13/07/2012

Le lion de Nubie / L’expédition, T1 / Frusin, Marazano / Dargaud

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L’empire romain occupait l’Egypte et devait faire face à de nombreuses menaces, surtout les tentatives belliqueuses des sultans locaux pour reconquérir les terres perdues. C’est dans ce contexte historique tourmenté que le légionnaire Marcus Livius fait une découverte fascinante : un cadavre desséché à bord d’une embarcation qui s’échoue sur la berge du Nil. Ce cadavre porte de riches parures. A ses côtés, il y aussi des bijoux, de l’or et des statuettes sculptées avec raffinement. Leur origine n’est pas connue des Romains et attise leur intérêt. Cependant, il n’est pas possible de monter une expédition vers ces terres inconnues, prometteuses de richesses. Toutes les ressources sont mobilisées pour mater les révoltes. Le centurion Caïus Bracca décide alors de lancer officieusement dans l’aventure le légionnaire Marcus Livius et une dizaine d’hommes triés sur le volet. Ils seront néanmoins considérés comme déserteurs. Leur retour glorieux devrait ensuite les amnistier. Ce petit groupe se compose de têtes brûlées au foutu caractère mais qui n’ont pas froid aux yeux. Marcus Livius nourrit une fascination toute particulière pour une statuette qu’il dissimule dans sa tunique. Cette quête antique nous prédit d’enthousiasmants développements dans un superbe style graphique hyperréaliste. « Le lion de Nubie », premier tome de « L’expédition » par Frusin et Marazano, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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12/07/2012

Descente aux enfers / Ab Irato, T2 / Labrosse / Vents d’Ouest

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Vous ouvrez cette BD et vous êtes immédiatement conquis par le dessin, les couleurs et la mise en page. Puis vous entrez dans le récit et ça vous plaît, sans vous transporter pour autant. Mais vous restez agréablement caressé dans le bon sens de votre poil de lecteur exigeant. Certes l’histoire n’est pas d’une originalité transcendante, certes il y a des scènes un peu longuettes, certes on aimerait voir plus souvent la tueuse pulpeuse et mystérieuse qui nous avait titillé dans le premier tome, … mais le plaisir est là, et on pardonne les imperfections de ce jeune auteur complet qui met d’amblée la barre bien haut et se donne à fond pour nous satisfaire. C’est l’histoire de Riel, un jeune gars qui débarque dans le Montréal de deux mille cent onze. La mégapole est en proie à une insurrection armée que les forces de l’ordre tentent vainement de juguler. Riel a été témoin dès son arrivée d’une action violente de ces insurgés. Il a aperçu parmi eux une ravissante jeune femme prénommée Nève, dont il est tombé illico amoureux. Aveuglé par ses sentiments, Riel a du mal à prendre parti, surtout qu’on ne le lui demande pas. Les policiers lui conseillent même de se tenir à distance. Pendant ce temps, le gouvernement tergiverse, hésite à donner un assaut décisif, mais subit un important lobbying qui va précipiter les événements. « Descente aux enfers », deuxième tome de « Ab Irato », par Labrosse, aux éditions Vents d’Ouest.


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11/07/2012

Pierre Goldman, la vie d’un autre / Moynot / Futuropolis

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Pierre Goldman était un personnage atypique. Il a été accusé et condamné pour quatre braquages, dont avec des morts mais dont il a toujours nié être l’auteur, contrairement aux trois autres. Son procès a été révisé et il a été innocenté pour les meurtres. Pierre Goldman n’était pas un simple malfrat. Ce fils de résistants, juif d’origine polonaise, avait une conscience politique engagée de gauche. Il s’était d’ailleurs fait de nombreux amis parmi les intellectuels de gauche. Pierre Goldman a été assassiné en pleine rue en mille neuf cent septante neuf à l’âge de trente quatre ans. Le commando qui l’a abattu n’a jamais été identifié, malgré la revendication d’un groupe dénommé « honneur de la police ». L’enquête a visiblement été bâclée, pour des raisons obscures, probablement politiques. Emmanuel Moynot retrace l’existence tumultueuse de Pierre Goldman de manière très factuelle, avec peu de point de vue personnel mais en se basant sur le livre témoignage du principal intéressé et sur des entretiens avec ses proches qui sont intégrés in extenso dans ce volumineux bouquin. L’ensemble ne passionne pas. Ce qui est dommage vu le caractère justement enflammé de Pierre Goldman. Moynot se montre moins inspiré que dans ses autres remarquables créations. « Pierre Goldman, la vie d’un autre », par Moynot, aux éditions Futuropolis.

 


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10/07/2012

Wilhelm Pelosi / Immergés, T3 / Juncker / Treize Etrange

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En septembre mille neuf cent quarante deux, un épisode tragique de la guerre avait défrayé la chronique, le torpillage d’un paquebot anglais par un sous-marin de la Kriegsmarine, un paquebot bourré de civils, de femmes et d’enfants. Ce troisième tome de l’excellente série de Nicolas junker s’inspire directement de ces faits réels. L’équipage du U-boot célèbre le torpillage de cet immense paquebot mais réalise ensuite que près de deux mille prisonniers italiens étaient à bord. Or l’Italie de Mussolini est alliée à l’Allemagne nazie. Le capitaine décide donc de recueillir les rescapés. Le sous-marin se retrouve dès lors affaibli par ce poids supplémentaire qui pourrait l’empêcher de s’immerger en cas de menace. Cet épisode se déroule en bonne partie en surface, comme une respiration dans cette saga claustrophobe. Par contre, nous n’avons droit à aucun répit dans la dureté du propos. L’équipage nazi reste pareil à lui-même. Pas sympathique malgré l’opération de sauvetage. Car n’oublions pas qu’ils ont laissé crever les naufragés anglais, y compris les femmes et les enfants. Mais complètement antipathique non plus. Car l’ambiguïté est partout. L’homme, quel qu’il soit, peut se montrer équivoque à l’heure de faire des choix. C’est le cas de ce nazi italien qui donne son nom au titre de cette BD : « Wilhelm Pelosi », troisième tome de « Immergés », par Juncker, aux éditions Treize Etrange.

 


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09/07/2012

L’île au trésor / Stassen, Venayre / Futuropolis

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De grands romans se révèlent intemporels tant ils gardent de leur pertinence au fil du temps. « L’île au trésor », de Robert Louis Stevenson, en fait partie. Ce roman d’aventures a inspiré et inspire encore de nombreux raconteurs d’histoires. Le personnage central, Long John Silver, est devenu la figure emblématique du pirate pur jus. Long John Silver est un grand gars, brillant aux épaules massives avec une grande barbe rousse et une béquille, drôle, incroyablement intelligent, et avec un rire qui roule comme de la musique, il a un feu et une vitalité inimaginables, qui emportent tout un chacun. Il y a chez lui une dualité marquée : de prime abord, Silver est un compagnon et un marin agréable, et ce n'est que lorsque l'intrigue se déploie que l'on découvre graduellement la vilainie de sa nature. Sa relation avec le gamin Jim est intéressante en ce qu'il lui sert de mentor et de figure paternelle, causant un véritable choc lorsqu'on découvre qu'il a fomenté la mutinerie, en particulier lorsque Jim doit l'affronter. Silver possède quelques vertus. Cette ambivalence se retrouve dans la transposition que fait Stassen en une histoire ancrée dans le contemporain, une chasse au trésor dans un quartier en démolition, avec une profonde réflexion sur le bien et le mal tels qu’ils se manifestent très concrètement dans notre quotidien. « L’île au trésor », par Stassen et Venayre, aux éditions Futuropolis.

 


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08/07/2012

L’élève Ducobu révise un max / L'élève Ducobu, T.18 / Godi, Zidrou / Le Lombard

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L’élève Ducobu sort invariablement un album chaque année, stratégiquement aux alentours de la rentrée scolaire. Cette fois, c’est juste avant les vacances d’été. C’est que le thème affiché en dessin de couverture promet du dépaysement, ou à tout le moins une évasion hors de l’univers clos de la classe. Ca n’empêchera pas cet âne de Ducobu de briller pas sa sottise insondable. Mais avant de le voir exercer son art sur la plage, il nous faut encore subir ses frasques de tricheur compulsif tout au long d’un bon trois quarts de l’album. La qualité reste au même niveau, mais c’est justement cette stagnation qui commence à peser un peu sur le plaisir de lecture. Les auteurs semblent miser sur la sécurité, exploitant le filon avec parcimonie et vision au long terme, ce qui n’est pas critiquable en soi, mais au détriment manifeste de la surprise véritable. Leur andouille d’antihéros ne se renouvelle pas non plus dans ses astuces de fraudeur patenté, ce qui, en définitive, correspond bien au personnage. Son illustre prédécesseur Génial Olivier faisait preuve d’une inventivité et d’une maîtrise de la technologie de pointe qui force le respect tout en le discréditant dans son rôle de cancre. Car un cancre est par nature un abruti, un crétin congénital, ou presque, qui est intrinsèquement incapable d’apprendre, d’étudier, d’emmagasiner des connaissances. « L’élève Ducobu révise un max », par Godi et Zidrou, au Lombard.


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07/07/2012

La douceur de l’enfer, T.2 / Grenson / Le Lombard / coll.Signé

 

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Billy Summer est un jeune homme perturbé par une histoire familiale tumultueuse. Sa grand-mère paternelle apprend, plus de cinquante ans après sa disparition, que les restes de son mari ont été découverts en Corée. Billy est invité à témoigner sur une chaîne de télévision comment son grand-père est mort en héros pendant la guerre de Corée. Un homme le contacte ensuite pour lui apprendre que son grand-père vit toujours, en Corée du Nord. Commence alors pour Billy un périple qui le mènera à une rencontre sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. D’abord revêche, l’homme qui se tient devant lui se confie petit-à-petit sur les événements et les motivations qui l’ont amenés à trahir l’Amérique et à abandonner sa femme enceinte, sans plus jamais donner de nouvelles. Cette histoire extrêmement travaillée adopte un point de vue narratif osé qui fait mouche de magistrale manière. Malgré un effroyable chemin de vie pour les protagonistes principaux, Olivier Grenson réussit a nous le raconter avec délicatesse, compassion et humanité, sans tomber dans le piège de l’émotif. La progression dépeint avec une grande justesse un vécu traumatisant, des blessures profondes, cruelles. « La douceur de l’enfer », deuxième tome, par Grenson, aux éditions Le Lombard, collection Signé.


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