités Obscures

Imaginez un monde figé, régi par la dictature de l’éternel présent. Aucune évolution n’y est permise. Le passé n’existe pas, le futur ne doit pas être évoqué. Toute réminiscence y est proscrite. Les livres sont victimes d’autodafé. Les dessins et autres représentations picturales sont des perversions abolies. Aucune perspective ne peut être envisagée. Par conséquent, aucun objectif ne peut être poursuivi, aucun but n’est à atteindre. C’est le vide intersidéral obligatoire, le rien dans toute son horreur absurde. Le réalisateur Raoul Servais avait puisé dans ses richesses et dans son environnement culturel, profondément surréaliste, pour concocter « Taxandria », un film ambitieux, de nature à éveiller les consciences et à bouleverser les codes de narration au cinéma. Mais au fil du temps, le projet s’est dilué, a perdu de sa spontanéité. Il a surtout été victime des compromis que l’argent exige. Car l’argent est le nerf de la guerre. Et si la guerre produit de l’argent pour certains, en règle générale ceux qui ont de l’argent n’aiment pas les changements et l’incertitude. François Schuiten avait réalisé les décors du film. C’est de cet univers graphique qu’il est parti pour illustrer cet album inspiré. Notre humanité est en évolution. Rien ne peut s’y opposer. L’art est fait pour nous le rappeler. « Souvenirs de l’Eternel Present », par Schuiten et Peeters, aux éditions Casterman, collection Les Cités Obscures.

 

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02/01/2010

La Sérénissime / Jhen, T.11 / Martin, Pleyers, Payen / Casterman

Cette histoire commence à Milan dans la première moitié du quinzième siècle. L’Italie est en proie à des guerres intestines. Jhen voyage dans ce paysage aux multiples dangers. Après une visite au Duc de Milan, c’est à Venise qu’il se rend. Il y rencontre le Doge. Le climat de suspicion se fait sentir à tous les niveaux. L’entourage du Doge ne manque pas d’individus louches. Jhen se retrouve au centre d’un jue de dupes, une lutte sournoise dont les enjeux restent déguisés. Pourtant, il apparaît de plus en plus que la convoitise des uns et des autres se focalise sur un codex mystérieux, écrit dans un langage indéchiffrable et qui procurerait à celui qui en percerait le secret un pouvoir incommensurable. Ce récit construit sur un canevas très classique ne joue pas sur les effets de suprise mais semble plutôt choisir ostensiblement une lecture linéaire. C’est reposant, divertissant, et le style de la série est préservé. On regrette pourtant la trop faible présence du côté obscur, la noirceur et l’ambiguïté liées au personnage Gilles de Ray. Les inconditionnels de « Jhen » y trouveront un certain plaisir mais attendront du tome suivant un surcroît d’inventivité. Côté graphisme, le travail est soigné. Les décors très variés constituent une belle évocation de Venise, sous un jour inhabituel, hors des sempiternels lieux touristiques. « La Sérénissime », onzième tome de « Jhen » par Martin, Pleyers et Payen, aux éditions Casterman.

 

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30/12/2009

Noël noir / Lefranc, T.20 / Martin, Régric, Jacquemart / Casterman

L’exploitation des sources d’énergie s’est intensifiée avec l’industrialisation des pays le plus riches. L’époque des charbonnage est révolue. Le monde tourne grâce au pétrole, ou au nucléaire, pour quelques années encore. D’autres sources d’énergie émergent, solaire et  éolienne par exemple. Mais aucun n’aura eu un impact humain aussi lourd que celui du charbon. Les mines ont fait de nombreuses victimes. Les accidents étaient souvent mortels, les conséquences sur la santé se sont fait sentir pendant de nombreuses années. Les conditions de vie étaient rudes. Cet album de Lefranc se veut un témoignage poignant et éducatif de cette période. Nous suivons une famille typique d’imigrant italiens, déjà éprouvée par une tragédie, la mort d’un enfant. Un terrible accident survient au fond d’un puits de mine, causant un incendie et l’éboulement de galeries. Les fumées mortelles terrassent rapidement de nombreux mineurs. Les survivants sont emmurés. L’accès à l’air libre est bloqué, de plus le feu n’est pas maîtrisé. Les secours font leur maximum. Ce récit étonnant et dense met en évidence de graves manquements, à commencer par le « tout au profit » au détriment de la sécurité. Ce vingtième tome de « Lefranc » est probablement le plus sombre de la série. Un album profond, sans mauvais jeu de mot. Un témoignage accablant. « Noël noir », par Martin, Régric et Jacquemart.

 

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