23/08/2012

Les enfants perdus / 2021, T1 / Betbeder, Bervas / Soleil

2021-1.jpg

 

Dans une toute petite dizaine d’années, aux Etats-Unis, la ville de Détroit a autoproclamé son indépendance, aussitôt associée à une ghettoïsation musclée. La zone est contrôlée par un homme aux pouvoirs surnaturels à la tête d’une petite armée. Mais son entourage immédiat multiplie les tentatives de manipulation et d’emprise croissante à son égard. A cette menace intérieure vient s’ajouter une menace extérieure, celle du gouvernement qui tente de reprendre la main sur Détroit. Les largages de vivres se multiplient, accueillis bras ouverts par une population privée de tout et affamée. Mais les forces de l’ordre empêchent à quiconque d’y toucher, prétextant un risque d’empoisonnement. Une mission très spéciale est mise sur pied pour reprendre le contrôle de la ville. Quatre enfants mutants aux pouvoirs suprasensibles doivent atteindre le dirigeant de la ville et le mettre hors d’état de nuire. Ces quatre enfants obéissent à des consignes strictes, parfois trop strictes. Toute utilisation de leur pouvoir spécifique les fait inexorablement vieillir à grande vitesse. Le décor et les protagonistes sont plantés. Une ébauche d’intrigue est mise en place. Il ne reste plus qu’à voir comment tout cela va évoluer. Cette BD d’anticipation peut nous réserver le meilleur comme le pire. Wait and see. « Les enfants perdus », premier tome de « 2021 », par Betbeder et Bervas, aux éditions Soleil.


M.Descornet

 

 

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les enfants perdus, 2021, betbeder, bervas, soleil |  Facebook |

22/08/2012

Conquistador / T.1 / Dufaux, Xavier / Glénat / coll.Hors collection

conquistador1.jpg

 

Les auteurs de la sublime série « Croisade » changent radicalement de latitude et nous emmènent dans un autre univers fait de fureur et de sang, celui des conquistadores, au temps où Hernán Cortès convoitait les trésors de l’empereur aztèque Moctezuma. Hernando Royo fait partie de ces hommes chargés de s’emparer du trésor d’Axayacat, le père de Moctezuma. L’apparente docilité des Aztèques s’explique par leur croyance en l’immortalité des envahisseurs espagnols, qu’ils considéraient comme des dieux. Pourtant ces dieux sont bel et bien des hommes, animés de cupidité de surcroît. C’est d’ailleurs ce qui est reproché à Cortès par la Couronne espagnole qui le soupçonne de vouloir s’enrichir personnellement au détriment du royaume. Une expédition punitive est en route pour intercepter Cortès. Le temps presse donc, et Hernando Royo doit mener à bien sa mission au plus vite, assisté de Catalina Guerero, une femme au caractère bien trempé et au  physique de rêve. Cette touche de sensualité rehausse la saveur de ce récit déjà bourré de testostérone, cultivant les thèmes de prédilection du duo d’auteur, férus de mystère fantastique sur fond historique. Le superbe traitement graphique se décline tant dans les couleurs que dans la mise en page. « Conquistador », premier tome, par Jean Dufaux et Philippe Xavier, aux éditions Glénat, collection Hors collection.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : conquistador, dufaux, xavier, glénat, hors collection |  Facebook |

21/08/2012

Georges et la mort / Guinin / 12 bis

Georges et la mort ,Guinin, 12 bis

 

 

Georges Brassens est un des plus grands chansonniers et chanteurs français. Cette BD hommage nous propose une évocation d’une partie de sa vie. Pendant la seconde guerre mondiale, Georges est soumis au travail obligatoire et envoyé en Allemagne. Lors d’une permission, de retour en France, il décide de ne pas repartir. Devenu réfractaire, il se cache chez Jeanne, une amie de trente ans son ainée qui admire son talent encore méconnu. Il reste dans cette masure dépourvue de tout pendant plus de vingt ans. C’est là que commence cette histoire. Georges est au bout du rouleau. Et son heure est arrivée. Mais au moment où la mort va le frapper de sa grande faux, elle retient son geste, séduite par la chanson que Georges est en train de fredonner. La mort décide de lui accorder un sursis pour que son talent puisse éclore et se propager. Et de fait, Georges va connaître succès après succès, grâce au contenu controversé de ses chansons qui ne laissent personne indifférent. Parmi ses thèmes de prédilection figure la mort, dont il se moque allègrement. Mais ce sera elle qui aura le dernier mot. Georges Brassens meurt à l’âge de soixante ans après avoir vu bon nombre de ses proches emportés par la Camarde, expression allégorique de la mort. Une BD poétique pour les fans de Brassens. « Georges et la mort », par Blaise Guinin, aux éditions 12 bis.

 

 

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges et la mort, guinin, 12 bis |  Facebook |

20/08/2012

L’ombre du corbeau / Comès / Casterman

ombrecorbeau.jpg

 

Cette BD avait été initialement publiée au milieu des années septante, en noir et blanc aux éditions Jonas et en couleurs dans la collection « histoires et légendes » des éditions du Lombard. C’est Casterman qui nous donne l’occasion de redécouvrir cet album curieux, représentant typique de l’univers à la fois ésotérique, fantastique, nostalgique, cruel et engagé de Didier Comès. La guerre occupe une place de choix dans l’œuvre de cet auteur né en plein conflit mondial dans une région, à l’origine allemande, qui a fait l’objet d’une tractation à la fin de la seconde guerre en compensation des dommages subis et fait désormais partie de la Belgique. La personnalité de Comès s’est construite sur une mixité culturelle, son papa était germanophone et sa maman francophone. De cette « bâtardise biculturelle », pour reprendre sa propre qualification, Comès en a tiré une magnifique richesse qui transpire allègrement dans ses albums. « L’ombre du corbeau » était à l’origine conçu pour la couleur. Le succès de l’album « Silence » véritable pépite fabuleuse en noir et blanc a déterminé Comès à abandonner la couleur. « L’ombre du corbeau » y gagne en qualité avec cette réédition en noir et blanc. Cette BD est préfacée avec bienveillance par Thierry Bellefroid, qui lui apporte un éclairage ensorceleur. « L’ombre du corbeau », par Comès, chez Casterman.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l’ombre du corbeau, comès, casterman |  Facebook |

18/08/2012

Le pardon, Jeannie / Sherman, T.6 / Desberg, Griffo / Le Lombard

sherman6.jpg

 

Sherman est un homme d’affaire américain influent. L’assassinat de son fils promis à un avenir flamboyant jusqu’aux plus hautes sphères de l’état a été l’élément déclencheur d’une résurgence de son passé et une mise en lumière de ses zones d’ombres. Car Sherman a activement contribué au transfert de fonds nazis. Les circonstances peuvent certainement atténuer sa faute, mais il est une amnistie qu’il a du mal à obtenir, celle de sa propre fille qui a rompu tous les ponts avec lui. Jeannie a subi les conséquences des actes de son père avant et pendant la seconde guerre mondiale. Son amoureux a été déporté. Elle a été recrutée par les services secrets américains. Jeannie s’est donnée corps et âme dans les missions de son employeur. Ses activités et son statut n’ont pas facilité un hypothétique rapprochement avec son père. Et ça l’arrangeait. Sherman, lui, aurait bien voulu renouer avec Jeannie, pouvoir lui expliquer, et implorer son pardon. Il n’en aura peut-être jamais l’occasion, car son insaisissable ennemi qui a tué son fils a menacé de s’en prendre à Jeannie avant d’en finir avec lui. La conclusion de ce passionnant récit réserve une redoutable surprise, intense autant qu’inattendue. Cette BD se termine en beauté, pas sur un miracle, mais au moins sur une note de sincère de réconciliation. « Le pardon, Jeannie », sixième tome de « Sherman », par Desberg et Griffo, aux éditions Le Lombard.


M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le pardon, jeannie, sherman, desberg, griffo, le lombard |  Facebook |

17/08/2012

Villa Ipatiev / Nous, Anastasia R., T.1 / Cothias, Ordas, Berr / Bamboo / coll.Grand Angle

anastasia1.jpg

 

Lors de la victoire des révolutionnaires russes en mille neuf cent dix-sept, le Tsar et sa famille ont été capturés, puis tous assassinés. Leurs corps ont été précipitamment enterrés dans un bois. Ces circonstances hâtives, et le choc de voir ainsi complètement décimée toute la descendance directe du Tsar, ont alimenté la rumeur de la survie de la jeune Anastasia. Cette rumeur a trouvé un écho auprès de plusieurs fabulatrices dont Anna Anderson fut certainement la plus bluffante. Il y a quatre ans, des analyses génétiques ont mis un terme définitif à toute spéculation. Il n’y a eu aucun survivant au massacre. La BD qui nous est proposée par Cothias, Ordas et Berr, part pourtant du postulat qu’il y a bien eu substitution de la jeune Anastasia. Les événements historiques nous sont contés avec moult détails, qui reposent assurément sur une documentation solide, mais prennent aussi quelques libertés, dont la plus énorme est bien sûr la supposition qu’Anastasia a survécu. En soi, le récit est bien construit et bénéficie d’une traitement graphique honorable, même très séduisant. Mais cette histoire, présentée sur le ton du semi-documentaire, arrive avec quelques années de retard pour vraiment passionner, par son manque de crédibilité. « Villa Ipatiev », premier tome de  « Nous, Anastasia R. », par Cothias, Ordas et Berr, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : villa ipatiev, nous, anastasia r., cothias, ordas, berr, bamboo, grand angle |  Facebook |

16/08/2012

No life / OPK, T.1 / Matz, Bedouel / 12 bis

opk1.jpg

 

Cette enquête en trois tomes nous immerge dans l’univers très particulier des accros aux jeux vidéos d’un genre particulier, ceux dans lesquels les joueurs s’incarnent dans un personnage virtuel qui prend le dessus sur leur vie réelle. Leur réalité devient dès lors virtuelle et leur vie peut être qualifiée de non-vie. L’inspecteur Mark travaille pour Interpol. Sa spécialité, c’est le blanchiment d’argent. Il vit à Berlin. Son supérieur hiérarchique lui annonce une promotion assortie d’une délocalisation à Shanghai. C’est évidemment une manière de l’écarter, car Mark dérange, et pas seulement pour des raisons professionnelles. Il est chargé d’enquêter sur une série de meurtres liés au monde du no-life. Les victimes sont toutes des adeptes du même jeu en ligne. Pour l’aider dans cette affaire dont il ne voit pas le lien avec son expertise, un jeune frais émoulu de l’école de police et une jolie autochtone chargée d’assurer la liaison avec els autorités chinoises. Matz, scénariste de la série « Le Tueur » et aussi de l’excellente trilogie « Du plomb dans la tête », réussit à donner corps à un nouveau personnage, un flic bourru, costaud, pragmatique, évoluant dans un environnement qui ne lui est en rien familier. Il porte l’intrigue, soutenu par des seconds rôles typés, tout au long de cet album graphiquement tout aussi réussi. Vivement la suite ! « No life », premier tome de « OPK », par Matz et Bedouel, aux éditions 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

20:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : no life, opk, matz, bedouel, 12 bis |  Facebook |