25/05/2010

Free Tibet / Caroline Baldwin, T.14 / Taymans / Casterman / coll.Ligne rouge

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Toujours aussi efficace, cette série s’enrichit d’un récit engagé pour la cause du Tibet. Caroline Baldwin grimpe sur le mont Everest pour sauver la vie d’une amie et de ses compagnons militants, bien déterminés à planter un drapeau tibétain au sommet alors que les jeux olympiques se déroulent en Chine. Ils profitent de la présence en masse des médias pour attirer l’attention sur le combat des Tibétains. Ils doivent pour cela échapper aux patrouilles chinoises déployées partout. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’une menace bien plus grande se dissimule parmi eux. Un des membres de l’expédition est un tueur à la solde des intérêts chinois. Caroline Baldwin va tout faire pour mettre un terme à ce terrible danger. Cet excellent divertissement nous propose une course contre la mort assortie d’un message de nature engagée. Depuis soixante ans, la Chine occupe le Tibet, et le Dalaï Lama, son chef temporel et spirituel, est en exil en Inde. Malgré plusieurs résolutions de l’ONU, le droit à l’autodétermination du peuple tibétain n’est pas respecté. Les pays occidentaux qui pourraient faire pression sur la Chine s’abstiennent prudemment de contrarier le géant asiatique, même si Barack Obama a accueilli récemment le Dalaï Lama. « Free Tibet », quatorzième tome de « Caroline Baldwin », par Taymans, aux éditions Casterman, collection Ligne rouge.

 

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12/05/2010

Adèle Blanc-Sec / film, beau livre, roman / Tardi, Besson, Finet, Legrand / Casterman

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A l’occasion de la sortie du film tiré des extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec, l’héroïne de Jacques Tardi, les éditions Casterman publient un roman adapté de l’œuvre et un beau livre établissant le parallèle entre le film et la BD. Luc Besson a réalisé une belle prouesse cinématographique qui lui vaut la bénédiction de Tardi et la reconnaissance du public. Il reprend l’intrigue des premiers albums d’Adèle Blanc-Sec et y insuffle de nouveaux éléments, telle qu’une expédition en Egypte qui éclaire le mystère de la momie avec qui Adèle discute dans son salon. Le film semble également prendre des libertés narratives et écorner certains aspects de la BD. Mais un film n’est pas une BD. Il est donc normal et légitime de réaliser une œuvre différente tout en respectant l’esprit du créateur original. C’est ce qu’a réussi Besson. L’histoire est donc différente. Dès lors, l’idée de décliner celle-ci en un roman s’est concrétisée sous la plume de Benjamin Legrand, dont Tardi avait adapté en BD le livre « Tueur de cafard ». Nul doute que la BD va s’attirer de nouveaux lecteurs. Et pour les aider à décoder l’univers très particulier et dense de Tardi, un beau livre signé Nicolas Finet propose une véritable plongée de l’étrange, dans la série de Tardi mais aussi dans le film de Besson, dont une passionnante comparaison centrée sur le personnage principal d’Adèle mais aussi sur la kyrielle de trognes imaginées par Tardi.

 

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09/04/2010

Artbook / Monsieur Z / Casterman

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Ce beau livre n’est pas une BD mais un recueil de projets aboutis ou non d’un graphiste talentueux à l’univers proche de la bande dessinée. Il a d’ailleurs un lien évident avec un certain Arthur de Pins, connu pour ses albums gentiment coquins.
De Pins a déjà eu droit à son Artbook chez Casterman. C’est au tout de Monsieur Z, une de ses sources d’inspiration. Le travail de Monsieur Z est minutieux. Le choix des couleurs contribue à créer une impression tantot chaleureuse tantot froide mais toujours avec une touche de bonhommie teintée de douceur. Les nombreuses courbes et les quelques droites donnent un effet délicieusement fluide. Ces dessins sont des affiches publicitaires et d’autres projets graphiques et promotionnels. On peut regretter que la part de récit que peut contenir un simple dessin soit ici réduit à la portion congrue et soit en général dénuée d’humour. Les grands publicistes nous habituent pourtant à des prouesses narratives en nous racontant toute une histoire contenue dans une seule affiche. Hormis cette lacune, on ne peut que s’extasier devant la maîtrise de Monsieur Z et la savante composition de ses images. Cet ouvrage est à déguster avec délectation, en prenant son temps pour analyser chaque détail, chaque trait, l’équilibre et la fluidité de chaque création. Un joli petit bouquin bien sympa à mettre entre toutes les mains : « Artbook », par Monsieur Z, aux éditions Casterman.

 

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22/03/2010

1917 - 1918 – 1919 / Putain de Guerre !, T.2 / Tardi, Verney / Casterman / coll.Univers d’Auteur

La première guerre mondiale a fait neuf millions de morts et huit millions d’invalides parmi lesquelles on comptabilise les gueules cassées, c’est-à-dire les soldats blessés qui gardent des séquelles physiques graves, surtout au visage, mais aussi tous ceux qui on subi des traumatismes psychologique sévères dont certains ont nécessité un internement permanent. Cette boucherie sans nom devait se répéter une vingtaine d’années plus tard, avec des armes plus sophistiquées. La France a payé le plus lourd tribut pendant la guerre des tranchées. Le dessinateur Jacques Tardi et l’historien Jean-Pierre Verney nous montrent le quotidien de ces hommes meurtris, envoyés au front par des galonnés qui récoltent leur gloire sur les montagnes de cadavres de pauvres bougres, mort la plupart du temps inutilement. Ils nous montrent aussi des épisodes souvent passés sous silence de cette sale guerre, ceux notamment de la répression des mutineries. Une phrase extraite de la BD en donne un bel exemple, à propos d’un fusillé pour l’exemple, le commentaire dit ceci : « On l’avait déguisé en tueur et maintenant on l’assassinait parce qu’il ne voulait plus marcher dans la combine ». A méditer après avoir digéré cette BD choc : « 1917 - 1918 – 1919 », deuxième tome de « Putain de Guerre ! », par Tardi et Verney, aux éditions Casterman, collection Univers d’Auteur.

 

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18/03/2010

Le Vampire de Düsseldorf / Assassins, T.2 / Rodolphe, Puchol / Casterman / coll.Ligne Rouge

Peter Kürten n’est pas aussi connu que le docteur Marcel Petiot. C’est que son terrain d’action est situé en Allemagne, plus précisément à Düsseldorf. Cet assassin multirécidiviste sévissait à la fin des années vingt, alors que l’Allemagne paye encore le prix de son rôle d’agresseur lors de la première guerre mondiale. La société y est fragilisée, en proie à des luttes intestines intenses. C’est l’époque de la radicalisation tant à gauche, avec les communistes, qu’à droite, avec la montée du parti nazi. Dans ce contexte déstabilisé, la police peine à traquer et à arrêter le tueur sadique qui viole ses victimes avant de les poignarder avec rage. Ces meurtres ignobles sèment l’effroi, d’autant plus qu’il paraîtrait que le meurtrier goûte le sang de ses victimes, ce qui lui a valu le surnom de « vampire de Düsseldorf ». Les extrémistes des deux bords s’accusent mutuellement d’être les instigateurs des crimes. L’affaire prend une ampleur inquiétante et la police décide d’appeler du renfort. Une mobilisation exceptionnelle permettra d’arrêter Peter Kürten. Il n’aura pas l’ombre d’un remord. Ce récit relate les faits en les inscrivant bien dans son contexte historico-politique, ceci dans un juste équilibre. « Le Vampire de Düsseldorf », deuxième tome de « Assassins », par Rodolphe et Puchol, aux éditions Casterman, collection Ligne Rouge.

 

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24/02/2010

Le Chien Blanco, T.2 et T.3 / Taniguchi / Casterman / coll.Sakka

Nous aurons attendu plus de dix ans avant de voir paraître ce troisième tome en français, alors que les deux premiers bénéficient d’une réédition avec de nouvelles couvertures. Un quatrième devrait bientôt conclure la série. Cette création de Taniguchi dénote avec l’ensemble de son œuvre qui se révèle plutôt contemplative et introspective. Ici, nous suivons les traces d’un chien aux facultés exceptionnelles, fruit de manipulations génétiques. Nous sommes dans une des républiques de l’ancien bloc soviétique, une république frustrée de son statut au sein de la communauté des états indépendants. Car elle ne l’est justement pas, indépendante. L’armée a donc décidé de prendre les choses en main et de développer dans le plus grand secret une arme redoutable qui lui assurerait une victoire dans une guerre d’indépendance. Ceci alors que le gouvernement poursuit des négociations pacifiques pour arriver au même résultat sans savoir qu’une unité de chien de combat d’élite se constitue dans des laboratoires militaires. Blanco est le chien le plus abouti, mais il s’est échappé. Dans sa course folle, sa force se décuple. Il déjoue tous les pièges et décime des unités entières. Il devient une arme effroyable et incontrôlable. Un récit d’action qui s’attache aussi aux motivations. « Le Chien Blanco », par Taniguchi, aux éditions Casterman, collection Sakka.

 

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06/02/2010

Sandokan / Milani, Pratt, Salgari / Casterman

Cet album est un inédit de Hugo Pratt. Il met en scène un personnage surnommé le Tigre de Mompracem, un pirate sévissant au large de Bornéo, du temps de la colonisation anglaise. Sandokan possède un caractère fort, comme tous les personnages qu’affectionnait Pratt. L’amitié est primordiale. La liberté de parole et d’action aussi. Ce sont des constantes dans l’œuvre de Pratt. Sandokan a vu le jour avant l’arrivée de Corto Maltese. Il s’agissait d’une adaptation d’un roman d’Emilio Salgari qui avait déjà connu un beau succès. Il en a d’ailleurs été tiré un film puis une série télévisée qui a marqué les mémoires. L’intégralité des planches réalisées par Hugo Pratt est regroupée dans cet album mais l’histoire n’est pas finie. Pour connaître la fabuleuse destinée de Sandokan, mieux vaut se plonger dans le livre original. Par contre, pour s’offrir le plaisir d’admirer toute la maestria du dessinateur disparu, cet inédit fait figure de petit joyau indispensable. Pour bien se rendre compte du travail effectué sur la mise en scène, et sur le rendu de la tension dramatique, il suffit de comparer les pages réalisées par un autre dessinateur. Cet album est constitué d’une grande partie rédactionnelle qui apporte un éclairage sur les à-côtés de cette œuvre avortée. Les amateurs de récits achevés liront plutôt Corto Maltese ou Les scorpions du désert. « Sandokan », par Milani et Pratt, d’après Salgari, aux éditions Casterman.

 

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