07/08/2012

Moi, en mieux / Ozanam, Park / Casterman / coll.KSTR

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Ce duo d’auteurs avait déjà réalisé ensemble l’étonnant « Roi banal », une histoire poétique et joyeusement décalée, socialement gentiment engagée et porteuse d’espoir. Ils remettent le couvert mais dans un autre registre. Cette fois, c’est une chronique socio-relationnelle empreinte de surnaturel qui met en scène Valentin, un boulanger raté mais sculpteur d’exception. Il est rigoureusement incapable de réussir la moindre recette, que ce soit des plats courants ou des desserts élaborés. Sa chance a été de rencontrer Maxime, qui lui, est plutôt doué pour marier les saveurs. Complémentaires, Valentin et Maxime se sont associés et leur commerce tourne vraiment bien, jusqu’au jour où Maxime lâche l’affaire pour d’autres horizons. Valentin s’en trouve tout dépité. Sa femme s’inquiète de voir son mari bredouille dans sa recherche d’un nouvel associé. Il faut dire que Valentin manque de motivation depuis qu’il a hérité de l’appartement d’un oncle perdu de vue un peu fantasque mais passionnant. Valentin tombe sur un ouvrage dans lequel son oncle explique la confection d’un golem. Valentin y voit la solution à son problème et façonne un être d’argile à son image qui va s’acquitter de tout ce qui le rebute ou qu’il ne sait pas faire. Il n’est pas sûr pourtant que sa vie aille vers un mieux. Une BD attachante à l’humour grinçant : « Moi, en mieux », par Ozanam et Park, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

 

M.Descornet

 

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06/08/2012

La conjuration de Bohème / Caroline Baldwin, T.16 / Taymans, Drèze, Schierer / Casterman

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André Taymans, fait partie de ces dessinateurs talentueux qui bouclent un album plus vite que leur ombre. Ca se ressent d’ailleurs aussi très fort dans le rythme du récit. L’efficacité prime, ce qui n’empêche nullement les séquences destinée à donner une empreinte, un style, une ambiance. Taymans s’inspire en cela des techniques utilisées dans les séries américaines depuis des décennies et qui font toujours leurs preuves. Il s’agit d’un focus de quelques images sur un geste apparemment anodin tel qu’allumer ou jeter une cigarette, se servir un verre, rêvasser… C’est un moment de respiration et aussi une manière de détourner l’attention, ou d’amener une transition. André Taymans, qui maîtrise à merveille tous ces codes, s’adjoint ici l’aide de deux acolytes, Erwin Drèze et Raphaël Schierer, qui se font tout aussi discrets qu’efficaces. Cet album est la conclusion d’un diptyque dans lequel l’enquêtrice Caroline Baldwin est aux prises avec un ennemi de l’ombre. Elle doit déjouer un complot dont elle ne connaît pas la cible. Il n’y a rien à redire sur cette BD calibrée avec précision, si ce n’est un minuscule bémol quant à la rapidité avec laquelle elle se dévore. Ce qui laisse bien entendu un sentiment de frustration, jusqu’au prochain épisode. « La conjuration de Bohème », seizième tome de « Caroline Baldwin », par Taymans, Drèze et Schierer, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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04/08/2012

L’éternel Shogun / Lefranc, T.23 / Régric, Robberecht, Martin / Casterman

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Il y a soixante ans naissait, sous la plume de Jacques Martin, le journaliste enquêteur Guy Lefranc, sorte d’Alix des temps modernes, flanqué, comme son alter-ego gallo-romain, d’un jeune compagnon, Jeanjean, le pendant d’Enak. Si Jacques Martin exploitait un schéma narratif qui avait fait ses preuves, il ne se trompait pas. Car cette recette lui a valu sa longévité, même si certains albums de la série font vraiment tache. A l’instar d’Arbaquès, le méchant récurrent dans « Alix », Axel Borg en fait voir des vertes et des pas mûres à Guy Lefranc. Mais à la différence du Grec, qui se profile comme une indécrottable crapule, Borg bénéficie d’une personnalité plus complexe, plus ambiguë, qui correspondrait davantage à cet autre personnage emblématique utilisé par Jacques Martin, Gilles de Rais, dans la série « Jhen ». Dans cet épisode anniversaire de Lefranc, situé il y a justement une soixantaine d’année, le Japon a capitulé et vit dans la honte du vaincu, une situation inconcevable pour une culture fortement orientée sur l’honneur. Un groupe d’activistes complote pour restaurer le shogunat, avec l’aide d’une arme mise au point par des Allemands dans la clandestinité. Axel Borg est bien sûr de la partie. Agréablement dessiné et adroitement construit, cet épisode se lit avec plaisir. « L’éternel Shogun », vingt-troisième « Lefranc », par Régric et Robberecht, d’après Martin, aux éditions Casterman.

 

 

M.Descornet

 

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03/08/2012

Sacrilèges / Les Boucliers de Mars, T.2 / Glénat / coll.Grafica

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Trajan est considéré comme l’un des meilleurs empereurs romains. Trajan avait pour ambition d’étendre les territoires de l’Empire. Il voulait égaler Alexandre le Grand. Il a réussi à conquérir l’Arménie, la Mésopotamie, qui correspond à l’Irak actuel, et la Dacie, un territoire situé à cheval entre les Carpates et le Danube, à l’ouest de la mer Noire. Le récit imaginé par le regretté Gilles Chaillet se situe au tout début du deuxième siècle dans la cité de Zeugma, située sur l’Euphrate, près de la frontière syrienne actuelle au sud de la Turquie. Les Parthes menacent Rome qui songe de plus en plus à mener une guerre décisive. Il suffirait d’un élément déclencheur pour engager les hostilités. Justement, lors d’une cérémonie officielle, l’un des boucliers du dieu Mars s’est détaché de la tribune. Les divinologues patentés en concluent qu’il s’agit d’un signe néfaste. L’agressivité de l’ambassadeur de Parthe vient les conforter dans la nécessité de défendre Rome contre l’ennemi qui se profile. Gilles Chaillet nous a récemment quitté. Il nous laisse ses personnages, dont le plus connu est Vasco, et puis cette série brillante prévue en trois tomes, dessinée par Christian Gine avec une précision étonnante, en parfaite adéquation avec le scénario hyper documenté. « Sacrilèges », deuxième tome des « Boucliers de Mars », aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

 

M.Descornet

 

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02/08/2012

Enigmes / Ars Magna, T.1 / Alcante, Jovanovic / Glénat / coll.Grafica

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Le titre du premier tome de cette nouvelle série éveille une certaine méfiance. « Enigmes », c’est pas très original. On sent juste une volonté racoleuse. Ce qui est dommage, c’est que la lecture de la BD vient confirmer cette impression. Le thème déjà recassé à maintes reprises, met une fois de plus en scène des nazis en quête de pouvoirs surnaturels. C’est d’un banal affligeant. Quant au traitement narratif et graphique, qui aurait pu sauver l’honneur et peut-être même rattraper la sauce, il fait malheureusement la part belle aux cadrages convenus et au réalisme grand public. On a connu le scénariste Alcante plus inspiré. Quant à Milan Jovanovic, il se positionne en bon exécutant mais ne se surpasse en rien. Reste le profil des personnages, dernier espoir pour relever le niveau de cette BD qui pue le coup commercial à plein nez. Et là encore, pas de miracle, mais une désolation totale. Leur manque d’épaisseur et de crédibilité contribue à rendre le récit plus lisse et insipide que jamais. S’il fallait retenir un élément positif, malgré tout, ce serait les décors. Jovanovic s’est appliqué à reproduire les rues et bâtiments de Bruxelles, dont la grand place. Et là, oui, c’est bien foutu. Si vous aimez bien les redites sur fond de lutte ambivalente du bien contre le mal, lisez donc « Enigmes », premier tome de « Ars Magna », par Alcante et Jovanovic, aux éditions Glénat, collection Grafica. Sinon, passez à autre chose.

 

 

M.Descornet

 

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01/08/2012

La révolte de Ramat Gan / Diamants, T.4 / Bartoll, Kölle / Glénat / coll.Investigations

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L’empire industriel de Charles Van Berg s’étend dans le monde entier et assure sa mainmise sur le marché global du diamant. Une telle puissance attire inévitablement les détracteurs, qui peuvent se montrer des ennemis féroces. Cette trame narrative rappelle celle d’un immense succès de librairie, celui d’un milliardaire en blue jeans, Largo Winch. La première initiale de la World Diamond Co, le « W », n’est pas sans susciter la comparaison avec la Winch Co. Et puis, cette saga familiale ne peut qu’évoquer « les Maîtres de l’orge ». Mais la rugosité toute particulière de cette série lui assure une personnalité forte qui surpasse toute similitude éventuelle. L’héritier de la Diamond Co, Charles Van Berg Junior, peut compter sur un allié inattendu, Gunther, son demi frère aventurier. Ce n’est pas une aide superflue vu la carrure des adversaires parmi lesquels un maffieux russe, des Israéliens teigneux et le FBI qui en a au passé collaborationniste des Van Berg. Cette liste noire s’allonge encore de dangereux rebelles congolais qui convoitent un diamant exceptionnel nommé l’étoile du Katanga. La lutte se déploie sur plusieurs fronts pour Charles et Gunther, chacun sur son terrain de prédilection, l’administration pour l’un, l’action pour l’autre. « La révolte de Ramat Gan », quatrième tome de « Diamants » par Bartoll et Kölle, aux éditions Glénat, collection Investigations.

 

 

M.Descornet

 

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