17/06/2012

Le choix d’Ivana / Tito / Casterman

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La guerre de l’ex-Yougoslavie représente une des blessures de l’histoire européenne les plus sanglantes. Les plaies ont du mal à cicatriser. L'ancien président serbe Slobodan Milošević était accusé auprès du Tribunal pénal international pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, mais il est mort avant la tenue de son procès. Le commandant en chef de l’armée serbe, Ratko Mladić, est accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois et coutumes de la guerre. Il a été arrêté en mai deux mille onze. Radovan Karadžić, dirigeant des Serbes de Bosnie, est accusé de crimes de guerre et de génocide pour avoir orchestré le siège de Sarajevo, et pour le massacre de Srebrenica. Il a été arrêté en juillet deux mille huit et doit être jugé par le Tribunal pénal international. C’est à ce moment que commence pour Ivana une quête primordiale. Quelques années plus tôt, alors qu’elle tentait de survivre aux tires des snipers dans Sarajevo, Ivana a été violée par des miliciens serbes. Un enfant est né de ce viol, une petite fille dont elle s’est occupée avec amour. Mais comme beaucoup de mères, elle a du s’en défaire, ne pouvant lui assurer un avenir. A présent, Ivana veut retrouver sa fille, adoptée en Italie. Tito réalise là un récit poignant, empreint d’une profonde humanité et porteur d’espoir malgré la dureté du propos. « Le choix d’Ivana », par Tito, aux éditions Casterman.


M.DESCORNET

 

 

 

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16/06/2012

Furari / Taniguchi / Casterman / coll.écritures

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L’époque d’Edo s’étend du dix-septième au dix-neuvième siècle. Elle succède à une période pendant la quelle le Japon était en proie à de nombreuses guerres féodales. Le shogun Tokugawa et son clan cherchent à réorganiser l'État et garantir la paix dans le pays. Pour cela, ils mettent au point un système très hiérarchisé et rigide grâce auquel ils peuvent contrôler totalement le pays. L’époque d’Edo est caractérisée par un essor de l’art, qui se concrétise notamment par l’invention du kabuki, le théâtre de danse grotesque. Il y aura également une belle production en matière de peinture. Quant à la littérature, elle connaît une grande ouverture à l’égard de l’Occident. C’est dans ce contexte qu’un géomètre cartographe à la retraite, arpente les rues et ruelles de la capitale Edo. Il déambule tout en comptant ses pas et en notant ses mesures. Au fil de ses errances nonchalantes, il nous emmène dans des endroits charmants, multiplie les rencontres enrichissantes, toutes empreintes de poésie. Il nourrit aussi le rêve de mesurer très précisément la distance entre deux villes éloignées grâce à des instruments et méthodes modernes. Taniguchi parvient à toucher un vaste lectorat, par l’universalité de son langage graphique et des sensations qu’il génère. Un superbe ouvrage, hymne à la beauté du monde, et invitation à la savourer : « Furari », par Taniguchi », aux éditions Casterman, collection écritures.


M.DESCORNET

 

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12/03/2012

Sibylline / Intégrale, T.2 / Macherot / Casterman

 

Sibylline , Intégrale, Macherot, Casterman

Ce nouvel opus de Sibylline, nous propose plusieurs aventures de cette petite souris et de ses amis les autres animaux de la campagne. Son univers s’étoffe avec l’apparitions de nouveaux venus, notamment une troupe de saltimbanques. Il y a aussi l’amorce d’un futur combat contre un ennemi redoutable. Il était de plus en plus difficile de se procurer les albums et cette réédition en intégrale vient bien à point pour éviter que Raymond Macherot ne tombe dans l’oubli, ou plutôt les oubliettes que sont souvent les étagères des collectionneurs acharnés. Les lecteurs des années septante auront plaisir à retrouver cette charmante série animalière, mais il percevront néanmoins quelques différences notables. La plus visible est certainement l’usage de dégradés linéaires, circulaires ou autres. Même si ce signe de modernisation se veut discret, il dénature l’œuvre originale. Les aplats unis participaient au caractère authentique, au langage graphique brut voulu par Macherot. C’est probablement une adaptation qui a pour but de glaner un nouveau public, les enfants de maintenant que l’on croit friand de davantage d’effets visuels. Dans cette logique, mieux aurait alors valu rééditer toute la collection en albums individuels, plus maniables, plus légers. En y incluant les quelques courts récits additionnels. « Sibylline », deuxième intégrale, par Macherot, aux éditions Casterman.


M.Descornet

 

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01/03/2012

Charleston / Magasin général, T.7 / Loisel, Tripp / Casterman

 

Charleston ,Magasin général, Loisel, Tripp, Casterman

Jean-Louis Tripp et Loisel réalisent à quatre mains cette BD hors du commun. Car il est incontestable que dans la galaxie des quelques quatre mille albums qui paraissent chaque année, ce « Magasin général » fait figure de sympathique OVNI. Les tribulations d’une communauté québecquoise du fin fond de la province s’articulent autour de Marie, une jeune femme tombée trop tôt en veuvage, un drame qui la confronte aux réalités de la vie, et surtout à la difficile et laborieuse découverte de soi-même. Dans ce septième épisode, Marie se réinstalle dans son village après une folle escapade à Montréal. La grande ville lui a insufflé une nouvelle énergie et elle se révèle communicative. Bientôt, c’est tout le village qui va adopter le rythme du Charleston, cette danse entraînante née du jazz et qui inspire de nos jours le Hiphop et la Deep House. Le tempo de cette BD reste pourtant très bon enfant, une particularité qui joue un rôle important dans son niveau de qualité. Les rondeurs des personnages et la chaleur qui se dégage des situations et du décor contribuent à créer chez le lecteur un sentiment de plénitude savoureuse. Cette qualité, la lenteur du développement d’une intrigue par ailleurs ténue, peut se voir comme un défaut. Pourtant, dans le paysage chaotique de l’édition, cette série est une bulle de fraicheur et de relaxation salvatrice. « Charleston », septième tome de « Magasin général », par Loisel et Tripp, chez Casterman.


M.Descornet

 

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19/01/2012

Sibylline / Intégrale, T.1 / Macherot / Casterman

 

Raymond Macherot fait partie de ces auteurs essentiels mais discrets. Il a marqué de son empreinte le genre animalier. Ses personnages les plus connus sont Chlorophylle, apparu au milieu des années cinquante, et Sibylline, dix ans plus tard. Macherot est décédé il y a un peu plus de trois ans. Sa vie aura été marquée par des débuts un peu chaotiques, un envie de grand large qui le dirigera vers la Marine. Puis, ayant posé son baluchon, il s’est mis à assouvir une autre passion, le dessin. Son univers de prédilection, c’est celui des animaux, et plus particulièrement des rongeurs, des oiseaux, des habitants des petits bois en bordure des villes. Ses personnages possèdent une expressivité remarquable, bien que de petit format et souvent réduit à une portion congrue de case. Macherot publiait dans les pages du journal Tintin, mais ses histoires animalières, sous des allures innocentes, abordaient des thèmes socialement, voire politiquement, engagés qui ont finit par mettre mal à l’aise son éditeur. Plutôt que de se couler dans le moule, Macherot a décidé de rejoindre les pages du magazine Spirou. Cette intégrale propose de découvrir quelques histoires inédites en albums, en plus des aventures déjà connues. Ce volume de deux cents pages est le premier d’une série qui comptabilisera plus de mille pages de manière chronologique. « Sibylline », première intégrale, par Macherot, aux éditions Casterman.

 

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30/12/2011

La conjuration de Baal / Alix, T.30 / Simon, Lafon, Martin / Casterman

 

Autant quelques titres de cette série font figures d’épisodes malheureux, autant ce trentième tome se révèle une excellente histoire, riche et agréable à lire, dessinée avec soin. Alix et son ami Enak se trouvent à Pompéi, au pied du Vésuve qui fume mais n’est pas encore entré dans sa célèbre éruption. Bien vite, Alix doit se rendre à Rome où César se trouve en mauvaise posture face aux ardeurs de plus en plus belliqueuses de son rival Pompée. Mais Alix se jette dans la gueule du loup, ou plutôt celle de Baal, une divinité terrifiante adulée par une secte de Molochistes assoiffés de sacrifices humains. A leur tête, le grand prêtre semble vouer une haine toute particulière à Alix. César affaibli ne peut assurer la protection efficace de son ami. Barricadé avec Enak dans sa demeure romaine, Alix va vite devoir engager une âpre lutte contre un ennemi féroce. Cet album a visiblement fait l’objet d’une consciencieuse construction. On y retrouve des références multiples aux albums qui ont fait la renommée de la série. Il y a un subtil équilibre entre la variété des lieux et la fine restitution des rues et ruelles de la Rome antique. Les personnages principaux occupent bien sûr la scène mais les figurants sont légion et donnent un aperçu très intéressant de la réalité quotidienne de l’époque. Un bel album : « La conjuration de Baal », trentième tome de « Alix », par Simon et Lafon, d’après Jacques Martin, aux éditions Casterman.

 

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23/12/2011

Une bavure bien baveuse / Canardo, T.20 / Sokal / Casterman

 

Ce vingtième tome témoigne d’une légère baisse de régime de la part de Benoît Sokal. Il n’y a rien à redire sur la structure du récit, ni sur le développement de l’intrigue. C’est dans la final de cet album que le bât blesse. On ne peut bien sûr pas en dévoiler la teneur. Attardons-nous donc sur la bonne quarantaine de pages bien ficelées qui précèdent. Nous retrouvons l’inspecteur Canardo, détective de son état, lancé dans une affaire qui le touche de près. Il vient en aide à un de ses amis, un policier dans le pétrin, accusé d’homicide. Le commissaire Garenni aurait malencontreusement tiré dans le dos d’un collègue, touché mortellement. Cette bavure survenue lors d’une intervention à laquelle il ne devait pas participer lui vaut une mise à pied. Garenni est ivrogne invétéré mais il n’est pas coupable du coup de feu fatal. Victime d’un piège, il ne peut pas prouver son innocence. C’est là que Canardo fait son entrée en scène. Il plonge dans les milieux du jeu clandestin contrôlés par la mafia, dans l’arrière salle d’un troquet miteux. Mais on n’entre pas avec ses grands pieds palmés dans ce genre d’endroit. Trahison, double-jeu, ripoux et sincère camaraderie se bousculent dans cette BD emballante, qui termine malheureusement de manière un peu décevante. « Une bavure bien baveuse », vingtième tome de « Canardo », par Sokal, aux éditions Casterman.

 

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