06/07/2012

Pied-de-fer / Asgard, T1 / Dorison, Meyer / Dargaud

 

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Les Vikings ont toujours suscité de l’intérêt auprès du public et des raconteurs d’histoires. L’une des plus belles réussites en BD est incontestablement « Thorgal ». Avant de parler des « Mondes de Thorgal », série dédiée à certains personnages secondaires, ouvrons les pages de « Asgard », une épatante immersion dans cet univers des brutes du Nord. « Asgard » est l’histoire d’un homme né avec une jambe atrophiée, mais que son père n’a pas pu éliminer à la naissance, comme c’était de coutume chez les Vikings, et a même prénommé Asgard, du nom du domaine des dieux qui lui est refusé. Une quarantaine d’années plus tard, Asgard est devenu chasseur de monstres. Il vit reclus, solitaire et bourru, à l’écart du village. Justement une créature marine coule tous les navires qui tentent de partir en mer. « Asgard », par ses qualités, pourrait s’inscrire dans les « Mondes de Thorgal », série qui clôture une rétrospective sur la vie de Kris de Valnor. On y apprend les circonstances qui ont fait d’elle une tueuse redoutable et pourtant complexe, attachante, fragile. Elle est morte et se trouve ici confrontée au jugement suprême. « La sentence des Walkyries », deuxième tome de « Kris de Valnor », par Sente et De Vita, aux éditions Le Lombard. Autre BD indispensable : « Pied-de-fer », premier tome de « Asgard », par Dorison et Meyer, chez Dargaud.

 


M.Descornet

 

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05/07/2012

Double nature / Les Carnets de Darwin, T.3 / Runberg, Ocaña / Le Lombard

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Charles Darwin est un des plus grands naturalistes de notre temps. C’est lui qui a construit la théorie de l’évolution des espèces, ainsi que celle de la sélection naturelle. Depuis leur publication, ces théories n’ont cessé de subir les assauts de détracteurs, il faut bien le dire, un peu détraqués. Les plus farouches sont les créationnistes qui dépensent des fortunes pour diffuser aujourd’hui dans les écoles et centres culturels des ouvrages luxueux démontrant à coups d’arguments farfelus que l’homme est apparu sur terre tel qu’il est actuellement. Chez ces gens-là, on ne pense pas, on prie. Charles Darwin est le personnage principal de cette BD de fiction. Des attaques horribles sont commises dans une contrée éloignée d’Angleterre. Les victimes sont sauvagement lacérées et démembrées. Darwin est chargé de déterminer quel type d’animal peut ainsi semer la terreur. Cette tâche n’est pas aisée, tant les témoins sont rares ou affirment ne pas avoir pu distinguer la bête. De fait, le monstre tue à une vitesse vertigineuse et semble doté d’une intelligence tactique imparable.  Darwin fait également une découverte déstabilisante le concernant de près. Admirablement dessinée, cette série se conclut ici de fort plaisante manière, au terme d’un récit palpitant qui soulève quelques questions en demi-teinte. « Double nature », troisième tome des « Carnets de Darwin », par Runberg et Ocaña, aux éditions Le Lombard.

 


M.Descornet

 

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04/07/2012

L’homme qui n’existait pas / Bonin / Futuropolis

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N’avez-vous jamais eu cette sensation étrange d’être transparent pour les autres ? Et même peut-être pour vous-même. Léonid Miller est informaticien. Sa vie n’a pas beaucoup de relief. Il est célibataire et n’a pas vraiment de passion si ce n’est le cinéma. C’est d’ailleurs dans les films qu’il se projette pour incarner l’un ou l’autre personnage dont la vie, quoique fictionnelle, lui semble plus consistante que la sienne. Ces personnages du grand écran lui apparaissent bien plus réels que les gens de la vraie vie. A force de se focaliser sur ce monde virtuel, Léonid Miller s’estompe soudainement. Il devient réellement invisible et inconsistant. Il assiste alors impuissant aux événements qui suivent comme la réattribution de son appartement. Il ne lui reste alors comme seul refuge que la cinémathèque. C’est là qu’il découvre Françoise Angelli, une jeune comédienne qui partage d’une certaine manière sa particularité, en ce sens qu’elle vit sa vie par procuration au travers des rôles qu’elle interprète. Par la force de l’empathie, Léonid tombe sous le charme. Mais, Léonid étant devenu immatériel, Françoise lui reste inaccessible. Un rapprochement se profile pourtant, car Françoise devient petit à petit transparente. Un superbe conte moderne sur le thème de la virtualité des rapports sociaux et sur la nécessité de valoriser nos propres particularités. « L’homme qui n’existait pas », par Bonin, aux éditions Futuropolis.

 


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03/07/2012

Le journal de Jonathan Harvester / Les Fabriques de la mort, T.1 / Slocombe, Martin, Froissard / Delcourt

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Pendant la seconde guerre mondiale, d’abominables atrocités ont été commises sur des prisonniers dans les camps de concentration au nom du progrès de la science. Les crimes contre l’humanité du régime nazi nous sont bien connus. Ce qui l’est moins, ce sont ceux de l’allié japonais de l’Allemagne. Des centaines de milliers de personnes ont péris, victimes d’expérimentations à grande échelle, surtout en Mandchourie, région sur laquelle des largages bactériologiques ont été effectués. Des expérimentations sur des cobayes humains, des civils et des prisonniers de guerre, ont aussi été pratiquées comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques. Cette BD repose sur cette réalité historique, et notamment sur la tenue d’un procès qui a condamné ces crimes de guerre et contre l’humanité, mais elle prend aussi pas mal de libertés. Nous sommes dans les années nonante. Jonathan Harvester est un journaliste scientifique anglais. Il se rend au Japon afin de recueillir des informations sur les travaux du professeur Muraki, un éminent spécialiste du sang. Ce sujet intéressant aurait pu bénéficier d’un développement narratif plus fouillé ou plus rythmé. « Le journal de Jonathan Harvester », premier tome des « Fabriques de la mort », par Slocombe, Martin et Froissard, aux éditions Delcourt.

 


M.Descornet


 

02/07/2012

Le jour du baptême / La Licorne, T.4 / Gabella, Jean / Delcourt / coll.Machination

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Le seizième siècle en Europe a vu l’avancée de nombreuses disciplines scientifiques. Parmi elles, la plus noble est bien sûr la médecine. L’un des plus éminents médecins de ce temps fut Ambroise Paré. Ce praticien de génie a choisit le terrain le plus rude pour exercer, les champs de bataille. Les guerres et autres conflits armés ne manquaient pas, avec leur corollaire inévitable de mutilés en tous genres. Ambroise Paré met au point des techniques de ligatures, qui offrent plus de chance aux victimes que la cautérisation, surtout en cas d’amputation. C’est ce médecin hors pair qui endosse le rôle principal dans cette BD historico-fantastique. L’Europe est en proie à un fléau, un virus destructeur dont le seul antidote connu est aux mains de l’Eglise. Ceux qui veulent survivre se voient contraints d’adhérer à la religion. Ambroise Paré tente par tous les moyens de localiser la Licorne, une créature à la source de l’antidote. Il est aidé par d’autres créatures impressionnantes, complètement décharnées, et qui rappellent l’univers de la chirurgie. Cette série envoûtante se conclut ici de manière magistrale, réservant aux lecteurs un surprenant épilogue, sans concession. « Le jour du baptême », quatrième tome de « La Licorne », par Gabella et Jean, aux éditions Delcourt, collection Machination.


M.Descornet

 

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